Archives de catégorie : Notes d’actualité

pour y décrire les réactions au fil de l’actualité

Quel système de cessez-le-feu Ukraine-Russie?

Aujourd’hui, aucune des propositions faites tant du côté russe, ukrainien, européen, américain, ne présente un système de maintien du cessez-le-feu crédible.

Les garanties de sécurité recherchées par l’Ukraine et les européens donnent l’impression qu’il suffirait d’avoir une force militaire crédible et dissuasive pour assurer un cessez-le-feu, quand il sera annoncé. Ce sera insuffisant et n’aboutira pas à un cessez-le-feu crédible et permanent.

C’est aussi le problème dans le conflit israélo-palestinien à Gaza ainsi que dans le conflit israélo-libanais au Sud-Liban. Israël pense qu’il suffit d’avoir des opérations militaires ciblées pour assurer le cessez-le-feu. Cela ne l’assure pas, mais le rend définitivement fragile.

Tous ces conflits sont actuellement gérés par des personnes sans aucune expérience précédente de cessez-le-feu. Ils redécouvrent tous ce que pourrait être un cessez-le-feu et imaginent jour après jour des solutions ou plutôt des non solutions.

Qu’est-ce qui contribue au maintien du cessez-le-feu ?

  • L’accord initial, s’il est clair et accepté par les parties,peut contribuer à son respect,
  • Un système de cessez-le-feu permanent, capable de régler tout incident dans la demi-journée suivant celui-ci,
  • Un système de contrôle et inspection des belligérants capable d’intervenir partout dans chaque camp,
  • une participation permanente des forces militaires de chaque camp au système de cessez-le-feu, sous la supervision du système de contrôle et inspection,
  • Une analyse permanente des incidents pour faire évoluer le système de cessez-le-feu afin de renforcer son efficacité.

Rien de tout cela n’a été clairement abordé et décrit dans les négociations en cours, d’après les informations disponibles à ce jour

Naej DRANER

Naej DRANER est un analyste et architecte de solution politico-sécuritaire. Il a étudié, en particulier, le dispositif qui avait été mis en place en 2014 et les années suivantes dans le Donbass. Ce dispositif n’a jamais été capable de se transformer en cessez-le-feu permanent. En tenant compte de cette expérience passée, il serait possible de faire une proposition concrète.

18 Février 2026

Le plan Trump est-il appliqué à Gaza ?

Au mois de septembre 2025 a été proposé un plan de règlement en 20 points. Il a conduit à un cessez-le-feu le 10 octobre 2025 et a donné lieu à la résolution 2803 de l’ONU qui a repris les 20 points.

Y a-t-il un cessez-le-feu réellement appliqué ?

Non. Les acteurs se divisent sur le terme à donner à ce simili cessez-le-feu. Est-ce un conflit gelé ? une guerre de basse intensité ? Tout le monde s’accorde pour dire que ce n’est pas un vrai cessez-le-feu et que le plan Trump n’est pas appliqué.

  • Plusieurs centaines de morts du côté palestinien depuis octobre
  • le passage de Rafah qui devait être ouvert dès le début du cessez-le-feu (point 8) n’a été que partiellement ouvert que depuis le 2 février 2026. Et encore, il est vraisemblable qu’Israël fera tout pour autoriser les départs de palestinien et refuser les entrées et retours de palestiniens
  • Les points 7 et 8 concernant l’aide humanitaires n’ont pas été appliqués comme ils auraient du l’être. Ils ont été revues et corrigés par Israël, sans le moindre rapport avec le plan Trump.
  • Israël fait ce qu’il veut et adapte le texte initial du plan Trump à ce qu’ils veulent vraiment faire, sans qu’il n’y ait aucune réaction de la part de Trump et de l’organisation qui prétend appliquer le plan Trump.
  • Il n’y a aucun mécanisme de supervision du cessez-le-feu connu et reconnu. Israël tire prétexte de tout incident pour reprendre des bombardements. Ils ont un système intelligent à base d’IA qui transforme les bruits de chiotte en vérité. La conséquence est que les victimes des incidents n’ont apparemment pas de rapport avec l’origine des incidents
  • Aucun observateur ou journaliste indépendant ne permet de remonter une vision objective de ce qui se passe à Gaza. Mentir, censurer est la règle du comportement d’Israël, confortée par l’indifférence de l’équipe Trump.
  • Trump est un promoteur, pas un constructeur. Il sait gérer les effets d’annonce et de presse mais est incapable de gérer un projet. Le cessez-le-feu à Gaza se gère tout seul, et il n’y a donc pas de vrai cessez-le-feu
  • Dans la phase de désarmement du Hamas, les autorités israéliennes feront probablement tout pour relancer la guerre : c’est ce que veulent les suprémacistes juifs qui sont dans le gouvernement israélien. Ils trouveront les prétextes qui les arrangent

