Le Cycle des Guerres – Vue d’ensemble

Pour une vue d’ensemble du “Cycle des Guerres”, vous pouvez consulter et télécharger la synthèse Le Cycle des guerres qui couvre l’essentiel de toutes les pages du “Cycle des Guerres” en un seul document.

Cette vue d’ensemble se décompose en différentes parties:

    • Le cycle des Guerres proprement dit
      Son origine et les hypothèses initiales
    • Contextes de “Cycle des Guerres”
      Quelques conflits et régions auxquels s’applique le “Cycle des Guerres”, avec présentation visuelle des données
    • Modélisation du déclenchement des guerres
      Cette modélisation est nécessaire pour comprendre comment peut agir le “Cycle des Guerres”
    • Matérialisation du “Cycle des Guerres”
      La seule démonstration du “Cycle des Guerres” par les événements de déclenchement des guerres est insuffisante pour une démonstration complète. Il a été possible de matérialiser le “Cycle des Guerres” par des milliers de points, ce qui est une piste importante pour une meilleure démonstration.
    • Qu’a dit le père de la Polémologie, Gaston Bouthoul, sur la périodicité des guerres
      Il arrive, de temps à autre, que des personnes citent, abruptement, un auteur qui aurait démontré  qu’un phénomène périodique des guerres n’est pas possible. En réponse, il faut rappeler ce qu’a dit le père de la Polémologie et qui a autant de valeur que quelques citations abruptes utilisées pour essayer d’enterrer le “Cycle des Guerres” sans même en examiner les données.

Le cycle des Guerres

Le “Cycle des Guerres” est un cycle périodique ayant  un effet d’amplification sur les violences et guerres.

De la Théorie du Retour au Cycle des Guerres

Ce cycle n’a  pas été trouvé par une étude statistique sur le déclenchement des guerres mais par l’étude des retours du passé. Par exemple, la seconde guerre mondiale peut être considérée comme un retour de 25 ans de la première guerre mondiale. Autre exemple la guerre israélo-arabe du Kippour en 1973 peut être considérée comme un retour de 25 ans de la première guerre israélo-arabe de 1948.

Ayant passé quelques années à identifier des retours du passé, dont le déclenchement des guerres majeures,  j’ai eu la surprise de constater en 1999 que tous ces retours identifiés pourraient être considérés comme appartenant à un même cycle périodique d’environ un tiers de 25 ans, c’est à dire autour de 8 ans et demi. Ce cycle a été initialement appelé “Cycle du Retour”, en référence aux Retours passés qui ont permis de le mettre en évidence. Il paraît plus logique de l’appeler “Cycle des guerres” qui est plus parlant pour ceux qui ne comprendraient pas le cheminement qui a conduit à cette découverte.

La périodicité de 3085 jours ( un peu moins de 8 ans et 6 mois) a été définie au printemps 2001 après avoir pris les dates de déclenchement des principales guerres du 20° siècle et avoir rejoué les écarts de ces guerres par rapport au pic de probabilité avec différentes valeurs. (La liste des guerres retenues pour cet exercice est dans l’édition 2003 de l’horloge de l’inconscient).

A partir de 2004 ont été définis des contextes et graphiques équivalents à ceux que vous trouverez plus loin.

Pour démontrer que ce cycle des guerres ne dépend pas d’un seul conflit ni d’une seule région, plusieurs Contextes/Graphiques ont été définis: israélo-arabe, Inde-pakistan, Europe, Monde, montrant que le même phénomène s’applique à plusieurs régions et  donc à la terre.

On aurait pu et on pourrait imaginer d’autres Contextes/graphiques mais cela fera partie d’une vraie évaluation que d’amener d’autres que l’auteur à en faire d’autres. Tant que l’auteur sera le seul à présenter de tels éléments de preuve, il sera suspecté d’arranger les choses à sa façon. Il faudra un jour que quelqu’un ose et accepter d’évaluer les données présentées et d’en chercher d’autres. C’est ainsi que des idées nouvelles sont généralement validées.

Hypothèses initiales du Cycle des Guerres

La guerre se manifeste par un épisode militaire d’une certaine importance. Le début de la guerre est le début constaté des opérations militaires.

Dans le cas d’une guerre comme le conflit israélo-arabe, on considère chaque round militaire ( ex: la guerre des 6 jours) comme une guerre.

Il pourrait être nécessaire d’avoir une définition plus claire de la guerre. Un incident isolé n’est pas non plus une guerre. Des bombardements ponctuels non suivis d’une incursion militaire ne sont  pas non plus retenus comme une guerre. Il peut y avoir une ambiguïté pour des incidents majeurs qui dégénèrent en début de guerre. Il y en a généralement peu.

