OSCE : le remplacer ou le réformer ?


L’OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) est né le 1° janvier 1995, faisant suite à la CSCE (Conférence pour la Sécurité et la Coopération en Europe) née suite au accords d’Helsinki de 1975. L’OSCE est la plus grande organisation régionale de sécurité. Son objectif est de garantir la sécurité et la paix de ses États membres couvrant toute l’Europe mais aussi l’Asie centrale.

Ce n’est pas un organisme avec une personnalité juridique mais c’est un forum entre États devenu permanent.

Son rôle est de prévenir les conflits et aider à les résoudre.

Pouvons-nous considérer qu’un tel organisme remplit son rôle quand il n’a aucun rôle dans la guerre qui déchire le continent européen, à savoir la guerre Russie-Ukraine ?

Issu de considérations d’une autre époque, à un moment où l’UE balbutiait, l’OSCE nécessite une réforme de fond.

Dès maintenant, l’OSCE pourrait avoir une mission de préparation du contrôle et maintien du cessez-le-feu Russie-Ukraine.

Vraisemblablement, c’est la ligne de front actuelle ou quelques variations de cette ligne de font qui seront la ligne de cessez-le-feu.

L’OSCE a eu une expérience de 2014 à 2022 à travers la SMM (Special Monitoring Mission). Il faudrait multiplier par 3 ou 4 les moyens qui y avaient été consacrés. Il faut aussi mettre en place un système moins passif que celui qui avait été mis en œuvre.

Si cette mission voit le jour, cela permettrait d’envisager de réformer et restructurer l’OSCE dans une dynamique positive. Au moins la moitié des activités et structures de l’OSCE sont amenées à disparaître. Cela serait plus facile si une mission de cessez-le-feu mobilisait des centaines de personnes.

Il n’y a pas, à ce jour, d’accord sur le futur système de contrôle et maintien du cessez-le-feu en Ukraine. La coalition des « volontaires » réunie autour de la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne n’est pas en mesure de présenter un système de contrôle et maintien du cessez-le-feu qui soit acceptable et accepté par la Russie.

C’est une carte à jouer pour l’OSCE si la présidence ou la troïka sont capables d’imprimer leur marque (La troïka est la présidence en cours de l’OSCE – la Suisse- avec la présidence précédente – la Finlande- et la présidence suivante – non définie).

Il y a besoin d’un organisme de sécurité couvrant l’Europe et les ex pays d’Asie centrale de l’URSS.

La priorité de l’OSCE devrait être:

  • identifier et prévenir les conflits à venir,
  • avoir un organisme interne de résolution des conflits
  • être en mesure de contrôler et maintenir un cessez-le-feu

Si l’OSCE n’est pas en mesure de le faire dans les mois et années à venir, il devra disparaître et renaitre sous une autre forme.

Naej DRANER

Le 24 mars 2026