Cycle des Guerres dans le contexte Européen

Il est important de lire d’abord la Méthodologie de présentation du « Cycle des Guerres » afin de comprendre comment sont présentés les résultats et ce qu’ils signifient

Le cycle des guerres appliqué à l'Europe

Ecarts guerres européennes

Données utilisées

Depuis le début du 20° siècle il y a d’abord eu beaucoup de guerres impliquant les pays européens, puis progressivement, après la seconde guerre mondiale, de moins en moins de guerres.

Pour la première partie du 20° siècle, ce sont donc les guerres majeures qui apparaissent. Cela peut entrainer des interprétations suivant les auteurs. Pour la seconde partie du 20° siècle et le début du 21° siècle, c’est beaucoup plus simple: il y a peu de guerres et pas d’ambiguïté sur les guerres et leur date de déclenchement.

Apparaissent donc dans ces guerres européennes

  • les guerres entre pays européens ou internes à l’un de ces pays
  • les guerres entre pays européens et les pays non européens. Ne sont retenus à ce niveau que les guerres ayant impliqué l’ensemble des européens ou non discutées.

Si les européens y voient un intérêt au point de s’y impliquer, il serait intéressant de compléter ou refaire ce graphique. Éventuellement refaire plusieurs graphiques ( par exemple un sur le sol européen et un autre sur les guerres européennes menées à l’extérieur de l’Europe).  Les guerres retenues provoqueront forcément des discussions. Un débat contradictoire provoquera donc l’évolution de cette présentation actuelle.

Cela devrait être le rôle des organismes européens ou de l’OSCE de gérer ce genre de données et d’être en mesure de proposer de telles prévisions, mais je n’ai pas trouvé à ce jour d’organisme européen qui fasse ce genre d’analyse très synthétique  et le rende accessible au public. Si je suis mal informé, aidez-moi en me montrant des travaux existants et utilisables pour avoir en une page une réalité du passé et une tendance prévisionnelle utilisable (ce que permet ce graphique unique qui fait l’un et l’autre).

 

Prévisions à court et moyen terme

L’Europe a la particularité de ne plus avoir, depuis la seconde guerre mondiale, de conflits récurrents comme l’ancien conflit Franco-allemand qui a été le moteur des guerres européennes pendant près de 3/4 de siècle.

Ce n’est pas un conflit récurrent qui rend les guerres probables en Europe, mais la complexité relationnelle interne à l’Europe qui fait que les guerres éclatent durant les périodes d’amplification de guerre.

Ce qui est nouveau depuis 1990 c’est que toutes les guerres internes à l’Europe sont dans l’ancien espace des « pays de l’Est » représentant l’ancien bloc Soviétique et socialiste, et incluant la Yougoslavie.

C’est ainsi que nous avons eu:

  • les guerres de la désintégration de la Yougoslavie
  • la guerre de Géorgie
  • les guerres de Tchétchénie
  • 1999 – la guerre du Kosovo ( impliquant les pays issus de la désintégration de la Yougoslavie)
  • 2008 – de nouveau guerre en Géorgie
  • 2014 – guerre en Ukraine

Depuis 2008, toutes les guerres européennes sont sur le même schéma relationnel vis à vis de la Russie. Soit une population russophone, soit une communauté locale s’appuient sur la Russie pour alimenter la guerre et aboutir à une sécession de fait, quand elle n’est pas carrément encouragée par la Russie.

D’un point de vue géopolitique, le repli à l’Est suite à l’effondrement des blocs et la désintégration de l’URSS pose problème à la Russie. La Russie et l’Europe n’ont pas trouvé de point d’équilibre qui rassure chacun. La Russie est inquiète de l’avancée de l’OTAN vers l’EST, y compris potentiellement vers l’Ukraine et l’Europe est inquiète du réveil de la Russie.

La nouvelle ligne de l’OTAN qui se dessine est trop proche de centres vitaux de la Russie (Saint Pétersbourg et Moscou) pour ne pas éveiller de craintes ( historiquement justifiées). Les interventions régionales de la Russie sont trop fréquentes pour ne pas éveiller de craintes ( historiquement justifiées) pour plusieurs pays limitrophes de la Russie. Ces craintes, de part et d’autre, alimentent des tensions réciproques.

Y aura-t-il encore un problème séparatiste en Europe, soutenu par la Russie ?

La réponse est définitivement OUI tant que les craintes de part et d’autre ne seront pas levées, ce qui passerait par un nouvel équilibre géopolitique régional engageant les pays européens, la Russie et probablement aussi l’OTAN et l’OSCE. Il est difficile d’envisager à court terme des évolutions importantes dans le contexte d’une gouvernance européenne chaotique.

Le conflit en Géorgie n’a pas bougé d’un pouce en 7 ans. Il pourrait en être de même en Ukraine, quelles que soient les protestations de bonne foi.

Pour faire une prévision fiable des risques de guerre, il faudrait recenser tous les conflits sous-jacents dans les ex pays socialistes et ensuite y appliquer une analyse plus fine pour savoir à quel moment ces conflits risquent de dégénérer en guerre, en tenant compte à la fois des « Retours du passé » et du « Cycle des Guerres »

Ces 30 dernières années, chaque zone d’amplification de guerre donne lieu à au moins une guerre européenne: c’est systématique et utilisé depuis les années 2000 pour prédire les périodes de guerre en Europe.

Sans évolution géopolitique, nous pouvons déjà imaginer les tensions et les guerres vers 2024, de même type que celles que nous avons connu en 2008 et 2014, probablement à plus grande échelle.

mis à jour le 15 janvier 2017