Archives de catégorie : Notes d’actualité

pour y décrire les réactions au fil de l’actualité

Ukraine-Russie, Théorie du Retour et Cycle des Guerres

Sur la période 2014-2018 les deux événements en Europe en rapport avec l’Horloge de l’Inconscient sont :

  • Le réveil de la Russie
    lié à un Retour du passé tel que défini par la Théorie du Retour.
    Pour être honnête, ce Retour était prévisible mais n’a pas été prévu par l’auteur de ce site.  Les efforts des recherches ont été concentrés sur le « Cycle des Guerres » dont les prévisions disponibles ont bien été confirmées: c’est plus facile à expliquer. Il est déjà difficile de convaincre qu’il pourrait y avoir une guerre, passer son temps à expliquer que la Russie pourrait se réaffirmer au moment où elle était faible, c’est un challenge quasi impossible …
  • La guerre en Ukraine
    Grâce au « Cycle des guerres » il était prévu une guerre en Europe depuis plusieurs années sur cette période là. C’est bien celle-là. On peut en prévoir une similaire en Europe sur la période 2022-2026. Les européens n’ayant pas compris pourquoi celle de 2014 a eu lieu, ils ne sauront probablement pas anticiper la prochaine, ni en comprendre les raisons et l’éviter. (en Europe il faut avoir le nez dessus quand la guerre commence pour réaliser qu’il pourrait se passer quelque chose).

Si ce site s’est particulièrement intéressé à la guerre en Ukraine, c’est en espérant que cette combinaison simultanée de « Retour du Passé » (avec la réaffirmation de la Russie)e et d’un événement du « Cycle des Guerres » avec la guerre Ukraine-Russie permettrait de trouver quelques éléments objectifs pour nourrir ces recherches.

En pratique, à ce jour, nous n’avons rien retenu de significatif pour faire avancer ces études:

