Archives de catégorie : Notes d’actualité

pour y décrire les réactions au fil de l’actualité

Iran : le pouvoir politique iranien maîtrise-t-il toutes ses composantes militaires?

La question est importante puisqu’elle conditionne la crédibilité du respect d’un cessez-le-feu en cas d’accord.

Qui est le pouvoir politique iranien ?

Cette question n’a pas de réponse simple.

  • Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei ?
    Théoriquement oui, mais nul ne sait avec exactitude sa capacité actuelle à mener ses activités et ses fonctions. La nomination de responsables militaires est dans ses prérogatives mais l’absence complète d’autres orientations ou de suivi des négociations qui ont eu lieu laissent planer un doute sur sa capacité à définir et faire exécuter ses orientations
  • Le président, le chef de gouvernement, le président du parlement iranien ?
    Théoriquement non, mais ils se mettent tous en avant de temps à autre comme s’ils représentaient le pouvoir politique iranien.

L’ambiguïté actuelle semble faire partie du jeu politique habituel de l’Iran, qui lui permet de tester des pistes, sans s’engager ni respecter ses engagements.

Les actions militaires iraniennes émanent-elles toutes du pouvoir iranien ?

La structure militaire iranienne est à la fois centralisée et autonome. L’autonomie permet la résilience à un événement majeur comme la décapitation du pouvoir politique et militaire qui n’a qu’un effet limité et accentue les conflits internes. L’autonomie est aussi responsable d’actes militaires non contrôlés et non assumés par le pouvoir iranien.

Quelques exemples:

  • Les premières frappes en Juillet contre des pétroliers et tankers après l’accord du 17 juin 2026 ne respectent rien de l’accord du 17 juin. Les gardiens de la révolution pouvoir ont sorti de leur chapeau des règles qui ne correspondent pas à l’accord, suivant lequel l’Iran décidait, seule, des routes pouvant être empruntées dans le détroit d’Ormuz. A ces frappes, Trump a réagi en violant, lui aussi, l’accord et en s’autorisant des frappes contre des installations militaires. Le pouvoir iranien a soigneusement évité de mettre en avant ses violations mais s’est appuyé sur les frappes américaines pour prétendre que seuls les américains avaient violé l’accord. Ces premières frappes étaient-t-elles un acte centralisé ou un acte isolé désorganisé ? Pas clair. L’absence de système de supervision et de contrôle du cessez-le-feu fait que c’est parti en vrille dès qu’il y a eu un incident un peu sérieux.
  • Les Émirats Arabes Unis ont accusé l’Iran d’avoir envoyé des missiles, ce qui a conduit à l’arrêt de tous les échanges entre les EAU et l’Iran. L’Iran a démenti ( actualité des 18 et 19 Juillet).
    Le démenti de l’Iran est-il crédible ? Non et c’est le problème. Un pouvoir central qui prétend ne pas être responsable des provocations dont il est difficile de savoir si elles sont délibérées ou reflètent l’incapacité du pouvoir iranien à contrôler toutes ses composantes militaires.

Quelles mesures faudra-t-il prendre pour s’assurer de la bonne exécution d’un cessez-le-feu?

Différentes mesures seront nécessaires:

  • Définir un système de supervision et de contrôle du cessez-le-feu,
  • S’assurer que des ordres de cessez-le-feu sont bien transmis à toutes les composantes militaires,
  • S’assurer que le pouvoir iranien accepte bien des enquêtes internes en cas de violation constatée et d’en rendre compte auprès du système de supervision et de contrôle du cessez-le-feu.

Le pouvoir iranien est-il crédible pour accepter un accord et cessez-le-feu ?

NON, pas plus que les États-Unis. L’un comme l’autre jouent des violations de l’autre pour se justifier et ne pas respecter un accord, quel qu’il soit. La différence entre les 2 est que les violations des Etats-Unis viennent toutes d’un ordre de Trump, suivant incident constaté, et que les violations de l’Iran viennent de composantes militaires iraniennes non assumées par le pouvoir iranien. Le fait que le guide suprême iranien était plutôt supposé opposé à l’accord du 17 juin a encouragé de nombreuses composantes iraniennes à ne pas le respecter. Et on en revient à la première question : qui est le pouvoir politique iranien ? La question secondaire étant de savoir qui représenterait ce pouvoir iranien.

Le 22 août 2026

Naej DRANER ( naej.draner@gmail.com)

Iran : aveuglement ou incompétence du Guide suprême ?

Naej DRANER a étudié et étudie de nombreux conflits et guerres. Il y a des situations types qui sont considérées comme des erreurs de gouvernance. Mon propos n’est pas de juger quelqu’un mais de lui faire comprendre qu’il peut y avoir des erreurs dues à une méconnaissance de ce genre de situation type, une mauvaise information, ou même un aveuglement.

Une incompétence n’est pas irréversible. Il suffit d’apprendre et comprendre quand on a l’honnêteté intellectuelle suffisante pour le reconnaître.

