Archives de catégorie : Notes d’actualité

pour y décrire les réactions au fil de l’actualité

Donbass: quel est l’état du Cessez-le-feu le 2 Juin 2021

Si quelqu’un se pose la question de savoir quel est l’état du cessez-le-feu dans le Donbass en Ukraine, il est possible de donner des précisions venant de différentes sources: armée ukrainienne, forces armées séparatistes puis SMM ( Special Monitoring Mission to Ukraine).

Pour rappel la guerre a commencé en Avril 2014. Un premier cessez-le-feu a été prononcé en septembre 2014. Il y a eu de nombreux autres cessez-le-feu qui n’ont jamais été suivis d’un cessez-le-feu complet sans aucune violation pendant plusieurs jours. Le cessez-le-feu a toujours été fictif, sous forme d’accalmies plus ou moins fortes. Le meilleur cessez-le-feu est celui du 27 Juillet 2020. Il a donné lieu, pendant quelques semaines, à un niveau très faible de violations. Ce n’est plus le cas en 2021 et le niveau des violations est similaire à celui qui a précédé le cessez-le-feu du 27 Juillet 2020. Un peu moins fort, certes, mais avec des variations très fortes et pouvant monter à plus de 1.000 violations en une journée.

Ces dernières semaines, il n’y avait plus de cessez-le-feu ni même de sérieuse accalmie.

Si je prends ici la journée du 2 Juin 2021, c’est qu’il y a trois rapports disponibles mais globalement incohérents.

L’agence de presse ukrainienne “Unian” représentant l’armée ukrainienne et l’agence de presse DAN représentant les forces séparatistes DPR indiquent tous deux qu’il n’y a eu aucune violation du cessez-le-feu. Pour une fois, ce qui est rare, chaque adversaire est d’accord pour dire que l’autre a respecté le cessez-le-feu durant toute la journée du 2 juin (Voir les articles disponibles à la fin de cet article)

Le SMM a publié le 3 Juin 2021 en soirée le rapport 127/2021 sur la journée du 2 Juin 2021. Le rapport SMM fait état de 360 violations et 33 explosions (cumul des secteurs de Donetsk et Luhansk)

Comment expliquer un tel écart entre 0 violations pour les représentants des combattants et 360 violations pour les observateurs SMM?

A la question de savoir si le rapport SMM est crédible et ses chiffres exacts, la réponse est OUI. Il n’y a aucun doute qu’il y a bien eu ce nombre de violations ainsi que 33 explosions, ce qui est un niveau moyennement important au Donbass. Cependant, la journée SMM commence à 19h30 la veille et se finit à 19h30. Certaines violations et explosions présentées par le SMM comme appartenant à la journée du 2 Juin ont eu lieu le 1° Juin. Il faudrait ainsi retirer 61 violations et 11 explosions. Mais il faudrait aussi en ajouter quelques autres. Même en ne prenant que les violations et les explosions du 2 juin, les chiffres restent importants. Pourquoi le SMM n’est-il pas capable de fournir des données sur une journée complète et uniquement sur la journée? Honnêtement je n’en sais rien, mais cela donne l’impression que le SMM considère que tout le monde doit s’adapter au SMM et non pas l’inverse. Sur tous les sujets, le SMM est souvent en décalage et ne s’adapte que difficilement à la réalité et aux autres: cela ne leur pose aucun problème que leurs rapports soient parfois publiés 72 h après les incidents, comme si leurs rapports ne servaient à rien et que personne ne les utilise jamais pour faire un debriefing ou savoir si la situation es calme ou non. Mais, sur la réalité des informations du SMM, ce n’est pas discutable et c’est malheureusement la seule source d’information fiable, même s’il faut regretter que ces informations ne soient disponibles que quand ceux qui les donnent ont le temps ( ne pas déranger les dimanches et les jours fériés et attendre la fin de la journée pour que les données de la veille soient traitées)

Alors pourquoi l’armée ukrainienne et les séparatistes ont-ils affirmé, tous les deux, qu’il n’y avait pas eu de violations?

