Archives de catégorie : Notes d’actualité

pour y décrire les réactions au fil de l’actualité

Où en est le conflit Ukrainien ?

Nulle part. La tendance globale est au blocage tout azimut.

Aucune partie des accords de Minsk n’a été appliquée complètement:

  • les échanges de prisonniers n’ont été que partiels
  • le cessez-le-feu est fictif ( quelques centaines de violations de cessez-le-feu ont lieu tous les jours – source OSCE/SMM)

Pour se donner l’impression d’avancer, un cessez-le-feu est de nouveau décrété tous les 2 ou 3 mois, ne provoquant qu’une accalmie plus ou moins passagère.

Pourquoi donc les parties en conflit ne sont pas capables d’instaurer un cessez-le-feu qui tienne ?

Les raisons sont multiples:

  • Absence de leadership clair pour une tentative de règlement. Si l’Ukraine a fait venir le couple franco-allemand à la rescousse pour aboutir aux accords de Minsk2, le couple franco-allemand ne s’est jamais impliqué au niveau nécessaire pour amener les composantes dans une phase réaliste. Le président français Macron n’a pas de compétence pour instaurer un cessez-le-feu: il ne maitrise pas plus le sujet qu’avec le maintien de l’ordre en France et les gilets jaunes,
  • Accords autobloquants: aucune partie des accords de Minsk 2 n’a été complètement appliquée. L’application globale est quasi impossible. En indiquant que la frontière sera sous contrôle ukrainien après les élections, c’est un point de blocage assuré. Sans contrôler la frontière il sera impossible d’avoir un retour à la normale sur le plan de sécurité. Prétendre organiser des élections en présence des milices autoproclamées et leur mainmise sur les médias revient à indiquer qu’il n’y aura pas d’élections crédibles.
  • Les dirigeants ukrainiens et russes jouent au pourrissement, mettant en avant leurs composantes militaires. L’Ukraine attend toujours que les européens l’aident à bouter militairement les russes. La Russie passe son temps à masser des troupes sur la frontière pour bien montrer qu’en cas d’offensive militaire ukrainienne ou internationale elle répondra militairement. Bien sûr la non présence russe est une fiction: le matériel fourni de façon permanente par la Russie assure aux dirigeants autoproclamés un soutien qui les rend peu motivés pour avancer,
  • Les observateurs de l’OSCE ont un rôle passif. Ils constatent des violations mais n’assurent aucune coordination qui amènerait sur le terrain les composantes militaires à s’organiser pour mettre en œuvre un cessez-le-feu qui tienne. Ils observent mais ne se considèrent pas impliqués dans les actions à mettre en œuvre pour y parvenir,
  • les négociations en cours par le groupe de contact et les différents comités mis en place ressemblent à une tentative d’institutionnalisation des parties en conflit plus qu’une véritable négociation,
  • Tous les jours chaque camp met en avant les violations de l’autre camp, mais jamais les siennes,
  • Personne ne compte les violations de cessez-le-feu de la même façon, donnant l’impression qu’il n’y a aucun partage de la réalité quotidienne entre les acteurs.

Pour en savoir plus:

19 mars 2019


Gilets jaunes et motivations inconscientes

Une méthode issue de la “Théorie du Retour” permet d’analyser les motivations inconscientes d’un événement. Pour le faire, on prend la date de déclenchement de l’événement et on recherche toutes les occurrences passées de cet événement suivant la cyclicité de la “Théorie du Retour” qui est de 3085 jours. Cela permet de faire le lien “en relatif” avec un ou des événements passés.

En France, on considère que les événements suivants sont liés par des “retours” ( au sens “Théorie du Retour”). Ces événements sont remarquables entre eux comme étant à une occurrence ( de 1 à 3) de 3fois l’occurrence de base de 3085 jours (C’est à dire 25, 35 ans, qui est la fréquence de base des retours les plus probables .. à + ou – 2 ans). (Si on prend comme base l’événement de la libération de la France de 1944 on s’intéresse aux occurrences d’environ 25 puis 50 puis 75):

  • la Libération de la France commençant le 6 juin 1944
  • La révolte de mai 1968 commençant le 22 mars 1968 (+25 ans à + ou – 2ans)
  • les grèves de 1995 commençant le 24 Novembre 1995 (+50 ans à + ou – 2 ans)
  • L’événement des gilets jaunes se déclenchant le 17 Novembre 2018 (+75 ans à + ou – 2 ans)

Quand on prend la date du déclenchement des gilets jaunes du 17/11/2018, on constate que la révolte de mai 1968 s’est déclenchée en relatif à moins d’un mois. Cela signifie que l’influence inconsciente de mai 1968 est très forte.

Par contre les grèves de fin 1995 sont à 28 mois en relatif, ce qui est théoriquement en dehors des résurgences probables ( qui vont jusqu’à 24 mois).

La libération de la France de 1944 est à 18 mois en relatif. Il peut y avoir une influence sur l’aspect violence et volonté de renverser le pouvoir mais elle n’est pas la plus forte des influences.

La relation entre le mouvement des gilets jaunes et mai 1968 n’est pas évidente. Mis à part l’implication très forte des forces de l’ordre, il y a beaucoup de choses différentes et d’analogies discutables. Comme en 1968, le mouvement des gilets jaunes ne s’est pas structuré et il risque de n’en rester pas plus que le mouvement de 1968 qui ne s’est pas structuré au point de survivre et dont aucune opposition n’a réellement bénéficié.

