Dans tous les cessez-le-feu depuis 2025 et dans la préparation d’un cessez-le-feu Ukraine/Russie c’est ce qui manque.
Une force militairement crédible ne garantit aucun cessez-le-feu
Ce que croient ceux qui ont mis en place des cessez-le-feu depuis 2025 et ceux qui préparent un cessez-le-feu dans le conflit Ukraine/Russie, c’est la crédibilité militaire de leurs forces qui garantirait le cessez-le-feu.
Ils le croient et ils ont tort. Une force militaire favorise l’escalade. C’est ce qui se passe actuellement dans le conflit Iran/États-Unis.
La seule exception connue est une forme d’interposition tellement forte qu’elle écrase tout sur son passage. Dans le cas du Liban, une force de dissuasion syrienne est intervenue en 1976 et a été officialisée quelques années plus tard. Elle a facilité le calme, tout en préparant les guerres à venir. Les syriens ont désarmé la plupart des milices, sauf le Hezbollah, volontairement, ce qui a créé un problème qui n’est toujours pas réglé en 2026.
Déroulé de ce qui s’est passé et ce qu’aurait du faire un système de supervision
Etape 1 – Les gardiens de la révolution ont violé le cessez-le-feu signé le 17 Juin en s’en prenant à des pétroliers ou porte-conteneurs.
S’il y avait eu un système de supervision, de maintien et de réparation du cessez-le-feu, il aurait été convenu que le système de supervision doit identifier la source et obtenir des iraniens un arrêt immédiat et durable de ce genre de violations.
Les américains, sachant qu’un tel système existe auraient pu attendre et suivre le système de supervision dans son action de maintien et réparation du cessez-le-feu. Il est normal, dans ce genre de bavures d’avoir besoin de temps pour identifier et neutraliser les sources. Les américains auraient pu faciliter le travail du système de supervision en donnant les données qu’ils ont recueilli sur l’origine et le chemin suivi par les drones ou navires qui sont intervenus pour provoquer cette violation.
Mais comme il n’y a pas de système de supervision défini, le président américain a décidé, unilatéralement, sans vérifier quoi que ce soit avec la partie adverse, de sévir par des bombardements. Il croit sa force militaire crédible et croit que les bombardements qu’il a ordonné vont forcer les iraniens à arrêter.
Quand il y a un système de supervision, de maintien et de réparation, il faut accepter d’attendre sans provoquer l’escalade.
Les américains on provoqué la première escalade.
Etape 2 – les USA, en représailles aux violations du cessez-le-feu contre les pétroliers et contre la violation de la liberté de circulation, ont lancé des bombardements contre l’Iran, violant eux-aussi le protocole d’accord signé le 17 Juin 2026.
S’il y avait eu un système de supervision, de maintien et de réparation du cessez-le-feu, il aurait été convenu que le système de supervision doit identifier la source et obtenir des américains un arrêt immédiat et durable de ce genre de violations.
Les iraniens, sachant qu’un tel système existe auraient pu attendre et suivre le système de supervision dans son action de maintien et réparation du cessez-le-feu. Il est normal, dans ce genre de bavures d’avoir besoin de temps pour identifier et neutraliser les sources. Dans le cas des bombardements, il aurait été facile d’avoir toutes les informations sur l’origine et les objectifs de ces bombardements. Les iraniens auraient pu faciliter le travail du système de supervision en donnant les données qu’ils ont recueilli sur les bombardements constatés sur leur territoire.
Mais comme il n’y a pas de système de supervision défini, des iraniens (probablement les gardiens de la révolution, sans consulter le pouvoir politique) ont décidé, unilatéralement, sans vérifier quoi que ce soit avec la partie adverse, de sévir par des représailles sur différentes bases américaines. Ils croient leur force militaire crédible et croient que les missiles et drones lancés vont forcer les pays du golfe (et Jordanie) à faire arrêter les bombardements. Ils ont lancé une nouvelle escalade qui fait oublier toutes les précédentes et personne n’a attendu qu’un système de maintien du cessez-le-feu fasse quoi que ce soit, puisqu’il n’y en a pas. Un système qui n’existe pas ne peut pas faire quelque chose que les belligérants refusent unanimement.
Etape 3 – chacun rejette la faute sur l’autre et met en cause successivement tous les points d’accord du protocole signé le 17 juin
- arrêt de toute circulation dans le détroit d’Ormuz, ordonné par l’Iran,
- retour au blocus maritime des bateaux iraniens
- etc
L’escalade progressive s’est retransformé en guerre.
Supervision, maintien et réparation
La supervision est le fait de référencer les incidents et de lancer les actions nécessaires pour éviter de revenir à l’état de guerre.
Le maintien est le fait de faire les actions nécessaires préventives et correctives pour maintenir le cessez-le-feu.
La réparation est le fait de mener les actions nécessaires pour revenir à l’application du cessez-le-feu. Dans le cas présent, il faut obtenir des belligérants qu’ils arrêtent de justifier leurs actions militaires à cause de celles des autres.
Faut-il renégocier un nouvel accord ?
Cela ne servira à rien, puisque les gouvernances chaotiques ne savent pas très bien ce qu’elles veulent. De plus, le protocole signé contient à peu près tout ce qui devra être de nouveau mis dans un nouvel accord. Il manque le système de supervision. Par contre, il faut définir une série de notes d’application qui vont préciser des points de malentendus potentiels.
Créer un système de supervision et définir des notes d’application
La création d’un système de supervision demande de mettre en place un système qui marche 24h/24h et 7j/7j avec des numéros connus et au moins 3 personnes qui assurent la permanence. ( il a été proposé dans un autre article d’installer le système de supervision sur la partie d’Oman la plus proche du détroit d’Ormuz. S’il n’y a pas de bâtiment disponible il faut faire un village de toile avec tous les logements et équipements nécessaires
Les notes d’application sont des notes complémentaires au protocole signé.
Exemples :
- une attaque d’un prote-contenue ou d’un pétrolier est-il une violation cessez-le-feu ?
- Un bombardement est-il une violation du cessez-le-feu ?
- Des missiles et drones contre des bases américaines ou les monarchies pétrolières sont-elles des violations ?
- Le protocole indique t-il qu’il y a une seule route de navigation définie uniquement par l’Iran ?
- Vous pouvez ajouter d’autres questions et les réponses communes et acceptées doivent être notées et seront utilisées ultérieurement par le système de supervision
- …. etc
Qui va négocier ces notes d’application? Cela peut-être le Pakistan, Oman ou le Qatar… C’est une négociation non stop à mener dès que possible. Elles pourront être complétées par le système de supervision.
S’il le faut on en ajoutera d’autres.
Mais il va falloir définir et faire fonctionner le système de supervision, de maintien et de réparation du cessez-le-feu, dès que possible. C’est la clé de voûte manquante à tout cessez-le-feu.
Le 16 Juillet 2026 mis à jour le 17 Juillet 2026
Naej DRANER
Architecte et coach de tout système de supervision, de maintien et de réparation du cessez-le-feu