Naej DRANER

Pour rappel, la résolution 2803 adoptée par le conseil de sécurité le 17 Novembre 2025

Le 3 février 2026

S’il te plaît, Donald, arrête tes conneries et va faire des études!

J’avais compris que le « Conseil de la Paix » était une instance qui allait s’occuper de Gaza. J’ai bien lu la charte du « Conseil de la Paix » mais cela n’a rien à avoir avec Gaza.

Où en est la Phase 1 du plan de Paix de Gaza ?

Vous souvenez-vous ? La Phase 1 disait que le terminal de Rafah serait ouvert dès le début du cessez-le-feu. 3 mois plus tard, il n’est même pas ouvert. Il était promis que l’aide humanitaire serait distribuée à tous par les différents acteurs concernés. Ce n’est pas ce qui s’est passé. Israël a restreint l’aide humanitaire, multiplié les conditions de distribution au point que peu d’aide est bien arrivé, décrété qu’un piquet de tente est une arme dangereuse au point que les palestiniens n’ont même pas de tentes étanches et confortables. Et on, s’arrête là pour simplement dire que tout ce qui aurait du être fait a été modifié en sous-main par Israël sans que ce cher Donald s’aperçoive qu’il s’est fait rouler dans la farine avec une phase 1 de son plan revu et corrigé par Israël sans que les chers négociateurs de Donald s’en aperçoivent et lui signalent que la phase 1 a été vidée de son contenu officiel : une coquille vide à la hauteur des ambitions d’Israël et de la naïveté de Donald et de son équipe de choc.

Donald, s’il te plaît, comment veux-tu qu’on puisse croire qu’un Conseil de Paix Mondial va contrôler quoi que ce soit, après ton incapacité à simplement appliquer la « phase 1 de Gaza ».

Donald, as-tu un collaborateur qui pourrait t’expliquer ce qu’est un traité et à quoi il sert ?

Je n’en ai pas cru mes oreilles : Donald veut le Groenland pour des « raisons de sécurité ». Il nous refait le coup de G. W. Bush qui, au nom d’armes de destructions massives, voulait simplement le pétrole irakien. Dans le cas présent, il s’agit d’empocher toutes les ressources minières, après avoir fait gober à tout le monde qu’il y a un problème de sécurité.

Donald, as-tu lu le traité actuel ? Il t’autorise à étendre les bases si tu manques de place pour tes équipements de sécurité, indispensables. Ah oui, tu as raison : aucun de tes collaborateurs n’a lu les traités et ne les a compris . C’est vrai qu’il est difficile d’avancer et de comprendre quoi que ce soit quand les collaborateurs officiels n’en savent pas plus que Donald.

Il est urgent que tu recrutes, sans le dire trop fort, un collaborateur qui t’explique discrètement comment fonctionne un traité et comment on peut l’utiliser pour ajouter des équipements de sécurité indispensables.

Le recrutement doit être discret pour qu’on ne sache pas que Donald étudie

Le 20 janvier 2026

Naej DRANER

Le site l’Horloge de l’inconscient a autorisé une tribune libre qui n’engage que son auteur. En aucun cas nous ne saurions être considérés comme responsables du contenu de cet article

Quel avenir pour Gaza ?

