La paix ou la fin d’un conflit se fait en institutionnalisant un nouvel équilibre, à condition de trouver un nouvel équilibre pertinent et réussir à le mettre en place.
Dans le cas du Golfe Persique, un « Conseil du Golfe Persique » paraissait pertinent. Cela ressemble à un échec. En quelques jours les pays du Golfe Persique se sont polarisés sur leurs axes traditionnels de conflit:
- Les gardiens de la révolution ont polarisé les Houthis sur un second détroit. Bien sûr, ils le présenteront comme fortuit, mais les spécialistes pas trop naïfs savent que le fonctionnement des milices chiites est le même partout: une hiérarchie militaire directe des « gardiens » qui produit toujours le même effet, à savoir un groupe qui se constitue un État dans l’État et met son poids sur un contrôle direct de ce groupe. Que ce soit le Hezbollah au Liban, les Houthis au Yémen, les milices chiites en Irak ou d’autres milices à venir, le fonctionnement est toujours le même, avec un résultat toujours identique. Une intégration de ces groupes dans le pays ne se fait jamais. Le Hezbollah n’a pas contribué à restaurer l’Etat libanais et n’y contribuera pas. Il a favorisé le chaos pour pouvoir mieux prétendre jouer les sauveurs. Faut-il négocier avec les Gardiens de la révolution ? NON sur ces sujets, il faut trouver dans ces pays satellisés par les Gardiens un équilibre qui rende cette emprise distante inutile, ce qui n’est pas évident.
- Le président iranien a confirmé ce qui avait été supposé: le Guide Suprême n’est pas en mesure d’exercer quelque fonction que ce soit, pour le moment. Les maîtres actuels sont les gardiens de la révolution qui agissent comme des militaires et ont mis au rebut les compétences maritimes internationales nécessaires.
- L’Arabie saoudite se recentre sur son comportement habituel : opérations militaires sur le Yémen, polarisation des monarchies du Golfe autour d’un équivalent du CCG ( Centre de coopération du Golfe), coopération avec les États-Unis. Certes, MBS a recadré les Etats-Unis pour laisser une chance à la négociation d’Oman, mais ce dernier se retrouve bien seul et aura du mal à faire le poids face à l’Iran pour le déminage et la gestion des flux et la supervision du cessez-le-feu.
- On ne peut pas attendre grand chose d’autre de Donald que de se rendre indispensable et faire en sorte qu’il soit la seule clé de voûte d’un règlement du Golfe. Il est souhaité d’éviter cette situation en trouvant un nouvel équilibre en dehors des États-Unis. La coupe est à moitié pleine et donc à moitié vide. Est-ce le vide qui va dominer ? Probablement. Il était souhaité avoir autre chose qu’un « Conseil de la Paix » comme à Gaza qui n’a rien fait d’autre que d’être une chambre d’enregistrement des caprices israéliens. D’une manière ou d’une autre les États-Unis risquent de se rendre indispensables et y mettre leur patte qui pourrait être la base d’un nouvel immobilisme et chaos.
- Le pot de terre n’a pas réussi à briser le pot de fer et risque l’implosion à tout moment. Ce n’est pas étonnant que N.D. n’ait pas fait le poids, quand on sait qu’il n’a jamais pu expliquer clairement son projet qui est donc complètement inconnu des pays du Golfe.
Alors ? Échec et Mat en faveur des acteurs traditionnels. Un nouvel équilibre reste à trouver, ce ne sera pas celui imaginé par N.D. qui n’a fait qu’un exercice intellectuel sans suite. Le « Conseil du Golfe Persique » appartient désormais aux oubliettes de l’histoire.
Le 7 août 2026
Naej DRANER (naej.draner@gmail.com)