  • Bien que le Retour de la « Chute du mur de Berlin » et de la désintégration de l’URSS il y a 25 ans  se soit traduite sous une forme contraire dite « négative » (par rapport à l’événement initial) sous la forme d’une montée en puissance de la Russie, et bien que ce Retour soit un exemple remarquable de retour « négatif, les « Retours du passé » sont difficiles à démontrer objectivement. C’est une forme de grille de lecture des événements et du passé extrêmement puissante mais très difficile à démontrer statistiquement. La périodicité de la Théorie du Retour n’a pas été démontrée en cumulant des « Retours du passé » mais en s’appuyant sur les mesures effectuées sur une application dérivée de la « Théorie du Retour » à savoir le « Cycle des guerres » pour lequel des données statistiques ont été utilisables. Comme c’est le même phénomène de base que celui à l’origine de la « Théorie du Retour », on peut utiliser les résultats des mesures de l’un pour l’autre.
  • Les « Retours du passé » ne sont pas binaires et doivent être démystifiés. la Russie ne sera jamais à nouveau une puissance aussi importante que l’URSS. La polarisation USA-URSS ne sera pas remplacée par une nouvelle polarisation USA-Russie mais par une polarisation USA-Chine. La résurgence de la Russie en tant que puissance est une réaction à la désintégration initiale 25 ans plus tôt, comme une réaction d’orgueil qui ne présuppose pas de la puissance à venir de la Russie. Les problèmes démographiques majeurs internes à la Russie auront une incidence qui limitera la puissance globale de la Russie. Il est peu probable que la Russie fasse seule ce qu’elle faisait autrefois dans l’URSS avec tous ses alliés. de plus, la Russie n’a plus de but universel comme du temps de l’URSS, mais une volonté de puissance opportuniste, autocratique et nationaliste. Son influence restera limitée. Rentrer dans de telles nuances risquent de perturber des esprits binaires qui pourraient caricaturer le résultat de l’acquis des « Retours du passé », au point d’en attendre une résurgence exacte et complète sous peine de mettre en cause la « Théorie du Retour » expliquant de telles résurgences.
  • Les acteurs intervenant dans la guerre ukrainienne , comme l’OSCE et le SMM, ne fournissent pas  beaucoup de données incontestables et exploitables. Quelle est la définition d’une « violation de cessez-le-feu »? combien y en a-t-il chaque jour ? et quels sont donc les chiffres qui permettent de dire qu’il y en a eu plus ou moins, comme cela est dit dans chaque rapport  ? Ce sont des informations un peu mystérieuses quand on prend connaissance de ces rapports journaliers SMM. Il n’y a pas d’ambiguïté sur les explosions, mais plus sur les violations de cessez-le-feu.
    Sans oublier que le SMM n’indique jamais un événement dont il n’a pas été témoin et que vous avez donc une vue partielle, sans la moindre information sur les blessés ou morts journaliers, contrairement à d’autres conflits existants.
    Ces acteurs n’aiment pas qu’on les bouscule sur leur rationalité dans ce qu’ils analysent et font.
    Les indications journalières SMM ont été utiles pour suivre le conflit au jour le jour mais ont été inutilisables pour apporter le moindre élément statistique objectif dans le cadre des études sur le « Cycle des Guerres ».
    Même si les données avaient été solides et incontestables, il n’est pas sûr qu’on aurait pu les utiliser pour confirmer le « Cycle des guerres ». Les données actuelles données par les rapports journaliers SMM permettent simplement de confirmer ou infirmer si le cessez-le-feu est bien réel ou quelque peu fictif. Depuis les premiers cessez-le-feu en 2014, le cessez-le-feu est fictif. Quelques cessez-le-feu annuels ( Pâques, Moisson, rentrée scolaire et Noël) permettent d’avoir des accalmies plus ou moins fortes, mais il n’y a eu aucun cessez-le-feu respecté complètement comme le prouve toutes les données disponibles à partir de l’OSCE.
  • La faible intensité du conflit ukrainien n’a pas permis de faire une relation entre le « Cycle des Guerres »  et les données utilisables, contrairement à ce qui a pu être fait en Irak et qui a été spectaculaire. Le seul événement permettant de faire un lien entre le « Cycle des Guerres » et la guerre en Ukraine est son déclenchement en 2014 qui se fait de façon presque simultanée avec d’autres guerres ( guerre de Gaza et guerre de l’Etat Islamique,…)
  • Si dans la guerre en Syrie et en Irak on voit une très nette escalade de 2014 à début 2016 et une régularisation progressive en 2018 ( comme la guerre de 1914 à 1918 et de 1940 à 1944 pendant 4 ans, période entre les deux pics d’amplification et d’atténuation), on ne voit rien de tel dans la guerre en Ukraine. On voit même en fin 2018 une escalade verbale et des incidents majeurs qui vont plutôt dans le sens d’une relance de la guerre que sa fin prochaine.
  • Il est très probable que ni les Ukrainiens, ni les Russes et encore moins les dirigeants européens aient réalisé le lien entre ces événements et l’horloge de l’inconscient.

1° décembre 2018

 

L’incident Russo-Ukrainien de la mer d’Azov et le cessez-le-feu

On aurait pu croire que cet incident ravive les tensions et fasse voler en éclat la fragile accalmie qui fait office de cessez-le-feu.

Rien de cela pour le moment. Le nombre de violations et d’explosions quotidiennes a plutôt diminué ces derniers jours, suivant les rapports disponibles de l’OSCE. Ces violations et explosions quotidiennes restent dans une fourchette similaire aux dernières semaines: entre une centaine et quatre cent par jour.

C’est toujours un cessez-le-feu fictif, sans leadership clairement défini, avec des acteurs plus intéressés dans le paraître que dans l’action.