Compte-tenu du résultat présenté le 26 Février 2025 de l’enquête interne de l’armée israélienne qui reconnaît sa pleine responsabilité dans le fiasco du 7 Octobre 2023, on peut tenter de faire son travail d’architecte. Il n’y aura pas d’autre canal de communication et proposition que celui-ci

Israël, avec l’aide du négociateur américain, a modifié les conditions qui pouvaient conduire à un cessez-le-feu durable. La seule proposition est celle d’un prolongement de la trêve, ce qui revient à dire que, de toute façon, que ce soit aujourd’hui ou dans un mois et demi, Israël a l’intention de reprendre la guerre à Gaza. Dans ces conditions, le Hamas est réticent a laissé partir ses derniers otages.

Les Etats-Unis sont-ils capables de jouer les négociateurs tout en étant aligné sur Israël ? Probablement NON.

Mis à part la proposition de Trump qui est une forme de nettoyage ethnique déguisé, les Etats-Unis n’ont rien à proposer et négocier. Le promoteur immobilier se voit déjà faire faire les travaux de reconstruction par d’autres pays que le sien et vendre à con compte tout l’immobilier reconstruit ? La ficelle est grosse, mais Donald y croit, ainsi que Bibi. Un rêve irréalisable et imbécile.

Alors ? Un plan arabe ? Peut-être, mais il va falloir le réaménager et le transformer en quelque chose de crédible et gérable.

La sécurité ? Israël peut-il assurer la sécurité ? Israël assure l’insécurité de Gaza, ainsi que sa destruction. Impossible d’envisager une sécurité par Israël. Israël détruira tout embryon de forces de sécurité visibles.

Une mise sous tutelle provisoire de Gaza est-elle possible? Ce serait une bonne solution, mais qui se risquera à le faire ? … et comment?

Il serait préférable que la sécurité de Gaza soit temporairement assurée par un tiers externe qui ne peut être ni Israël ni les Etats-Unis. Mais comment ? Une force de police internationale ? NON, cela n’a jamais d’efficacité que d’envoyer des étrangers qui ne parlent pas la langue. De plus, il faut reconstruire un système de sécurité. Le mieux que nous pourrions faire est d’avoir des formateurs de forces de police en nombre suffisants ( 1 000 à 2 000) pour former, sur place, de nouvelles forces de sécurité à partir de la population locale, qu’elles soient ou non issues du Hamas, mais contrôlées par des agents externes. Est-ce possible ? Ce n’est jamais arrivé au niveau international puisque cela n’a jamais été essayé. Ce sera fragile pendant 6 mois et après cela marchera peut-être.

Ensuite il faudrait créer un corps d’inspection composé de : un tiers international, un tiers palestinien, un tiers israélien. Ces inspecteurs doivent pouvoir accéder à tout ce qui peut se passer. L’objectif est de pouvoir avoir la visibilité sur tout ce qui se fait et réagir autrement que par de nouveaux bombardements. Il en faudrait 100 pour commencer, avec une montée en puissance à 500. Quelle est la différence entre un inspecteur et un observateur? L’observateur constate et ne fait rien. L’inspecteur constate et prend les moyens de faire rectifier ce qui a été constaté, en s’appuyant sur les nouvelles forces de sécurité.

Est-ce réaliste ? Cela ne pourrait voir le jour qu’avec la coopération des pays arabes et quelques autres.

Une bouteille à la mer qui n’attendra pas ses destinataires ? Peut-être, mais entre un nettoyage ethnique et de nouveaux bombardements, il faut tenter autre chose.

Naej DRANER

ND2025-001,le 3 mars 2025

Naej DRANER est un analyste. C’est un architecte de solution politico-sécuritaire qui se limite à ce rôle d’architecte. Ses analyses sont généralement une préparation à ce que pourrait être le jour d’après et une solution à court, moyen et long terme. Pour construire une maison, il faut un architecte, mais il faut aussi un entrepreneur. N.D n’est pas un entrepreneur et ne peut avoir une influence que s’il s’allie à un entrepreneur pour réaliser et mettre en œuvre une solution politico-sécuritaire adaptée.