Nous en sommes réduits à des hypothèses:

  • Il y a peut-être un accord en cours d’élaboration qui est inconnu pour le moment
  • Le terme violation n’a pas le même sens pour les interlocuteurs. Pour le SMM, le moindre coup de feu, que ce soit une arme légère ou lourde, est considéré comme une violation
  • Les forces combattantes dans le Donbass n’ont pas plus de rigueur dans le reporting que dans l’action. S’il n’y a pas de menace immédiate l’incident est mineur, il ne sera pas considéré comme une attaque adverse ou une violation

Malheureusement, c’est comme cela depuis un peu moins de 7 ans: les acteurs du conflit ukrainien du Donbass ne parlent pas le même langage et les mots n’ont pas la même signification

Conclusion: le cessez-le-feu n’est pas encore effectif mais chacun des adversaires semble reconnaître qu’il n’y a pas de danger immédiat et des progrès sur le terrain que les chiffres SMM ont du mal à confirmer. Peut-être un espoir de nouvelle accalmie durable, même s’il est faux qu’il n’y a pas eu de violation ce jour-là. Le 6 juin un nouveau communiqué de l’armée ukrainienne fait état de l’absence de violation le 5 Juin 2021 mais le rapport SMM ne sera publié que dans plus d’un jour. Si le SMM publiait toutes ces données le matin comme toutes les composantes sur place, on pourrait comparer. Mais comme les données de l’armée ukrainienne ne sont pas fiables et que le dimanche l’agence DAN ne publie rien, nous ne pouvons rien en conclure aujourd’hui. Après-demain, peut-être

Note ajoutée le 7 Juin 2021: d’après le rapport SMM publié aujourd’hui, il y a eu très peu de violations le samedi 5 Juin 2021. L’armée ukrainienne avait raison dans son communiqué du 6 Juin.

Sources des informations:

Armée ukrainienne: article paru dans UNIAN

Forces séparatistes DPR : article paru dans l’agence DAN

SMM : rapport paru sur le site OSCE

Article écrit et publié le 6 Juin 2021

Ukraine : Etat du cessez-le-feu du 27 Juillet 2020

Pour résumer la situation, regardez ce graphique. Il correspond aux sommes hebdomadaires des violations et explosions depuis le 27 Juillet 2020, date du premier cessez-le-feu crédible depuis 2014

En complément, on peut prendre en compte les journées sans aucune violation depuis cette date:

  • 8 en août
  • 0 en décembre et en janvier jusqu’au 24 janvier 2021

On voit que jusque fin Novembre le cessez-le-feu était globalement respecté et depuis il se dégrade de façon importante.

Il y a eu une légère amélioration globale ces 2 dernières semaines. Une prise de conscience semble avoir commencé. Une réunion du TCG a eu lieu le 21 janvier. Un communiqué de presse a fait état de discussions mais apparemment sans décisions publiables.

Le secteur de Luhansk a eu très peu de violations ces derniers jours mais le secteur de Donetsk a atteint un record ce dernier week-end. Visiblement ils ne sont pas en phase et ne font pas la même chose d’un secteur à l’autre

Quand on lit les communiqués de chaque camp, il y a un malaise et plusieurs éléments acceptés dans l’accord du 22 janvier ne fonctionnent plus:

  • les parties s’étaient engagées à ne pas répondre aux coups de feu reçus sauf ordre de leur commandement au plus haut niveau. Ce n’est plus le cas: il y a retour systématique,
  • Le JCCC avait été présenté comme un arbitre des violations: il semble qu’il ne fasse que retransmettre les informations au SMM qui, lui-même, et comme à son habitude n’en fait pas grand chose si ce n’est retransmettre ces informations avec retard sous une forme et une fréquence non identifiées, mis à part les rapports publics qui ont entre 24 et 72 heures de retard sur les événements, suivant le jour où ils sont publiés,

Les informations disponibles officiellement sont trop partielles pour être sûr de ce qui se passe, mais ce n’est probablement pas grand chose. Les acteurs locaux semblent appliquer des principes qu’ils n’ont apparemment pas compris, peut-être parce qu’on ne leur a pas expliqué et peut-être aussi parce qu’il manque une sorte de coach de tous les acteurs terrains (JCCC et SMM).

