Ukraine : 157 violations le 22 septembre


Le rapport SMM 227/2000 indique 157 violations dans le secteur de Donetsk et aucune violation dans le secteur de Luhansk. C’est apparemment la première journée où on ne peut plus parler de cessez-le-feu mais d’un semblant de cessez-le-feu.

C’est un classique de l’organisation JCCC et SMM.

Ils reconnaissent 2 secteurs : celui de Luhansk et celui de Donetsk.

Le secteur de Luhansk est relativement petit et l’ensemble des milices y sont globalement bien entrainées et disciplinées. Cela ne bouge donc pas beaucoup et avec ou sans système local de coordination intervenant quotidiennement, le cessez-le-feu peut durer ( hors mercenaires passant en coup de vent et tant que les incidents sur l’ensemble de la ligne de front du secteur de Donetsk ne sont pas trop importants)

Le secteur de Donetsk est très grand et les combattants y sont faits de bric et de broc. Certains sont à peu près disciplinés mais par ci ou par là il y a des petits groupes qui n’obéissent le plus souvent qu’à eux-mêmes. Ils sont dans une mouvance globale avec interprétation locale des ordres. Ce secteur, tel qu’il a été géré par le JCCC et le SMM a toujours posé problème et concentré la plupart des violations.

Comment y remédier ?

La subdivision du secteur de Donetsk en quelques sous-secteurs avec une coordination par sous-secteur permettrait d’avoir un meilleur contrôle par petites zones. Il me semble, sans certitude, que cela a été fait en Juin dernier, moment où le secteur de Donetsk a donné l’impression d’être maitrisé. Il semble aussi qu’au bout d’un mois de cessez-le-feu ils ont relâché ce dispositif : presque tous les jours il commençait à y avoir des incidents. Puis plus rien! ils ont du le remettre.

La tendance naturelle du JCCC est de gérer l’ensemble du secteur de Donetsk avec une seule coordination centralisée. Au vu du calme des derniers jours et des dernières semaines, ils ont du revenir à leur tendance naturelle: il n’y a probablement plus de coordination locale capable de contrôler les groupes peu disciplinés.

Le rétablissement d’une subdivision suffira-t-il ? Quelque temps oui, mais si il n’y a aucune autre action, cela recommencera.

Pour espérer un calme permanent et une évolution positive il faudrait :

  • remplacer les combattants de part et d’autre par des forces de sécurité créées à partir de combattants recrutés de part et d’autre et entrainées par des professionnels pour en faire un ensemble homogène
  • trouver une occupation à ceux qui sont un peu désœuvrés et ont pour seule occupation de traîner à proximité de la ligne de front et d’utiliser le matériel fourni abondamment par les amis russes pour s’occuper

Inutile de préciser que cela ne fait partie des plans de personne. Chaque camp entend consolider ses positions près de la ligne de front et n’a pas d’autre rhétorique que de reprocher au camp d’en face ses violations quotidiennes.

Comme à son habitude, le SMM va observer sans agir vraiment sur le terrain et le JCCC avec une soixantaine d’officiers ne va pas faire grand chose.

Bien sûr il faudrait désengager les forces en présence, mais il faut remplacer par quelque chose de stable et pérenne qui ressemble à des services de sécurité. Le bricolage des zones de désengagement où on retire les forces en présence et on laisse théoriquement la sécurité au JCCC relève de la blague: 60 officiers pour contrôler plusieurs centaines de kilomètres de ligne de contact et toute la zone de sécurité ? Une blague qui fera rire tout le monde: y a-t-il un diplomate qui ait une petite expérience du maintien de la sécurité, pour proposer autre chose que ce genre de solutions qui ne marchera jamais ? 60 officiers pour contrôler plus de 1000 kilomètres carrés entre 2 entités encore en guerre ?????

24 septembre 2020

Naej DRANER

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