Iran, qui gouverne réellement ?


Textes de référence

Le texte du Memorandum Of Understanding (MOU) Iran/États-Unis ou protocole signé le 17 Juin 2026 est très clair:

  • Le point 1 indique on ne peut plus clairement l’arrêt de toutes les opérations militaires et aussi l’arrêt de toute menace « … à s’abstenir de toute menace ou recours à la force l’un contre l’autre … »
  • Le point 5 : « … La République islamique d’Iran engagera un dialogue avec le Sultanat d’Oman afin de définir le futur cadre administratif et les services maritimes dans le détroit d’Ormuz, en concertation avec les autres États riverains du golfe Persique, conformément au droit international et aux droits souverains des Etats côtiers du détroit d’Ormuz… »
  • Le texte n’indique aucune voie maritime obligatoire pour tous les navires qui traverseront librement le détroit d’Ormuz.

La décision unilatérale de l’Iran de limiter la circulation à ses propres voies navigables et les interventions armées des gardiens de la révolution auprès des bateaux traversant le détroit d’Ormuz ne correspondent à rien dans le MOU et peut être considéré comme une violation unilatérale du protocole suivant le point 1 du MOU.

Ce hiatus entre le texte signé officiellement par l’Iran et l’application réelle permet, à juste titre, de se demander qui gouverne en Iran, pour ne pas être en mesure d’appliquer le contenu des accords signés.

Il arrive souvent qu’un accord fraichement signé donne lieu à des bavures, suite à des malentendus et des problèmes de communication interne. Il arrive aussi que ce soit un acte délibéré de factions qui refusent l’accord dans les termes signés.

Dans le MOU, il manque un dispositif de surveillance et de maintien du cessez-le-feu dont le rôle est d’intervenir tout de suite pour identifier le malentendu, constater la violation et faire en sorte qu’elle ne se reproduise pas et ne donne pas lieu à des représailles.

Cette violation répétée par l’Iran a effectivement fait déraper l’ensemble du processus qui était en cours.

Négocier un accord d’un côté et prétendre faire appliquer d’autres règles que celles qui ont été formalisées dans l’accord ne mènera à rien d’autre que de faire douter de la crédibilité des dirigeants iraniens.

Ambiguïté entretenue par l’Iran sur sa gouvernance

Ce qui pourrait être considéré comme une faiblesse de gouvernance est le plus souvent exploité par l’Iran comme une opportunité, comme s’il fallait excuser des personnes qui ont fait autre chose que ce qui a été négocié mais correspondant bien à ce que veut l’Iran. C’est comme un moyen de faire une séance de rattrapage, sauf que cela enlève toute valeur aux accords obtenus et signés.

Incertitude sur le guide suprême actuel

L’incertitude actuelle ne fait que confirmer l’absence de dirigeants capables de se faire respecter de toutes les composantes iraniennes, à commencer par les Gardiens de la Révolution. Ces derniers semblent faire ce qu’ils veulent et imposent leur ligne, même si elle est contraire aux accords signés.

Conséquence sur les investissements

Il est vraisemblable que les pays riverains du Golfe Persique, qui pourraient investir en Iran pour aider à reconstruire, ne feront probablement pas les investissements envisagés et cela se comprend. Les 3 pays qui ont les moyens d’investir ( à savoir Koweït, Arabie Saoudite et EAU ) sont justement les pays visés en priorité par les gardiens de la révolution. La conséquence ? Ces pays commenceront par réparer les dégâts chez eux et utiliseront leurs disponibilités pour pallier le manque à gagner issu du blocage du détroit d’Ormuz. Si la politique officielle de l’IRAN est de décourager tous les pays qui pourraient les aider, je crois que c’est gagné. Je ne pense pas qu’ils soient engagés par le point 6 du MOU et si ce sont les Etats-Unis qui se sont engagés sur ces sommes du point 6, allez voir avec eux. Je ne me sens pas concerné et j’ai bien bien peur que les pays riverains du Golfe Persique ne se sentent pas impliqués tant que vous passerez votre temps à les détruire au nom d’une stratégie de l’Iran dont je ne connais pas l’auteur. On ne peut pas passer son temps à détruire sans provoquer une réaction de rejet collective justifiée par le comportement de l’Iran. L’Iran récoltera ce qu’elle a semé: la haine et le désordre.

Le 28 Juillet 2026

Naej DRANER