Archives pour la catégorie Notes

pour y décrire les réactions au fil de l’actualité

2018-2019: le Retour attendu de la guerre des 6 jours de 1967 dans le conflit Israélo-arabe

2018 est considéré comme une année charnière dans le devenir d’Israël dans le monde arabe.

Aucun événement n’est arrivé pour le moment qui justifie de lui donner cette importance, mais regardez bien ce qui va se passer et attendons 2019 pour le confirmer.

La guerre des 6 jours a été structurante pour la tranche d’Histoire de 1967 à 2018.

2018-2019 pourrait avoir la même importance pour les 25 années à venir.

L’affirmer est la simple prise en compte des « Retours du passé »

25 et 50 ans sont les  occurrences les plus probables d’un tel retour. Ce serait un retour de 50 ans.

Que se passera-t-il ? Pas forcément une guerre, mais un événement majeur …

Il peut se passer un « Retour positif », c’est à dire la même chose qu’il y a un peu plus de 50 ans, qui confirmerait la main-mise définitive d’Israël sur une série de territoires conquis militairement en 1967

Il peut se passer un « Retour négatif », c’est à dire l’inverse qui signifierait le début d’un processus de restitution des territoires occupés en 1967.

Il peut aussi y avoir simultanément ou alternativement  un « Retour positif » et un « Retour négatif ». Fin 2017, le « Retour positif » a commencé avec le transfert de l’ambassade US à Jérusalem. Au 24 février 2018, le « Retour négatif » n’a pas encore commencé. Il peut arriver durant l’année qui vient. La forme que prendra cet événement n’est pas encore clairement  définie, mais pourrait déclencher un processus qui permettrait de trouver à ces acteurs du conflit israélo-arabe un équilibre leur permettant de construire un avenir commun.

Quelle probabilité d’occurrence en 2018  ? Un peu plus de 50%: une chance sur deux qu’il soit une réalité, même si maintenant on ne voit rien de tel qui apparaisse clairement possible prochainement.

 

24 Février 2018

Ukraine 2018 semaine 5: cessez-le-feu en yoyo

Il en va ainsi depuis plusieurs semaines: montée progressive du nombre de violations et d’explosions jusqu’à un niveau insupportable.

Brusque accalmie provoquée par les acteurs locaux, suivie d’un relâchement progressif.

… et ainsi de suite.

Aucune avancée politique, aucune avancée dans le management du cessez-le-feu.

Les acteurs qui agissent réellement en provoquant de temps à autre une accalmie ne vont pas jusqu’au bout:  il n’en reste aucun système de supervision du cessez-le-feu crédible et pérenne. Cela tourne probablement autour des acteurs officiellement en charge de cette supervision du cessez-le-feu qui n’est pas vraiment géré.  Il y a des observateurs qui observent et  ????? Ce n’est pas clair qui agit. Les communiqués de l’OSCE ne sont d’aucune utilité pour savoir qui fait quoi en ce moment.

Cela peut durer ainsi des mois et même des années

29 janvier 2018

Quelques liens pour mieux comprendre:

Ukrainian news ( avec les communiqués quotidiens)

OSCE Ukraine Daily report

Cessez-le-feu et contrôle

 

Ukraine 2018 semaine 2: Retour à la situation antérieure à la dernière trêve

Cessez-le feu de Noël et du nouvel an: c’est déjà fini

Le cessez-le-feu qui a été instauré le 23 décembre par le Groupe de contact tripartite a provoqué une accalmie réelle pendant quelques jours, mais il n’y a déjà plus de différence avec la situation antérieure au 23 décembre

Le nombre de violations et d’explosions est redevenu très important : plus de 600 explosions le 11 janvier pour le seul secteur de Donetsk. 42 explosions pour le secteur de Luhansk le même jour ( voir rapport SMM du 12 janvier sur la journée du 11 janvier)

 

Pourquoi  cette trêve a-t-elle été si courte ?

Difficile de savoir précisément, mais le départ des officiers russes du JCCC doit y être pour quelque chose. Jusqu’à leur départ, on voyait régulièrement, tout les 3 ou 4 jours, une situation un peu plus calme, comme si certains acteurs rappelaient aux composantes militaires locales qu’il y avait un cessez-le-feu. Plus rien de tout cela, cela donne l’impression que la moindre bavure provoque une escalade.

