Le Conseil du Golfe Persique est l’organisme qui réunit les pays riverains du Golfe Persique et du détroit d’Ormuz.
L’objet du Conseil du Golfe Persique est:
- Surveiller et contrôler l’état des eaux du Golfe Persique, en particulier sa pollution, sa flore et sa faune.
- Au besoin réglementer les rejets de chaque pays dans le Golfe Persique et vérifier leur bonne application (exemple: les rejets des usines de dessalement d’eau qui ne devraient pas être rejetés dans le Golfe Persique sous peine de le transformer lentement en mer morte, ainsi que les rejets industriels ou les usines de traitement des eaux).
- Pollution par marée noire du Golfe Persique : faut-il définir et utiliser des moyens communs à tous les pays riverains ?
- Définir et faire évoluer les règles de navigation dans le Golfe Persique et le détroit d’Ormuz. La possibilité d’un droit de passage du détroit d’Ormuz en fait partie.
- Échanger entre les pays membres sur tous les sujets pouvant avoir un intérêt collectif direct ou indirect (exemple: la possibilité d’une dénucléarisation régionale peut être un sujet d’échange, même si son application pourrait relever d’un ensemble plus vaste que les pays riverains du Golfe Persique, la guerre Iran/États-Unis peut être aussi un sujet d’échange).
Ce que ne fera pas le Conseil du Golfe Persique :
- Une intégration politique,
- Une intégration économique,
- des accords ne concernant qu’un petit groupe de pays ( comme le Conseil du Coopération du Golfe qui ne représente pas l’ensemble des pays riverains du Golfe Persique)
Que fera le Conseil de coopération du Golfe dans le Conseil du Golfe Persique ?
A priori, rien, puisque ce sont 2 organismes différents. Le conseil de coopération du Golfe n’est pas représentatif de l’ensemble des pays riverains du Golfe Persique. Il pourrait représenter les 6 pays, s’ils étaient d’accord pour une représentation unique. Mais vu le discours habituel du secrétariat du Conseil de coopération du Golfe vis à vis de l’Iran, une expression collective des 6 pays du Conseil de coopération du Golfe par la voix de son secrétaire actuel ne donnera probablement pas grand chose. On ne transforme pas une relation conflictuelle de plusieurs années en une relation stable sans des changements profonds dans l’organisme habitué à une posture conflictuelle.
Pourquoi mettre en avant le Conseil du Golfe Persique maintenant ?
Parce que les États-Unis et l’Iran prétendent négocier un accord sur le détroit d’Ormuz qui va concerner tous les pays riverains du Golfe Persique. Cette partie là devrait être négociée maintenant par le Conseil du Golfe Persique et devrait être retirée des négociations États-Unis/Iran.
Quelles seront les ressources du Conseil du Golfe Persique ?
Soit une participation directe de chaque État, suivant des règles à définir, soit un droit de passage du détroit d’Ormuz.
Droit de passage du détroit d’Ormuz
Aujourd’hui, l’Iran prétend imposer un droit de passage dont l’Iran serait le seul bénéficiaire. Il faut commencer une négociation technique qui commence par les routes de navigation internationalement reconnues:
- Une partie de ces routes de navigation sont dans les eaux territoriales d’Oman. Bien qu’Oman ne veut pas de droit de passage, il pourrait en réclamer un ou demander une quotte part sur le droit de passage demandé par l’Iran.
- Les Émirats Arabes Unis revendiquent 3 îles dont 2 sont sur les routes navigables que l’Iran prétend avoir dans ses eaux territoriales. Si les revendications des Émirats arabes Unis sont reconnues, une partie des voies navigables sont donc dans les eaux territoriales des Émirats arabes Unis.
- Conclusion provisoire : au minimum les droits de passage récoltés par l’Iran devraient être partagés en 3. Il serait mieux de les consacrer dès maintenant comme une partie des revenus du Conseil du Golfe Persique afin qu’il puisse remplir sa mission.
Ces arguments sont ceux d’une négociation technique. Si elle ne devait pas aboutir, nous examinerons comment nous pouvons définir des voies navigables dans les eaux territoriales autres que celles de l’Iran… et peut-être même comment se passer du détroit d’Ormuz pour le transit des marchandises, ce qui sera une autre manière de rabaisser les prétentions de l’Iran sur les droits de passage.
Qui est intéressé par la perspective d’un « Conseil du Golfe Persique » ?
Au vu des dernières déclarations, l’Arabie saoudite, à travers MBS, et l’Iran, à travers le guide suprême de la République islamique, semblent favorables à une telle perspective, même si l’expression pourrait être différente de celle du Conseil du Golfe Persique.
Ne voyant pas comment ce projet leur est parvenu, il est possible qu’ils aient naturellement pensé à une telle perspective : permettre aux États riverains du Golfe Persique de s’exprimer et de décider de ce qui les concerne.
Naej DRANER
Le 3 mai 2026
Postscriptum du 4 mai 2026 : A ce jour le projet de Conseil du Golfe Persique existe uniquement dans l’imagination de l’auteur, comme un moyen alternatif pour régler le problème du détroit d’Ormuz, sans régler les autres points. L’auteur ne connait pas d’intermédiaires voulant aider l’auteur à mettre en œuvre ce projet. Regardez bien ce qui va se passer avec l’initiative américaine d’accompagnement des navires par la force. Je ne crois pas qu’elle réussira à normaliser la situation et permettre le retour à un trafic normal. Il est plus probable qu’il y ait plusieurs graves incidents et peut-être même une reprise de la guerre. Une autre voie diplomatique sera nécessaire pour un véritable déblocage.