Que retenir du 7 Octobre sur le plan sécuritaire ?

Le 7 octobre 2023 a été pour Israël un événement semblable au 11 septembre pour les américains.

Dans les deux cas, il y a eu une fuite en avant militaire qui ressemble plus à un carnage vengeur qu’une vraie guerre.

Dans les deux cas, cet événement a justifié l’injustifiable. Cela a duré plus de 2 ans pour les américains, avec des guerres multiples : Afghanistan, Irak, etc, etc. L’Etat de droit a subi quelques entorses volontaires (Guantanamo par exemple)

Combien de temps cela durera-t-il pour les israéliens ? Impossible à dire pour le moment. Ils ont perdu tout sens critique depuis un an et semblent incapables de prendre le moindre recul.

Au nom de la guerre en cours, l’Etat d’Israël a oublié de faire une commission d’enquête en posant la question : « Pourquoi les services de renseignement et de sécurité ont-ils été défaillants? »

Si les services de sécurité israéliens avaient fonctionné, il y aurait probablement eu moins de 100 morts et nombre des horreurs constatées ce jour-là n’auraient pas eu lieu. Les réactions auraient-elles été différentes ? Probablement, mais les israéliens sont incapables de se poser une telle question et d’en débattre.

Quelles ont été les failles des services de sécurité israéliens conduisant au 7 Octobre?

Elles sont multiples et de nombreuses réflexions, ailleurs qu’en Israël, ont été et sont menées:

  • non exploitation des renseignements qui ont paru invraisemblable,
  • surestimation de son importance et de son aspect dissuasif,
  • mise en place d’un système de surveillance technique sans relais et vérification humaine,
  • aucune force de sécurité d’astreinte pour intervenir dans les minutes suivant tout incident
  • démotivation des réservistes pour des raisons politiques discutables

Combien de temps faudra-t-il pour que les israéliens nomment une commission d’enquête et convergent vers une conclusion déjà avancée par des acteurs externes ?  » Les services de sécurité et l’armée n’ont pas été en mesure d’empêcher un événement qui aurait pu être minimisé. Aucune arme sophistiquée n’a été utilisée par les assaillants. Tout au plus quelques armes qui se trouvent dans n’importe quel service de sécurité et une volonté claire de transformer un tel événement en un événement guerrier violent et cruel, sans respecter la moindre loi relative aux guerres ».

Cela ne change rien à l’horreur et au traumatisme engendré par le 7 Octobre, mais aurait pu amener les israéliens à agir autrement.

Les israéliens se poseront-ils un jour la question de savoir si 1400 morts justifient plus de 50.000 morts et si cela justifie aussi de détruire 70% de tous les bâtiments de Gaza, sans oublier les hôpitaux détruits, la pénurie alimentaire entretenue et bien d’autres choses encore ?

Et si les 1400 morts n’avaient été que 100 morts si les services de sécurité avaient fonctionné, cela aurait-il changé ?

Un jour, oui, ils se poseront la question, mais ce n’est pas demain la veille.

Pour le moment, la guerre continue, sans perspective autre qu’une victoire totale qui reste hypothétique.

Naej DRANER

ND2024-1001, le 1° Novembre 2024

Naej DRANER est un analyste. C’est un architecte de solution politico-sécuritaire qui se limite à ce rôle d’architecte. Ses analyses sont généralement une préparation à ce que pourrait être le jour d’après et une solution à court, moyen et long terme. Pour construire une maison, il faut un architecte, mais il faut aussi un entrepreneur. N.D n’est pas un entrepreneur et ne peut avoir une influence que s’il s’allie à un entrepreneur pour réaliser et mettre en œuvre une solution politico-sécuritaire adaptée.

La guerre du Hamas et le « Cycle des Guerres »

La guerre commencée le 7 Octobre 2023 confirme-t-elle le « Cycle des Guerres » ?