Pourquoi les mouvements de 1968 et 1995 ont-ils trouvé un dénouement rapide ?

En 1968 il y a eu les négociations de Grenelle, la dissolution de l’Assemblée Générale et la remise en cause du mandat du président par le biais d’un référendum annoncé par de Gaulle: des éléments forts par rapport au pouvoir et suffisants pour déstabiliser la contestation globale.

En 1995 il y a eu des décisions pour dissocier la grève SNCF du plan Juppé. La fin de la grève SNCF en cédant sur leurs exigences a mis fin au mouvement et en sauvegardant l’essentiel du Plan Juppé. L’action forte et volontaire sur une des composantes a suffi pour revenir à la normale.

En 2018-2019, rien de tout cela. A aucun moment le pouvoir ne s’est remis en cause au point de remettre en jeu son mandat, pas plus à l’assemblée nationale qu’à la présidence. Il y a eu des mesures partielles, certes, mais soit décalées ( arrivant trop tard) soit d’effet faible ou carrément décalées par rapport à la contestation : le Grand débat s’est adressé essentiellement à une autre population que celle impliquée dans les gilets jaunes. Les mesures ont été jugées trop partielles et tournant autour du problème et des interlocuteurs: insuffisant pour dégonfler ce conflit comme cela l’avait été en 1995 ou 1968.

Et maintenant ? Refaire ce qu’il aurait fallu faire est trop tard. Céder à nouveau devant la casse démesurée du samedi 16 mars ne ferait qu’accentuer la faiblesse de l’Etat.

Par contre, le pouvoir en place devrait être un peu plus sérieux sur la réduction du train de vie de l’Etat. C’est un mauvais message que d’augmenter les dépenses de l’Etat sans avoir trouvé des mesures de réduction du train de vie de l’Etat. C’est probablement le vrai échec du pouvoir en place en France. Il fait de la communication ou fait de la mousse sur les événements mais n’aborde aucun des problèmes de fond. Poser démagogiquement la question à la population sur les dépenses qu’il faudrait réduire sans proposer une analyse préalable est simplement le signe que le pouvoir en place ne maîtrise pas son sujet, malgré tous les spécialistes de l’administration en ses rangs.

Par exemple, dans le privé, pour les retraites il faut équilibrer les retraites versées par rapport aux cotisations en cours des retraites sur les actifs; dans l’État, comme il n’y aucune cotisation de retraite versée par les fonctionnaires, on ne recherche pas l’équilibre mais on puise sans restriction dans le budget de L’État. Qui osera et pourra mettre à plat les dépenses de L’État ? A priori, pas plus le pouvoir actuel que les précédents.

Les baisses de cotisations et de charges de L’État ont pour le moment été compensées par de nouvelles taxes ou charges continuant à augmenter la pression globale: c’est ce qui ressort des analyses extérieures disponibles. Il n’y a pas de réduction du train de vie de l’Etat visible objectivement.

17 mars 2019


Pourqui

Europe et “Cycle des Guerres”

L’Europe ( au sens large ) est un cas remarquable du “Cycle des Guerres”.

C’est un excellent exemple de combinaison d’analyse classique et d’exploitation des résultats d’analyse en connaissant le “Cycle des Guerres”.

La prochaine guerre en Europe aura vraisemblablement lieu entre Avril 2022 et Juin 2026. Cela peut être une nouvelle guerre ou le réveil d’un conflit gelé pendant quelque temps (Géorgie, Ukraine ou l’un des multiples conflits en cours).

Nous ne pouvons pas dire aujourd’hui quelle sera cette guerre, mais en utilisant une analyse classique nous pouvons dire le type de guerre le plus probable.

Une analyse classique nous indique que depuis 1990, toutes les guerres sur le sol européen ont eu lieu dans l’ex-périmètre du bloc socialiste ( URSS et Yougoslavie):

  • 1990: désintégration de la Yougoslavie ( guerres multiples)
  • 1999: guerre du Kosovo
  • 2008: guerre de Géorgie
  • 2014: crise de Crimée et guerre d’Ukraine

Chacune de ces guerres correspond à une période d’amplification du cycle des guerres.

  • Pic d’amplification d’août 1990: désintégration Yougoslavie
  • Pic d’amplification de janvier 1999: Kosovo (1999)
  • Pic d’amplification de Juin 2007: Guerre de Géorgie (2008)
  • Pic d’amplification de Déc 2015: Guerre d’Ukraine (2014)

Ce qui est remarquable sur cette période 1990-2018 c’est qu’il n’y a pas d’autre guerre européenne en dehors des périodes d’amplification (la Tchétchénie n’a pas été prise en compte, n’étant pas considérée comme étant dans l’Europe, mais rentre aussi dans ce cadre pour la seconde guerre de 1999 à 2000 alors que la première guerre de 1994 à 1996 est en dehors de la période d’amplification).