La situation est conforme à ce que disent les observateurs SMM: ils observent, et n’agissent pas. La simple observation n’a jamais suffi à ramener un cessez-le-feu entre des composantes peu disciplinées.

Et il n’y a plus personne pour tenter de calmer les esprits contre l’avis des acteurs de l’OSCE.

Jusqu’à quand ? Comme d’habitude, quand cela atteindra des proportions inquiétantes (plus de 1000 explosions par jour), tout ce beau monde reproposera une nouvelle trêve qui ne sera pas beaucoup plus respectée que les précédentes, puisque les acteurs en charge de la supervision du cessez-le-feu considèrent que ce n’est pas leur rôle de faire quoi que ce soit, mais simplement d’observer.

Regarder un incendie n’a jamais suffi à l’éteindre, mais les doctes experts de l’OSCE considèrent que leur seul rôle est d’observer: ils observent la dégradation de la trêve. Le résultat est à la hauteur de ce qu’ils font: observer.

 

13 janvier 2018

Quelques liens pour mieux comprendre:

Ukrainian news ( avec les communiqués quotidiens)

OSCE Ukraine Daily report

Cessez-le-feu et contrôle

 

Ukraine 2018 semaine 1 : Pourquoi le cessez-le-feu est-il respecté dans le secteur de Luhansk?

Cessez-le feu de Noël et du nouvel an: une nouvelle accalmie

Le cessez-le-feu qui a été instauré le 23 décembre par le Groupe de contact tripartite a provoqué une accalmie réelle.

Le nombre de violations et d’explosions est équivalent à ce qui a été constaté fin août 2017- début septembre 2017 au moment de la mise en place de la trêve de la rentrée scolaire.

Le nombre d’explosions journalières est généralement inférieur à 100.

Le nombre d’attaques signalées journalièrement par l’armée ukrainienne est faible (généralement inférieur à 10), montrant une volonté de les minimiser.

Mais cela reste une simple accalmie

Pourquoi le secteur de Luhansk est-il très calme, presque un cessez-le-feu ?

Il y a un contraste saisissant entre le secteur de Luhansk et le secteur de Donetsk. Le premier est très calme, le second reste chaotique.

Le premier donne l’impression d’être contrôlé, le second ne l’est pas et ne semble pas être prêt d’être contrôlé. Pourquoi ?

  • les combattants du secteur de Luhansk sont-ils plus disciplinés pour respecter  le cessez-le-feu ?
    Probablement, mais cela ne correspond pas à des informations prises en compte par les observateurs OSCE dans leurs rapports.
  • Y a-t-il une coordination institutionnelle entre les combattants séparatistes LPR et l’armée ukrainienne dans ce secteur ?
    La proximité du centre JCCC qui jouxte le secteur de Luhansk permet de considérer cette hypothèse comme légitime, mais là encore les rapports des observateurs OSCE ne disent rien sur un tel sujet: les rapports ne décrivent jamais autre chose que les seules actions des observateurs OSCE. Ces rapports sont « OSCEcentriques », incapables de décrire une autre réalité que la leur.

Le secteur de  Donetsk n’est toujours pas correctement contrôlé

Pourquoi ?

Les hypothèses sont les suivantes:

  • les combattants DPR sont peu entrainés, peu structurés et peu disciplinés
    Cela paraît une évidence mais là encore les rapports SMM ne permettent pas de le mettre en évidence.
  • Il n’y a pas de coordination institutionnalisée entre les combattants DPR et l’armée ukrainienne
    Cela paraît une évidence mais cela fâche les acteurs qui le nient et prétendent même que cela ne servirait à rien
  • Les observateurs OSCE se contentent d’un rôle d’observation sans jamais interagir avec les composantes armées du secteur de Donetsk
    Cela paraît une évidence mais institutionnellement les observateurs SMM n’utilisent jamais en temps réel leurs observations ( c’est à dire dans l’heure qui suit l’incident) et mettent leur point d’honneur à ne faire aucune investigation. Conclusion : ils ne savent pas exactement l’origine des incidents et se refusent à enquêter immédiatement dans l’heure qui suit : ils enquêtent sur des traces qui remontent à plusieurs jours, voire semaines, ce qui ne sert à rien)

Malheureusement les acteurs officiellement en charge de la supervision du cessez-le-feu ne sont pas de grande utilité pour confirmer l’une ou l’autre hypothèse.

