Cessez-le-feu : 3/XX – Le Sud Liban


Ce cas est intéressant à plusieurs titres:

  • la FINUL (Force Intérimaire des Nations Unies au Liban) a été créée en 1978. En 48 ans, cette force de paix internationale n’a empêché ni les invasions régulières d’Israël, ni son occupation par Israël, ni la construction de souterrains et armement par le Hezbollah. Si cette force de paix est l’expression d’une bonne volonté internationale, elle est aussi révélatrice de l’impuissance internationale et de son inefficacité.
  • Les accords successifs incluaient une forme de système de supervision d’un cessez-le-feu mais il n’a jamais marché : il n’y a pas d’effet sur le terrain visible, même s’il y a pu avoir des cas où les incidents ont pu être atténués.
  • Les accords actuels entre Israël et le Liban sont rejetés par le Hezbollah. Comment espérer une évolution contrôlée quand une composante refuse tout et toujours?
  • Pratiquement tous les proxys iraniens ( Hamas, Hezbollah, Yemen) ont une attitude de défiance si ce n’est rupture avec les autorités officielles du pays (Hamas contre Autorité Palestinienne, Hezbollah contre Etat Libanais, Houthis contre autorité du Yemen). Certains proxys sont « conseillés » directement par des gardiens de la révolution ( Houthis, Hezbollah), en particulier pour les opérations militaires qui sont menés avec l’aide physique et parfois sous commandement iranien. Il n’y a aucun cas connu où le proxy iranien aurait aidé à reconstituer une autorité centrale et aurait accepté de désarmer totalement sur demande iranienne. Le contre-exemple du Hamas n’est pas significatif puisqu’il est militairement imposé. Bien que prétendant ne pas intervenir dans les affaires des pays concernés, l’Iran , à travers ses gardiens de la révolution, ne peut s’empêcher de tirer des ficelles, souvent sans coordination reconnue avec les autorités officielles iraniennes, même de façon coordonnée entre différents intervenants comme nous avons pu le voir dernièrement.
  • Israël refuse d’entrer dans un mode coopération, mais essaie de garder une autorité de fait, se prétendant la seule autorité de supervision, en s’autorisant un droit d’intervention permanent.
  • Cas malheureusement typique où l’état de l’art est mis en œuvre ( forces de paix, simili supervision) et n’a pratiquement aucun effet pour des raisons multiples et complexes.

Cela ne doit pas empêcher de réfléchir à des méthodes autres qui pourraient fonctionner. Il faudra bien que le Sud-Liban revive, sans Hezbollah et sans Israël, mais ce n’est pas demain la veille. Cela arrivera mais peut-être dans quelques années.

Le Liban a été un laboratoire de réflexion dans les années 70 à 90. Intéressant, mais difficile à faire évoluer sans s’attaquer à la faiblesse structurelle de l’État libanais, à travers son confessionnalisme. S’il y a un jour un changement, il faudra qu’il vienne au-delà de l’entre soi politique confessionnel qui a fait de cette faiblesse une rente de situation. Sauver les apparences confessionnelles ne sauvera pas le Liban de son propre refus d’exister en tant qu’État. Au Liban, la communauté d’origine est plus importante que l’État et la seule à gérer les registres dits d’État qui sont simplement communautaires. Un « conseil des communautés », non politique, pourrait y mettre fin, mais il faudrait un courage qui manque dans les responsables non politiques des communautés.

Le 23 septembre 2026

Naej DRANER (naej.draner@gmail.com)