Une analyse classique nous indique aussi que les deux dernières guerres ont eu une composante russe “similaire” qui a pour résultat une amputation partielle du pays avec lequel la Russie entretient une relation conflictuelle ( officiellement présentée par la Russie comme un conflit interne au pays en question et une volonté séparatiste interne au pays .. sauf quand les dirigeants russes ont besoin de faire valoir leurs exploits auprès de leur population comme c’est le cas avec la Crimée pour laquelle la Russie non seulement ne cache pas son implication, mais s’en vante )

Alors que sera la prochaine guerre autour du prochain pic d’amplification de mai 2024:

  • presque surement dans l’ancien bloc socialiste (URSS et Yougoslavie)
  • 2 chances sur 3 qu’il y ait une composante russe à nouveau
  • probabilité non négligeable d’une généralisation Europe-Russie, suite aux tensions multiples entre ces 2 blocs.

Les pays et dirigeants européens le savent-ils ? Joker, mais je crois que non. Aucun diplomate ou dirigeant européen n’a jugé ces informations utiles pour les indiquer aux pays et dirigeants européens. Nous ne donnerons pas d’exemple précis de pays qui ont eu les informations et n’en ont rien fait, mais il serait possible de le faire.

Au niveau européen, il n’y a pas de centre de prévision crédible. Un organisme comme l’OSCE dont on pourrait croire que c’est la mission de prévenir les guerres et donc de faire des prévisions fiables est incapable de donner des prévisions de haut niveau et incapable d’intégrer un tel embryon de savoir. L’OSCE réagira au début de la prochaine guerre, mais probablement jamais avant. Il y a un problème de compétence et d’intérêt réel à la géostratégie. Je connais mal l’OSCE mais je n’ai rien trouvé de crédible permettant d’y trouver des prévisions claires, concises et fiables.

30 décembre 2018

Post-scriptum: depuis 2006, cette particularité de l’Europe a été présentée sous une forme similaire à celle qui est accessible sur ce site et auquel vous pouvez aller par ce lien. Sur les 2 périodes d’amplification qui se sont déroulées depuis cette date, les prévisions ont été confirmées par les faits. En 2010, nous avions déjà une petite idée de ce qui pourrait se passer entre 2014 et fin 2017. En 2012, nous avions une idée plus précise. Il est dommage de constater que les faits permettant de le montrer ne sont pas pris en compte. Par principe, il paraît dérangeant de pouvoir faire des prévisions à si long terme, alors que ce n’est qu’un raisonnement logique appliqué à des faits et la connaissance du “Cycle des Guerres”. Cela bouleverse trop les certitudes contemporaines pour trouver l’écho que devrait avoir cette réalité.

Syrie: Retour vers la case départ – en pire ?

Avec l’annonce par les États-Unis d’Amérique du retrait des forces spéciales présentes en Syrie, allons-nous revenir à la case départ ?

Une autocratie dictatoriale intacte et presque renforcée après presque 8 ans de guerre civile, un pays dévasté, quel est donc l’avenir de la Syrie ?

Des combattants kurdes abandonnés que la Turquie va s’empresser de réduire en peau de chagrin, une opposition syrienne radicalisée décrédibilisée et une opposition laïque à reconstruire constituent les bases d’un triste avenir, pire que celui qui existait en 2011.

Quels enseignements en tirons-nous ? On a donné aux occidentaux le choix de choisir entre la peste et le choléra. Ils ont rejeté les deux tout en combattant la peste, permettant au choléra de s’étendre et de s’affirmer. En fin de compte, le pouvoir en place va devoir sa survie autant à ses alliés russes qu’aux occidentaux qui ont aidé à éliminer l’État Islamique, tout en ne tirant aucun bénéfice de l’élimination relative de l’État Islamique. Ne vous y fiez pas: la bête bouge encore et revivra prochainement sous d’autres formes: sa clandestinité pourrait être aussi meurtrière pour les pays européens que du temps de la gloire de l’État Islamique. La guerre n’est pas finie, elle a fait une pause.

Si on résumait en quelques phrases cette guerre, nous partirions de manifestations globalement pacifiques dans lesquelles le régime syrien fit tirer à balles réelles, tentant de réduire par la force toute contestation. Cette tentative de réduction par la force conduisit les contestataires à se radicaliser. Le régime syrien les accusait de terroristes ? Ils le sont devenus, ce qui a ôté définitivement tout soutien à leur cause, mis à part quelques composantes d’opposition maintenues en survie par des pays.

Une fois l’opposition transformée en terrorisme diabolique, les dés étaient jetés. Même ceux qui auraient aimé aider l’opposition syrienne sont restés en dehors ou ont participé à son anéantissement.

Le régime syrien se réjouit de sa victoire contre le terrorisme ? Par son comportement il a permis son émergence et risque de rester seul avec ses fidèles alliés pendant quelque temps.

L’Iran a avancé ses pions et contrôle maintenant le Liban et une bonne partie de la Syrie.

La Russie a retrouvé une partie de sa crédibilité internationale.

La Turquie se réveille.

Et les Européens ? A côté de leur pompes du début à la fin. Ils auraient au moins pu mettre leur poids dans une solution diplomatique qui contrôle les sources d’immigration. Rien, si ce n’est un attentisme avant, pendant et après.

Et les USA ? Confirmant la renonciation d’Obama à jouer les gendarmes du Monde, ils partent la queue basse, dans le désordre, de cette solitude qui pourrait affaiblir voir casser leurs alliances traditionnelles. Les USA sont-ils un allié fiable ? Ils sont un allié de leur ego et de leur volonté de puissance et de domination, c’est certain, mais un allié des autres pays ? Cela reste à démontrer même si les derniers événements en sont une contre-démonstration.