Si l’un d’entre vous connait des observateurs SMM ou des membres du JCCC, merci de permettre la mise en contact pour pouvoir vérifier quelques informations nécessaires à un réajustement du cessez-le-feu.

Naej DRANER (naej.draner@gmail.com)

26 janvier 2021

Notes d’actualité (Ces notes d’actualité sont un éclairage de l’actualité ou un complément non intégré à cette page)

Pour en savoir plus:

Ukraine à la fin décembre: Dégradation insidieuse du cessez-le-feu

3 éléments statistiques indiquent une détérioration progressive:

  • Le “nombre de jours sans aucune violation par mois”:
    8 en août
    3 en septembre
    3 en octobre
    0 en Novembre
    0 en décembre (jusqu’au 29 décembre)

  • Le total par semaine des violations et des explosions
  • Le total par mois des violations et des explosions

Les 3 premiers mois qui ont suivi le cessez-le-feu du 27 Juillet ont été à peu près identiques en niveau de violations et explosions.

Entre Octobre et Novembre, il i a eu 1,7 fois plus de violations.
Entre Novembre et Décembre, il y a eu presque 3 fois plus de violations. Cette accélération d’un mois sur l’autre n’est pas bon signe. Augmentation presque exponentielle.

(les violations et explosions sont issus des rapports SMM)

Pourquoi ?

  • Le renouvellement des effectifs du JCCC se fait tous les 3 mois. Y a-t-il eu perte d’information et de comportement ? Nous ne pouvons pas savoir. Le JCCC ne communique jamais sur ce qu’il fait ni n’émet jamais le moindre rapport objectif et public.
  • Le système supposé contrôler le cessez-le-feu n’est toujours pas adapté. La caractéristique principale des forces combattantes est qu’elles sont partiellement déstructurées et ne réagissent que partiellement aux hiérarchies, alors que les seules mesures prises maintenant sont de type hiérarchique: il semble qu’il n’y ait qu’un seul PC opérationnel pour l’ensemble des secteurs, qu’une seule coordination de très haut niveau, rien d’adapté à la situation locale et aux points chauds traditionnels. L’organisation est figée sur une base hiérarchique alors qu’il y a justement des ruptures hiérarchiques de management qui peuvent expliquer l’incapacité des combattants à se conformer aux ordres globaux hiérarchiques.
  • La notion de temps réel n’existe pas entre les intervenants. Les ruptures d’information peuvent être de plusieurs heures ou de plusieurs jours, comme si tout pouvait attendre. Quand vous surveillez un incendie, chaque minute compte. Cela devrait être la même chose pour un système de contrôle du cessez-le-feu. Ce n’est pas le cas. La notion de temps leur semble étrangère. Ils finissent par transmettre des ordres hiérarchiques de modération, mais ils peuvent attendre 24 ou 48 h avant d’être analysés puis transmis

Conclusion:

C’est toujours mieux que la situation d’avant le 27 Juillet 2020, mais ce n’est toujours pas un cessez-le-feu complet. La dégradation est insidieuse parce qu’elle est lente et invisible pour ceux qui ne connaissent pas le dossier. Tellement lente que cela n’émouvra aucun media ou dirigeant qui ne seront pas informés et n’informeront pas.

Il serait intéressant de faire parler quelques membres JCCC et SMM pour confirmer comment ils travaillent. Apparemment ils n’ont pas compris ce que serait un système adapté à la situation locale.

mis à jour le 30 décembre 2020

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Pour en savoir plus:

Ukraine: le 1O décembre est-il encore un jour de cessez-le-feu ?

Le 11 décembre au soir a été publié le rapport SMM 295/2020 correspondant à ce qui s’est passé entre le 9 décembre à 19h30 et le 10 décembre à 19h30.

Au total il y a eu 290 Violations et 267 explosions (tous secteurs confondus). La pire journée depuis le 27 Juillet 2020. Le 10 décembre a été une journée comme avant le 27 Juillet 2020, date qui était supposée marquer le début d’un cessez-le-feu définitif, qui au fil des jour et semaines redevient “fictif”.

La veille avait été une journée relativement calme.

