Cessez-le-feu : 2/XX que manque-t-il ?


Dans les cessez-le-feu actuels, le principal manque est l’absence de système de supervision et de maintien du cessez-le-feu.

Si on prend l’exemple du protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran signé le 17 Juin 2026, la moindre bavure a dégénéré en une escalade qui a abouti à la non application de l’accord et à l’accusation réciproque de l’autre comme seul responsable de sa mise en cause.

Est-ce naïf de croire qu’il n’y aura jamais de bavure ?

Les réactions disproportionnées des États-Unis et de l’Iran aux premières bavures qui ont suivi l’accord du 17 Juin laissent perplexes. S’indigner d’une bavure est révélateur d’une absence de connaissance du sujet. Il est très rare qu’un cessez-le-feu ne donne lieu à aucun incident, surtout durant les premières semaines, et tout doit être fait pour régler ces incidents sans recourir à l’option militaire. Dans le cas de cet accord, chaque camp s’est cru le devoir de réagir militairement avec force, ce qui a provoqué l’effet inverse de celui attendu. Plutôt que de modérer l’adversaire, cela l’a rendu furieux au point de le pousser à de nouvelles escalades jusqu’à ce que le cessez-le-feu ne soit plus qu’un souvenir.

Un système de supervision et de maintien du cessez-le-feu

Quel que soit l’accord entre les États-Unis et l’Iran, un système de supervision et de maintien du cessez-le-feu est nécessaire. Il n’y en avait aucun de prévu dans l’accord du 17 Juin.

Quel doit être son rôle ? Gérer non militairement tous les incidents qui peuvent survenir. Cela signifie qu’il y a un système qui fonctionne 24h/24 et7jours/7. Dès la connaissance de l’incident, il faut en confirmer les détails et trouver une solution sans avoir recours aux forces militaires présentes.

Imaginons qu’il y ait une règle précise de circulation dans le détroit d’Ormuz. Si un navire ne les respecte pas, ce sera considéré comme un incident. Si l’une des parties lance une opération militaire contre ce navire, ce sera une violation du cessez-le-feu. Ce qu’il aurait fallu faire c’est que le système de supervision et de maintien du cessez-le-feu prenne contact avec le navire par radio et sans réponse, une vedette aurait été envoyée vers le navire, aurait demandé de monter dans le navire pour rappeler les règles de circulation et rester avec le capitaine du navire jusqu’à ce qu’il respecte les règles à respecter.

Mais l’accord du 17 Juin ne prévoyait aucune règle de circulation autre que la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. C’est au nom de règles inexistantes que des missiles ont été lancés contre des navires qui ne respectaient pas les règles qui n’avaient pas été définies.

Le système de supervision devrait intervenir sur tout incident et les régler pacifiquement. Il faut donc définir le système de supervision et de maintien du cessez-le-feu et lui attribuer les moyens nécessaires. Dans le cas présent, les unités militaires iraniennes et américaines ne peuvent pas intervenir en tant que système de supervision. Il faut donc d’autres intervenants, mais il faudra des correspondants militaires et politiques de chaque camp qui soient présents de façon permanente dans le système de supervision et de maintien du cessez-le-feu

Est-ce un nouvel accord qu’il faut négocier ?

Oui et Non. Oui parce que si l’accord était vraiment bon, les parties en conflit auraient fait un effort pour le mettre en œuvre. Non, parce que l’accord contenait l’essentiel et que tout accord contiendra des clauses similaires. Mais il manque un système de supervision, définir le timing d’application de l’accord du 17 Juin et lever toutes les ambiguïtés. Si ils négocient un nouvel accord,le problème sera le même : sans système de supervision, ils referont la même chose. La méfiance réciproque est telle que le moindre incident provoque une escalade militaire qui met fin à l’accord.

Le 20 septembre 2026

Naej DRANER