Conclusion :

Ce qui est certain c’est que ce n’est qu’une simple accalmie, pas un cessez-le-feu, le dispositif mis en place se révélant inadapté pour superviser un cessez-le-feu. C’est une grande utopie, dans le cas de combattants indisciplinés, que de croire qu’il suffit d’observer pour maintenir un cessez-le-feu.  Cela ne pourrait marcher qu’avec 2 armées disciplinées, ce qui n’est pas le cas en Ukraine. Au minimum il faudrait passer son temps à vérifier avec les combattants sur place ce qui se passe et leur  rappeler ce qu’ils doivent faire. Les informations dont je dispose ne permettent pas de confirmer qu’un tel minimum existe. Peut-être dans le secteur de Luhansk,  mais pas dans le secteur de Donetsk.

4 janvier 2018

Quelques liens pour mieux comprendre:

Ukrainian news ( avec les communiqués quotidiens)

OSCE Ukraine Daily report

Cessez-le-feu et contrôle

 

Ukraine semaine 52: ça bouge

Un nouveau cessez-le-feu  a commencé le 23 décembre

Cela fait maintenant partie des traditions. A l’occasion d’une fête ou d’un événement, le groupe de contact tripartite instaure un cessez-le-feu, jusqu’à ce qu’il s’effondre à nouveau et on recommence : une petite accalmie gagnée.

Pour les premiers jours, il est à peu près respecté. Comme d’habitude chacun accuse l’autre des violations constatées.

Les observateurs SMM  ont bien vérifié que le cessez-le-feu a été retransmis par les différentes hiérarchies, mais on ne voit pas de système de supervision permanent. Probablement un simple système d’observation passif, avec la confusion habituelle : il suffit d’observer pour croire qu’on agit.

Le plus étrange est que le retrait des officiers russes du JCCC n’a aucun impact visible sur le cessez-le-feu. On aurait pu supposer qu’ils étaient partiellement responsables du fait que les cessez-le-feu tenaient mieux dans la région de Luhansk. Pas vu de différence!

Le secrétaire d’Etat américain est en retard d’un métro: il vient d’exhorter les russes a  baissé le niveau de violence en Ukraine alors que depuis quelques jours le niveau est le plus bas depuis plusieurs mois. Est-il informé de ce qui se passe en temps réel ? Un retard à l’allumage, visiblement.

Echange de prisonniers

Le 27 décembre, il y a eu un échange de prisonniers entre les séparatistes et l’Ukraine, par le biais de la Russie, avec apparemment une implication directe de Poutine et du président ukrainien. Du jamais vu : 73 prisonniers ukrainiens libérés par les séparatistes contre 233 libérés par l’Ukraine.

Vont-ils ressusciter un processus moribond ?  A suivre

28 décembre 2017

Quelques liens pour mieux comprendre:

Ukrainian news ( avec les communiqués quotidiens)

OSCE Ukraine Daily report

Cessez-le-feu et contrôle

 

Ukraine semaine 51: en attendant un autre système de supervision du cessez-le-feu

Depuis la semaine 41, il n’y a plus de statistiques sur ce site à propos de l’Ukraine.

La raison de cet abandon est que les données de base utilisées manquent de rigueur et ces statistiques n’ont pas été prises en compte ni utilisées à notre connaissance. De plus les remarques et questions vers les responsables des rapports SMM quotidiens ne sont pas correctement traités, comme si ces responsables de la communication avec  les media et le public ont des choses plus importantes à faire que simplement prendre en compte les questions et remarques qui leur sont adressées.