La question à poser est relative aux affrontements meurtriers de janvier 2026 en Iran

En janvier, suite à des manifestations en Iran, il y a eu des milliers de morts d’innocents non armés en Iran. Certains parlent même de dizaines de milliers de mort. Le régime iranien n’a fait aucun bilan objectif. Quand une telle situation a lieu dans un pays, c’est que les dirigeants n’ont pas pris les bonnes décisions. Utiliser l’armée et des miliciens armés, au lieu de forces anti-émeutes, est une erreur meurtrière classique. Compte-tenu du rôle de Mojtaba Khamenei en janvier 2026, j’ai une question et une seule à lui poser : avez-vous servi d’intermédiaire entre Ali Khameini et les forces de sécurité iraniennes pour enclencher la répression contre les manifestations iraniennes en janvier 2026 et quels ordres avez-vous donné?

Sa réponse permettrait de savoir si c’est un problème de gouvernance et de compétence au plus haut niveau de l’Etat iranien, ou une application aveugle et inadaptée par ceux qui sont en charge de la sécurité intérieure en Iran.

S’il est compétent et informé, Mojtaba Khameini aurait du savoir que, dans la plupart des États, il y a des forces anti-émeutes dont le rôle est de réprimer pacifiquement les manifestations. Il peut y avoir quelques morts, mais c’est très rare. Si la gouvernance d’un pays est incompétente, ce sont des forces armées avec des armes létales qui sont envoyées pour une répression qui se fait alors dans le sang. Une telle répression peut étendre les manifestations et mettre en cause le régime en place.

Y avait-il un réel danger extérieur en janvier 2026?

NON, mais la guerre, qui a été déclenchée par les États-Unis et Israël quelques semaines plus tard, le 28 février 2026, a masqué cette réalité.

En quoi cette question et réponse sont-elles importantes ?

Cela permettrait de déterminer la capacité du guide suprême iranien à sortir d’une guerre dans laquelle l’Iran semble s’enfoncer volontairement, y voyant un acte de bravoure et de puissance alors que ce n’est peut-être qu’incompétence et aveuglement d’un régime. Tout est fait pour étendre cette guerre, menacer les voisins, casser l’accord partiel du 17 Juin 2026. Cet accord gênait les opposants radicaux et la violation ds gardiens de la révolution en ciblant des pétroliers et tankers a permis de relancer les escalades et la guerre. Bien sûr, la réponse à la violation iranienne par les États-Unis était aussi une violation, mais c’était une réponse aveugle à une provocation volontaire de la part de ceux qui ne voulaient pas d’accord.

Suivant la réponse, il y aura ou non une relance du Conseil du Golfe Persique qui a été mis en Standby

Il est étonnant de constater qu’un religieux n’attend rien d’autre de sa religion que de développer des armes et de lancer une guerre de grande ampleur, tout azimut, menaces à l’appui.

La question secondaire qui pourrait être posée est de savoir s’il croit vraiment en son Dieu pour ne lui reconnaître aucun pouvoir autre que militaire.

Je suis un simple incroyant qui constate que les religions ont un rôle majeur dans le développement des guerres et dans l’intransigeance des négociations.

Y a-t-il un pilote en Iran ?

Les seules décisions connues du guide suprême sont celles qui concernent la réorganisation militaire récente. Se considère-t-il comme un général en chef, faute de pouvoir montrer la moindre capacité à gouverner ? .. ou les décisions sont-elles uniquement celles de l’appareil militaire qui se considère comme le seul maître et pilote ?

Le 19 août 2026

Naej DRANER

Golfe Persique : à la recherche d’un nouvel équilibre

La paix ou la fin d’un conflit se fait en institutionnalisant un nouvel équilibre, à condition de trouver un nouvel équilibre pertinent et réussir à le mettre en place.

Dans le cas du Golfe Persique, un « Conseil du Golfe Persique » paraissait pertinent. Cela ressemble à un échec. En quelques jours les pays du Golfe Persique se sont polarisés sur leurs axes traditionnels de conflit:

  • Les gardiens de la révolution ont polarisé les Houthis sur un second détroit. Bien sûr, ils le présenteront comme fortuit, mais les spécialistes pas trop naïfs savent que le fonctionnement des milices chiites est le même partout: une hiérarchie militaire directe des « gardiens » qui produit toujours le même effet, à savoir un groupe qui se constitue un État dans l’État et met son poids sur un contrôle direct de ce groupe. Que ce soit le Hezbollah au Liban, les Houthis au Yémen, les milices chiites en Irak ou d’autres milices à venir, le fonctionnement est toujours le même, avec un résultat toujours identique. Une intégration de ces groupes dans le pays ne se fait jamais. Le Hezbollah n’a pas contribué à restaurer l’Etat libanais et n’y contribuera pas. Il a favorisé le chaos pour pouvoir mieux prétendre jouer les sauveurs. Faut-il négocier avec les Gardiens de la révolution ? NON sur ces sujets, il faut trouver dans ces pays satellisés par les Gardiens un équilibre qui rende cette emprise distante inutile, ce qui n’est pas évident.
  • Le président iranien a confirmé ce qui avait été supposé: le Guide Suprême n’est pas en mesure d’exercer quelque fonction que ce soit, pour le moment. Les maîtres actuels sont les gardiens de la révolution qui agissent comme des militaires et ont mis au rebut les compétences maritimes internationales nécessaires.
  • L’Arabie saoudite se recentre sur son comportement habituel : opérations militaires sur le Yémen, polarisation des monarchies du Golfe autour d’un équivalent du CCG ( Centre de coopération du Golfe), coopération avec les États-Unis. Certes, MBS a recadré les Etats-Unis pour laisser une chance à la négociation d’Oman, mais ce dernier se retrouve bien seul et aura du mal à faire le poids face à l’Iran pour le déminage et la gestion des flux et la supervision du cessez-le-feu.
  • On ne peut pas attendre grand chose d’autre de Donald que de se rendre indispensable et faire en sorte qu’il soit la seule clé de voûte d’un règlement du Golfe. Il est souhaité d’éviter cette situation en trouvant un nouvel équilibre en dehors des États-Unis. La coupe est à moitié pleine et donc à moitié vide. Est-ce le vide qui va dominer ? Probablement. Il était souhaité avoir autre chose qu’un « Conseil de la Paix » comme à Gaza qui n’a rien fait d’autre que d’être une chambre d’enregistrement des caprices israéliens. D’une manière ou d’une autre les États-Unis risquent de se rendre indispensables et y mettre leur patte qui pourrait être la base d’un nouvel immobilisme et chaos.
  • Le pot de terre n’a pas réussi à briser le pot de fer et risque l’implosion à tout moment. Ce n’est pas étonnant que N.D. n’ait pas fait le poids, quand on sait qu’il n’a jamais pu expliquer clairement son projet qui est donc complètement inconnu des pays du Golfe.

