« Nous ne savons pas faire la paix ». C’est le constat du monde d’aujourd’hui. La plupart des paix que nous avons connues au 20° siècle ont été des victoires militaires que nous avons appelé paix, mais très peu de négociations de paix ont abouti et ont été vraiment appliquées.
Ce que nous savons pour y parvenir est relativement simple : mettre en condition chacun des acteurs pour y arriver. Et avec un peu de chance, il finira par émerger une solution acceptable.
Par exemple, si tous les pays riverains du Golfe Persique commençaient par se réunir chaque jour un quart d’heure, par le biais de diplomates dans n’importe quel pays, cela pourrait déboucher dans quelques jours ou semaines sur une normalisation du trafic maritime>.
Bien sûr, il faudra s’assurer qu’il n’y a pas de mines. Nous ne savons pas si c’est réel ou vrai. Des démineurs existent dans différents pays, mais les experts disent que les bateaux US qui sont dans le golfe d’Oman ne sont pas des démineurs et que le travail de déminage n’a pas encore commencé. Les américains pourraient le faire, mais d’autres pourraient le faire.
Jour après jour, il faudra argumenter. Si l’Iran prétend mettre en place un péage, dans ses eaux, les pays riverains en face peuvent faire la même chose : Oman, les EAU, etc.
L’objectif de ces rencontres journalières : tout sujet. Les sujets admis à l’unanimité sont développés après confirmation par les autorités de chaque pays. Si aucun sujet ne fait l’unanimité, on en cherche tous les jours: 15 mn pour en faire le tour tous les jours.
Tout le monde veut rouvrir la circulation maritime. Ce sujet fait certainement l’unanimité, mais ce qui fâche c’est la manière d’y arriver et de le faire.
On peut commencer par un canal de navigation dans les eaux iraniennes et un autre dans les autres eaux territoriales. Le détroit est trop étroit pour que chacun puisse prétendre appliquer les limites territoriales habituelles en mer. Dans ce cas, on coupe la poire en 2 en faisant un trait au milieu du détroit.
Ce serait mieux si la circulation maritime était définie de façon rationnelle et commune, mais si l’Iran entend être le seul passage légal, on en fera un autre, même s’il faut faire des travaux pour que ce soit possible.
Et puis, jour après jour, il émergera peut-être un projet d’accord que tout le monde pourrait mettre en œuvre.
L’important n’est pas qu’il y ait un négociateur miracle pour y arriver, mais qu’à la fin tous les pays riverains du golfe persique reconnaissent que c’est leur projet. Bien sûr, il faudrait des personnes extérieures pour les relancer, tous les jours, et faire le point sur les différentes propositions, en éliminant toutes celles qui ne font pas l’unanimité.
Ce n’est qu’une question de temps : ils veulent tous la même chose à savoir faire circuler le trafic maritime qui les concernent, le seul problème est que les solutions proposées ne font pas l’unanimité pour le moment. Cela pourrait venir.
Même s’il faut 3 mois pour aboutir, la recette proposée peut aboutir, il faut juste quelqu’un qui connaisse tous les pays riverains du golfe persique et qui les relancent tous les jours, même pas téléphone, jusqu’à ce que cela aboutisse. 15 minutes par jour. Cela pourrait être plus de 15 minutes s’il y a des solutions intéressantes qui émergent. La difficulté immédiate est d’avoir, pour chacun de ces pays, une chaîne d’information fiable avec un dirigeant capable de s’engager dans les 15 minutes qui suivent.
Je ne sais pas le faire: je n’ai aucun contact diplomatique permanent avec ces pays. Plusieurs pays pourraient le faire. Attention : les européens sont plus soucieux de leurs désaccords entre européens que d’un possible accord des pays du golfe persique. Ils sont capables de passer des heures pour aboutir à un communiqué de presse. Ce n’est pas ce qu’on demande. On demande juste de prendre en compte les propositions de chaque pays et de les soumettre aux autres, pas d’inventer un règlement européen. Ils pourraient être facilitateurs, mais nul ne leur a demandé de proposer une solution à la place des autres. L’architecte est supposé pouvoir faire des propositions, et pour le moment la proposition est très simple : réguler le trafic maritime pour préparer l’ouverture.
Naej DRANER
Le 25 avril 2026