  • Le SMM (Special Monitoring Mission to Ukraine) continue à se présenter comme le responsable en charge de la supervision du cessez-le-feu tout en se limitant à un rôle passif d’observateur et attendant que tous ceux dont le rôle est occulté fasse à sa place ce qu’il ne fait pas : amener les acteurs à gérer un vrai cessez-le-feu en les gérant « à la culotte », même si personne à l’OSCE ne semble considérer  que cela aurait du être leur rôle. Toujours une multitude d’actions plus ou moins utiles. Par exemple, quelques observateurs à un point de la frontière russo-ukrainienne indiquent de temps à autre qu’ils ont vu passer un convoi « humanitaire », sans avoir pu l’inspecter. Oui, et alors? A quoi cela sert-il ? Cela ne sert pas à contrôler la frontière tout en laissant croire qu’elle est « contrôlée ». Le contrôle d’un ou deux points sur la frontière ne permet pas de contrôler une frontière. Il vaut mieux laisser des choses inutiles, mais cela ne sert presque à rien. Nous n’avons pas connaissance d’une identification précise et incontestable de la nationalité des combattants sur le terrain par le SMM, pas plus que les flux réels de matériel militaire venant de Russie, et ce ne sont pas ces points d’observation sur la frontière qui donneront la moindre information fiable.
  • Le JCCC (Joint Centre for Control and Coordination) ne fait plus  beaucoup parler de lui depuis que les officiers russes sont partis. Nous n’avons pas de nouvelles fraîches de ce qu’il fait encore. Mis à part que le SMM ne manque pas de lui déléguer des actions, sous le mode YA QUA, FAUT QUON, son rôle est occulté. Il semble fonctionner, dans l’ombre. Peut-être le seul dispositif temps réel de supervision qui « marchotte ».  Je n’ai toujours pas compris qui, du SMM ou du JCCC, fait réduire les incidents quand cela dégénère. Ce n’est pas en attendant que les rapports SMM soient publiés qu’on peut espérer une action sur le terrain. Cela passe forcément par des officiers de liaison des deux camps et une supervision qui devrait exister sous la forme de PC opérationnels qui n’ont pas d’existence officielle dans les rapports communiqués par le SMM. Cela manque de comprendre qui est en charge de cette action de supervision et de coordination auprès des forces en présence. Il n’y aura pas de cessez-le-feu qui tienne sans des supervisions déportées quadrillant le terrain.
  • Le Groupe de Contact et ses diverses commissions continuent probablement à faire acte de présence: ils ont produit tant d’accords qui se superposent les uns aux autres et dont pratiquement aucun n’est complètement appliqué que c’est devenu un nœud gordien qu’il serait bon de trancher suivant la méthode d’Alexandre le Grand, histoire de tout remettre à plat. Action de type Éléphant dans un magasin de porcelaine pour donner une idée imagée de ce qu’il faudrait faire à l’ensemble des accords existants qui prétendent régir la vie sur le terrain et n’ont pas abouti à un  cessez-le-feu durable.
  • Où est le responsable de tous ces acteurs du cessez-le-feu ? On ne le voit pas, comme s’il n’y en avait pas: chacun joue des apparences pour donner l’impression qu’il est l’interlocuteur essentiel tout en se défilant sur les autres dès qu’il y a une remarque ou le simple constat que rien ne permet de dire qu’il y a un cessez-le-feu, si ce n’est qu’il reste fictif.

28 Novembre 2018

Incident en mer d’Azrov et loi martiale

Le 25 Novembre un incident sérieux a éclaté entre Ukrainiens et Russes à l’entrée de la mer d’Azrov. 3 bateaux ukrainiens ( un remorqueur et 2 bateaux militaires) ont été saisis et l’un des bateaux a été heurté par l’un des bateaux russes.

La Russie ayant déclaré unilatéralement l’annexion de la Crimée, elle considère donc que toutes les eaux territoriales de l’entrée de la mer d’Azrov sont russes.

Mais tous les pays qui ne reconnaissent pas cette annexion considèrent que la moitié de l’entrée en mer d’Azrov sont ukrainiens.

De toute façon, quelque soit le règlement du différend Ukraine-Russie, il faudra que les bateaux ukrainiens puissent passer librement sans l’arbitraire russe. Tant que ce ne sera pas le cas, ce sera une source permanente de conflit et incidents. L’Ukraine ayant une partie de son territoire en mer Azrov, il lui faut bien faire passer ses bateaux par cette entrée de la mer d’Azrov symbolisées par le pont de Crimée.

