Golfe Persique : l’accord sera-t-il durable?


D’après les informations, il devrait y avoir une réouverture du détroit d’Ormuz. Cet accord va définir des voies provisoires jusqu’à ce que le déminage soit finalisé et que soient négociées les voies finales.

Mais l’accord sera-t-il durable ou volera-t-il en éclat à la première violation, comme ce fut le cas avec l’accord du 17 Juin ?

Tout cela va dépendre des mesures d’accompagnement et de la mise en place d’un système de supervision et de maintien du cessez-le-feu.

Trump et ses réactions à venir

Trump s’intéresse au fait qu’il va être le centre du monde. Le reste ? Il s’en fout. Il n’aura même pas la moindre idée de la manière dont il le torpillera. Fidèle à lui-même, se croyant le génie de tous les temps, il se considérera un jour ou l’autre comme l’arbitre légitime qui a le droit de punir l’autre qui est le seul responsable des violations.

Les collaborateurs de Trump, fidèles à eux-mêmes, ne feront pas entendre leur voix avant que Trump ne plonge, une fois de plus, le monde dans le chaos. Il n’y a aucun filtre ni aucun organe de décision entre l’idée subite de Trump et son exécution par l’armée américaine.

Les Gardiens de la révolution et leurs réactions à venir

Les Gardiens de la Révolution vont se faire mousser comme les grands gagnants. S’étant institués l’autorité du détroit d’Ormuz, au premier problème ils feront ce qu’ils ont déjà fait : envoyer des missiles ou autres sur des pétroliers ou tankers. Ils prétendront que le navire a violé des règles mal définies et n’auront même pas l’idée de discuter avec les navires ou de définir un protocole d’intervention . C’est ainsi qu’ils ont déjà fait voler en éclat l’accord précédent. Il y aura bien un accord signé, mais ils appliqueront, comme d’habitude, ce qu’ils pensent qu’aurait du être l’accord dont ils se prétendent les seules autorités légitimes à les interpréter et modifier, même si leur interprétation n’a aucun rapport avec l’accord.

Même s’il n’y a rien dans l’accord, il faut mettre en place un système de supervision et de maintien du cessez-le-feu en le présentant comme un système de régulation du trafic

Sur le territoire d’Oman le plus près du détroit et aussi près que possible du bord de mer, il faut:

  • Un bâtiment réquisitionné ou un village de toile capable d’accueillir quelques dizaines de personnes
  • 3 fonctionnaires par pays riverains du Golfe Persique dont au moins un militaire qui ait un grade suffisant pour se faire entendre n’importe où dans son pays
  • des moyens de communication permanents par radio ou téléphone
  • des moyens de suivi du trafic maritime ( radars primaire et secondaire accessibles en temps réel même s’ils sont à distance)
  • une dizaine de vedettes prêtes à aller sur le navire qui pose problème

Ce système doit fonctionner 24h/24h, 7j/7j et doit:

  • être organisé par équipes pour un fonctionnement permanent
  • avoir un journal de fonctionnement notant les relèves d’équipe et tous les événements principaux
  • identifier et documenter tout incident
  • prendre contact avec le pays et les militaires responsables d’incidents

Autrement dit, il ne faut pas attendre que Trump décide des représailles à une violation ni attendre que les Gardiens de la Révolution utilisent leurs armes comme moyen de jouer les gendarmes. Il va falloir imaginer toutes les violations à venir et faire prendre des mesures pour qu’elles n’arrivent pas.

Par exemple, quand l’accord aura été signé et publié, il faudra le communiquer aux différentes hiérarchies militaires et s’assurer qu’elles en prennent connaissance et assument les ordres nécessaires à donner. Tirer un projectile, quel qu’il soit, contre un navire sera une violation. Neutraliser militairement un radar ou autre équipement, soi disant de façon préventive, sera une violation. Par contre, tout drone pourrait être abattu sans sommation s’il se situe sur un territoire (ou eaux territoriales) souverain d’un pays.

Bref, il ne faut compter ni sur Trump ni sur ses collaborateurs ni sur les gardiens de la révolution et les responsables iraniens pour lister les violations possibles à venir. Il faut le faire par prévention en décrivant ces cas et ce qu’il va falloir faire dans un tel cas, au niveau du système de supervision et de maintien qu’il faut mettre en place et faire fonctionner, comme un système de régulation du trafic et des incidents étendu à tout incident imaginable.

La décision de mise en œuvre dépend uniquement des pays du Golfe. Probablement, ce sera là le problème: ils sont courageux, mais pas téméraires au point d’aller sur un terrain non défini par les négociateurs officiels et par le maître apparent du moment.

Le 5 août 2026

Naej DRANER (naej.draner@gmail.com)