Samedi 28 février, Israël et les États-Unis ont lancé une opération militaire contre l’Iran.
Les objectifs officiels sont :
- Éliminer la menace nucléaire iranienne,
- Détruire les missiles et la capacité de production de ces missiles,
- Mettre fin au régime actuel.
La plupart des guerres n’atteignent pas les objectifs pour lesquels elles sont lancées. Il en sera ainsi pour cette nouvelle guerre.
Renverser un régime par les seules frappes aériennes ne peut aboutir, au mieux, qu’à une guerre civile si tout le système sécuritaire s’effondre. Dans le cas présent, chaque responsable éliminé sera remplacé. Le régime iranien ne tient pas uniquement sur quelques personnes mais sur un système. Même si le système est détesté et sanguinaire, il sait se renouveler, même si plus de 100 responsables étaient éliminés.
En Libye, la fin du régime de Khadafi a abouti à une guerre civile. Ce n’était pas un système mais un dictateur et quelques proches du dictateur qui faisaient le régime. La fin du régime Libyen a abouti à un vide et le résultat a été une guerre civile et une instabilité dont la Libye ne s’est pas encore remise 15 ans plus tard.
La menace nucléaire restera présente tant que l’uranium enrichi restera entre les mains des iraniens. La capacité balistique peut être réduite mais probablement pas complètement détruite. Le régime iranien sera affaibli, c’est certain. Le changement de régime est peu probable, à court terme.
Quels effets collatéraux pour les États-Unis et Israël ? Probablement la multiplication d’attentats en 2026 et 2027 et une belle pagaille pétrolière suite à la fermeture du détroit d’Ormuz. Le faiseur de paix s’est transformé en faiseur de guerre, en prolongeant et réveillant la guerre qui sommeillait.
Combien de temps durera cette guerre ? Israël et les États-Unis disent le temps qu’il faudra. Quelques jours ? Quelques semaines ? Le temps nécessaire pour détruire tout ce qui peut être détruit. Et ensuite ? Comme il n’y aura pas de troupes au sol, cela s’arrêtera. Une guerre civile ? Peu probable. Il restera toujours suffisamment de gardiens de la révolution et de miliciens pour maintenir un ordre précaire. Par contre, la population iranienne dans son ensemble va souffrir d’une précarité économique renforcée.
Naej DRANER
Le 1° mars 2026
Post-scriptum : à juste titre, certains feront remarquer que cette nouvelle guerre ne confirme pas le « Cycle Quésako ». La remarque est exacte, mais quand une guerre commence durant une phase d’atténuation, elle peut soit s’arrêter rapidement soit se transformer en une longue guerre durant laquelle les victimes se multiplient durant la phase d’amplification qui suit. Voir la guerre contre l’Irak en 2003. Initialement, cette guerre donnait l’impression de mettre en cause ce cycle, mais cette guerre en est devenue un pilier en mettant en évidence la matérialisation du cycle par le nombre de victimes de guerre.