Iran/États-Unis : les deux pays alimentent l’escalade


Depuis quelques jours, c’est une situation d’escalade entre les 2 pays. Chacun voulant montrer qu’il a raison prend des décisions unilatérales qui alimentent l’escalade. C’est ce qui explique que, quel que soit l’accord qui pourrait être conclu, il serait violé dans les jours et semaines qui suivent, pour des raisons différentes dans chaque camp:

  • Pour les États-Unis, quel que soit l’incident, il faut répondre fort. Ils croient que les iraniens seront ainsi impressionnés et qu’ils vont arrêter et revenir à la table des négociations. C’est l’inverse qui se produit. Toutes ces réponses correspondent à des ordres directs de Trump sur lequel il n’y a aucun filtre et probablement pas de processus décisionnel. N’importe quelle idée qui passe par la tête de Trump se retrouve comme un nouvel élément d’escalade. Aucun de ces éléments d’escalade ne correspond à quelque chose de négocié dans un accord, mais Trump ne peut pas s’empêcher de penser qu’il est tellement génial que tout ordre militaire qu’il donne est forcément justifié. Il torpille lui-même les accords qu’il a signés et qu’il ne respecte pas, en prétendant les faire appliquer.
  • Pour l’Iran, c’est plus compliqué et un peu différent. Théoriquement le système politique iranien a 3 niveaux : le guide suprême, le président qui fait office de chef de gouvernement et l’ensemble des services de l’administration en charge d’appliquer les ordres du gouvernement. En pratique, il y a un organe parallèle qui commande les gardiens de la révolution. Il n’est pas commandé directement par le président mais par un membre de l’entourage du guide suprême et probablement aussi par le « Conseil suprême de sécurité nationale ». Son secrétaire est Mohsen Rezaei qui est à la fois le représentant du guide suprême et à la fois le secrétaire de cet organisme de sécurité. Le président iranien, chef de l’exécutif est informé mais ce n’est pas forcément un décisionnaire. C’est bien le président qui négocie mais il n’est pas le donneur d’ordre des gardiens de la révolution. Le premier incident sérieux de l’accord du 17 Juin est la décision de s’en prendre aux pétroliers et navires qui ne sont pas contrôlés par l’Iran. Ce n’est pas dans l’accord du 17 Juin mais la décision parallèle des gardiens de la révolution. Il risque de se passer la même chose prochainement avec des frappes préventives. Le président iranien s’efforce de faire revivre l’accord d’Islamabab du 17 Juin, mais en parallèle un organisme non rattaché au chef de l’exécutif le torpille.

Les deux acteurs torpillent eux-mêmes les accords qu’ils ont signé en en rejetant la responsabilité sur l’autre.

Pourrions-nous sortir de cette spirale de l’escalade ? Peut-être, mais il faudrait au moins que les négociateurs comprennent ce cercle vicieux et proposent une alternative.

Naej DRANER a-t-il commencé une négociation ?

Non, pas pour le moment. Les articles publiés depuis quelques mois sur ce site ne sont pas une négociation, mais un brouillon des idées qui seraient utilisables pour appuyer une négociation. Les idées n’ont pas été mises au propre, parce qu’il n’y a pas de négociateur identifié avec lequel agir. Un « architecte » doit intervenir en amont d’une négociation et travailler en parfaite synchronisation avec une équipe de négociateurs. Si ce n’est pas le cas, la négociation ne sera même pas lancée.

L’accord du 17 juin serait encore applicable mais pour lancer la négociation complémentaire, il faudrait :

  • identifier un ou des négociateurs auprès desquels N.D intervient comme architecte de solution politico-sécuritaire,
  • définir un organisme de supervision et de contrôle d’un cessez-le-feu et le mettre en œuvre dès que possible,
  • amener les 2 camps à l’intégrer dans leur processus décisionnel,
  • toiletter l’accord initial en redéfinissant un cessez-le-feu et un calendrier,
  • proposer les notes d’applications nécessaires (un seul exemple a été proposé, il en manque quelque autres, ce n’était qu’un exemple).
  • Faire vivre le tout par suivi direct, permanent et institutionnalisé.

Réfléchir n’est pas agir. Naej DRANER a une idée précise de ce qu’il tenterait s’il avait le soutien de l’une ou l’autre diplomatie, mais il n’a rien lancé, n’ayant pas identifié de relais de négociation fiable et permanent.

Le 3 septembre 2026

Naej DRANER (naej.draner@gmail.com)