Iran/Etats-Unis : il manque un système actif de supervision du cessez-le-feu


Textes de référence

Désolé de se répéter, mais toutes les tentatives de cessez-le-feu des États-Unis depuis 2025 ont toutes la même faiblesse: une absence de système de supervision du cessez-le-feu qui soit en charge de traiter chaque incident et bavure, dès le commencement des incidents.

  • Ce fut le cas avec le cessez-le-feu d’octobre 2025 à Gaza. Il n’est pas respecté. Il y a eu plus de mille morts depuis le début du cessez-le-feu. Ce n’est pas ce qu’on appelle un cessez-le-feu, mais plutôt une guerre permanente de bas niveau. Les israéliens font ce qu’ils veulent : ils grignotent le territoire laissé aux palestiniens, ils tuent qui ils veulent, en utilisant leur système IA qui transforme des rumeurs en vérité absolue. En prime, il n’y a jamais de vérification de ce qui a été fait et de savoir si la cible était justifiée. Sans oublier que rien de ce qui devait être fait n’a été réalisé. Les palestiniens sont parqués comme du bétail auquel on donne rien de ce qui était promis et qui correspondrait à un traitement humain.
  • Ce fut le cas avec les cessez-le-feu au Liban. Il y a théoriquement la FINUL et quelques réunions de suivi, mais rien ne fonctionne,
  • Dans le cas de la guerre Iran/États-Unis, il n’y a aucun système de supervision du cessez-le-feu connu.

Le responsable des bavures et incidents, c’est l’autre.

C’est une réalité universelle dans toutes les guerres et tous les cessez-le-feu : le responsable, c’est l’autre. L’Iran accuse les États-Unis, les États-Unis accusent l’Iran, etc, etc. Chacun oublie sa part de responsabilité et accuse l’autre. Cela leur plait beaucoup de faire un long discours sur le sujet, comme s’il nous fallait nous convaincre à tout prix

S’il y avait un système de supervision du cessez-le-feu, qu’est qu’il aurait fait ?

D’abord il aurait été informé sur les pétroliers qui ont subi des attaques et on eu des dégâts significatifs.

Suivant les moyens dont ce système de supervision dispose, il aurait pu aller sur chacun des pétroliers pour vérifier les dégâts et recueillir quelques indices permettant de confirmer le type de munitions utilisées.

Dès la connaissance des attaques, le système de supervision aurait du contacter la partie militaire iranienne et lui demander qui est à l’origine de ces violations du cessez-le-feu. Les iraniens ont des hiérarchies militaires assez autonomes et tout dépend des ordres initiaux qui ont été donnés et des interprétations qui ont été faites sur place.

Le document officiel du cessez-le-feu ne prévoit aucun cas d’exception autorisant des tirs. Si la partie iranienne avait une objection sur tel ou tel navire ou événement, elle aurait du contacter le système de supervision avant de se faire justice soi-même.

Il est évident que la partie iranienne dira que c’est l’autre qui est responsable et parlera des bombardements américains et niera absolument avoir tiré sur des pétroliers. De plus, la partie iranienne ne fera aucun effort pour retrouver ceux qui ont réellement tiré. Mais le système de supervision ne doit pas se laisser impressionner et doit, s’il le faut, envoyer ses propres inspecteurs en Iran accompagnés d’accompagnants iraniens. Il est possible que retrouver les auteurs de ces bavures prenne plus de 24 heures et c’est pour cela qu’il est important de communiquer dès le début de l’incident.

Ensuite, les américains n’ont rien attendu de personne et ,comme il n’y a pas de système de supervision du cessez-le-feu, ils sont passés directement à l’acte, croyant que leur force va tellement impressionner les iraniens qu’ils vont arrêter. En fait, rien de tout cela n’a eu lieu et ceci s’est transformé dans une belle escalade.

Chaque incident Iran/États-Unis se transforme en une escalade, et il ne peut pas en être autrement puisqu’il n’est même pas prévu qu’il y ait un système de supervision du cessez-le-feu qui agisse pour chaque bavure du cessez-le-feu.

Le système de supervision du cessez-le-feu doit être accepté par les belligérants mais n’est pas sous responsabilité directe des belligérants, afin d’espérer qu’il puisse fonctionner.

En parallèle au système de supervision, il faut une équipe de négociateurs. Si c’est le contenu de l’accord qui est ambigüe et laisse la porte ouverte à des interprétations, il faut le renégocier ou apporter les compléments de telle manière qu’il n’y ait plus de telles ambiguïtés.

S’il le faut, le système de supervision doit proposer des modifications aux ordres internes qui ont été donnés dans la hiérarchie militaire iranienne et qui ont conduit à ces violations du cessez-le-feu.

Mais il n’y a pas aujourd’hui de système de supervision du cessez-le-feu qui soit accepté par les parties. On peut en proposer et en installer un.

Le 9 Juillet 2026

Naej DRANER (naej.draner@gmail.com)