Le pic d’amplification théorique est en mai 2024. Cette nouvelle guerre se déclenche à 8 mois du pic théorique. La prévision, avant le déclenchement de cette guerre, était qu’il y aurait une nouvelle guerre et le plus vraisemblablement à + ou – un an du pic théorique.

La guerre d’octobre 2023 confirme le « Cycle des Guerres » et renforce le conflit israélo-arabe en tant que cas remarquable du « Cycle des Guerres ».

Par contre, les prévisions n’ont pas mis en évidence que ce serait un tel massacre et probablement la guerre la plus terrible de ce conflit, tant du côté israélien que du côté palestinien. L’horreur ne fait que commencer.

Nous pouvons constater que l’intensité des guerres durant cette phase d’amplification est beaucoup plus grande pour la guerre Ukraine-Russie et pour la guerre qui vient de commencer. Est-ce un simple hasard, ou cette phase d’amplification a-t-elle un niveau d’intensité particulièrement élevé ? Dans les études actuelles, nous n’avons pas encore identifié de facteur d’intensité de ce phénomène cyclique. Nous avons quelques pistes qui mériteraient des études complémentaires, mais pas de certitude.

Quelle sera la suite de cette guerre ?

La connaissance du « Cycle des Guerres » ne permet pas de savoir comment vont se dérouler les combats à venir. Ils peuvent durer plusieurs semaines.

Les conséquences de cette guerre détermineront l’avenir israélo-palestinien, même s’il est peu probable que quoi que ce soit bouge dans les mois à venir.

Cette guerre est aussi un « Retour » de 50 ans de la guerre du Kippour et de 75 ans de la première guerre israélo-arabe

Dans le conflit israélo-arabe, plusieurs guerres sont un retour (au sens Théorie du Retour) d’une autre guerre:

  • La guerre israélo-libanaise de 2006 est un retour de la guerre de 1982 (24 ans)
  • La guerre actuelle est un retour de la guerre du Kippour de 1973 (50 ans)
  • La guerre du Kippour de 1973 est lui-même un retour de la première guerre israélo-arabe de 1948 au moment de la création d’Israël

L’origine historique du « Cycle des Guerres » est l’étude des « Retours du passé » entre des guerres. A certains moments, les guerres sont à la fois une application du « Cycle des Guerres » et de la Théorie du Retour

Que signifient ces Retours ? le problème israélo-palestinien va probablement se poser à nouveau dans des termes peu différents de ceux de 1947.

10 Octobre 2023

Confirmation de la matérialisation du « Cycle des Guerres » à partir de données UCDP

En utilisant le graphique « Fatalities in state-based conflicts by Region (1989-2022) » publié par UCDP (Uppsala Conflict Data Program), il est possible de renforcer la démonstration de la matérialisation du Cycle des Guerres.

Tout ceci est expliqué dans le texte qui est accessible ici

Les deux textes seront refondus en un seul d’ici la fin de l’année, lors de la prochaine mise à jour du texte sur “Le Cycle des Guerres dit du Retour ”

mis à jour le25 Octobre 2023

Le Cycle des Guerres provoque-t-il plus de guerres durant les phases d’amplification?

Dans cet article l’expression « Cycle des Guerres » doit être comprise comme l’expression Cycle des guerres dit « du Retour » en référence à l’origine de ce « Cycle des Guerres » à partir de la Théorie du Retour.

Hypothèse de démonstration

Si le « Cycle des Guerres » favorise les guerres, il serait logique de démontrer qu’il y a plus de guerres durant les phases d’amplification.

Pour le vérifier, l’hypothèse a été faite qu’il faut compter le nombre de guerres par année à partir d’une liste des guerres préexistante et de calculer le total des guerres pour les phases d’atténuation et d’amplification. Si le nombre total de guerres pendant les phases d’amplification est plus important que pour les phases d’atténuation, cela pourrait aider à démontrer la réalité d’une influence de ce cycle de guerre sur le nombre total de guerres.

