Conseil du Golfe Persique – Suite 3


Résumons:

  • Il y a moins d’une semaine Donald Trump exigeait la libre circulation dans le détroit d’Ormuz, sous peine de tout démolir, partout. Quelques jours plus tard, le même Donald Trump a bloqué le détroit d’Ormuz. LOGIQUE, n’est ce pas ? (je suis un peu bête et j’ai du mal à saisir la subtilité de l’évolution)
  • En fin de semaine dernière, Donald Trump se voyait déjà créer une « Joint venture », pour s’occuper des droits de passage des navires dans le détroit d’Ormuz. Depuis quelques jours, le même Donald Trump déclare que tout navire qui a payé un droit de passage sera poursuivi. LOGIQUE, n’est-ce pas ? (je suis toujours aussi bête et je n’ai pas compris pourquoi il y a un revirement complet : mon avis est que l’Iran lui a fait comprendre qu’ils n’avaient pas besoin de lui pour encaisser l’argent.

Pratiquement tous les jours nous avons des faits similaires. Je l’appelle la politique des essuies-glaces (ou la recherche du meilleur ventilateur par le nombre de changements successifs). Un coup dans une direction, puis brusquement dans l’autre direction et on recommence.

J’avoue être un très mauvais diplomate : je n’arrive pas à gérer une chose et son contraire en changeant tous les jours d’objectif.

Est-ce utile de tenter quelque chose ?

Je crois qu’il faut distinguer le temps court (celui de Trump et de sa diplomatie des essuies-glaces) et le temps long qui sera toujours utile même s’il ne va pas se passer grand chose dans les jours à venir.

Qu’est ce qui sera toujours utile :

  • que les pays riverains du Golfe Persique se parlent régulièrement. Ce n’est pas le cas aujourd’hui : le Conseil de Coopération du Golfe a un but d’unification politique et économique et a souvent été anti-iran. Ces 6 pays vivent cette réalité de la crise du Golfe en essayant de boxer un peu plus l’Iran. Il faudrait simplement que , quelque part sur terre, il y ait un diplomate de chaque pays riverain du Golfe Persique qui se réunisse avec tous ses collègues régulièrement . En cas de crise, cela pourrait être tous les jours, et autrement toutes les semaines. Que se diraient-ils ? Ce que leurs pays veulent et on note les sujets qui intéressent tout le monde et on enterre les autres
  • Il y aura des problèmes de navigation maritime et de pollution dans le golfe Persique. Ce serait bien qu’il y ait des moyens communs pour s’en occuper. Plutôt que de demander une contribution à chaque pays, on pourrait instituer un droit de passage, récupéré collectivement et qui contribuerait à financer ces moyens.

En tant qu’architecte politico-sécuritaire, je vois 2 sujets:

  • Un droit de passage collectif
  • la dénucléarisation de la région. Donald Trump et Israël veulent simplement récupérer l’uranium enrichi et interdire à l’Iran de posséder l’arme nucléaire. Dans mon cas, je recherche la dénucléarisation de toute la région à commencer par le Golfe Persique. Cela ne se fera pas en quelques semaines, mais si cela aboutit il faudra récupérer l’uranium enrichi. On y viendra, mais par une autre voie.

Le problème de l’architecte est qu’il n’a que des idées et que si personne n’aide à les mettre en œuvre, il ne se passera rien. C’est le cas.

Faut-il se prétendre conseiller d’un Conseil du Golfe Persique qui n’existe pas ( ou qu’on confond avec celui de quelques pays riverains qui ne représentent qu’une composante conflictuelle) ?

Ce n’était qu’une idée qui risque de ne jamais aboutir. Les contemporains préfèrent la diplomatie des essuies-glaces.

Naej DRANER

Le 14 avril 2026