Les informations disponibles dans le rapport SMM et la presse ukrainienne ne permettent pas de reconstituer la raison de cette brusque poussée de violence. On voit simplement que les tirs et explosions ont lieu dans des temps courts, comme si les calculateurs d’artillerie étaient à nouveau branchés ou si c’était une décision d’actionner simultanément plusieurs pièces d’artillerie ou de répondre à tout tir.

Où est le problème ? Probablement dans ce qu’on ne voit pas ou qu’on ne veut pas voir.

Est-ce que le 10 décembre 2020 est encore un jour de cessez-le-feu ? Objectivement NON. Il va falloir en repenser un nouveau, sur d’autres bases.

11 décembre 2020

2 Guerres qui contredisent le “Cycle des Guerres”?

Il ne faut pas se voiler la face. Le “Cycle des Guerres” est un sujet où des événements viennent régulièrement contredire le principe de la cyclicité des guerres. Il faut les prendre en compte et essayer de comprendre.

Pour rappel, la Guerre contre l’Irak en 2003 a commencé au moment le plus improbable d’après le “Cycle des Guerres”. Cette guerre a donc contredit le “Cycle des Guerres”. Certains ont voulu l’utiliser pour démontrer que cette théorie est fumeuse et fausse. Mal leur en a pris, La guerre en Irak de 2003 a conduit a d’étonnantes démonstrations qui renforcent le “Cycle des Guerres” en démontrant un phénomène d’amplification des violences qui a pu être mesuré par des milliers de mesures: Matérialisation du “Cycle des Guerres” par des milliers de mesures.

Un autre élément qui n’est pas encore expliqué en détail sur ce site est le “parallélisme de l’Histoire entre la seconde guerre mondiale et l’après 11 septembre 2001”. La guerre en Irak se produit ( en temps relatif) au moment où les alliés libèrent l’Europe et le Monde. Cette démonstration de parallélisme de l’Histoire ne concerne pas vraiment le “Cycle des Guerres”, mais c’est un élément fondamental qui conforte l’Horloge de l’Inconscient dans sa théorie de base qui est la “Théorie du Retour”, dont le “Cycle des Guerres” n’est qu’une application dérivée.

Pour une guerre qui devrait ridiculiser son auteur et ses théories, l’Irak est devenue une guerre fondamentale pour comprendre et confirmer l’Horloge de l’Inconscient.

Il faut donc être prudent quand on trouve une ou deux guerres qui ne confirment pas le “Cycle des Guerres”, en croyant hâtivement trouver un argument définitif contre la Théorie.

En 2020, 2 guerres contredisent donc le “Cycle des Guerres”:

  • La guerre du Haut-Karabagh commencée le 27 septembre 2020
  • La guerre en Ethiopie entre l’armée fédérale Ethiopienne et le Tigré commencée début Novembre

De plus, ce qui est intéressant est que ces 2 guerres se sont déclenchées dans une période relativement courte ( 1 mois et demi) qui peut permettre d’imaginer que ces guerres auraient été favorisées (conflits amplifiés au point de dégénérer en guerre) par une cause non identifiée unique.

En 2014, nous avons eu une période de 3 mois durant laquelle se sont déclenchées:

  • la guerre du Donbass (début avril)
  • la guerre contre l’Etat islamique ( Juin)
  • une guerre Israël-Gaza (début Juillet)

exactement comme si le même phénomène à l’origine du “Cycle des Guerres” avait favorisé l’émergence de 3 guerres.

Certains feront remarquer que cette période d’avril à Juillet 2014 est éloignée d’un peu plus d’un an et demi par rapport au pic théorique d’amplification du “Cycle des Guerres” qui est en décembre 2015.

OUI, il est certain que le phénomène à l’origine du “Cycle des Guerres” n’est pas une sinusoide parfaite. Il est très probable que ce soit un cycle qui a des demi-périodes de 6 ans et d’autres de 10 ans plutôt qu’exactement 3085 jous (soit environ 8 ans et demi).

Peut-être que le vrai pic d’amplification était au second trimestre 2014 plutôt que fin 2015 ?

Au dernier trimestre 2020, nous sommes proches du pic d’atténuation des guerres et nous ne pouvons, par un raisonnement foireux, montrer que ces 2 nouvelles guerres aident à démontrer le “Cycle des guerres”.