Alors ? Échec et Mat en faveur des acteurs traditionnels. Un nouvel équilibre reste à trouver, ce ne sera pas celui imaginé par N.D. qui n’a fait qu’un exercice intellectuel sans suite. Le « Conseil du Golfe Persique » appartient désormais aux oubliettes de l’histoire.

Le 7 août 2026

Naej DRANER (naej.draner@gmail.com)

Golfe Persique : l’accord sera-t-il durable?

D’après les informations, il devrait y avoir une réouverture du détroit d’Ormuz. Cet accord va définir des voies provisoires jusqu’à ce que le déminage soit finalisé et que soient négociées les voies finales.

Mais l’accord sera-t-il durable ou volera-t-il en éclat à la première violation, comme ce fut le cas avec l’accord du 17 Juin ?

Tout cela va dépendre des mesures d’accompagnement et de la mise en place d’un système de supervision et de maintien du cessez-le-feu.

Trump et ses réactions à venir

Trump s’intéresse au fait qu’il va être le centre du monde. Le reste ? Il s’en fout. Il n’aura même pas la moindre idée de la manière dont il le torpillera. Fidèle à lui-même, se croyant le génie de tous les temps, il se considérera un jour ou l’autre comme l’arbitre légitime qui a le droit de punir l’autre qui est le seul responsable des violations.

Les collaborateurs de Trump, fidèles à eux-mêmes, ne feront pas entendre leur voix avant que Trump ne plonge, une fois de plus, le monde dans le chaos. Il n’y a aucun filtre ni aucun organe de décision entre l’idée subite de Trump et son exécution par l’armée américaine.

Les Gardiens de la révolution et leurs réactions à venir

Les Gardiens de la Révolution vont se faire mousser comme les grands gagnants. S’étant institués l’autorité du détroit d’Ormuz, au premier problème ils feront ce qu’ils ont déjà fait : envoyer des missiles ou autres sur des pétroliers ou tankers. Ils prétendront que le navire a violé des règles mal définies et n’auront même pas l’idée de discuter avec les navires ou de définir un protocole d’intervention . C’est ainsi qu’ils ont déjà fait voler en éclat l’accord précédent. Il y aura bien un accord signé, mais ils appliqueront, comme d’habitude, ce qu’ils pensent qu’aurait du être l’accord dont ils se prétendent les seules autorités légitimes à les interpréter et modifier, même si leur interprétation n’a aucun rapport avec l’accord.

Même s’il n’y a rien dans l’accord, il faut mettre en place un système de supervision et de maintien du cessez-le-feu en le présentant comme un système de régulation du trafic

Sur le territoire d’Oman le plus près du détroit et aussi près que possible du bord de mer, il faut:

  • Un bâtiment réquisitionné ou un village de toile capable d’accueillir quelques dizaines de personnes
  • 3 fonctionnaires par pays riverains du Golfe Persique dont au moins un militaire qui ait un grade suffisant pour se faire entendre n’importe où dans son pays
  • des moyens de communication permanents par radio ou téléphone
  • des moyens de suivi du trafic maritime ( radars primaire et secondaire accessibles en temps réel même s’ils sont à distance)
  • une dizaine de vedettes prêtes à aller sur le navire qui pose problème

Ce système doit fonctionner 24h/24h, 7j/7j et doit:

  • être organisé par équipes pour un fonctionnement permanent
  • avoir un journal de fonctionnement notant les relèves d’équipe et tous les événements principaux
  • identifier et documenter tout incident
  • prendre contact avec le pays et les militaires responsables d’incidents

Autrement dit, il ne faut pas attendre que Trump décide des représailles à une violation ni attendre que les Gardiens de la Révolution utilisent leurs armes comme moyen de jouer les gendarmes. Il va falloir imaginer toutes les violations à venir et faire prendre des mesures pour qu’elles n’arrivent pas.

