Cycle des guerres dans le contexte Israélo-arabe

Il est important de lire d’abord la Méthodologie de présentation du “Cycle des Guerres” afin de comprendre comment sont présentés les résultats et ce qu’ils signifient

Le Cycle des Guerres appliqué au Conflit israélo-arabe

Ecarts guerre-israelo-arabe

Données utilisées

Les guerres qui ont été recensées sont celles qui sont généralement citées

Parmi les points qui peuvent légèrement varier d’un auteur à l’autre :

  • la 1° Intifada est globalement décrite comme pacifique et n’est généralement pas décrite comme une guerre : elle a été indiquée sous un événement de type tension
  • L’opération Pilier de Défense est parfois décrite comme une guerre : elle a été indiquée sous un événement de type tension

Le calcul  des écarts a été fait sans et avec ces deux événements. Il n’y a pas de grande différence et même avec ces deux événements, il y a bien un phénomène cyclique qui influe sur ce conflit.

Il peut arriver que  certains mettent aussi en avant des incidents plus ou moins importants, les décrivant comme des guerres ( exemple : 1978 – Opération Litani, 1996 – Opération Raisons de la colère, attentats, etc.). D’après nos informations, cette caractérisation de ces événements en guerre est marginale, même pour les israéliens.

La liste des événements retenus a été soigneusement élaborée en espérant que les lecteurs y reconnaissent une liste objective. Si cette liste était contestée, nous pourrions toujours l’adapter, mais au vu de l’ensemble des informations disponibles au niveau international, il faudra autre chose qu’une affirmation isolée d’un contradicteur qui refuse ces données et essaie de déformer ce qui est présenté pour la changer. Il sera alors demandé de proposer une méthode claire d’élaboration d’une telle liste.

Dans tous les cas, le conflit israélo-arabe reste le cas remarquable du “Cycle des guerres”

Études complémentaires possibles

Il serait possible de faire  une étude statistique plus générale en incluant tous les incidents, toutes les opérations militaires ainsi que les attentats. Cette étude pourrait apporter un  éclairage  permettant d’identifier des périodes de prévision de tensions, sans déclenchement de guerre, mais une telle étude ne changera pas cette réalité constatée par rapport aux déclenchements de guerre, qui est le principal objet de cette étude, pour pouvoir utiliser ces constats en prévision de déclenchement de guerre.

Prévisions 2019 à 2022

Théoriquement c’est la période où il peut y avoir une initiative de paix, même partielle. On ne voit aucune initiative sérieuse en vue.

Il y a une tentative américaine de faire admettre au niveau international le fait accompli sur la base des victoires militaires israéliennes ( Golan, Jérusalem et bientôt Cisjordanie). Les soutiens à cette initiative sont très limités.

Le retour de 50 ans de la guerre des 6 jours qui devait se produire en 2017 ou 2018 n’a pas été très visible. Mise à part la tentative du Hamas de manifester régulièrement sur la frontière avec Israël, il n’y a pas eu de généralisation à la Cisjordanie qui aurait pu être interprétée comme un tel Retour. Le Retour de 50 ans se réaffirme plutôt comme la réaffirmation de la victoire militaire israélienne.

Les tensions récurrentes avec Gaza pourraient aboutir à un nouveau conflit même dans la période d’atténuation des guerres: lorsque les tensions sont trop fortes et quasi permanentes comme c’est le cas au premier semestre 2019, un dérapage en guerre reste possible.

Prévisions 2022-2025 sur le pic de 2024

S’il se trouvait  que ce conflit soit réglé, il n’y aura plus de guerres. L’étape de 75 ans est  importante. Cela pourrait être le moment où Israël pourrait se trouver ébranlé dans ses fondements qu’Israël pense aujourd’hui éternels.

Ce serait une grande illusion que de croire que l’absence de solution ne pourrait pas remettre en cause l’existence même d’Israël même 75 ans après sa création.

Alliance militaire régionale israélo-xxx ??