2019 sera un premier retour faiblement marqué du printemps arabe, suivant la Théorie du Retour. Ce sera surtout un retour à la case départ pour les syriens, après la bagatelle d’environ 400.000 morts.

21 décembre 2018

Pour un cessez-le-feu qui tienne à Hodeida

Le Jeudi 13 décembre, Antonio Guterres , secrétaire général de l’ONU annonce un cessez-le-feu immédiat après les premières négociations sur la guerre au Yémen, conclues par un accord partiel limité au port d’Hodeida

J’ai coutume de dire qu’un cessez-le-feu “immédiat” ne tient jamais, pour la bonne raison qu’il est violé immédiatement, ce qui permet à chacun de rejeter la responsabilité sur l’autre.

Un cessez-le-feu “immédiat” est généralement révélateur de l’absence de connaissance sérieuse de ce qui est nécessaire à l’instauration d’un cessez-le-feu.

Il y a de tout dans les cessez-le-feu: des “immédiat”, des “unilatéraux”, des “définitifs”. Il arrive que certains tiennent, mais cela se fait rare.

Finalement le cessez-le-feu immédiat du 13 décembre a été remplacé par une trêve entrée en vigueur à minuit dans la nuit du lundi au mardi 18 décembre. Cela permet de commencer par effacer 5 jours pendant lesquels il n’y a pas eu de cessez-le-feu respecté et d’adoucir l’objectif: nous sommes théoriquement dans une trêve qui a l’avantage de tolérer des “bavures”.

Les quelques éléments communiqués sur le sujet par l’ONU permettent de savoir que quelques observateurs ont été envoyés en urgence ainsi que que quelques conseillers afin de tenter d’organiser les services de sécurité locaux.

Cela peut-il réussir ?

OUI si certaines conditions sont réunies :

  • Définir une coordination locale et centralisée dans un PC opérationnel qui va entretenir les relations avec les composantes locales,
  • Avoir une cellule diplomatique internationale capable de joindre directement les commandements au plus haut niveau : la coalition saoudienne, le gouvernement du Yémen et le commandement rebelle des Houthis,
  • Définir un moyen de rendre les forces de sécurité locales homogènes, cohérentes et respectées par les 2 parties (principalement par des formations et des actions communes et probablement la création d’un camp de toile où les forces de sécurité vivent de façon permanente),
  • Recruter des forces de sécurité à partir des combattants locaux pour tenter de faire disparaitre les éléments armés et les reconvertir soit en forces de sécurité soit dans d’autres missions civiles nécessaires sur place

Si effectivement ces conditions sont réunies, cela pourrait devenir un cessez-le-feu. Comme l’espace géographique est limité, c’est atteignable avec peu de moyens.

20 décembre 2018

Cessez-le-feu au Yemen et “Cycle des Guerres”

Pour rappel, le “Cycle des guerres” indique des périodes d’amplification des violences et guerres, et des périodes d’atténuation des violences et guerres.

La dernière période d’amplification était d’Octobre 2013 à Janvier 2018. Elle devait:

  • provoquer un nouvel épisode de guerre ( ou tension) sur les conflits récurrents connus ( Conflit Israélo-arabe, Europe, Inde-Pakistan..)
    Ce fut le cas avec une guerre Israël-Gaza en 2014 et la guerre de l’Ukraine en 2014, ainsi que quelques tensions sans dégénérer en guerre en Inde-Pakistan)
  • favoriser une escalade régionale ou/et internationale sur les guerres commencées avant la période d’amplification ( guerre civile syrienne, guerre civile Libyenne)
    Ce fut le cas pour la Syrie devenue régionale et internationale, avec la composante État Islamique
  • voir l’émergence de nouvelles guerres là où apparaissaient de nouvelles tensions
    Ce fut le cas avec le Yémen

Depuis Janvier 2018 nous sommes entrés dans une période d’atténuation qui doit durer jusque Avril 2022

Nous devrions avoir des tendances inverses, c’est à dire:

  • des guerres donnant l’impression de se terminer, suite à ce qui ressemble à une victoire militaire
    C’est le cas en Irak et en Syrie, même si ce n’est pas encore terminé à ce jour
  • soit des négociations de paix ayant plus de chance d’aboutir que précédemment
    C’est le cas au Yemen avec l’accord de principe  du 12 décembre 2018 devant conduire à un cessez-le-feu limité à la ville portuaire d’Houdeida
  • Pour le moment rien qui ne concerne le conflit israélo-arabe ou le conflit ukrainien en cours

Mais le cessez-le-feu officiellement annoncé comme immédiat au Yémen a volé en éclat avant même d’entrer en vigueur. Nous retrouvons dans le cas présent les lacunes habituelles des cessez-le-feu habituellement proclamés, celui de l’Ukraine étant un magnifique exemple de cessez-le-feu fictif qui a juste permis de réduire le niveau de violence ( à la condition de proclamer tous les 3 ou 4 mois un nouveau cessez-le-feu qui ne tient jamais mieux que les précédents).

Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas d’ici quelques semaines une trêve sur place, mais que l’effet d’annonce est insuffisant pour permettre le moindre cessez-le-feu au Yemen.

Nous y retrouvons l’état général de connaissance des milieux diplomatiques internationaux qui pensent souvent qu’il suffit de déclarer un cessez-le-feu immédiat pour qu’il devienne effectif.
Ce n’est pas si simple, mais c’est un autre sujet à développer (même si officiellement cela ne semble pas intéresser grand monde de tenter d’expliquer ce qu’il faudrait faire pour aboutir à un cessez-le-feu qui tienne)

A suivre!