Il est important de bien comprendre les hypothèses prises pour démontrer le cycle des guerres:

  •  le T0 du “Cycle des Guerres” retenu est la date de déclenchement de la première guerre mondiale, telle qu’exprimée communément par les historiens
  • le seul événement retenu initialement  pour démontrer le “Cycle des Guerres” est la date de déclenchement d’une guerre. Tous les autres événements ne sont là que pour information.
  • cet événement de type unique est important pour que d’autres puissent le confirmer ou l’infirmer dans le même cadre. La crédibilité de phénomènes cycliques est faible quand on mélange différents types d’événements de nature différente: ce n’est pas le cas ici.
  • pour ceux qui savent faire des calculs de date avec Excel, il est facile de recalculer toutes les dates à partir du T0 et de la périodicité de 3085 jours, mais attention aux limites d’Excel: cela ne marche pas pour calculer ces dates au 19° siècle ou avant. Il faudrait un logiciel spécial.
  • Au bout de quelques années d’études des contextes et après avoir modélisé le déclenchement des guerres, il a été constaté que la démonstration par le seul déclenchement des guerres est une démonstration imparfaite. La “matérialisation du Cycle des guerres” a été ajoutée pour compléter la démonstration initiale.

Contextes

de “Cycle des Guerres”

Les contextes présentés ici sont:

Pourquoi ces contextes ?

Si vous avez compris la modélisation du déclenchement des guerres , les cas où le “Cycle des Guerres” va déclencher une guerre sont généralement les conflits récurrents qui sont toujours au bord de l’explosion. Toujours une tension récurrente et quasi permanente qui vont se transformer en nouvelle épisode de guerre. De plus, ces conflits récurrents sont de très longue durée et permettent de le vérifier sur plusieurs cycles successifs.

Les contextes sont donc choisis comme pouvant permettre de faire quelques prévisions.

L’auteur a donc choisi les contextes qui l’intéressent particulièrement, en laissant le soin à d’autres de présenter d’autres contextes. Il faut laisser un espace de créativité pour tous ceux qui pourraient s’y intéresser.

Que démontrent ces contextes ?

  • que la périodicité des guerres constatée n’est pas liée à un seul conflit, ce qui est un argument quelquefois mis en avant par ceux qui ne se donnent même pas la peine de consulter ces données et tentent un jugement définitif à l’emporte pièce sans même regarder les données présentées: ils tentent de fermer le débat avant même de l’ouvrir,
  • que ce phénomène concerne toute la terre, dans des cultures et des continents différents.

Y a-t-il des régions qui ne sont pas démontrables par ce biais ?

OUI, il y en a 2 de reconnus

  • L’Amérique du Sud

L’Amérique du Sud n’a pas connue de guerre  prolongée entre États depuis plus de 80 ans. Juste quelques escarmouches, mais pratiquement pas de guerres et pas de données utilisables pour les présenter sous la forme d’un contexte.

Il y a bien quelques guerres internes qui vérifient partiellement ce phénomène, mais là encore les données sont insuffisantes pour que ce soit vraiment significatif.

Pourquoi L’Amérique du Sud a si peu de guerres ?

Il semble qu’il y ait plusieurs raisons:

1 – D’abord il n’y aucun continent proche avec lequel des guerres seraient possibles,

2 – Ensuite il y a peu d’États sur l’ensemble de l’Amérique du Sud: ils n’ont pas besoin de s’étendre chez le voisin

3 – Enfin les frontières naturelles entre Etats font que les possibles frictions entre États sont limitées.

Allison Fedirka de geopoliticalfutures.com a publié en février 2016 un excellent article développant ces 3 raisons permettant de comprendre pourquoi l’Amérique du Sud est vraiment à part. Je vous recommande de le consulter.

  • L’Afrique

Il y a tellement de guerres en Afrique que lorsque j’ai fait un essai de contexte ou d’analyse statistique sur les guerres, à partir de la liste accessible sous wikipedia, le premier résultat est qu’on ne voit pas le phénomène.

Cependant, si on retient les conflits Majeurs, on peut commencer à voir quelque chose d’équivalent à ce qui est vu dans les contextes qui ont été retenus.

Oui, il y a quelques conflits africains qui sont reconnus comme récurrents et qui suivent les mêmes lois, mais il y a trop de guerres pour faire un tri “naturel”, comme on peut le faire dans le cas du conflit israélo-arabe ou indo-pakistanais ou en Europe.