Par exemple, quand l’accord aura été signé et publié, il faudra le communiquer aux différentes hiérarchies militaires et s’assurer qu’elles en prennent connaissance et assument les ordres nécessaires à donner. Tirer un projectile, quel qu’il soit, contre un navire sera une violation. Neutraliser militairement un radar ou autre équipement, soi disant de façon préventive, sera une violation. Par contre, tout drone pourrait être abattu sans sommation s’il se situe sur un territoire (ou eaux territoriales) souverain d’un pays.

Bref, il ne faut compter ni sur Trump ni sur ses collaborateurs ni sur les gardiens de la révolution et les responsables iraniens pour lister les violations possibles à venir. Il faut le faire par prévention en décrivant ces cas et ce qu’il va falloir faire dans un tel cas, au niveau du système de supervision et de maintien qu’il faut mettre en place et faire fonctionner, comme un système de régulation du trafic et des incidents étendu à tout incident imaginable.

La décision de mise en œuvre dépend uniquement des pays du Golfe. Probablement, ce sera là le problème: ils sont courageux, mais pas téméraires au point d’aller sur un terrain non défini par les négociateurs officiels et par le maître apparent du moment.

Le 5 août 2026

Naej DRANER (naej.draner@gmail.com)

Détroit d’Ormuz : déminage

Un accord provisoire sur les voies navigables devrait être annoncé dans les jours à venir. L’accord final dépendra du déminage et de l’existence ou non du « Conseil du Golfe Persique ».

Dans l’accord du 17 Juin 2026, jamais correctement appliqué, il y avait un point qui concernait le déminage. Théoriquement il aurait dû être réalisé par l’Iran mais il faut considérer qu’il ne s’est rien passé. L’Iran n’a pas de vrai moyen de déminage. Peut-être que pour les mines identifiées et visibles ils sauraient les désamorcer sans les faire exploser, mais ils n’ont pas de capacité maritime de les détecter de façon certaine et de donner la moindre assurance crédible qu’il n’y a plus de risque de mines.

De plus, la majorité des mines ont été placées dans les eaux territoriales d’Oman.

Ce qui suit correspond à l’organisation proposée.

Au préalable, il faudrait que les eaux territoriales et leurs limites soient clairement délimitées pour Oman, l’Iran et les Émirats arabes Unis (au moins pour la partie proche du détroit). Sur la base de ce que vous pensez être vos eaux territoriales et leurs limites géographiques, vous le faites valider et signer par vos pays voisins. Implicitement, une fois qu’Oman l’aura fait, ce sera défini pour l’Iran dans le détroit d’Ormuz, mais ce serait mieux que ce soit fait systématiquement.

Pourquoi insister sur les limites des eaux territoriales ? Parce qu’elles déterminent la souveraineté absolue de chaque pays sur ces eaux territoriales et que dans ses eaux territoriales, Oman peut demander l’intervention de démineurs européens ou de tout autre pays. Oman a le droit de faire appel à des navires de déminage étrangers dans ses eaux territoriales. Il ne dépend d’aucun autre pays. Il ne doit pas y avoir de négociation avec l’Iran et les Etats-Unis sur ce sujet, simplement les informer et proposer à l’Iran de vérifier certaines de ses eaux territoriales sur lesquelles il pourrait avoir un doute, sans obligation d’y donner suite.

Pour rappel, les États-Unis ont envoyé l’essentiel de leurs démineurs à la casse en début 2026 et n’ont que des solutions bancales à proposer pour mener un tel déminage. Sauf erreur sur les informations disponibles, il n’y aurait aucun démineur opérationnel américain au moyen-Orient. Les seules capacités opérationnelles sont celles des européens qui les ont déjà pré-positionnées au moyen-orient et sont prêts à intervenir sur demande.

Il serait souhaitable d’élargir le périmètre de déminage à une partie ( à définir) des eaux territoriales des Émirats Arabes Unis, ainsi qu’une partie des eaux territoriales iraniennes. Cet élargissement ne peut être fait qu’avec l’accord formel des 2 pays. Même s’ils refusent d’élargir ce périmètre, il faut que ces 2 pays formalisent le fait que le périmètre de déminage est défini et qu’ils ont été informés du périmètre d’intervention des démineurs. Cette formalisation a pour but d’éviter que l’un des pays ne s’en prenne aux équipes de déminage qui vont intervenir. La demande doit être transmise aux pays européens concernés qui se sont déjà faits connaître d’Oman.

Du côté des pays du Golfe Persique, il faudrait avoir une équipe de 3 à 4 personnes de chacun des pays concernés ( Iran, Oman, EAU) pour suivre cette opération. Il faut réunir ces personnes dans un lieu unique et permanent pour la durée de l’opération de déminage. Ils doivent faire un suivi journalier et présenter toutes les semaines un rapport précis sur son avancement.

Il y a des mines qui ont été vues et identifiées auprès des autorités maritimes. Il faut faire le point sur ce sujet.

Pour être diplomatiquement correct, nous expliquerons que l’Iran a fait son travail et que les autres pays, pour leur sécurité et celle de tous les navires, demandent une vérification complète de toutes les zones susceptibles d’avoir des mines.
Il aurait été mieux d’avoir des indications plus précises de la part des iraniens, mais la communication est quasi inexistante, probablement parce que les iraniens veulent laisser un doute sur un danger potentiel. Ils sont fiers de pouvoir représenter un danger et peu disposés à mettre sur la table les informations dont ils disposent. Il faudra faire avec les informations qu’ils veulent bien donner et faire, dans tous les cas, toutes les vérifications nécessaires, avec ou sans leurs informations qui ne doivent, en aucun cas, être un point de blocage.