16 décembre 2018

“Gilets jaunes” et Retour: pouvons-nous conclure ?

En voyant le mouvement des “gilets jaunes”, la question s’est posée de savoir si on pouvait considérer ce mouvement comme un “Retour” de mai 1968?

Un premier article “Gilets jaunes et Retour de Mai” a résumé quelques éléments, complété de plusieurs notes correspondantes à des informations diverses.

Un second article ” Les Retours du passé en France” a essayé de poser la problématique de façon plus générale pour la France.

A partir d’un fichier excel ont été définis les retours théoriques avant ou après la libération de paris ( Août 1944). Ces retours théoriques ont été définis à la fois sur la base 3085 jours ( environ 8 ans et 5 mois) et à la fois 3*3085 jours ( environ 25 ans) pour voir si on ne trouve pas une forme de “Cycle du retour” des conflits sociaux en France”.

Les quelques éléments examinés ne permettent pas de conclure en essayant d’appliquer des critères objectifs sur l’ensemble des données.

Le résultat obtenu relève plutôt, à ce stade, de la boule de cristal : on y croit ou on n’y croit pas.

On peut juste conclure qu’il y a bien des périodes de ” sensibilité plus grande” et où éclatent plus facilement  des conflits “spontanés”. Cette sensibilité plus grande n’indique rien sur la manière de les résoudre, mais conforterait plutôt cet aspect un peu irrationnel des réactions et revendications. Trop peu d’événements pris en compte ne permettent pas de transformer cette impression en certitude.

Par contre, le mouvement des “gilets jaunes” restera certainement un conflit marquant par son mode de déclenchement par les réseaux sociaux, son absence de structuration nationale, sa difficulté à s’encadrer et débattre ou se faire représenter.

La méthode de blocage des ronds points a été redoutable pour que ce mouvement fasse parler de lui. Avec très peu d’effectifs, il est possible de bloquer un rond point et de mettre un bazar pas possible, presque  sans protestation des usagers qui sont des complices tacites de cette situation.

Environ 100.000 personnes bien organisées sont capables de faire tourner en bourrique un État et de le désorganiser profondément.  Du jamais vu quand on considère que certains considèrent avec aplomb qu’ils obtiendront ainsi la destitution du président de la république française.

Les violences et les thèses complotistes farfelues jetteront-elles le discrédit sur ce mouvement ?

Trop tôt pour le savoir. Le mouvement s’effrite sans avoir réussi à transformer le mouvement des “gilets jaunes” en force permanente. C’est dommage, puisqu’un tel mouvement aurait pu secouer durablement les acteurs institutionnalisés, comme les syndicats et les partis politiques, afin de faire naître une représentativité dans laquelle une partie du “peuple” se reconnaisse.

Le discours de Macron n’a ni convaincu ni arrêté le mouvement en cours. L’absence de fin claire à ce mouvement risque d’accumuler des rancoeurs refoulées et sans issues à court terme.

13 décembre 2018

Les “Retours du passé” en France

La “Théorie du Retour” donne une probabilité de résurgence d’événements passés ayant marqué l’inconscient collectif, c’est à dire ayant été connu et ayant marqué tout le monde.

Un événement connu d’un petit groupe ne provoquera pas de “Retour” identifiable. Les études actuelles se sont limitées à des événements majeurs, le plus souvent traumatisants et exceptionnels. Très peu d’événements sont retenus comme étant des “Retours”.

Dans un pays comme la France, mis à part différents Retours liés à des guerres (ex: seconde guerre mondiale issue de la rivalité franco-allemande) les événements retenus tiennent dans les doigts d’une main. Autant dire qu’il y en a très peu. Il y en a peut-être plus, mais cela demanderait la participation active d’historiens et autres personnes intéressées par des événements historiques et leur résurgence.

Les “Retours” identifiés en France ne se limitent pas au 20° siècle. Le “Retour” de 1789, année du début de la révolution française et de la prise de la Bastille, a lieu 25 ans plus tard exactement en 1814 avec la fin de l’ère Napoléonienne et le “Retour de la Monarchie”. C’est l’un des plus beaux Retours “Négatif”, c’est à dire qui provoque un événement contraire à l’événement d’origine, en effaçant subitement toutes les conséquences depuis la révolution d’origine, y compris ses dérives Napoléoniennes.

Au 20° siècle et depuis la seconde guerre mondiale, le seul Retour vraiment identifié et reconnu comme pouvant produire à nouveau des Retours est celui de la libération de Paris en août 1944. Mai 68 a été identifié comme un Retour de cet événement et a même été à l’origine de la coïncidence et hypothèse aboutissant à la Théorie du Retour en 1988, avec un autre événement concernant l’Algérie.

Comment expliquer ce brusque excès de violence en mai 68 et son aspect putschiste mobilisant l’ensemble de la population comme si sa finalité était de renverser un pouvoir. L’explication la plus probable vient de la “Théorie du Retour”. La France est alors en train de revivre inconsciemment la libération de Paris et a le comportement inconscient de renverser le régime en place, comme cela a été fait au moment de la Libération.

