Taïwan : la Chine veut-elle trouver une solution pacifique et politique ?


Depuis 1949, année où le gouvernement de la république de Chine contrôlé par le Kuomitang s’installe à Taïwan à aujourd’hui, cela fait bientôt 80 ans. Plus le temps passera, plus les différences avec la république populaire de Chine s’accentueront.

Peut-il y avoir une coexistence permanente dans un seul pays? Ce serait souhaitable.

Vue de l’extérieur, la Chine a lancé des programmes militaires impressionnants, comme si sa force militaire allait lui suffire à régler le problème de Taïwan. Les tentatives d’aborder cette question de Taïwan sous un angle pacifique et politique paraissent minces.

La gestion de Hong Kong et sa gouvernance par la République Populaire de Chine ne plaident pas en faveur d’une coexistence du système Taïwanais dans la République populaire de Chine.

« Un État et 2 systèmes » était le slogan de ceux qui voulaient croire qu’Hong Kong garderait ses spécificités au moins 50 ans. Le résultat actuel est « Un État et un seul système ». Certes, il y a certaines spécificités de Hong Kong qui ont été sauvegardées, mais aucune liberté d’opinion démocratique n’a survécu. La condamnation de Jimmy Lai, ex-magnat de la presse locale, en février 2026 en est l’illustration la plus frappante.

Quelles sont maintenant les voies qui permettraient d’envisager la coexistence de Taïwan au sein de la République populaire de Chine ?

  • l’évolution du parti unique communiste Chinois vers un système multipartite pourrait être une voie, mais elle est peu probable à court terme, compte-tenu du fait que le parti communiste est une structure importante de l’État en Chine,
  • la possibilité de discussions ouvertes et publiques au niveau des dirigeants chinois pourrait amorcer une évolution vers la pluralité d’opinions, mais cela ne correspond pas aux apparences habituelles du pouvoir chinois.

A court terme, la libération de Jimmy Lai et l’autorisation de lui permettre de redévelopper une presse libre, même limitée, pourrait être un moyen de temporiser et de paraître crédible dans la volonté d’accepter des changements pour accepter certaines spécificités de Taïwan.

Imaginez que vous soyez un négociateur et que vous vouliez proposer quelque chose aux habitants de Taïwan pour les convaincre qu’ils seront bien traités au sein de la République populaire de Chine, quelle crédibilité aurez-vous au vu de la réussite du slogan « Un État et deux systèmes »? Probablement aucune.

Y a-t-il une solution possible ? Probablement, mais pas comme c’est fait aujourd’hui. Les dirigeants chinois risquent de laisser faire un négociateur pour tenter quelque chose, sans lui laisser aucun moyen qui lui permettrait d’avoir une chance de réussir, juste pour se donner bonne conscience avant de passer au chapitre militaire.

Mao Zedong aurait-il accepté de lancer une opération militaire sans tenter une vraie négociation, quitte à secouer la République populaire de Chine au plus profond d’elle-même? Cette question n’a pas de réponse simple.

Ce sera compliqué de convaincre Taïwan de renoncer à son rêve d’indépendance et il faudra bien lâcher du lest quelque part pour aboutir à des propositions d’avenir crédibles.

Le libération de Jimmy Lai serait un vrai test et une première étape. Mais il ne faut pas qu’il soit expulsé de Hong Kong. Il faut qu’il y reste, libre de mener les activités qu’il veut.

Ce sera compliqué pour les dirigeants chinois et taïwanais actuels, mais il faudrait essayer et se donner les moyens de tenter quelque chose. Il faudra du temps et beaucoup d’énergie pour retourner ce problème dans tous les sens, y compris ce qui est impensable aujourd’hui.

Il y a 5 ans pour faire quelque chose. Au-delà, on entre dans la zone des risques futurs. (voir le « Cycle Quésako », pour comprendre)

Naej DRANER

Le 18 mai 20216