Un accord provisoire sur les voies navigables devrait être annoncé dans les jours à venir. L’accord final dépendra du déminage et de l’existence ou non du « Conseil du Golfe Persique ».
Dans l’accord du 17 Juin 2026, jamais correctement appliqué, il y avait un point qui concernait le déminage. Théoriquement il aurait dû être réalisé par l’Iran mais il faut considérer qu’il ne s’est rien passé. L’Iran n’a pas de vrai moyen de déminage. Peut-être que pour les mines identifiées et visibles ils sauraient les désamorcer sans les faire exploser, mais ils n’ont pas de capacité maritime de les détecter de façon certaine et de donner la moindre assurance crédible qu’il n’y a plus de risque de mines.
De plus, la majorité des mines ont été placées dans les eaux territoriales d’Oman.
Ce qui suit correspond à l’organisation proposée.
Au préalable, il faudrait que les eaux territoriales et leurs limites soient clairement délimitées pour Oman, l’Iran et les Émirats arabes Unis (au moins pour la partie proche du détroit). Sur la base de ce que vous pensez être vos eaux territoriales et leurs limites géographiques, vous le faites valider et signer par vos pays voisins. Implicitement, une fois qu’Oman l’aura fait, ce sera défini pour l’Iran dans le détroit d’Ormuz, mais ce serait mieux que ce soit fait systématiquement.
Pourquoi insister sur les limites des eaux territoriales ? Parce qu’elles déterminent la souveraineté absolue de chaque pays sur ces eaux territoriales et que dans ses eaux territoriales, Oman peut demander l’intervention de démineurs européens ou de tout autre pays. Oman a le droit de faire appel à des navires de déminage étrangers dans ses eaux territoriales. Il ne dépend d’aucun autre pays. Il ne doit pas y avoir de négociation avec l’Iran et les Etats-Unis sur ce sujet, simplement les informer et proposer à l’Iran de vérifier certaines de ses eaux territoriales sur lesquelles il pourrait avoir un doute, sans obligation d’y donner suite.
Pour rappel, les États-Unis ont envoyé l’essentiel de leurs démineurs à la casse en début 2026 et n’ont que des solutions bancales à proposer pour mener un tel déminage. Sauf erreur sur les informations disponibles, il n’y aurait aucun démineur opérationnel américain au moyen-Orient. Les seules capacités opérationnelles sont celles des européens qui les ont déjà pré-positionnées au moyen-orient et sont prêts à intervenir sur demande.
Il serait souhaitable d’élargir le périmètre de déminage à une partie ( à définir) des eaux territoriales des Émirats Arabes Unis, ainsi qu’une partie des eaux territoriales iraniennes. Cet élargissement ne peut être fait qu’avec l’accord formel des 2 pays. Même s’ils refusent d’élargir ce périmètre, il faut que ces 2 pays formalisent le fait que le périmètre de déminage est défini et qu’ils ont été informés du périmètre d’intervention des démineurs. Cette formalisation a pour but d’éviter que l’un des pays ne s’en prenne aux équipes de déminage qui vont intervenir. La demande doit être transmise aux pays européens concernés qui se sont déjà faits connaître d’Oman.
Du côté des pays du Golfe Persique, il faudrait avoir une équipe de 3 à 4 personnes de chacun des pays concernés ( Iran, Oman, EAU) pour suivre cette opération. Il faut réunir ces personnes dans un lieu unique et permanent pour la durée de l’opération de déminage. Ils doivent faire un suivi journalier et présenter toutes les semaines un rapport précis sur son avancement.
Il y a des mines qui ont été vues et identifiées auprès des autorités maritimes. Il faut faire le point sur ce sujet.
Pour être diplomatiquement correct, nous expliquerons que l’Iran a fait son travail et que les autres pays, pour leur sécurité et celle de tous les navires, demandent une vérification complète de toutes les zones susceptibles d’avoir des mines.
Il aurait été mieux d’avoir des indications plus précises de la part des iraniens, mais la communication est quasi inexistante, probablement parce que les iraniens veulent laisser un doute sur un danger potentiel. Ils sont fiers de pouvoir représenter un danger et peu disposés à mettre sur la table les informations dont ils disposent. Il faudra faire avec les informations qu’ils veulent bien donner et faire, dans tous les cas, toutes les vérifications nécessaires, avec ou sans leurs informations qui ne doivent, en aucun cas, être un point de blocage.
La phase de préparation du déminage devrait prendre une semaine, si elle est menée par les pays directement concernés à savoir principalement Oman. Les américains n’ont pour le moment été d’aucun secours, fautes de moyens opérationnels crédibles. Ils avaient d’excellents moyens qu’ils ont décidé de ne plus utiliser et qui ne sont plus opérationnels.
Le planning précis devra alors être défini et suivi par l’équipe de suivi du déminage.
Pour éviter les problèmes d’interface et de coordination interne aux européens, il est recommandé de prendre un seul pays comme point d’entrée, par exemple la France, tout en lui demandant de réunir toutes les capacités utiles à cette opération de déminage.
Quel que soit le contenu du prochain accord États-Unis/Iran, il faut gérer directement ce point au niveau de quelques pays du Golfe Persique.
Le mieux serait que ce soit géré par le « Conseil du Golfe Persique » en coopération étroite avec Oman qui est le principal concerné, mais le « Conseil » n’a pas d’existence aujourd’hui. Et son existence future n’est pas certaine, même si certaines de ses idées étaient déjà reprises et permettaient de débloquer temporairement la situation.
Le 4 août 2026
Naej DRANER (naej.draner@gmail.com)