Si aujourd’hui la seule alliance militaire israélienne est avec les USA, la possible intégration régionale devrait provoquer une alliance militaire avec Israël. Une guerre régionale comme celle en Syrie et Irak  aurait pu provoquer une telle alliance. Ce n’est pas le cas pour le moment, mais cela pourrait être le cas s’il y a enfin une solution au conflit israélo-arabe.

Perspectives de règlement

Il y  2 principaux freins à toute évolution:

  • Les deux restitutions de territoires qui ont eu lieu au Sud-Liban et à Gaza n’ont pas apaisé les relations avec le Liban et Gaza. L’affirmation suivant laquelle Israël obtiendrait la Paix contre la restitution de territoires a été mise en défaut dans ces deux cas. Cela n’encourage pas Israël à restituer ces territoires, au contraire.
  • Israël vit toujours comme si l’État d’Israël n’avait pas encore été définitivement créé, du moins tel qu’il voudrait qu’il soit reconnu. Israël a accepté toutes les opportunités qui se sont présentées, mais jamais son contenu. Pas plus le plan de partage de la Palestine de 1947 que les accords d’Oslo n’ont été acceptés sur le fond. La paix selon Israël c’est d’abord consacrer sa victoire militaire.

En 2010, en anticipation  et pour éviter le round de guerres de la période 2014-2017, un manuscrit “Jérusalem connaitra-t-elle une Paix durable ?” a été écrit. Il a été actualisé en 2014 et n’a pas  été utilisé.

Le plus vraisemblable est que le règlement à 2 États soit abandonné et conduise à une impasse de type Apartheid en Afrique du Sud. Une telle situation aboutira à terme à l’inverse de ce que veut Israël.(voir note du 6 mai 2019 en bas de page)

La victoire apparente  pour Israël de la non reconnaissance d’un État Palestinien pourrait conduire à la dilution de l’État d’Israël dans un ensemble plus vaste qui ne sera plus un État Juif sans être non plus un État palestinien: une sorte d’État israélo-palestinien qui paraît improbable aujourd’hui, avec un État palestinien limité à la bande de Gaza ??

mis à jour le 29 Avril 2019

PS: (note du 6 mai 2019). A partir du moment où Israël obtiendrait que le règlement israélo-palestinien aboutisse à un seul État, sans État palestinien, c’est un piège qui va se refermer lentement même si ses conséquences ne seront peut-être visibles que dans plusieurs années, voire dizaines d’années. Israël cherchera à minimiser les “arabes israéliens” et les palestiniens qui pourraient avoir des droits dans l’État d’Israël, pour ne laisser des droits qu’aux juifs dans l’État d’Israël. Pour cela, ils chercheront à proposer un statut de la population palestinienne qui soit une “sorte d’autonomie” sans aucun droit sur l’État d’Israël. C’est exactement ce qui a conduit au Bantoustan en Afrique du Sud: tenter de leur donner une sorte “d’homeland” qui sera une manière de leur donner des droits sans leur en donner aucun. L’illusion de les “parquer” dans une autonomie sans État et sans droit ne durera qu’un temps. De toute façon, la revendication actuelle d’Israël d’intégrer la plupart des colonies en Cisjordanie conduit, dès maintenant et naturellement, à une telle impasse: l’État palestinien proposé par les israéliens n’est pas viable et aboutit donc à cette dilution des palestiniens dans un État qui n’est pas leur, ce qui provoquera à terme la dilution des juifs dans un autre ensemble qui ne pourra pas être exclusivement juif sans entrer dans un racisme d’État.

Pire, les israéliens, ne voulant pas réintégrer Gaza, vont créer une seconde illusion : celle suivant laquelle Gaza ne serait jamais un État. Il est évident que ce sera un jour un État avec tous ses droits. Ce sera la double punition: un “bantoustan” qui sera une fiction pendant quelques années et un État “palestinien” dur qui , à terme, aura un souveraineté complète.