Le réveil de la guerre du Haut-Karabagh

En ce début d’Avril 2016 la guerre du Haut-Karabagh se réveille. C’est un conflit “gelé” qui se réveille de temps à autre, des escarmouches pouvant dégénérer en une opération militaire plus vaste. C’est un conflit intéressant pour comprendre l’effet du  “Cycle du Retour”, ce phénomène périodique qui amplifie à certaines périodes connues les tensions au point de faciliter leur transformation en début de guerre.

Le conflit d’origine entre le Haut-Karabagh et l’Azerbaïdjan  est une des nombreuses bombes à retardement issues de l ’empire soviétique. Le découpage des républiques soviétiques ne respectait pas toujours la réalité ethnique locale. On trouve de tels découpages artificiels en Ukraine, en Azerbaïdjan et en d’autres lieux de l’ex empire soviétique. Depuis une quinzaine d’années la plupart des conflits intra-européens sont issus de ces bombes à retardement qui continueront à produire leurs effets pendant de très nombreuses années, aucun de ces conflits ne trouvant une issue diplomatique vécue comme une vraie solution durable.

Cette partie de territoire peuplée essentiellement d’arméniens devait-elle vraiment être rattachée à l’Azerbaïdjan ? C’est un choix historique discutable et discuté depuis de nombreuses années entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, les armes à la main.

Ce conflit est très ancien, puisque déjà existant dans les années qui suivirent la révolution d’Octobre de 1917. La désintégration de la Russie et plus tard de l’URSS ont été l’occasion du réveil de cette plaie historique entre les arméniens et leurs voisins.

La guerre la plus sérieuse a eu lieu entre 1988 et 1994 avec la conclusion du cessez-le-feu du 16 mai 1994. Cette période d’un peu moins de 6 ans correspond globalement à la période d’amplification des guerres identifiée par le “Cycle du Retour” ( période  d’amplification centrée sur août 1990) .

En 2008, une violation plus sérieuse eut lieu le 5 mars 2008, avec la mort de 8 à 16 soldats. 2008 correspond aussi à une période d’amplification du cycle du retour ( centrée sur Juin 2007)

La période actuelle correspond aussi à une période d’amplification ( centrée sur Décembre 2015).

Le phénomène périodique du “cycle de retour” est donc visible dans ce conflit du Haut-Karabagh à travers ces réveils guerriers aussi nommés retours de l’histoire. Le cycle du Retour y est visible, comme dans la plupart des conflits récurrents sans solution immédiate.

Après quatre jours d’intenses combats qui ont fait au moins 73 morts un accord de cessez-le-feu a été annoncé par l’Azerbaïdjan et les autorités séparatistes de la région disputée du Nagorny-Karabagh.

Sur le continent européen, un suivi systématique de tous ces conflits gelés et un relevé statistique objectif des incidents qui s’y passent devraient aider à démontrer le “cycle du Retour” qui est visible sur plusieurs conflits (Haut-Karabagh, Géorgie, Ukraine-Crimée … et probablement d’autres). Cela demanderait de la part d’un organisme européen un peu de rigueur et d’objectivité. Si l’OSCE est théoriquement le bon candidat, je n’y ai trouvé aucune statistique exploitable, même sur les conflits les plus récents comme celui de l’Ukraine.

Qu’il y ait 1 ou 100 incidents n’est pas tracé dans le moindre graphique accessible au public et à des chercheurs. Lire les rapports quotidiens ne donne qu’une  tendance pas d’élément chiffré permettant de traduire un nombre d’incidents, de morts ou blessés en un niveau de violence.

Cela pourrait être une source d’analyse et de prévisions exploitables pour ceux qui connaissent le cycle du Retour. Je n’ai rien vu de tel à l’OSCE. Suis-je mal informé ?

mis à jour le 6 Avril 2016 après l’annonce d’un cessez-le-feu

 

 

 

 

 

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