Par contre, il n’est pas impossible que le phénomène à l’origine du “Cycle des Guerres” ait de temps à autre des pics secondaires inconnus. Cette hypothèse est gratuite puisque nous ne savons pas quel est le phénomène à l’origine du “Cycle des Guerres”. Il n’y a pas, pour le moment, d’étude sérieuse par les astronomes et radio-astronomes alors que c’est certainement par là qu’il faudrait chercher.

Une étude a été faite il y a quelques années pour voir si le cycle d’activité solaire expliquerait le “Cycle des Guerres” ou aurait une influence sur les guerres. La conclusion a été que le cycle d’activité solaire n’a pas de rapport avec le “Cycle des Guerres” mais que les périodes de forte activité solaire peuvent favoriser ou amplifier certaines guerres.

Au dernier trimestre 2020, l’activité solaire est minimale. Le plus bas d’activité a eu lieu en Juillet 2020. Cependant, il y a eu quelques éruptions solaires très fortes en Novembre 2020.

Haut-Karabagh : un “Retour du passé ” de la fin de la guerre de 1988-1994?

Pour la guerre du Haut-Karabagh, on pourrait considérer que la nouvelle guerre est un “Retour” de la fin de la guerre de 1988-1994, achevée le 16 mai 1994. D’après la “Théorie du Retour”, la date probable de retour était en septembre 2019, qui correspond au cycle de 25 ans. Compte tenu de l’incertitude connue de + ou – 2 ans, la guerre de 2020 peut être considérée comme un “Retour négatif” (puisque mettant en cause l’événement d’origine) de l’événement d’origine.

De plus on pourrait tenter de construire un parallélisme négatif de l’histoire entre la période de 1989 à 1995 qui correspond à la période de la chute du mur de Berlin jusqu’à la désintégration finale de l’URSS, ainsi que les quelques années qui suivent. Ce qui est intéressant c’est que tous les événements identifiés pour le moment sont en logique négative. Ce serait le seul cas connu pour le moment. Cette partie parallélisme de l’histoire n’est pas encore présentée sur ce site. C’est une partie fascinante et pas si fragile et farfelue qu’elle ne paraît au premier abord. Une mise à disposition publique demande encore quelques vérifications

Que conclure ?

Rien pour le moment. Il faut garder en mémoire cette période et ces 2 guerres qui contredisent le “Cycle des Guerres”. Lorsqu’une explication sera trouvée pour le “Cycle des Guerres”, il est possible qu’on puisse expliquer cette anomalie ou que cela devienne une exception contradictoire reconnue. Pour l’hypothèse d’un “Retour”, il faudrait creuser le sujet avant de pouvoir conclure.

8 décembre 2020

Le déni de Trump peut-il conduire à une guerre civile?

Dans de nombreux pays en voie de développement, le refus des résultats d’une élection peut conduire à un début de guerre civile. Cela arrive régulièrement en Afrique.

Cette situation peut-elle se produire aux Etats-Unis ?

Il n’y a pas encore eu de bataille rangée entre les partisans de Trump et ceux de Biden. La tradition démocratique des Etats-Unis devrait l’emporter, mais l’image de la démocratie américaine est sérieusement écornée, avec l’impression de se retrouver dans une nouvelle république bananière.

De façon provocante, on pourrait poser la question : la plus grande démocratie peut-elle se transformer en dictature ou sous une forme plus douce: une autocratie ?

Tout le monde va répondre : NON. C’est vrai pour le moment, mais le comportement de Trump est un premier coup de butoir à une tradition démocratique qui paraissait acquise et institutionnalisée.

La situation actuelle aux Etats-Unis est un cas typique de déclenchement de guerre civile dans des pays sans tradition démocratique. Mais nous pensons tous que cela n’arrivera pas aux Etats-Unis.

Mais attendons encore un peu: de jour en jour, Trump nous réserve des surprises. Alors que tout le monde pensait qu’il allait enfin reconnaître sa défaite, un meeting le 5 décembre auprès de ses partisans lui a permis de dérouler à nouveau tout son arsenal de contre-vérités:

  • l’élection a été volée,
  • l’élection a été truquée
  • Nous avons gagné

Hallucinant!