La phase de préparation du déminage devrait prendre une semaine, si elle est menée par les pays directement concernés à savoir principalement Oman. Les américains n’ont pour le moment été d’aucun secours, fautes de moyens opérationnels crédibles. Ils avaient d’excellents moyens qu’ils ont décidé de ne plus utiliser et qui ne sont plus opérationnels.

Le planning précis devra alors être défini et suivi par l’équipe de suivi du déminage.

Pour éviter les problèmes d’interface et de coordination interne aux européens, il est recommandé de prendre un seul pays comme point d’entrée, par exemple la France, tout en lui demandant de réunir toutes les capacités utiles à cette opération de déminage.

Quel que soit le contenu du prochain accord États-Unis/Iran, il faut gérer directement ce point au niveau de quelques pays du Golfe Persique.

Le mieux serait que ce soit géré par le « Conseil du Golfe Persique » en coopération étroite avec Oman qui est le principal concerné, mais le « Conseil » n’a pas d’existence aujourd’hui. Et son existence future n’est pas certaine, même si certaines de ses idées étaient déjà reprises et permettaient de débloquer temporairement la situation.

Le 4 août 2026

Naej DRANER (naej.draner@gmail.com)

Recherches complémentaires à mener sur le « Cycle Quésako »

L’auteur qui a découvert le « Cycle Quésako », Jean-Baptiste RENARD, est né en 1952. Il considère que les recherches doivent être continuées par d’autres que lui-même. Les recherches déjà menées ont été décrites dans le livre de référence « Un phénomène cyclique qui favorise les guerres », aux éditions L’Harmatan. Malgré quelques coquilles de l’édition dans quelques tableaux, la version française reste l’ouvrage de référence.

Définitions

La définition de la guerre reprise est celle d’UCDP, ainsi que les types de conflits. (voir le livre de référence)

Par contre, la notion « incompatibilité contestée portant sur le gouvernement et/ou le territoire » n’a pas été reprise et ne sera pas reprise. Elle aboutit à des présentations se limitant à 2 causes de guerre : soit territoriale, soit gouvernementale. Ce n’est pas aussi simple que cela et cet aspect n’est pas apparu comme une base d’avenir. Constater une incompatibilité n’est pas contestable mais limiter les guerres à ces 2 cas n’est pas réaliste.

Bases de données sur les guerres

La recherche du « Cycle Quésako » a utilisé uniquement 2 bases de données :

  • COW (Correlate Of Wars) (de 1817 à un peu après 2000)
  • UCDP (Uppsala Conflict Data Program) (de 1989 à nos jours)

L’auteur n’a pas utilisé d’autres bases existantes, nombreuses, mais qui n’ont pas atteint le niveau de crédibilité de ces 2 bases. Beaucoup de listes de guerres existantes permettent de faire dire ce que l’on veut à des démonstrations qui manquent de rigueur, à cause de l’approximation des données utilisées. Toute étude complémentaire qui serait faite avec d’autres sources de données doit être examinée avec circonspection et prudence.

Il y a 2 travaux à mener:

  • Faire un agrégat COW + UCDP. Ce travail est assez simple et doit se faire en quelques semaines. Pour ses travaux, J-B Renard a utilisé COW, complété par ses propres données. L’agrégat COW + UCDP devrait devenir la référence de toute recherche sur le sujet. Le « Cycle Quésako » ne sera reconnu que lorsque d’autres études statistiques auront été faites à partir de bases de données crédibles.
  • Commencer une base de données sur les guerres des 2 derniers millénaires. C’est un travail de Titan extrêmement chronophage. Le mieux serait de le faire progressivement en validant les données individuelles. Il faudra probablement 10 ans avant d’avoir une base de données de référence fiable.

Outils

La première difficulté que peut rencontrer un chercheur intéressé par le sujet des phénomènes cycliques est d’avoir un tableur permettant de faire des calculs sur les dates, sans être limité par les limitations d’Excel. Toute date antérieure au 1/1/1900 ne peut pas être calculée sous Excel, sans refaire des programmes spécifiques et une gestion un peu compliquée des dates sur plusieurs cellules pour une seule date.

L’utilisation d’OpenOffice permet de traiter les dates sur tous les siècles, comme si c’était un tableur de type excel. Il n’y a aucune limitation de date. Il faudrait vérifier que le calcul des dates tient compte de toutes les évolutions des calendriers à travers les siècles.

C’est ce tableur qui a été utilisé pour les parties statistiques.

Il serait souhaitable de faire un outil spécifique capable de traiter les données existantes et de le traduire automatiquement en graphique. Cela n’a pas été fait pour le moment. Un bon mathématicien informatique doit pouvoir le faire sans trop d’effort. Il faudra probablement quelques mois de travail pour aboutir à quelque chose de facilement réutilisable

Cet article reste à compléter. Il sera mis à jour dans les jours à venir

Le 4 août 2026

Jean-Baptiste RENARD

Golfe Persique : quel devenir ?

Quelles sont les causes de l’échec de l’accord signé le 17 Juin ?

