La journée du 17 Octobre 2026 interpelle à tous niveaux, comme une désintégration jubilatoire de la France qui n’a vraiment pas besoin de cela.
Comment en sommes-nous arrivés là ?
La protestation Lycéenne
Il y a eu une bonne initiative non exploitée: demander aux lycéens leurs doléances sur ce qu’ils vivent, dans une consultation sur la plateforme Agora du lundi 5 au vendredi 23 octobre 2026. Cela n’a pas encore été correctement exploité, mais il en sort 3 réalités que parents et grands-parents peuvent confirmer, pratiquement partout:
- En haut de la pile : des horaires de folie, des agendas bourrés de trous et de rallonges , des charges subites non lissées dans les demandes aux élèves. A qui la faute ?
– la réforme qui a introduit les options multiples a complexifié le problème ordinaire des horaires et agendas, c’est un fait. Il arrive que des lycéens forcent par la renégociation des horaires et agendas et y réussissent en mettant au pied du mur tout le monde, mais ce n’est pas normal.
– une motivation en berne de nombreux acteurs ? Difficile à savoir
Que faire :
* il faudra bien que l’éducation nationale propose quelque chose pour simplifier. Non pas en cassant tout une nouvelle fois mais en simplifiant. Il y a peut-être des options à grouper et un moyen de limiter certains choix,
* il faudra aussi se concerter pour trouver de bonnes solutions. Se concerter entre professeurs pour lisser la charge globale,
* il faudra peut-être faire confiance aux jeunes pour trouver des solutions ponctuelles et locales.
Le sujet est compliqué et il faut rester modeste dans les solutions à venir. Il n’y a pas de solution miracle et immédiate. Il y en a à court et moyen terme, mais il faut s’y atteler dès maintenant. - Au second niveau, les bâtiments. Une exemple que je connais : pas de toilettes au lycée pendant plusieurs mois parce qu’elles ne fonctionnent plus. Une blague ? Non, et dans un lycée de plutôt bon quartier. Cela arriverait dans votre immeuble? En moins d’une semaine le problème serait réglé. Et là : plusieurs mois ? Tout le monde y a mis le maximum de mauvaise volonté.
Que faire:
* rappelons que les bâtiments des lycées dépendent des régions et non du gouvernement en direct et que les collèges dépendent des départements,
* le gouvernement peut demander un cahier de doléances à chaque lycée et s’assurer que lycée par lycée, la région y réponde, pas dans 3 mois mais dans les 2 semaines à venir pour les urgences,
* il faut s’interroger sur le financement des établissements et se demander s’il fut changer de système,
* il faut qu’au niveau du ministère d’éducation nationale, il y ait un suivi rapide de tous les bâtiments, réunion organisée dans chaque établissement avec un représentant de l’éducation nationale, un représentant administratif local, un ou 2 élèves et un représentant région ou département. A faire pour hier - Au troisième niveau, les absences des professeurs: le ministère a commencé quelque chose, il faut recenser tous les besoins immédiats et vérifier qu’ils sont réglés.
Conclusion provisoire
- Optimiser le système des options et voir ce qui se faire pour les 2 trimestres restants,
- lancer une vérification collège et lycée, par établissement, avec les responsables régions et départements dès maintenant, si possible en perturbant les vacances de tout le monde, élèves et professeurs sur le pont la semaine prochaine ? Il le faudrait.
- Vérifier et renforcer le système des remplacements avec un suivi journalier par chaque académie avec suivi ministère
C’est possible, mais il faudrait que ce soit annoncé et exécuté maintenant et que tous les acteurs concernés s’activent pour le mettre en œuvre. Le feront-ils ? Ils diront probablement qu’ils ne sont pas au courant.
Et le dispositif sécuritaire ?
Une catastrophe. Les CRS épuisent leurs grenades contre les manifestations pacifistes et n’arrivent pas à contenir les vrais casseurs. C’est un sujet complémentaire mais qui ne peut pas être la seule réponse.
Bien sûr les lycéens sont des grands naifs qui se sont laissés débordés, mais serait temps de les prendre pour des adultes : c’est leur avenir, le futur de la France, qui est en jeu? Même si le gouvernement ne peut pas tout régler, il peut faire des choses et mobiliser les acteurs concernés. Il en a les moyens, il lui manque la volonté et une parole crédible.
Le dispositif sécuritaire devrait être le complément d’une action globale et non une fin en soi.
Nul doute que le dispositif sécuritaire va être renforcé mais il faudrait que l’action politique soit lancée sans délai.
Volet sécuritaire à venir … dans un second article
Le 21 Octobre 2026
Naej DRANER