Après avoir cherché sur un moteur de recherche une base de donnée existante pouvant fournir une liste des guerres, la liste des guerres associée à la version V4 des « Correlates of War » a été retenue. Elle contient la liste des guerres de 1816 à 2007. (Bien qu’il existe une version V6 de la base de données COW, je n’ai pas trouvé de liste des guerres équivalente à la version V4, ce qui explique que j’ai utilisé la V4)

Pour chaque année de 1900 à 2007 ont été comptées le nombre de guerres par an puis durant les phases d’atténuation et d’amplification. De plus un graphique a été fait pour essayer de faire apparaitre des pics de guerre. Une comparaison a été faite avec les pics théoriques des phases d’amplification.

Résultat de démonstration

De 1900 à 2000 ( les années ultérieures ne sont pas prises en compte pour qu’il y ait autant de phases d’atténuation que de phases d’amplification), il y a 36% de guerres en plus durant les phases d’amplification que durant les phases d’atténuation. Sur 342 guerres de la liste des guerres COW durant cette période, 58% sont dans les phases d’amplification.

De 1942 à 2000 ( avec le même nombre de phases d’atténuation et d’amplification), il y a 59% de guerres en plus durant les phases d’amplification que durant les phases d’atténuation. Sur 225 guerres de la liste des guerres COW durant cette période, 61% sont dans les phases d’amplification.

Par contre, le graphique réalisé ne fait pas apparaitre de façon objective des pics similaires aux pics théoriques d’amplification et d’atténuation. C’est vraisemblablement du au fait que le nombre de guerres par an est toujours relativement faible, mais pourrait être aussi du à la liste des guerres utilisée. Le résultat n’est significatif que si nous prenons le nombre total pour toutes les années des phases d’amplification et le nombre total pour toutes les années des phases d’atténuation.

Ce constat soulève plusieurs questions:

  • la liste des guerres utilisée est-elle objective ?
    Il n’y a pas ( ou du moins je ne connais pas), à ce jour, de base de donnée sur les guerres qui soit une référence admise par tous les acteurs qui s’intéressent à ce sujet. C’est un travail colossal que d’avoir une telle base de données qui servirait de référence pour toutes les statistiques. Il serait nécessaire d’en avoir une pour aboutir à une démonstration statistique objective. La liste des guerres COW utilisée devrait poser peu de contestations.
  • 38% et 59% en plus suivant les périodes retenues sont-ils significatifs?
    Il y a un phénomène d’amplification des guerres qui est relativement faible mais bien réel et qui confirme ce qui a été observé dans les contextes décrits avec le « cycle des guerres »

Limites de la démonstration

Plusieurs limites sont connues :

  • La liste des guerres utilisée contient uniquement l’année de déclenchement, sans indiquer la date précise. En conséquence, il faudrait reprendre la liste et ajouter la date exacte de début de la guerre, et ensuite vérifier pour chaque guerre si elle est ou non dans la phase d’atténuation ou d’amplification. Dans la première démonstration présentée, la phase de l’année est définie si la phase fait plus de 6 mois dans l’année.
  • La liste des guerres met au même niveau toutes les guerres, de la plus petite à la plus grande. Parfois, ce sont des manifestations un peu violentes qui sont considérées comme des guerres. Pour confirmer un phénomène d’amplification et d’atténuation, il faudrait pondérer le poids de chaque guerre.

De 1900 à 1941, est-ce significatif ?

Le nombre de guerres durant les phases d’atténuation de 1900 à 1941 est presque le même que durant les phases d’amplification de la même période.

Ce résultat voudrait-il dire qu’il n’y a pas de « Cycle des Guerres » démontré sur la période de 1900 à 1941 ?

Quand on regarde la liste des guerres COW, on constate que:

  • il y a 8 guerres durant la phase d’atténuation de 1934 à 1937
  • il y a 5 guerres durant la phase d’amplification de 1938 à 1941

Il est paradoxal de prétendre que la période qui a précédé la seconde guerre mondiale de 1934 à 1937 a été plus violente que la période de 1938 à 1941 qui inclut 3 années de la seconde guerre mondiale. Pourquoi un tel résultat ? parce que durant la seconde guerre mondiale, la liste des guerres COW ne relève presque aucune guerre autre que la seconde guerre mondiale. Les guerres successives déclenchées lors de la seconde guerre mondiale n’y sont pas visibles.