8 décembre 2020

Cessez-le-feu en Ukraine : que disent les statistiques sur 4 mois ?

Depuis le 27 Juillet il y a un cessez-le-feu en vigueur: le premier un peu sérieux depuis 2014.

Le graphique que vous voyez correspond au nombre total de violations et d’explosions par semaine, sur la durée de 4 mois, du 27 juillet jusque fin Novembre.

Graphique du nombre total de Violations et d’Explosions /semaine

Que conclure ?

Vous avez 2 courbes de “tendance” sur les 4 mois. Ce sont ces “tendances” qui déterminent l’évolution à venir. Le cessez-le-feu est à peine maitrisé. Les pics et les creux dérivent inexorablement vers le haut. Certes c’est encore un niveau de basse intensité, mais cela pourrait augmenter progressivement jusqu’à devenir à nouveau incontrôlable.

Ces informations sont corrélées aussi par le nombre de journées sans aucune violation. Il y en a eu 8 en août, 3 en septembre et en octobre et 0 en Novembre d’après les informations publiées par le SMM (les rapports SMM des Week-ends additionnent les données de Samedi et Dimanche et on ne peut pas voir si l’un des 2 jours a été sans violation. De toute façon aucun jour de la semaine en Novembre n’a connu de journée sans violation).

Pourquoi ?

L’absence de données terrain précises ne permet de faire que des hypothèses:

  • absence d’avenir: d’un côté comme de l’autre les combattants ne se voient pas d’avenir
  • désœuvrement des combattants
  • passivité des acteurs officiels SMM et JCCC ( problème déjà connu pour le SMM, moins évident pour le JCCC qui est un peu plus actif sur le terrain). Ils s’intéressent aux effets constatés ( violations et explosions) pas aux causes provoquant les effets
  • absence de sectorisation terrain permettant de gérer de façon personnalisée des périmètres plus restreints correspondants à des sous-secteurs
  • absence d’inspecteurs terrain essayant de comprendre l’origine des incidents
  • coordination de très haut niveau

Il y a eu une petite accalmie mi-novembre, mais le système JCCC semble très hiérarchique: un petit rappel global aux hiérarchies combattantes est probablement leur seule manière d’agir.

Conclusion

Une simple trêve qui finira un jour ou l’autre

1° décembre 2020

Textes de référence:

ND201707003 Cessez-le-feu Ukraine – mise à jour – 2020-09-23
ND201709001 Système de controle de cessez-le-feu actif – maj – 2020-09-14
ND202004001-6a Variante de ND201707003 pour les autorités ukrainiennes-référence
2020-10-28 Analyse Rapport SMM

Pour en savoir plus:

Ukraine : 4 mois d’un presque cessez-le-feu

Le cessez-le-feu dans le Donbass est entré théoriquement en vigueur en septembre 2014 et février 2015. Après de multiples tentatives de cessez-le-feu, le cessez-le-feu du 27 Juillet 2020 est le premier qui soit “presque un cessez-le-feu”. Il y a eu en moyenne 140 violations et une cinquantaine d’explosions par semaine. C’est un niveau très bas par rapport aux 6 années précédentes. C’est le seul qui a donné lieu à plusieurs journées sans aucune violation.

Le cessez-le-feu s’effrite un peu :

  • 8 journées sans aucune violation en Août
  • 3 journées sans aucune violation en septembre et Octobre
  • pour le moment, aucune journée sans violation en Novembre

Les incidents restants sont pour leur majorité dans 3 zones géographiques bien distinctes:

  • les environs de Shyrokine
  • les environs de la DFS ( station de filtration de l’eau près de Donetsk)
  • l’extrême ouest du secteur de Luhansk

Cette répétition dans ces zones semble montrer qu’il n’y a pas d’organisation de sous-secteur et de coordination locale. Probablement uniquement quelques ordres hiérarchiques relancés de temps à autre par les hiérarchies militaires du JCCC sans investissement local ni aucune stratégie sur le moyen et le long terme.