Cela aurait du être et devrait être le travail normal de l’OSCE en Ukraine dans le cadre de la SMM mais il n’y a aucune statistique publiée équivalente. Même les définitions utilisées par l’OSCE pour compter les violations de cessez-le-feu sont opaques, inconnues pour ceux qui ne sont pas dans les quelques initiés locaux.

Quant à leur poser des questions sur leurs définitions: ils ne répondent pas. Ce sont les seuls à savoir, le public étant là simplement pour jouer la claque et applaudir à leur action.

Pour résumer ce qui se passe en Ukraine depuis la semaine 41

Les violations et explosions sont à un niveau à peu près 2 fois supérieur à celui de la semaine 41, qui lui même était 2 fois supérieur à celui de la semaine 37.

Le niveau des violations et explosions est similaire au niveau du premier semestre 2017. Il n’y a pas de données statistiques faites sur le long terme pour le confirmer, mais c’est ce qu’il apparaît après une analyse rapide.

Les officiers russes quittent le JCCC (Joint Centre for Control and Coordination)

Ce centre de contrôle parallèle au SMM (Special Monitoring Mission to Ukraine) de l’OSCE est une instance purement ukraino-russe. Elle avait un rôle mais son intégration dans un dispositif global ne s’est jamais faite complètement.

C’était apparemment le seul organisme capable d’agir, à certains moments, sur les acteurs militaires sur le terrain. Les observateurs SMM de l’OSCE se contentant d’être de simples observateurs, à la première escalade sérieuse  nous ne pouvons prévoir s’il y aura quelqu’un pour modérer les acteurs sur le terrain.

Le JCCC est mort, vive le JCCC.

De toute façon, un organisme non intégré n’est pas une  solution.  Il y a toujours besoin de correspondants militaires auprès de chaque camp mais il faudrait au moins une structure de supervision pour les gérer.

Le principe du JCCC était louable, la réalité a été plus discutable. Quand les officiers ukrainiens et russes recomptaient chacun dans leur coin les violations et publiaient chacun un décompte incohérent de l’autre, y avait-il une valeur ajoutée ? Non

Pour tous les secteurs à déminer, la signalisation, les contacts avec les militaires et milices, ils étaient utiles et devront être remplacés par d’autres acteurs venant du monde militaire, quel que soit leur pays d’origine.

Il faudra  créer la fonction d’officiers de liaison et les gérer sans recréer un organisme qui vit sa vie dans son coin.

Une trêve de Noël ?

Il y en aura bien un qui va en proposer une mais les acteurs auront-ils intégré leurs échecs et accepteront-ils de faire différemment ? Joker, nous n’avons pas la réponse sans que les acteurs se prononcent eux-mêmes sur ce qu’ils vont faire et pourquoi ils le font .

Le « Cycle des Guerres » a-t-il une influence ?

L’aggravation des violations de cessez-le-feu coïncide avec une période assez agitée au niveau international: Relance des tensions israélo-palestiniennes suite aux déclarations de Trump, tensions Corée du Nord-USA. Malheureusement les données présentes ne sont pas fiables pour conclure à un lien de cause à effet. Contrairement à 2014 où plusieurs guerres ont commencé dans une période de quelques semaines, il n’y a pas de guerre qui commence mais différents foyers de tension qui se réveillent. Nous ne pouvons pas conclure que le « Cycle des Guerres » a une influence dans cette période. Cela relève plutôt de la coïncidence.

Quelle perspective ?

Les responsables officiels du processus de Minsk ont un profil bas: personne ne s’exprime, personne ne fait le point.

Les ukrainiens et les russes suivent chacun leur chemin différent en proposant des casques bleus de  l’ONU avec des missions différentes. Ces casques bleus ne règleront rien ( que ce soit à la mode russe ou ukrainienne) mais cela pourrait être mieux que le vide qui s’installera après la disparition programmée du JCCC.