Dans l’état des recherches sur les guerres dans la plupart des pays, le “Cycle des guerres” n’est pas démontrable en Afrique sans que les experts se mettent d’accord sur des  critères de sélection de guerres majeures ou non.
On pourrait faire un contexte “Afrique” à la condition de prendre en compte un “filtre” sur les conflits retenus: il ne faut garder que les conflits majeurs. La difficulté est que les experts sur le sujet des guerres n’ont pas de vue commune sur ce que sont les “guerres majeures”. Pour les premières présentations, je n’ai pas défini de contexte “Afrique”, mais on pourrait le faire.

Modélisation du déclenchement des guerres

Il n’est pas possible de démontrer le “Cycle des Guerres” sans avoir une explication du déclenchement des guerres qui en soit compatible. Il a été nécessaire de modéliser le déclenchement des guerres pour pouvoir commencer à expliquer comment agirait le phénomène du “Cycle des Guerres”.
Ce point est important et peut faire l’objet de nombreuses polémiques. Cette modélisation du déclenchement des guerres n’est pas encore reconnue. Sans accord préalable sur cette explication des guerres et donc les causes qu’on peut inclure, la discussion sur le “Cycle des Guerres” pourrait tourner court. Beaucoup d’auteurs tentent de réduire les guerres à un seul type de causes des guerres. ce n’est pas le cas ici. Toute guerre est le résultat de plusieurs causes. La connaissance du “Cycle des Guerres” est une cause supplémentaire, invisible pour ceux qui ne le connaissent pas.

Ce qui n’est pas tranché à ce jour est l’importance de la cause “Cycle des guerres” par rapport aux autres causes. Les deux guerres mondiales du 20° siècle auraient-elles eu lieu sans ce phénomène d’amplification constaté dans le “Cycle des Guerres”? Je pense que non, mais c’est mon opinion qui ne me parait pas démontrable sans trouver la cause de ce phénomène cyclique qui amplifie les guerres. C’est une recherche multidisciplinaire qui pourrait tenter d’y répondre.

Se reporter à la partie “Modélisation du déclenchement des guerres”.

Matérialisation du “Cycle des Guerres”

La seule démonstration du “Cycle des Guerres” par les événements de déclenchement des guerres est insuffisante pour une démonstration complète. Il a été possible de matérialiser  une partie du “Cycle des Guerres” par des milliers de points, ce qui est une piste importante pour une meilleure démonstration.

Se reporter à la partie “Matérialisation du Cycle des Guerres

Cette partie demandera des compléments de recherche importants . C’est la partie la plus prometteuse pour une démonstration partagée entre tous les acteurs concernés par ce sujet. Elle peut paraître déstabilisante mais pour les statisticiens et les scientifiques c’est cette partie qui pourrait mettre en cause  tout ce qu’on croit savoir sur les guerres et aider à confirmer ce “Cycle des guerres” qui devient un “Cycle d’amplification des violences démontré par les morts et blessés des guerres irakiennes .. de 2003 à 2017”. Un peu moins de 2 cycles complets du cycle de base. Ce n’est plus du hasard mais une certitude s’appuyant sur des dizaines de milliers de données. Grâce à  Wikileaks et les données de l’armée US, ceci a pu être mis en évidence. Heureusement une autre source de données a permis de confirmer et compléter ces données initiales.

Qu’a dit le père de la Polémologie, Gaston Bouthoul, sur la périodicité des guerres

Il arrive, de temps à autre, que des personnes citent, abruptement, un auteur (souvent anglo-saxon) qui aurait démontré  qu’un phénomène périodique des guerres n’est pas possible (Voir exemple de lettre reçue de la part d’un diplomate en poste à Paris) En réponse, il faut rappeler ce qu’a dit le père de la Polémologie et qui a autant de valeur que quelques citations abruptes utilisées pour essayer d’enterrer le “Cycle des Guerres” sans même en examiner les données.

Autrement dit : il y des auteurs qui disent que cela peut exister et d’autres que cela ne peut pas exister. Faites-vous une idée par vous même mais ne vous arrêtez pas  à ceux qui en jugent sans même examiner les données présentées. Ceci traduit bien le fait que le sujet fait polémique mais il y a bien des auteurs  éminents qui ont osé défendre de telles hypothèses.

Avec la disparition de Gaston Bouthoul, la Polémologie a eu du mal à survivre. Cette dimension essentiellement française n’existe pas au niveau international. D’autres courants comme l’Irénologie se sont affirmés au niveau international.

Bien que marginal dans le périmètre français, je considère que le “Cycle des Guerres” est une confirmation de certaines hypothèses du sociologue Gaston Bouthoul.

Se reporter à la partie “Qu’a dit le père de la polémologie sur la périodicité des guerres