Cessez-le-feu : série 1/XX


Absence de méthodologie

Y a-t-il une méthodologie bien établie pour négocier un cessez-le-feu et gérer les incidents qui peuvent survenir ? Il en faudrait une, mais les années 2025 et 2026 ont surtout montré que les cessez-le-feu négociés relèvent du grand n’importe quoi. L’époque actuelle est celle de dirigeants avec une culture assez pauvre et qui prétendent aussi tout savoir, tout en faisant ce qui leur passe par la tête.

Résultats ? il n’y a pas de cessez-le-feu qui tienne ou qui pourrait tenir

  • Le cessez-le-feu du conflit israélo-palestinien à Gaza en octobre 2025 n’est pas vraiment considéré comme un cessez-le-feu. Il a permis de transformer une guerre totale en guerre de faible intensité. Il n’y a pas de système de supervision du cessez-le-feu et Israël continue à faire ce qu’il veut et à bombarder sous des prétextes divers. C’est mieux qu’avant mais la population reste dans un état inquiétant avec une perspective limitée d’amélioration
  • Le cessez-le-feu de Juin 2026 entre les États-Unis et l’Iran n’a pas tenu longtemps. Le protocole du 17 Juin 2026 a été torpillée par l’Iran en s’en prenant militairement à quelques navires en transit dans le détroit d’Ormuz. C’est l’œuvre d’opposants iraniens à l’accord signé. S’il y avait eu un système de supervision du cessez-le-feu négocié avec le protocole du 17 Juin, l’incident initial de violation de l’accord aurait pu être limité. Cene fut pas le cas. Dès le premier signe d’incident, les États-Unis ont provoqué une escalade qui est aussi une violation et a enterré cet accord. L’accord était donc bien fragile pour qu’un acteur non identifié iranien puisse ainsi y mettre fin. S’il y avait eu une méthodologie ou un peu de bon sens, ils auraient réussi à surmonter des incidents. Ce ne fut pas le cas. Là encore, cette guerre continue même si ce n’est plus la guerre totale. La guerre continue à s’étendre avec le conflit Houthis/Arabie saoudite.
  • Le projet de maintien du cessez-le-feu entre la Russie et l’Ukraine avec une coalition de volontaires ne servira pas à grand chose. Prétendre qu’il suffit de réunir des soldats et unités militaires sur place pour mettre fin à tout incident paraît naïf. C’est l’expression d’une bonne volonté collective qu’il faudrait transformer en système de supervision d’un cessez-le-feu. Les acteurs ne semblent avoir retenu aucun enseignement de la longue période de cessez-le-feu qui avait précédé la guerre Russie-Ukraine de février 2025

Écrire ce que nous savons

Kissinger disait qu’un dirigeant ne peut, au mieux, digérer que des articles de niveau reader’s digest. Il faut que cela soit simple et court. Si c’est trop complexe et trop long, ils ne le liront et comprendront jamais.

C’est un peu caricatural mais cela donne un objectif : écrire ce que nous savons, le plus simplement possible, en espérant que cela soit lu et compris.

C’est donc l’objectif de cette série sur le cessez-le-feu, qui sera complétée, article après article dans les semaines à venir, en espérant qu’elle soit utile pour mettre en œuvre des cessez-le-feu qui tiennent.

Le 17 septembre 2026

Naej DRANER (naej.draner@gmail.com)