Il serait bon de tout remettre à plat et de remplacer tous les dispositifs actuels par un seul. Une mission civile aurait pu réussir si elle ne croyait pas naïvement qu’il suffit d’observer pour régler le problème. L’échec qui en résultera mettra probablement fin à des missions civiles de ce type qui n’ont pas su s’adapter à la réalité terrain et obligera les observateurs à descendre de leur tour d’ivoire: ils ont mis en œuvre des principes qui avaient un sens lorsqu’ils étaient appliqués dans un contexte où d’autres acteurs gèrent la sécurité au jour le jour (Ex: Hébron où les observateurs n’avaient aucun rôle sur la sécurité quotidienne qui était prise en charge par d’autres acteurs locaux). Dans le cas présent, il faut considérer que cela relève d’un échec  qu’il faut espérer ne jamais reproduire: à quoi sert l’OSCE s’il ne sait pas empêcher une guerre et mettre fin à cette guerre. Le SMM a commencé sa mission avant que n’éclate la guerre du Donbass. Le SMM a continué imperturbablement sa mission comme si de rien n’était.

Des casques bleus ou des composantes sécuritaires internationales auront un avantage: ils feront naturellement ce que les observateurs SMM ont toujours refusé de faire et qu’ils n’auraient pu faire qu’avec le JCCC, c’est à dire gérer les composantes armées localement en prenant contact avec elles (avec ou sans officiers de liaison).

Cela pourrait provoquer un répit permettant de geler complètement ce conflit, sans rien règler.

De toute façon, ce serait le bon moment pour mettre un coup de pied dans la fourmilière sans trop de soucier des conséquences en haut lieu.

 

19 décembre 2017

Quelques liens pour mieux comprendre:

Ukrainian news ( avec les communiqués quotidiens)

OSCE Ukraine Daily report

Cessez-le-feu et contrôle

 

Israël : Le retour attendu de la guerre des 6 jours et la fin du cycle d’amplification

Dans le conflit israélo-arabe nous sommes dans une période particulière où s’appliquent à la fois « Le Cycle des Guerres » et la « Théorie du Retour »

Cycle des Guerres appliqué au conflit israélo-arabe

Dans la mise à jour qui remonte au début 2017 ( consultable ici ) il y a un « ? » sur la fin de la période d’amplification qui se termine dans les premières semaines de janvier 2018.

  • Il a été constaté plusieurs guerres sur la période d’amplification précédente et le risque d’une seconde guerre sur cette période n’est pas à écarter
  • Il a été constaté dans les années 2001 à 2003 que les début et fin de période d’amplification peuvent donner lieu à une brusque poussée de violences. Ce n’est pas systématique et pas assez fréquent pour avoir été systématisé. Il reste un risque d’amplification des violences voire du déclenchement d’une guerre avec une probabilité difficilement quantifiable

L’annonce  aujourd’hui de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël arrive donc dans une période d’amplification où les répercussions sont imprévisibles mais peuvent déclencher un nouveau cycle de violences, voire guerre. Une unification conjoncturelle et temporaire des ennemis en Irak et en Syrie n’est pas totalement exclue, bien qu’improbable par rapport à la guerre qui continue de les animer. Tout va dépendre de l’enchainement des protestations et violences engendrées par cette déclaration.

Il serait plus logique de dire que chaque État peut déclarer comme capitale une partie de son territoire reconnu internationalement. Un règlement sur la base d’une solution à deux États aboutirait nécessairement à une partie  de Jérusalem (hors la vieille ville) qui sera israélienne et une autre partie qui sera palestinienne. Dès lors que cette séparation est admise internationalement, chaque État peut mettre sa capitale où  il veut et il n’est pas impossible, après un règlement final, que la Capitale d’Israël soit Jérusalem et la Capitale de l’État de Palestine Jérusalem.

Mais affirmer que la capitale d’Israël est Jérusalem en laissant sous-entendre que la vieille ville de Jérusalem et sa  partie Est font partie d’Israël est le plus sûr moyen de mettre le feu aux foudres et de cimenter l’unité des ennemis d’hier contre Israël.

Théorie du Retour appliquée à la guerre des 6 jours

La guerre des 6 jours peut produire un « Retour du passé » (celui des 50 ans et quelques) qui peut:

  • provoquer un événement de même type ( confirmant l’annexion de fait de 1967)
  • ou/et un événement contraire ( mettant en cause le résultat militaire de la guerre des 6 jours)

Ce « Retour du passé » est attendu depuis quelque temps. Il devrait avoir lieu et sa probabilité d’occurrence est entre maintenant et la fin 2018.

