Golfe Persique : Analyse


Une guerre a des causes multiples. D’après la polémologie, il y a :

  • des causes immédiates (ce qui déclenche le début de la guerre),
  • des causes conjoncturelles (généralement des événements précédant le déclenchement de la guerre)
  • des causes structurelles (qui sont les plus importantes)

Dans le cas du golfe persique, les causes d’une guerre partielle entre les riverains du golfe persique sont:

  • cause immédiate : la décision des États-Unis et d’Israël de faire la guerre,
  • causes conjoncturelles : la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël a amené l’Iran à penser que le blocage du détroit d’Ormuz et la destruction d’installation de ses voisins lui sera bénéfique. La guerre initiale provoque une nouvelle guerre entre l’Iran et les pays du golfe Persique
  • causes structurelles : l’Iran et ses voisins du Golfe Persique ne se parlent que très rarement et n’appartiennent à aucune institution commune qui leur permette de calmer le jeu. Ils ne se parlent qu’à coup de canon, de pays étrangers, de menaces et jamais directement ( ou presque jamais)

Quelle est la situation avant la guerre de 2026 ?

6 pays riverains sur 8 sont organisés au sein du Conseil de coopération du Golfe Persique. Ce nom pourrait laisser croire que c’est un organisme qui assure une coopération entre tous les riverains du Golfe Persique. Ce n’est pas le cas et la réalité des relations entre les 6 pays fait que ce ne sera jamais le cas.

Le Conseil de Coopération du Golfe a différents objectifs:

  • Intégration politique partielle ( il n’y aura jamais d’intégration politique avec l’Iran ou l’Irak),
  • Intégration économique ( mis à part une coopération sur le Golfe Persique, il est peu vraisemblable que l’Irak et l’Iran y soient intégrés),
  • différents projets comme le fait de trouver des voies de communication autres que le passage du détroit d’Ormuz

l’Iran représente à peu près la moitié du rivage du Golfe Persique et n’a aucune coopération institutionnalisée avec ses voisins.

Quelle est la situation après la guerre de 2026 ?

L’Iran a bloqué la circulation maritime, a envoyé des missiles et drones dans différents pays et se croit le maître du détroit d’Ormuz. Ils rêvent et il va falloir qu’ils redescendent sur terre.

Quel est l’objectif du Conseil du Golfe Persique ?

Il se positionne sur des causes structurelles. Si au moins les pays riverains du Golfe Persique se parlaient régulièrement, cela pourrait faciliter l’avenir et aider à résoudre les crises. Se promettre des menaces, faire venir un puissant allié militaire ne feront qu’ajouter du chaos au chaos.

Il ne faut pas prendre à la lettre les demandes de l’Iran. L’Iran se voit maître du détroit d’Ormuz. L’Iran osera-t-elle proposer sa demande de contrôle exclusif du détroit à ses voisins ? Si c’est le cas, il faudra répondre à l’Iran : rappelez-nous le découpage des eaux territoriales dans le détroit d’Ormuz et le Golfe Persique ?

Et tant que la réponse ne sera pas crédible par rapport aux conventions territoriales existantes, il faudra aimablement répondre toujours le même refrain, en attendant une réponse un peu sérieuse, avec un peu d’humour.

Quels sont les pays qui pourraient faciliter la naissance du Conseil du Golfe Persique ?

L’Irak, Oman, le Qatar. Ils doivent pouvoir entraîner les autres. Quand ce sera le cas, il faudra définir un cadre de négociation avec des représentants permanents de 8 pays dans l’un de ces 3 pays.

Quelques textes ont été écrits ( il y en a eu 5 autres que celui-ci). Ils ne sont pas aboutis, simplement esquissés, ce qui est volontaire : c’est aux 8 pays d’écrire et définir ce qu’ils veulent bien faire. Après il faut qu’ils se prennent en charge et créent ou ne créent pas le Conseil du Golfe Persique. Cet organisme peut être informel ou formel, mais ce serait mieux qu’il ait une existence officielle, ne serait-ce que pour rassurer le reste de la terre et les assureurs.

Avoir une idée ne suffit pas

C’est la faiblesse d’un architecte et de ses propositions. Après il faut des pays tiers convaincus pour amener les 8 pays à le faire. Et ensuite ce sera l’affaire de ces 8 pays. Pour le moment, ils préfèrent attendre une solution magique des négociateurs extérieurs.

L’architecte n’est qu’un catalyseur pour provoquer un projet. Il y a d’autres solutions que ce projet, mais ce serait bien que les pays du Golfe Persique se parlent et trouvent des solutions à leurs problèmes. On peut les aider à réfléchir, mais on ne peut pas décider ce qu’ils ne veulent pas faire.

Il manque un réseau de diplomates pour tenter quelque chose. D’après les informations statistiques de ce site web, aucun pays arabe n’a jamais lu un seul de ces textes. Il ne s’est donc rien passé et vraisemblablement il ne se passera rien, faute de relais et réseau. C’était une idée, pas stupide, mais sans moyen pour la mettre en œuvre.

Naej DRANER

Le 10 mai 2026