Bien sûr cette explication n’est pas partagée par les historiens: la plupart n’ont même pas entendu parler de la “Théorie du Retour”. Le “Retour” n’a pas provoqué l’événement de mai 1968 mais l’a amplifié comme si le peuple français poursuivait inconsciemment un autre but que ses revendications officielles.

Ce Retour a eu lieu un peu moins de 24 ans après la Libération de Paris. Le suivant probable a eu lieu au dernier trimestre 1995 (27 ans après mai 68 et 49 ans après la Libération) et le mouvement des “gilets jaunes” se retrouve 50 ans et demi après mai 1968. L’occurrence la plus probable d’un Retour est 25 ans à + ou – 2 ans ( ou un multiple de ..). On pourrait donc considérer que tous les multiples de 25 ans ( à + ou – 2 ans) seraient couverts. Et on pourrait compléter l’étude en se demandant ce qui s’est passé sur les occurrences de 8 ans et 5 mois et avant 1944…. si cela intéresse quelqu’un de connaître le résultat qui risque d’être pour l’Histoire plus que pour l’actualité.

Cela ne veut pas dire que le mouvement des gilets jaunes a été provoqué par le retour de mai 68 mais qu’il est amplifié et que sa dimension irrationnelle et un peu extrême indique simplement cette amplification apparemment invisible.

Reste à le démontrer, ce qui est plus compliqué:

  •  Aujourd’hui dans l’histoire des forces de l’ordre française, il n’y a pas eu d’événement plus important et démesuré depuis mai 68 que celui des “gilets jaunes”.
  • Il y a aussi des éléments qui peuvent être considérés comme infirmant ce “Retour”: faiblesse de la mobilisation, revendications sans rapport ( si ce n’est le pouvoir d’achat et le partage des richesses.
  • Il y a d’autres éléments similaires: aucune initiative du pouvoir et des partis traditionnels n’a de prise en mai 1968 et 2018, absence de leadership clairement établi dans les mouvements de 1968 et 2018, succession de concessions sans effets.

Peut-on y trouver l’inspiration d’une  sortie de  crise? Difficile d’y répondre. Un référendum dont l’issue déterminerait la sortie ou le maintien du président pourrait calmer les esprits, à condition de trouver le bon sujet.

Un peu extrême comme solution, mais sans adhésion de la population ce quinquennat pourrait aboutir à rien d’autre qu’avoir perdu 5 ans pour réformer L’État Français. Et en 18 mois rien de sérieux n’a été fait sur le train de vie de l’État Français qui reste le boulet de l’ensemble des prélèvements sur la population française, et donc des taxes et indirectement du pouvoir d’achat.

Alors, tant qu’à faire, ce ne serait peut-être pas idiot de le faire plutôt que de vivre dans une situation bloquée le reste du quinquennat.

Déjà la réforme qui devait diminuer le nombre de députés et sénateurs est bloquée. Pourquoi? A cause de l’affaire Benalla et  aussi parce que le président a tenté de tailler la constitution à sa main avec des modifications qui tendent à renforcer son pouvoir direct mais sont hors sujet par rapport à la promesse électorale de diminuer le nombre de députés et sénateurs. Il vaudrait mieux qu’il la reprenne simplifiée, uniquement avec la diminution du nombre de députés et sénateurs en retirant tout le reste et en le soumettant à référendum pour ne pas mélanger les sujets qui fâchent. Il aurait une petite chance de réussir et de forcer le passage de cette modification constitutionnelle ensablée dans les dérives de l’autoritarisme du nouveau pouvoir. Il évacuerait ainsi toute cette personnalisation du pouvoir qui lui est reprochée en ne retenant que la simplification du train de vie de l’État.

Ce serait tenter un retour contraire à la fin de 1968 pour repartir sur des bases plus saines pour la société.

Peu de chance que cela se fasse: je n’existe pas même si chacun pourrait me trouver sur internet s’il m’y cherchait. Et de telles interprétations de la “Théorie du Retour” pour sortir d’une crise relève de l’apprenti sorcier plus que de la raison. Tirer à pile ou face pourrait se montrer aussi efficace que miser sur cette proposition.

8 décembre 2018

Gilets Jaunes et Retour de Mai 1968

Pour rappel, la Théorie du Retour indique qu’un événement ayant marqué l’inconscient collectif peut être revécu à 25 ans à + ou – 2 ans (ou un multiple de 25 ans).
Dans la théorie la période de base est plutôt de 8 ans et un peu moins de 6 mois, mais le retour le plus probable étant de 25 ans, on peut se limiter à cette périodicité de 25 ans pour une première analyse.

Il y a très peu d’événements ainsi revécus dans un pays. En France, il est admis que mai 1968 fut un Retour de la libération du pays en 1944. ( 24 ans)
Décembre 1995 est considéré comme un retour de mai 1968 (27 ans).

L’épisode actuel des Gilets Jaunes peut être considéré comme un  second retour de 1968. (50 ans et atténué)

Qu’est-ce qui permet de confirmer ou infirmer cette hypothèse ?

Le premier élément de confirmation est que différents interlocuteurs font naturellement référence aux deux : certains y voient un “mini 1968”, à partir de son aspect incontrôlable et sans tête ou organisation contrôlant le mouvement.

Les “Retours du passé” sont analysés uniquement par rapport  à un événement précis et non par rapport à une période globale. La référence à une période globale antérieure est assez floue et très discutable. C’est la raison pour laquelle les “Retours” identifiés sont analysés par rapport à un événement précis.