L’annonce de Donald Trump quant à la capitale d’Israël et Jérusalem va provoquer un événement  de même type (confirmation du résultat de la guerre des 6 jours) probablement contrebalancé très rapidement par un événement contraire ( Intifada 3 ou première guerre/violence simultanée Palestiniens-Hezbollah)

Les conséquences sont à court terme imprévisibles.

Croire que les réactions qui vont suivre vont contraindre les USA à engager un processus de règlement global israélo-arabe paraît peu probable à l’instant.

Il faudra attendre quelques semaines, voire quelques mois pour avoir une tendance confirmée de ce qui  va se passer. Cela pourrait osciller d’abord entre les extrêmes pendant quelques semaines ou mois et déclencher ensuite un bouleversement régional dont le contour n’est pas encore bien clair.

Dans tous les cas, l’année 2018 sera une année charnière pour Israël et ses voisins, celle qui déterminera le début d’un processus déterminant l’avenir des relations entre les acteurs concernés pendant les dizaines d’années qui suivront.

Ce qui va se passer en fin 2017 n’est qu’un avant goût qui ne permettra pas encore de confirmer l’événement majeur de 2018 qui sera structurant pour les années à venir.

A suivre!

6 décembre 2017

Pourquoi l’Ukraine et la Russie ont une grande importance pour l’Horloge de l’inconscient ?

Dans l’Horloge de l’inconscient il y a 2 concepts fondamentaux, liés entre eux:

Un « Retour du passé » peut arriver à tout moment, en fonction des événements passés et de leur probabilité de Retour tel qu’exprimé dans la Théorie du Retour.

Le « Cycle des guerres » indique des périodes privilégiées durant lesquelles les guerres peuvent être amplifiées ou apparaitre en plus grand nombre. Ce phénomène s’applique à la majorité des guerres les plus importantes et permet de prévoir par anticipation des périodes attendues de guerres.

La période d’amplification des tensions et guerres que nous traversons a commencé à l’automne 2013 et se finira au printemps 2018. Il est difficile de donner des dates précises de l’occurrence de ces guerres, mais nous savions en 2012 qu’il y aurait:

  • au moins une guerre israélo-arabe ( une guerre Israel-Gaza en 2014)
  • une guerre européenne ( la guerre ukrainienne en 2014)
  • l’internationalisation et extension de la guerre civile syrienne (Etats isalmique, implication russe et occidentale en 2014)

D’autres guerres ont eu lieu, en particulier:

  • guerre du Yemen (Juillet 2014)
  • réveil du conflit turco-kurde
  • Seconde guerre civile libyenne ( 2014)

Tous ces éléments contribuent à la confirmation du « Cycle des guerres ».

Dans ce contexte, et compte-tenu de ma réalité européenne, il paraissait important de suivre de près la réalité ukrainienne.

De plus le comportement de la Russie est un événement remarquable de confirmation de la Théorie du Retour. Le conflit ukrainien se comprend avec une combinaison des phénomènes du « Retour du Passé » et du « Cycle des guerres ».

Il était espéré que le suivi du conflit ukrainien apporterait quelques éléments statistiques démontrant le « Cycle des guerres ». Il n’en a rien été, le conflit ukrainien reste d’intensité trop faible pour fournir des statistiques significatives comme c’est le cas dans le conflit irakien.

Du coup, beaucoup de temps a été passé sur la guerre en Ukraine à tenter  d’exploiter les informations disponibles. Bien que ceci ne fasse pas initialement partie de l’Horloge de l’inconscient, je me suis intéressé au possible règlement du conflit ukrainien: sans le moindre succès, étant trop petit et trop peu connu pour avoir une chance de faire appliquer ce qui est nécessaire.

L’Ukraine et la Russie restent des maillons importants de la démonstration de l’Horloge de l’Inconscient, même si  il n’y a pas de solution. C’est un paradoxe de la situation où on identifie de nouvelles causes des guerres qui ne peuvent être utilisées pour leur règlement.