Tous les accords qui pourraient être négociés et présentés seront similaires à celui du 17 Juin qui contient l’essentiel. Les causes de son échec sont multiples:

  • accord ambiguë
  • planning flou
  • absence de système de supervision et de maintien du cessez-le-feu
  • gouvernances chaotiques des États-Unis et de l’Iran : les 2 sont capables de faire exactement l’inverse de ce qu’ils ont signé, tout en rejetant la faute sur l’autre

Les 2 points majeurs qui peuvent mettre en cause l’application de tout nouvel accord sont l’absence de système de supervision et les gouvernances chaotiques.

Système de supervision et de maintien du cessez-le-feu

Depuis le 17 Juin, chaque bavure constatée par un camp donne lieu à des représailles militaires, systématiques. Les bavures d’origine du premier incident qui va déclencher les représailles successives sont le plus souvent liées à une interprétation de l’accord qui n’a aucun rapport avec l’accord signé, comme si les parties appliquaient un accord sans rapport avec l’accord signé.

S’il y avait un système de supervision et de maintien du cessez-le-feu, tout incident devrait être signalé au système de supervision et de maintien du cessez-le-feu qui doit trouver l’origine et les actions correctives ASAP et si possible en moins de 24 h. Cela demanderait une organisation solide qui n’existe pas, à commencer par un responsable indépendant qui ne soit ni américain ni iranien qui aurait au sein de son équipe des correspondants avec chacune des parties en conflit, c’est à dire tous les pays riverains du Golfe Persique et un contact permanent fiable avec les États-Unis et le pouvoir iranien.

Par expérience, les bavures sont toujours de la faute de l’autre. Certaines bavures sont dues au fait que les ordres transmis aux militaires et à toutes les unités peuvent être ambiguës .. ou inexistants. Le plus probable, pour les premières bavures, c’est qu’il y aura un déni complet et qu’il restera au système de supervision de demander de rédiger et faire appliquer certains ordres aux différentes hiérarchies militaires de chaque camp. Ces hiérarchies de chaque camp vont promener le système de supervision sans faire grand chose et il va falloir beaucoup de persuasion et d’autorité au responsable du système de supervision et de maintien pour réussir à faire appliquer des ordres cohérents avec ce qui a été ou va être négocié.

Gouvernance chaotique des États-Unis

Trump est connu pour dire quelque chose et faire son contraire le lendemain. Ni le vice-président, ni le secrétaire d’État ne jouent leur rôle de filtre aux décisions imprévisibles de Donald. Chaque décision devrait au moins être revue pat le secrétaire d’État qui devrait poser quelques questions:

  • Est-ce cohérent avec l’accord accepté ?
  • Le système de supervision et de maintien du cessez-le-feu a-t-il été informé?
  • Avez-vous laissé suffisamment de temps au système de supervision et de maintien du cessez-le-feu pour agir ? (les premières bavures il faudra peut-être 48 h pour trouver la source et lancer les actions correctives et préventives nécessaires. Même si la source n’est pas identifié, le système de supervision identifiera les actions nécessaires qui sont souvent les mêmes : faire en sorte que tous les opérateurs militaires sachent exactement ce qui est autorisé ou non pour éviter qu’un membre de la hiérarchie lance lui-même des ordres, parce qu’il n’est pas d’accord ou n’a pas été informé ou n’a pas appliqué ce qu’il aurait du faire. Si le responsable du système de supervision ne sait pas faire, on va lui apprendre, y compris à savoir jouer des coups de gueule)

Il faut passer du système d’ordres sans filtre à des ordres cohérents. On ne peut rien écrire dans un accord sur ce sujet autre qu’avoir un système de supervision et de maintien

Gouvernance chaotique en Iran

En principe on devrait avoir en Iran un pouvoir politique et un pouvoir militaire qui est représenté par les Gardiens de la Révolution.

On ne voit que les « Gardiens de la Révolution » à l’œuvre. Le « Guide suprême » semble absent ou inexistant, se limitant à répéter ce que disent les gardiens de la révolution.

Si le guide suprême n’a pas de visibilité ou de possibilité de se faire entendre, il faudrait trouver quelqu’un qui représente le pouvoir politique et soit en mesure de rappeler ce qui a été négocié et accepté. Les acteurs actuels sont grisés par leur non défaite militaire et ne s’intéressent plus à ce qu’ils négocient. Ils montrent qu’ils ne savent pas ce que sont les eaux territoriales et la souveraineté des États associée à ces eaux territoriales. C’est souvent le cas de la part de militaires. Si on passe de la guerre à un état de non guerre et si on veut construire un avenir pacifique, il va falloir que les militaires passent la main à des interlocuteurs politiques qui sont aujourd’hui absents.

D’un point de vue purement droit international, chacun fait ce qu’il veut dans ses eaux territoriales, sauf s’il y avait un accord global impliquant tous les riverains du Golfe Persique. Un tel accord est souhaitable mais les routes navigables finales seront déterminées après le déminage de toutes les eaux du détroit d’Ormuz. Prétexter que l’insécurité volontairement provoquée par les mines posées par les Gardiens de la Révolution est suffisante pour justifier une nouvelle route qui serait sûre , mais plus longue que les précédentes, n’est pas acceptable. Les voies officielles navigables ne pourront pas être déterminées dans la précipitation. Le « Conseil du Golfe Persique », s’il voit le jour, devrait en être responsable mais il y a peu de chance qu’une telle décision soit prise avant 2 mois qui est le temps nécessaire pour vérifier le déminage complet de tout le détroit d’Ormuz.