S’il y a peut-être eu un embryon de système local en début de cessez-le-feu, il a probablement disparu: tout ce qui n’existe pas officiellement finit par disparaitre, avec le renouvellement des équipes, renforcé par l’absence de vision future.

Le niveau des explosions a augmenté régulièrement jusque mi-novembre. Depuis la mi-novembre, les choses vont un peu mieux mais il n’y a plus eu de journée sans aucune violation.

L’absence d’enquête terrain connu ne permet pas d’en savoir plus pour le moment ni d’identifier plus précisément les violations restantes.

Y a-t-il un avenir ? Aucun de connu pour le moyen et long terme.

Un cessez-le-feu sans futur autre que rester à un conflit de basse intensité sans évolution ni solution ? Probablement. Cela ne dérangera personne en Europe puisque la plupart des dirigeants européens semblaient même ignorer que le cessez-le-feu en Ukraine était fictif et donnait lieu à des centaines de violations quotidiennes. Ce n’est pas un sujet qui les intéresse et motive. Compter et recompter ses sous, montrer de belles statistiques sur le COVID et avoir chacun une stratégie de lutte contre le COVID différente du voisin: ces sujets les motivent beaucoup plus.

Y a-t-il un pilote ? Il doit être inexistant ou inconnu: il n’y a pas de perspective visible.

A suivre

29 Novembre 2020

Textes de référence:

ND201707003 Cessez-le-feu Ukraine – mise à jour – 2020-09-23
ND201709001 Système de controle de cessez-le-feu actif – maj – 2020-09-14
ND202004001-6a Variante de ND201707003 pour les autorités ukrainiennes-référence
2020-10-28 Analyse Rapport SMM

Pour en savoir plus:

L’OSCE est-elle capable de se réformer ?

L’OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) a 57 membres et est le plus grand organisme régional de sécurité.

Les membres de l’OSCE ne sont pas limités au continent européen. C’est une caractéristique qu’on retrouve dans plusieurs organismes européens et dans la difficulté des européens à se trouver une identification européenne. Est-ce que cela a un sens d’avoir des membres qui sont géographiquement au moyen-orient ou en Amérique du Nord ?

Qu’il y ait des pays observateurs qui soient d’autres continents que le continent européen a un sens, mais que ce soient des membres qui entendent être des membres à part entière et être des acteurs incontournables est plus discutable.

Les européens ayant une difficulté à se trouver leur propre leadership ont tendance à régler ce problème d’absence de leadership européen en se cherchant un leadership externe. Les Etats-Unis ont joué ce rôle, à la fois à leur propre demande pour éviter que les affaires européennes soient incontrôlables comme elles l’ont été pour aboutir à 2 guerres mondiales et à la fois parce que certains membres européens jouent d’un tel intervenant externe pour affirmer l’une ou l’autre position.

L’Europe, dans sa définition géographique, reste aussi à géométrie variable. La Russie de Pierre Le Grand se voulait partie intégrante de l’Europe. La Russie de Poutine joue tantôt de sa dimension asiatique, tantôt de sa dimension européenne. Le continent européen intègre-t-il toute la Russie ou de l’Atlantique à l’Oural ? Réponse variable suivant les époques et les interlocuteurs.

Sur la sécurité, l’OSCE a pour principales missions:

  • prévoir et prévenir les conflits à venir
  • permettre le règlement des conflits (du cessez-le-feu au règlement final)

L’année 2020 montre que l’efficacité de l’OSCE est mise en doute. Plusieurs événements illustrent ces problèmes.

  • en Ukraine, après 6 ans d’intervention et d’existence du SMM, il y a enfin eu un cessez-le-feu qui ressemble enfin à un cessez-le-feu le 27 Juillet 2020.
    Ce cessez-le-feu fut un réel progrès, mais quand on regarde dans le détail, il n’a été possible qu’en institutionnalisant des acteurs externes à l’OSCE, comme le JCCC organe de coordination entre les belligérants. Globalement, si un autre organisme que le SMM fait ce que le SMM ne peut pas faire, cela marche. L’OSCE devrait avoir en son sein tout ce qui est nécessaire pour gérer un cessez-le-feu. L’OSCE a-t-elle conscience de ce qu’il faudrait changer pour y arriver ? Pas sûr, les rapports SMM sont tournés sur ce que fait le SMM, comme s’il n’y avait besoin de rien d’autre.
  • Dans le conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan suivi depuis plus de 25 ans par l’OSCE, il y a eu un cessez-le-feu, certes, mais pas du fait de l’OSCE. Et le projet de règlement, quasiment dicté par la victoire militaire, n’est pas spécialement du aux équipes officiellement en charge de la négociation sous la houlette de l’OSCE

L’OSCE reste un lien d’échange entre tous mais n’est pas, aujourd’hui, le moteur essentiel du règlement des conflits.