 

30 octobre 2017

Ukraine statistiques semaine 41 – la semaine de tous les dangers

 

Statistiques spécifiques  semaine 41

Forte augmentation du nombre moyen de Violations de cessez-le-feu et du nombre d’explosions par rapport à la semaine 40: +74%

Durant la semaine se terminant le dimanche 15 Octobre,  il y a eu en moyenne 84 violations et 186 explosions par jour.

Le cessez-le-feu de la « rentrée scolaire », commencé le 25 août, a volé en éclat. Le nombre de violations et d’explosions a atteint des records non atteints depuis le 25 août.

La semaine s’est terminée sur un retour à une accalmie, marquée à Luhansk par un retour à un quasi cessez-le-feu. Le secteur de Donetsk reste agité de soubresauts, les données de Mariupol  ne sont pas cohérentes avec les données des semaines précédentes, comme si le SMM avait changé ses points de mesure et ses observateurs ou comme si des progrès étaient en cours que nous n’avons pas vu ou comme si il y avait un problème technique dans le recueil des données.

La situation globale reste fragile, et ceci n’a pas été loin d’une reprise généralisée de la guerre qui reste possible.

On voit des  diminutions importantes du nombre d’explosions les 12 et 14 octobre mais les données sont insuffisantes pour savoir si ces baisses sont le résultat d’un coup de gueule d’un des acteurs impliqués ou le résultat de la mise en place d’un dispositif cohérent. Un semblant de maitrise est perceptible dans les baisses brutales de tension, même si elles ne durent pas.

Tendances : Escalade ou Désescalade ?

Tendance court terme

Tendance à l’escalade si on compare la semaine 41 aux précédentes. Il n’y a pas eu  autant de violations et d’explosions depuis le 20 août 2017.

Tendance à la désescalade, en fin de semaine, au vu des pics atteints au cours de la semaine.

Note du 17/10/2017: La désescalade constatée les 14 et 15 Octobre semble confirmée par le rapport SMM de la  journée du 16 Octobre publié le 17 au soir. Un communiqué de l’armée ukrainienne publié le 17 au matin fait état d’une  escalade pour la journée du 16. Les deux informations sont contradictoires mais généralement les données SMM sont plus exactes. La désescalade est toute relative: il y a entre 75 et 100 explosions par jour, ce qui est supérieur au taux moyen constaté il y a quelques semaines. Ce n’est toujours pas un cessez-le-feu mais une vague accalmie.

Que faudrait-il faire  pour avoir une chance d’aboutir à un cessez-le-feu qui tienne?
Se reporter à l’article de fin Juillet accessible ici

 

Tendance moyen terme

Forte escalade ( doublement des explosions en une semaine )

Tendance long  terme

2 vues différentes à partir de données différentes confirment l’absence de tendance à l’escalade ou la désescalade sur une période de 2mois . Autrement dit, tous les bénéfices visibles des précédents cessez-le-feu ont disparu. Il faut reprendre à zéro.

Si on compare le nombre de violations et le nombre d’explosions sur une période de presque 2 mois, il n’y a ni escalade ni désescalade: aucune avancée objectivement mesurable.


 

Analyse de la typologie des secteurs

Le SMM présente dans ses rapports 2 secteurs : Donetsk et Luhansk.

Dans ce qui suit, 3 secteurs sont pris en compte :

  • Donetsk
  • Mariupol
  • Luhansk

Les données par secteur sont issues des tables annexées des rapports SMM. Le recueil des données a été fait rapidement et il peut y avoir quelques erreurs mais marginales et sans mettre en cause le résultat global. Une ligne = une violation de cessez-le-feu

Toute explosion est prise en compte, quel que soit son type.