Je ne cache pas que la gouvernance chaotique de l’Iran est un problème majeur pour lequel je ne vois pas de solution tant que je n’aurai pas de contact fiable avec la dimension politique de l’Iran qui devrait être représentée par le Guide suprême, autrement qu’en répétant ce que disent les gardiens de la révolution.

Le Conseil du Golfe Persique

Aujourd’hui, il existe le Conseil de coopération du Golfe (CCG) qui donne l’impression d’être un organe de coopération de tous les pays du Golfe Persique. Ce n’est pas le cas. Le nom prête à confusion. Il manque l’Irak et l’Iran. Il n’est pas envisageable d’intégrer l’Irak et l’Iran au CCG, compte tenu de certains accords du CCG qui ne leur seront jamais applicables. Il serait donc préférable de créer une nouvelle instance, appelée le Conseil du Golfe Persique où tout pays riverain du Golfe Persique y serait membre de droit, avec chacun, les mêmes droits.

Faire comme si le conseil du Golfe Persique existe déjà à travers le CCG est un non sens. le CCG a toujours été dans une politique volontaire d’exclusion et de confrontation de l’Iran. Cela doit changer et les pays du Golfe Persique doivent apprendre à se parler directement et à gérer ensemble leurs problèmes sans intermédiaire qu’il soit américain, pakistanais ou européen.

Je peux aider à lancer le « Conseil du Golfe Persique » , mais il faudrait des acteurs motivés qui lancent le sujet officiellement et arrêtent de croire que la décision va venir d’ailleurs qu’eux-mêmes. Je peux aider à faire réfléchir, mais je ne prendrai aucune décision : c’est leur rôle que de prendre des décisions, même s’il faut des semaines pour y arriver.

Le 3 août 2026

Naej DRANER

Préparation du cessez-le-feu Russie/Ukraine – 1

Que ce soit dans 6 mois, 1 an ou 2 ans, il y aura un cessez-le-feu entre la Russie et l’Ukraine.

Ce cessez-le-feu demandera entre 1.000 et 5.000 intervenants pour le superviser et le maintenir. Ce sera la plus grande ligne de cessez-le-feu jamais réalisée, c’est à dire que ce sera un cessez-le-feu au départ fragile et qui commencera avec des centaines de violations quotidiennes.

Sur la période 2014-2022, il n’y a jamais eu une seule journée de cessez-le-feu sans aucune violation. Il y a eu des journées avec peu de violations, mais pendant plusieurs années les violations quotidiennes se comptaient en centaines, voire en milliers.

Aujourd’hui, la seule initiative existante est celle des pays « volontaires », mais la stratégie qui se veut celle d’une force dissuasive ne permettra jamais d’assurer un cessez-le-feu. Croire qu’une force militaire crédible dissuadera les violations quotidiennes relève du vœu pieux et probablement aussi d’une méconnaissance de la période du cessez-le-feu du Donbass entre 2014 et 2022.

A partir de la fin août, différents articles seront écrits sur le sujet jusqu’à proposer un ensemble cohérent.

Dès maintenant, les pays intéressés peuvent identifier les moyens nécessaires:

  • 2.000 inspecteurs et observateurs du cessez-le-feu ( pourra être augmenté jusqu’à 5.000) non armés, profil sécurité capable d’aller sur le terrain en condition difficile et dangereuse
  • 500 personnes pour les moyens logistiques
  • 500 véhicules identifiables pour cette mission, dont autant que possible blindés,
  • Moyens de communication en nombre suffisants ( téléphones et radios)
  • Jumelles de vision infra-rouge avec au moins 100 jumelles d’observateurs d’artillerie permettant d’identifier les coordonnées GPS d’un objectif
  • et tout ce qu’il faut pour faire vivre tout le monde

D’ici le 20 août il ne se passera rien sur ce sujet

Le 2 août 2026

Naej DRANER

L’idée d’une autorité du détroit d’Ormuz est séduisante

Surveiller le trafic, secourir les bateaux en difficulté, sanctionner le dégazage sauvage, faire respecter les voies de négociation internationale: tout cela est nécessaire.

L’idée avancée par l’Iran d’une autorité du détroit d’Ormuz est bonne, c’est incontestable. La manière de le présenter aux autres pays du Golfe Persique est désastreuse. C’est une présentation d’autocrate et dictateur habitué à ce que tous ses subordonnées disent OUI.

Prétendre, de la part d’un pays, qu’il est le seul à tout définir, à tout faire et le seul à empocher tous les bénéfices financiers est naïf. Bien sûr que tous les autres pays diront NON. Il ne peut pas en être autrement.

Le rejet de la proposition d’OMAN de gérer régionalement le détroit d’Ormuz montre à quel point l’Iran est perdu dans ses rêves de grandeur et de puissance régionale. Est-ce bien sérieux? Être incapable d’accepter la coopération d’un ou plusieurs autres pays sur un tel projet est le plus sûr moyen d’enterrer le projet.