Que conclure ? Partir d’une simple liste des guerres, même si elle est validée par les acteurs concernés par les études des guerres, ne suffit pas. Une guerre monstrueuse comme celle de la seconde guerre mondiale a moins de poids dans ce calcul statistique que les petites guerres qui ont précédé la seconde guerre mondiale. Et pourtant les 2 guerres mondiale aident à démontrer le « Cycle des Guerres » par la méthode des contextes.

Est-ce suffisant pour refuser de prendre en compte ce calcul ? OUI et cela pose un pb global de méthode.

Documents pour refaire les calculs

Cliquer sur le lien pour accéder au document :

Mis à jour le 8 août 2022

Ukraine-Russie : Préparer et construire l’après-guerre

Que ce soit demain, dans un an , dans 5 ans ou dans 10 ans, il y aura un après-guerre. Il faudra le préparer et le construire.

La problématique globale sera la même et peut être imaginée et anticipée dès maintenant. Il n’est pas dans les habitudes européennes de réfléchir au-delà du court et moyen terme, mais il faudrait construire sur le court, moyen et long terme.

A très court terme, chaque belligérant contribue à l’escalade et espère régler militairement le problème. La Russie espère encore écraser l’Ukraine en commençant par le Donbass et l’Ukraine cherche une aide militaire telle qu’elle pourrait au moins stabiliser la situation à court ou moyen terme, voire même gagner la guerre. Autant dire que ce n’est pas demain la veille que commencera l’après-guerre, mais l’après-guerre pourrait dynamiter une grande partie des organismes existants en Europe ainsi que les flux économiques traditionnels qui ne seront peut-être pas rétablis avant très longtemps.

Il s’agit ici d’identifier les différents points importants de cet après-guerre :

  • Partenariat Europe-Russie
    En 2022, parler de partenariat Europe Russie peut faire sourire ou éventuellement s’indigner. De quel partenariat peut-il s’agir si l’autre ne respecte aucun engagement et aucun traité antérieur. Les accords de Budapest qui assuraient l’indépendance de l’Ukraine par la Russie n’ont pas été respectés. L’esprit des accords de Minsk qui reconnaissait l’ensemble du territoire ( hors Crimée) y compris celui des séparatistes, comme faisant partie de l’Ukraine n’est pas respecté. Que penser d’un partenaire qui change unilatéralement les termes d’un contrat et de la monnaie de paiement? La Russie recherche t-elle des vassaux qui s’inclinent suivant son humeur ? C’est ainsi que la Russie est perçue aujourd’hui. Un tel partenariat n’est pas réaliste aujourd’hui. La très grande majorité de la population russe habite dans la partie européenne de la Russie. Se tourner vers l’Asie comme le fait maintenant la Russie semble conjoncturel, comme une réaction de déni, de dépit et de volonté de puissance.
    Ce point d’un partenariat sera important.
  • La sécurité européenne
    L’OSCE a vu le jour parce que quelques pays européens voulaient éviter une guerre en Europe avec l’URSS et le bloc socialiste. Il faut reconnaître que l’OSCE ne remplit pas la mission principale pour laquelle l’OSCE a été construit. Pour ne pas perdre la face, l’OSCE multiplie des activités annexes, mais cela n’empêche pas qu’il ne sert à rien aujourd’hui dans le cadre de la guerre Russie-Ukraine. Même pire, son incapacité à maitriser un cessez-le-feu et à faire déboucher la moindre solution a probablement été un facteur favorisant la nouvelle guerre de 2022.
    Il faudra reconstruire un organisme européen de sécurité comme l’après guerre de la seconde guerre mondiale a reconstruit l’ONU sur les ruines de la société des Nations.
  • OTAN
    C’est une autre face de la sécurité européenne, comme une compensation à l’incapacité d’avoir un organisme européen qui assure la sécurité de chacun. La Russie a-t-elle remarqué l’effet inverse de ce qu’elle voulait obtenir? La Russie voulait éloigner des pays de l’OTAN : plusieurs pays s’y précipitent. La Russie vient de donner une nouvelle jeunesse à l’OTAN avec un objectif clair: défendre chaque pays contre la Russie.
    Une alliance moribonde ressuscitée grâce à la Russie : bravo Monsieur Poutine!
  • Un nouvel ordre mondial
    Le Conseil de sécurité ne fonctionne pas et est incapable d’avoir un rôle facilitant le règlement de la guerre Russie-Ukraine. Il va falloir faire quelque chose, ne serait-ce que réformer le fonctionnement du Conseil de sécurité.
    Un nouvel ordre mondial ne se limite pas à remplacer un impérialisme par un autre, tout aussi, voire plus, arbitraire. Bien sûr il faut un nouvel ordre mais bâti sur des règles communes à tous et capables d’être respectées sans être changées unilatéralement par un ou des pays qui confondent ordre et dictature
    .

