Cessez-le-feu et ordres transmis aux hiérarchies militaires


La fiabilité d’un cessez-le-feu dépend aussi des ordres qui ont été transmis aux hiérarchies militaires et de leur autonomie décisionnelle.

Il faut donc évaluer les hiérarchies militaires et politiques de chaque camp.

Dans le cas du cessez-le-feu Iran/États-Unis:

  • La hiérarchie militaire américaine est fiable mais les actions demandées par Trump ou le secrétaire à la défense ne le sont pas. Sur la base d’une information, ils peuvent décider de nouvelles frappes pour un OUI ou pour un NON. S’il y avait un système de supervision du cessez-le-feu, connu et reconnu par toutes les parties, on peut espérer que cela modère quelques décisions d’humeur des autorités américaines. Le seul risque est qu’ils ne laissent pas le temps au système de supervision du cessez-le-feu de faire ses preuves, puisqu’il faudra du temps et quelques bavures avant que cela ne fonctionne correctement.
  • La hiérarchie militaire iranienne est plus complexe. L’organisation interne iranienne qui a permis la résilience du système est un mélange d’autonomie et de directives centralisées. Dans le cas présent, vues les multiples violations déjà effectuées par la partie iranienne, ce sont les directives centralisées qu’il faudrait revoir. En principe, il faudrait commencer au niveau le plus haut de l’Etat iranien, c’est à dire le guide suprême, puis vérifier que les directives centralisées ont bien été transmises à toutes les unités iraniennes concernées. En particulier, les gardiens de la révolution ont oublié d’indiquer à toutes les unités qu’aucune intervention armée contre des pétroliers, quels qu’ils soient étaient autorisées. En bref, qui gouverne et peut faire appliquer ce qui a été signé par les autorités iraniennes? En plus des problèmes de la hiérarchie militaire iranienne, il y a un conflit permanent entre l’autorité politique iranienne et les gardiens de la révolution. Les gardiens de la révolution se comportent comme des militaires pour lesquels le champ de bataille est infini. Ils ne respectent pas les eaux territoriales des pays puisqu’ils ne savent probablement pas ce que c’est et considèrent que c’est sans intérêt et ils ne les respectent pas aujourd’hui.

Concrètement, il faut installer le système de supervision du cessez-le-feu sur le territoire d’Oman qui a la vue sur le détroit d’Ormuz. Il y faut, de façon permanente, 3 représentants par pays riverain du golfe persique, pour se répartir les tâches de supervision.

Pour la partie négociation, il faudrait trouver des locaux capables d’accueillir chacune des 8 délégations du conseil du Golfe Persique. Le plus simple serait d’utiliser les locaux du CCG. Les locaux existent, il faut juste trouver quelques bureaux. Le secrétaire du CCG ne peut être celui du Conseil du Golfe Persique, mais il peut faciliter les réunions à venir.

Dès que les locaux et délégations seront en place, il va falloir lancer quelques négociations techniques :

  • le tracé des eaux territoriales de chaque pays du Golfe Persique. Tant qu’il n’y aura pas une carte qui fait foi et qui est acceptée par tous, nous allons passez notre temps à gérer des malentendus = une première commission à lancer
  • Y a-t-il des normes ou des traités qui s’appliquent au rejet des eaux usées dans le Golfe Persique ? =une seconde commission à lancer
  • Y a-t-il des organismes existants qui surveillent l’état des eaux et de la faune du Golfe Persique ? = une troisième commission

La première commission sur les eaux territoriales doit aboutir à un résultat rapidement, cela va être utilisé par le Système de supervision du cessez-le-feu, en particulier pour le détroit d’Ormuz. Il y aura des bavures et violations si les gardiens de la révolution continuent à agir comme si toutes les eaux territoriales d’Oman sont iraniennes. Intervenir dans les eaux territoriales d’Oman ou y attaquer des pétroliers est à la fois un acte de guerre et indirectement une violation du cessez-le-feu.

Les commissions seront présidées et animées par les représentants des États membres. Aucun représentant d’un pays non riverain du Golfe Persique n’y est autorisé comme membre de la commission.

Le 10 Juillet 2026

Naej DRANER