Un élément pouvant contester cette hypothèse est le fait que son ampleur est bien plus faible, mais de tels retours peuvent être atténués.

Il sera difficile de trancher sur cette hypothèse au vu des déclarations tout azimut de certains ministres qui veulent imposer une grille d’analyse un peu stupide : “groupuscules d’extrême droite”, “peste brune” ?? Ces analyses sommaires à l’emporte-pièce montrent surtout que les intéressés ne sont pas attentifs à ce qui se passe, font l’amalgame assez rapidement, et cherchent un bouc émissaire facile: il est bien possible qu’elles se terminent en effet boomerang, mais par contre cela va biaiser toute analyse objective sur ce sujet.

Si c’est un retour atténué de mai 1968 quelle est la conséquence ?

Quand il y a un tel retour, il y a un besoin irrépressible de refaire la même chose ou son contraire, qui peut échapper à toute logique apparente.

Les petites phrases officielles : “on ne changera rien”, “on garde le cap” sont certainement les plus efficaces pour mettre de l’huile sur le feu. On peut avoir un objectif ou un cap et avoir différents moyens de l’atteindre. Ce n’est pas parce qu’une route est coupée que vous n’atteindrez pas là où vous voulez aller. Y aller par un autre chemin ne veut pas dire qu’on n’y va plus.

Les prendre un peu au sérieux pour tenter de comprendre leur inconscient aurait été mieux, mais je crois que la subtilité n’est pas de mise auprès de nos officiels: plus la ficelle est grosse, plus on la tire… même s’il faut aller jusqu’au ridicule.

26 Novembre 2018

Note du 1° décembre:

La violence constatée dans les dernières manifestations renforce cette analogie.

Note du 3 décembre:

Le journal le Figaro du 3 décembre 2018 a un article intitulé “le Mai 68 des classes moyennes” de Jacques Julliard. Juste pour mémoire et citer des analogies faites naturellement par d’autres à propos de ces événements

Note  du 6 décembre:

En cas de Retour du passé, ceci amplifie les réactions visibles, comme si il y avait quelque chose d’inconscient qu’on ne comprend pas très bien et qui pousse le conflit vers d’autres horizons. Cette “amplification” est passagère mais peut paraitre irrationnelle. Dans cet irrationnel on doit y retrouver des éléments permettant de faire le lien avec l’événement initial du Retour. La difficulté est de le transformer en relations d’analyse indiscutables. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, l’analogie entre le mouvement des gilets jaunes et mai 1968 ne faisant pas consensus. Par contre, l’amplification et un certain jusqu’au boutisme sont bien présents, même s’ils sont insuffisants pour confirmer le lien de Retour du passé entre mai 1968 et ce mouvement “incontrôlable” des Gilets jaunes. Comme en 1968, il n’y a pas de leadership clairement identifié. Comme en 1968 il s’étend à d’autres conflits et populations. Comme en 1968, il a du mal à réagir aux mesures lâchées progressivement. Mais cela reste de l’analogie ou de la conviction personnelle, pas de la démonstration incontestable, qui est difficile dans l’état actuel des études sur les retours du passé.

Note du 8 décembre 2018

Ce matin dans Libération daté  du 8 décembre 2018, dans l’article “Le maintien de l’ordre à la française désorienté” d’Ismaël Halissat, se trouve le paragraphe suivant:
“…De telles scènes de violences étaient inédites à Paris depuis Mai 68. Près de 250 feux allumés, dont 112 véhicules et 6 bâtiments incendiés. 162 personnes blessées, prises en charge par les hôpitaux parisiens. 378 manifestants placés en garde à vue. Un nombre historique de grenades lacrymogènes et explosives ainsi que de balles en caoutchouc utilisées. En cinquante ans, les forces de l’ordre ont évidemment connu d’autres coups durs et échecs en la matière, mais jamais des émeutiers n’ont semblé si proches de faire vaciller le pouvoir…”

Ce paragraphe est et sera utilisé pour renforcer l’analogie avec mai 68. La difficulté dans l’identification des “Retours” est avoir des éléments incontestables permettant de confirmer ce Retour. Dans le cas présent, c’est compliqué et discutable. Ainsi les gilets jaunes sont peu nombreux: en général 3 ou 4 groupes de 50 bloquent 3 ou 4 ronds points qui suffisent à paralyser ou ralentir une ville, ce qui n’a rien à voir avec les mouvements de masse de mai 68. Mais cette violence qui se veut presque putschiste est un élément qui avait permis d’identifier Mai 68 comme un retour de la libération de Paris à la fin de la seconde guerre mondiale en 1944. On le retrouve inconsciemment à nouveau dans ce mouvement, comme si ce mouvement était en train de vivre dans son inconscient une “libération” et le changement de pouvoir sui en découle. Ce point va être développé dans une nouvelle note.

Note du 9 décembre

Dans le journal du Dimanche, une interview d’Henri Weber “Les soixante-huitards ne pillaient pas”.
Différents parallèles sont faits entre 1968 et 2018. Il est constaté dans les deux cas une popularité très forte, qui avait basculé en 1968 au bout de 4 semaines après la nuit du 24 mai.
Une grande différence: Le mouvement de 1968 était porteur d’un projet de société, d’une alternative positive à l’ordre existant. Pas le mouvement de 2018 qui n’est porteur d’aucun projet d’avenir un peu cohérent.
1968 a façonné les années qui ont suivi. 2018 restera un choc frontal. Sera-t-il construire un avenir ? Rien n’est moins sûr à ce stade

Pourquoi les mesures annoncées par le gouvernement pour apaiser les gilets jaunes n’ont pas d’effet ?