La présidence albanaise 2020 de l’OSCE s’est montrée consciente de cette réalité d’aujourd’hui où l’OSCE est plus dans la posture ou l’observation que dans l’action et l’anticipation des événements à venir.

Un jour ou l’autre il faudra réformer cette institution et la ramener à ses fondamentaux. Mais quand et qui le fera ?

20 Novembre 2020

Haut-Karakakh: un règlement “à la russe”

Le 9 Novembre a été annoncé un accord entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie. Il doit permettre dans un premier temps un cessez-le-feu.

Ce règlement “à la russe” est similaire à ce qui se passait du temps de l’URSS: un coup de menton, un coup de gueule appuyé de quelques militaires et on espère que tout le monde se taise et l’accepte. C’est ainsi que la plupart des conflits étaient refoulés du temps de l’URSS et ne s’exprimaient pas. Ils sont tous réapparus au moment et après la désintégration de l’URSS.

C’est une bonne nouvelle qu’il puisse y avoir un arrêt effectif des combats, ce que nous pourrons confirmer dans quelques jours. Ce ne sont pas les quelques soldats russes sur place qui suffiront à maintenir ce cessez-le-feu mais la persuasion et détermination répétées auprès des 2 camps.

Est-ce un règlement ? Non, c’est juste un retour progressif à la situation antérieure à 1988, avec les mêmes causes qui ont conduit les arméniens à demander leur indépendance. La privation des arméniens de leurs droits culturels, dans leur langue, leur culture, leur éducation comme l’Azerbaïdjan le faisait avant 1988 pourrait reproduire les mêmes effets.

L’Azerbaïdjan fête sa victoire mais risque de faire la même erreur que l’Arménie et le Haut-Karabakh en 1994. Pendant 26 ans, ils ont profité de leur supériorité militaire pour refuser toute négociation sérieuse. L’Azerbaïdjan se prépare à faire la même erreur.

Nous n’avons pas encore beaucoup de détail sur le règlement. Il n’est qu’une situation temporaire, comme une trêve d’un conflit qui est prêt à rebondir, que ce soit demain, après-demain ou dans 20 ans.

Il y a des zones d’ombre comme la demande de la Turquie d’être observateur et partie prenante à la force de paix. Comment un pays, qui a envoyé les miliciens syriens les plus cruels ( même si ce pays le dément) et fourni tout le soutien militaire pour aboutir à une victoire, peut-il se déclarer neutre ? C’est un allié d’un des pays en guerre, pas un pays neutre et objectif.

Ce règlement “à la russe” est une bonne chose et d’ailleurs il n’y avait probablement pas d’autre solution à court terme pour éviter un bain de sang qui aurait été un nouveau génocide. L’Europe reste inexistante en dehors d’elle-même, les États-Unis ressassent leur victoire et défaite présidentielle et les organismes supposés régler les conflits sur le continent européen comme l’OSCE en sont incapables.

Mais la Russie de Poutine est à l’aise quand elle impose un règlement par la force mais mal à l’aise quand il s’agit de trouver un nouvel équilibre politique qui ait du sens. Il faut aujourd’hui de l’autorité pour imposer un cessez-le-feu et le faire tenir. Il faudra demain autre chose pour dépasser ce conflit dont les racines remontent à plus d’un siècle et dont les soubresauts depuis 1988 ont été sanglants.

Espérons que redémarre une négociation un peu plus sérieuse que celle qui était en cours depuis 1994. Il faudra autre chose qu’une simple posture et un bout de papier pour qu’il en naisse un règlement qui soit un véritable équilibre.

11 Novembre 2020