Sans frappes américaines sur l’Iran, les gardiens de la révolution ont relancé les hostilités. Jeu de la provocation pour que les américains relancent à grande échelle la guerre ? Finalement, les gardiens de la révolution aiment bien la guerre. Ils ont pris une position dominante partout en Iran et le pouvoir suprême s’est effacé. Les gardiens de la révolution ont mis quelques conseillers jusqu’au-boutistes autour du Guide suprême et tout va bien : ce qui est dit par le guide suprême est filtré et dicté par les partisans d’une guerre permanente, comme les gardiens de la révolution. Le fait d’avoir résisté leur a tourné la tête.

A quand la reprise de la guerre à grande échelle ? Probablement pour bientôt : les gardiens de la révolution se chargent de la relancer, volontairement.

Le 29 Juillet 2026

Naej DRANER

PS : c’était la suite et la fin du « Conseil du Golfe Persique » dont l’idée vient de sombrer corps et âme dans le rêve de puissance régionale de l’Iran

Iran, qui gouverne réellement ?

Textes de référence

Le texte du Memorandum Of Understanding (MOU) Iran/États-Unis ou protocole signé le 17 Juin 2026 est très clair:

  • Le point 1 indique on ne peut plus clairement l’arrêt de toutes les opérations militaires et aussi l’arrêt de toute menace « … à s’abstenir de toute menace ou recours à la force l’un contre l’autre … »
  • Le point 5 : « … La République islamique d’Iran engagera un dialogue avec le Sultanat d’Oman afin de définir le futur cadre administratif et les services maritimes dans le détroit d’Ormuz, en concertation avec les autres États riverains du golfe Persique, conformément au droit international et aux droits souverains des Etats côtiers du détroit d’Ormuz… »
  • Le texte n’indique aucune voie maritime obligatoire pour tous les navires qui traverseront librement le détroit d’Ormuz.

La décision unilatérale de l’Iran de limiter la circulation à ses propres voies navigables et les interventions armées des gardiens de la révolution auprès des bateaux traversant le détroit d’Ormuz ne correspondent à rien dans le MOU et peut être considéré comme une violation unilatérale du protocole suivant le point 1 du MOU.

Ce hiatus entre le texte signé officiellement par l’Iran et l’application réelle permet, à juste titre, de se demander qui gouverne en Iran, pour ne pas être en mesure d’appliquer le contenu des accords signés.

Il arrive souvent qu’un accord fraichement signé donne lieu à des bavures, suite à des malentendus et des problèmes de communication interne. Il arrive aussi que ce soit un acte délibéré de factions qui refusent l’accord dans les termes signés.

Dans le MOU, il manque un dispositif de surveillance et de maintien du cessez-le-feu dont le rôle est d’intervenir tout de suite pour identifier le malentendu, constater la violation et faire en sorte qu’elle ne se reproduise pas et ne donne pas lieu à des représailles.

Cette violation répétée par l’Iran a effectivement fait déraper l’ensemble du processus qui était en cours.

Négocier un accord d’un côté et prétendre faire appliquer d’autres règles que celles qui ont été formalisées dans l’accord ne mènera à rien d’autre que de faire douter de la crédibilité des dirigeants iraniens.

Ambiguïté entretenue par l’Iran sur sa gouvernance

Ce qui pourrait être considéré comme une faiblesse de gouvernance est le plus souvent exploité par l’Iran comme une opportunité, comme s’il fallait excuser des personnes qui ont fait autre chose que ce qui a été négocié mais correspondant bien à ce que veut l’Iran. C’est comme un moyen de faire une séance de rattrapage, sauf que cela enlève toute valeur aux accords obtenus et signés.

Incertitude sur le guide suprême actuel

L’incertitude actuelle ne fait que confirmer l’absence de dirigeants capables de se faire respecter de toutes les composantes iraniennes, à commencer par les Gardiens de la Révolution. Ces derniers semblent faire ce qu’ils veulent et imposent leur ligne, même si elle est contraire aux accords signés.

Conséquence sur les investissements

Il est vraisemblable que les pays riverains du Golfe Persique, qui pourraient investir en Iran pour aider à reconstruire, ne feront probablement pas les investissements envisagés et cela se comprend. Les 3 pays qui ont les moyens d’investir ( à savoir Koweït, Arabie Saoudite et EAU ) sont justement les pays visés en priorité par les gardiens de la révolution. La conséquence ? Ces pays commenceront par réparer les dégâts chez eux et utiliseront leurs disponibilités pour pallier le manque à gagner issu du blocage du détroit d’Ormuz. Si la politique officielle de l’IRAN est de décourager tous les pays qui pourraient les aider, je crois que c’est gagné. Je ne pense pas qu’ils soient engagés par le point 6 du MOU et si ce sont les Etats-Unis qui se sont engagés sur ces sommes du point 6, allez voir avec eux. Je ne me sens pas concerné et j’ai bien bien peur que les pays riverains du Golfe Persique ne se sentent pas impliqués tant que vous passerez votre temps à les détruire au nom d’une stratégie de l’Iran dont je ne connais pas l’auteur. On ne peut pas passer son temps à détruire sans provoquer une réaction de rejet collective justifiée par le comportement de l’Iran. L’Iran récoltera ce qu’elle a semé: la haine et le désordre.

Le 28 Juillet 2026

Naej DRANER