Et bien sûr un règlement Russie-Ukraine. En Avril 2022, la négociation Russie-Ukraine est une tentative de la Russie d’obtenir par la diplomatie ce qu’elle entend obtenir par la force. Il faut probablement attendre un peu pour que la Russie apparaisse un peu sérieuse dans les négociations. Nous nous retrouverons dans une situation similaire à celle des accords de Minsk 1 ou 2 qu’il faudra renégocier. Le territoire occupé par les séparatistes et la Russie sera différent, mais il faudra repartir d’une nouvelle réalité pour reconstruire quelque chose qui pourrait être « les accords de Ksnim« , ou comment chercher son avenir en le regardant à l’envers du passé.

Il faudra alors :

  • Trouver un ou des scénarios de sortie de crise,
  • Établir un cessez-le-feu,
  • Mettre en place un système de supervision du cessez-le-feu,
  • Faire respecter le cessez-le-feu,
  • Reconstruire ce qui a été détruit,
  • et laisser de longues années passer avant d’aboutir à une vraie réconciliation entre les 2 pays.

Ce serait bien si on ne refaisait pas les mêmes erreurs que celles qui ont été faites et si, pour une fois, on pouvait faire respecter un cessez-le-feu qui tienne.

Mis à jour le 27 Avril 2022

Ukraine-Russie : neutralité et Donbass

La Russie souhaiterait que l’Ukraine opte pour une neutralité, mais se permet de prendre le Donbass et Louhansk + quelques autres territoires. Est-ce bien sérieux?

Si la Russie était crédible, elle proposerait une neutralité et la garantie que le territoire ukrainien soit respecté ( éventuellement hors Crimée dans un premier temps, tant qu’il n’y a pas d’accord sur la Crimée).

Au lieu de cela, la Russie prend, soi-disant au nom de Républiques indépendantes, une bonne partie du territoire ukrainien et demande, en plus, une neutralité en n’adhérant pas à l’OTAN ou à son successeur : une défense européenne

La Russie entend imposer les deux à l’Ukraine, d’abord, puis aux autres voisins ensuite.

Quel est le pays qui va accepter de se faire amputer une partie de son territoire au profit de la Russie ou ses alliés et va accepter dans le même temps d’être neutre ?

Le résultat immédiat est que tous les pays vont se précipiter vers l’OTAN.

L’OTAN, qui avait un électroencéphalogramme presque plat, vient de trouver une nouvelle jeunesse et une vraie utilité: se défendre contre la Russie, ressuscitant ses buts initiaux de se défendre contre l’URSS.

Alors, pouvons-nous vraiment faire une proposition pour le Donbass alors que la Russie occupe toute une série de territoires autour et se permet de bombarder et détruire ailleurs que dans le Donbass?

Cela parait difficile. Nous avons bien compris que la Russie considère que des bombardements massifs sont un bon moyen de faire avancer des négociations en espérant une capitulation. Mais malheureusement, cela entraine un blocage.

Alors ? A reprendre quand les intentions de la Russie seront plus claires.

A reprendre s’il y a de nouvelles informations

mis à jour le 11 Avril 2022