Textes de référence
Les deux gouvernances sont chaotiques. Il faut intégrer cette réalité dans de futures négociations.
La négociation actuelle Iran/États-Unis a trop de sujets à couvrir. Il y en aura au moins qui bloquera tout le reste. La recommandation est de sortir une partie du contenu de la négociation du binôme Iran/États-Unis et de reporter cette partie sur les pays riverains du Golfe Persique.
Tous les pays riverains du Golfe Persique ne voudront probablement pas faire partie du Conseil du Golfe Persique dans l’immédiat, mais ils doivent avoir une place et ils sont, tous les 8, membres de droit en espérant qu’il y en ait au moins 3 ou 4 qui le lancent.
Les gouvernances chaotiques peuvent être cadrées avec les bons interlocuteurs, et il y en a plusieurs dans les pays du Golfe Persique. L’Arabie saoudite et les Émirats Arabes Unis savent se faire entendre des États-Unis, mais il faudrait avoir sous la main un projet de négociation autre que celui du Pakistan pour obtenir une pause de la part des États-Unis qui ne semblent pas avoir intégré le cycle « Incident navire – bombardements – riposte vers les États du Golfe alliés des États-Unis » et on recommence…
Gouvernance Iran
L’Iran nie les bavures des Gardiens de la Révolution contre les navires passant le détroit d’Ormuz. Le protocole d’accord négocié et rendu public ne prévoit pas de cas où l’Iran serait autorisé à utiliser menaces et forces. Le point 1 du MOU est particulièrement clair.
S’il y avait un comité de supervision du cessez-le-feu, les preuves de ces interventions des gardiens de la Révolution seraient suffisamment documentées pour être incontestables. Mais l’Iran nie cette réalité et met en avant les réactions américaines sous la forme de bombardements. Avant les bombardements, il y avait ces incidents provoqués par les Gardiens de la Révolution. Ces incidents ne sont pas justifiables à partir du protocole signé et montrent qu’il y a un problème de gouvernance iranien. Il y a ceux qui négocient, puis d’autres qui font autre chose. La censure en Iran et le besoin de paraître victorieux a poussé le régime iranien à raconter beaucoup de choses qui ont un rapport lointain avec la réalité et ce qui a été négocié.
Interdire à nouveau la navigation est contraire au protocole accepté. Prétendre que l’Iran a un droit de contrôle sur le détroit d’Ormuz ne correspond pas au protocole. L’Iran pourrait justifier avoir le contrôle dans ses eaux territoriales, de la même manière que le sultanat d’Oman peut justifier le contrôle du détroit d’Ormuz dans ses eaux territoriales, mais cela n’a pas été écrit de cette manière là dans le protocole.
Cette partie doit être développé au niveau des pays riverains du Golfe Persique et appliquée dès que possible.
Pour préparer cette partie, il est proposé une commission préparatoire qui fait valider par chaque État riverain du Golfe Persique la limite de ses eaux territoriales. Cette commission est un travail préparatoire indispensable au Conseil du Golfe Persique. Il est vraisemblable que les demandes présentées par chaque État vont être incompatibles et incohérentes. Il faut arriver à un ensemble cohérent reconnu par toutes les parties, en appliquant les règles normales. Concernant le détroit d’Ormuz, cette limite doit être à mi-chemin des côtes des pays qui sont de part et d’autre du détroit. Ceci concerne donc directement l’Iran, Oman et les EAU. Les autres devraient avoir une limite des eaux territoriales cohérentes des règles internationales existantes. Certains diront que c’est évident, mais il y a des évidences à vérifier sur des cartes et à faire valider par chaque pays riverain du Golfe Persique.
Pourquoi ces limites sont importantes ?
- Pour le contrôle du détroit d’Ormuz par chaque pays, dans ses eaux territoriales,
- Pour mettre en œuvre un déminage des voies internationales antérieures qui ont été minées volontairement pour présenter de nouvelles voies sûres et qui sont, par hasard, uniquement dans les eaux territoriales iraniennes d’après l’Iran.
Quand auraient dû commencer les travaux de cette commission ? Il y a quelques semaines et sans aboutissement, tout va tourner en rond, puisque nous n’avons aucune information d’un travail de déminage en cours qui aurait du être terminé pour le 17 Juillet et n’a probablement même pas commencé.
Gouvernance États-Unis
C’est aussi compliqué. Il y a un secrétaire d’État qui semble absent du circuit décisionnel de cette guerre. Le schéma appliqué est simple : il y a des bavures sur des navires, on bombarde, cela provoque des ripostes et donc de nouvelles ripostes sous la forme de bombardements. L’intelligence des dirigeants américains ne leur a pas permis d’imaginer qu’il y a des incohérences internes à l’Iran et plutôt que d’aller bombarder à nouveau, il aurait fallu et il faudrait appuyer sur ce point et le problème de gouvernance interne à l’Iran.
Plutôt qu’une telle réflexion sur la gouvernance iranienne et les moyens d’y remédier, la réponse magique des États-Unis est : bombardons jusqu’à ce qu’ils cèdent. S’ils n’ont pas cédé » précédemment, il y a peu de chance qu’ils cèdent. Et c’est reparti pour une nouvelle guerre qu’Israël va rejoindre en se frottant les mains : c’est ce qu’ils voulaient.
Le 13 Juillet 2026
Naej DRANER
Post Scriptum 17 h:
La bonne réaction de la part des Etats-Unis et des pays du Golfe serait de mettre en avant les incohérences de l’Iran qui correspondent à des conflits internes au pouvoir, et creuser ces contradictions internes en passant son temps à mettre en avant les bavures des Gardiens de la Révolution. Pour les mettre en avant, il faut répondre du tac au tac.
– Les iraniens prétendent ne pas être à l’origine des incidents : l’Iran ne contrôle pas ses troupes.
– Nous n’avons pas donné l’ordre de ces incidents : vous ne contrôlez pas ce que font vos troupes
– C’est conforme au protocole signé : vous ne savez pas lire les textes que vous avez signés
– etc.
Au lieu de cela, les bombardements en Iran font oublier la cause d’origine des incidents provoqués par des gardiens de la Révolution indisciplinés. Ces incidents étaient une occasion de faire valoir que la gouvernance iranienne est en train d’imploser et que les gardiens de la Révolution ne sont plus contrôlés . C’est nul de la part des dirigeants américains .. et de ceux des pays du Golfe qui mettent en avant les attaques chez eux qui s’expliquent par les bombardements américains. La cause racine est l’incapacité du Guide suprême iranien à faire respecter des écarts signés par son pays. Ce sont les gardiens de la révolution qui appliquent un accord imaginaire qui n’a jamais été signé. Les dirigeants iraniens gouvernent-ils encore ? Personnellement j’en doute et il faudrait entretenir ce doute. Il est temps que le guide suprême iranien montre qui dirige l’Iran. Peut-il relire à nouveau le MOU ?