Ces 2 graphiques donnent une typologie très différentes des 3 secteurs :

  • Luhansk : très peu de violations mais il peut y avoir des pics d’explosion équivalents à ceux de Donetsk :
    * cela ressemble à des troupes de métier ou très entrainées avec du gros matériel
    en semaine 41, il y a eu jusqu’à 300 explosions dans la journée, avec les 3/4 en moins d’une heure, ce qui ne semble possible qu’en utilisant les possibilités d’automatisation des tirs d’artillerie qui existent dans les systèmes d’artillerie (« Plan de feu » permettant de programmer les tirs d’artillerie à partir de toute une série de pièces d’artillerie qui sont reliées entre elles par un réseau, le plus souvent par radio: 240 explosions en 45 mn – peu probable que ce soient des tirs manuels)
    *  le cessez-le-feu peut mobiliser peu de ressources mais avec un très bon contact hiérarchique avec les LPR et l’armée régulière russe ( qui est probablement la colonne vertébrale de ces troupes) cela doit être possible. La semaine 41 donne l’impression d’une montée en puissance volontaire et programmée de l’artillerie qui se trouve dans le secteur de Luhansk: du travail de professionnel et vraisemblablement celui d’une armée régulière (ou de deux armées régulières qui utilisent des moyens similaires qui se trouvent maintenant dans toutes les artilleries un peu évoluées)
  • Mariupol: Beaucoup de violations mais très peu d’explosions
    * cela ressemble à des militants dispersés dans la nature mais avec très peu de matériel lourd
    * la plupart des violations est due à des balles traçantes, qui proviennent certainement des mêmes groupes. Cela demande un travail d’investigation terrain
    en semaine 41, les données ne sont pas significatives, sans comprendre pourquoi. Cela pourrait être le résultat d’un progrès qui aurait pour effet de ne plus voir les balles traçantes, ou d’un problème technique sur les caméras installées près de Mariupol.
  • Donetsk : beaucoup de violations et beaucoup d’explosions
    * un mélange explosif de miliciens et de gros matériel
    * un bon découpage en sous-secteurs devrait permettre de s’adapter localement. Illusoire de tout traiter de la même façon.

Les données utilisées

Dans la culture de la mesure on vérifie les données disponibles afin de s’assurer de leur pertinence.

 

Données OSCE SMM

Ces données sont disponibles le soir en semaine du lundi  au samedi ( uniquement pour les jours non fériés), à une heure variable entre 18h et 21h.

Un rapport est fait sur les données disponibles la veille au soir vers 19h 30.

Les données sont donc disponibles avec 24 à 48 h  de retard.

Les données disponibles sont détaillées mais limitées à ce que voient les observateurs eux-mêmes. Comme nous ne savons pas le nombre de points d’observation ou de patrouilles pour chaque jour, nous ne savons pas s’il y a des variations dues au management des observateurs.

Les données ne couvrent pas une journée complète, mais cela donne une bonne idée.

Au rapport est joint une table annexe qui indique toutes les violations recensées et leur type.

Pour les statistiques qui sont présentées ici:

  • 1 ligne différente dans la table annexe est considérée comme 1 violation de cessez-le-feu.
  • toutes les explosions sont ajoutées, quelle que soit leur type.

 

16 Octobre 2017 mis à jour le 17 octobre

 

Ukraine: la trêve de la rentrée scolaire a explosé en plein vol – vers une reprise de la guerre ?

La trêve de la rentrée scolaire est finie. Sur la journée du 10 octobre, il y a eu environ 370 explosions.  Il faut remonter au 20 août, soit 5 jours avant le cessez-le-feu de la rentrée scolaire pour avoir  un niveau équivalent.

L’OSCE ne fournissant pas de statistiques à long terme et le travail fait depuis fin août ne rencontrant aucun support, les statistiques remontant au début 2017 ou au-delà n’ont pas été faites. On ne sait pas dire le niveau moyen équivalent, mais vraisemblablement il va falloir remonter avant le cessez-le-feu de la moisson (Juillet) pour avoir un niveau équivalent.

Il suffirait de doubler la mise pour rentrer à nouveau dans le risque de la reprise de la guerre généralisée.

L’escalade est continue depuis le 2 octobre. Il n’y a pas d’information indiquant ce qui s’est passé, mais ceux qui semblaient avoir un rôle modérateur et régulateur ont disparu du champ de vision statistique.

Pour les détails se reporter au rapport du 10 Octobre publié ce soir.

http://www.osce.org/special-monitoring-mission-to-ukraine/349206

11 octobre 2017 ( corrections de coquilles le 12 octobre 2017)