Hier, le premier ministre français Édouard Philippe a annoncé un moratoire sur les taxes prévues en début d’année.

La première réaction des “Gilets jaunes” est négative. Pire, le conflit donne l’impression de continuer à s’étendre. Pourquoi ?

Si vous comprenez la Modélisation du déclenchement des guerres on pourrait réécrire la même chose pour expliquer les conflits. De la même manière qu’il y a un seuil de guerre, on pourrait parler de seuil de conflit. Le conflit sera le résultat de plusieurs causes qui s’accumulent. Mais une fois que le conflit apparait ouvertement, il a dépassé le seuil et l’énergie pour  tenter d’arrêter le conflit sera beaucoup plus grande après le passage du seuil. Autant quelques petites mesures peuvent avoir de l’effet avant que le conflit ne dégénère, autant elles peuvent donner l’impression de n’avoir aucun effet une fois le conflit étendu. C’est ce qui se passe.

Toutes les mesures annoncées jusqu’à maintenant depuis plusieurs semaines ont été inaudibles: le gouvernement et la présidence de la République ont tenté d’annoncé des demi-mesures qui n’ont même pas été comprises, encore moins acceptées. Trop peu, trop tard ? Pas forcément, mais mal engagées et autour desquelles ne ne crée aucun vrai projet

Alors que faire ?

  • Céder un bon coup pour refranchir le seuil de conflit dans l’autre sens. C’est ce qui a été fait en 1995 sur la partie SNCF pour décoreller ce dernier du conflit de la Sécurité Sociale. En lâchant sur un point, l’autre a été conservé. Par contre, cela a eu un effet de bord fâcheux: cela a rendu les cheminots intransigeants, fort du succès qu’ils avaient obtenu.
    Dans le cas présent, céder un bon coup reviendra à mettre au panier l’ensemble de la politique esquissée depuis 2017: on ouvre les vannes tout azimut.
  • Rester droit dans ses bottes ? Pas bon.
  • Il y a une partie des mesures annoncées qui n’a eu aucun écho: à partir du 15 décembre, s’engagerait une réflexion sur les recettes et les dépenses de l’Etat.
    Le principe est bon s’il ne reste pas purement technocratique. La vraie faiblesse de la politique engagée depuis 2017 c’est qu’on ne voit aucun vrai chantier sur le “train de vie de l’Etat” et ses dépenses. L’approche comptable et budgétaire suivie jusqu’à présent n’est pas la bonne. Il faut un tel débat et des choix, mais qui marquent chacun et finisse par impliquer les français.
    Nous sommes encore en France dans l’Etat providence.
  • Il peut y avoir moins de taxes et impôts si on dépense moins. En 2017, la France est devenue le champion OCDE toute catégorie des prélèvements. Cela n’a pas encore ralenti. On a juste fait un tour de passe passe entre des taxes supprimées ou allégées et des nouvelles taxes ajoutées. Pas de chance, le résultat global c’est que tous les acteurs ( Etat, collecticités locales, Sécurité Sociale, etc.) en ont ajouté plus qu’ils n’en ont retiré. Il y a urgence et les gilets jaunes sont bien révélateur de cet état de fait.

5 décembre 2018

 

Note du  8 décembre 2018

Ce qui a été concédé:

14 Novembre
– Doublement de la “prime à la conversion” automobile pour les plus modestes,
– Élargissement du chèque énergie à 2,2 millions de foyers tout juste imposables,
– Nouvelle prime pour changer sa cuve à fioul,
– Défiscalisation des aides sur les carburants versées par les collectivités,
– Révision du barème des frais réels pour les petites cylindrées,
– Encouragement du covoiturage.
Ces mesures ont été inaudibles. Vraisemblablement les gilets jaunes eux-mêmes ne seraient pas en mesure de les indiquer. Pire, elles sont “technocratiques” sont avoir pris en compte la dimension humaine des gilets jaunes. Il est vraisemblable que la plupart des gilets jaunes (au moins leur noyau dur) ne pas pas investir. Leur parler de mesures pour lesquelles il faut d’abord investir avec des économies disponibles pour en retirer un bénéfice n’a pas de sens. Probablement très peu sont au barème des frais réels. Quant au covoiturage, c’est bon pour les villes et très peu utilisable dans la France profonde à l’origine du mouvement: à côté de la plaque pour la plupart des mesures, ce qui explique qu’elles ne peuvent pas avoir d’effet

4 Décembre
– Suspension de six mois des hausses de taxes sur les carburants,
– Report de la seconde partie du contrôle technique,
– Pas d’augmentation des tarifs du gaz et de l’électricité durant l’hiver.
La première mesure est mort née, la seconde est discutable et la troisième ne dépend pas du gouvernement. Un recours des distributeurs de gaz et d’électricité annulera la décision du gouvernement.

5 décembre
Les hausses de taxes sur l’essence et le gazole prévues sont “annulées” pour 2019.
Un pas en arrière – sans véritable effet. Tant qu’il n’y aura pas de concertation institutionnalisée acceptée par l’ensemble des acteurs, il sera difficile que des mesures sorties subitement d’un chapeau ait de l’effet