Mais même si vous admettez la justesse de la cause ukrainienne, que vient faire la loi martiale en Ukraine pendant deux mois et à 4 mois des élections ? La loi martiale n’aura aucun impact sur la marine ukrainienne, mais par contre il n’y aura plus d’élection possible et le semblant de démocratie existant sera muselé et verrouillé. Pour un pays qui n’a pas réussi à museler les démons de la corruption et de montrer la moindre transparence dans sa gestion,  cela ne va pas arranger les choses.

Quelques mauvaises langues  ne manqueront pas de dire que le pouvoir en place, qui au vu des derniers sondages n’a aucune chance d’être réélu,  va jouer les prolongations, en changeant les règles du jeu.

26 Novembre 2018

Le Retour de la guerre des 6 jours peut-il provoquer une nouvelle guerre? ?

En début d’année 2018 a été indiqué dans une note précédente que le « Retour » de la guerre des 6 jours était attendu durant la période 2018-2019.

En février la possibilité d’un tel retour n’était pas visible.

Les affrontements réguliers à la frontière Gaza-Israël depuis mars peuvent être considérés comme un signe avant-coureur de la réalité de ce retour.

Israël vient d’accuser les gardiens de la révolution iraniens d’avoir commandité les derniers tirs de roquette de Gaza vers Israël.

Cette possible extension du conflit si elle se concrétisait par d’autres incidents ailleurs qu’à la frontière de Gaza confirmerait ce retour attendu.

Si le « Cycle de guerre » est actuellement dans une phase d’atténuation rendant moins probable une nouvelle guerre israélienne, le « Retour attendu » peut être violent et provoquer une nouvelle guerre, même si le « Cycle des Guerres » est dans une période d’atténuation. Le « Retour attendu » pourrait être plus important que l’atténuation du « Cycle des Guerres »

Pour le moment, au 27 octobre 2018, le Retour attendu n’est ni marqué ni confirmé. Il ne le sera que si les violences n’étaient pas limitées à Gaza.

Cette confrontation quasi permanente entre Israël et Gaza s’entretient elle-même par le comportement des deux acteurs.  En passant son temps à menacer, à fermer les passages et étrangler Gaza économiquement et politiquement, Israël oblige les acteurs de Gaza à réagir et donc encourager les affrontements actuels. En laissant faire les affrontements à la frontière, les acteurs de Gaza encouragent Israël à l’escalade militaire.

Les 3 mois qui viennent pourraient être marqués par le « Retour »

27 octobre 2018

2018-2019: le Retour attendu de la guerre des 6 jours de 1967 dans le conflit Israélo-arabe

2018 est considéré comme une année charnière dans le devenir d’Israël dans le monde arabe.

Aucun événement n’est arrivé pour le moment qui justifie de lui donner cette importance, mais regardez bien ce qui va se passer et attendons 2019 pour le confirmer.

La guerre des 6 jours a été structurante pour la tranche d’Histoire de 1967 à 2018.

2018-2019 pourrait avoir la même importance pour les 25 années à venir.

L’affirmer est la simple prise en compte des « Retours du passé »

25 et 50 ans sont les  occurrences les plus probables d’un tel retour. Ce serait un retour de 50 ans.

Que se passera-t-il ? Pas forcément une guerre, mais un événement majeur …

Il peut se passer un « Retour positif », c’est à dire la même chose qu’il y a un peu plus de 50 ans, qui confirmerait la main-mise définitive d’Israël sur une série de territoires conquis militairement en 1967

Il peut se passer un « Retour négatif », c’est à dire l’inverse qui signifierait le début d’un processus de restitution des territoires occupés en 1967.

Il peut aussi y avoir simultanément ou alternativement  un « Retour positif » et un « Retour négatif ». Fin 2017, le « Retour positif » a commencé avec le transfert de l’ambassade US à Jérusalem. Au 24 février 2018, le « Retour négatif » n’a pas encore commencé. Il peut arriver durant l’année qui vient. La forme que prendra cet événement n’est pas encore clairement  définie, mais pourrait déclencher un processus qui permettrait de trouver à ces acteurs du conflit israélo-arabe un équilibre leur permettant de construire un avenir commun.

Quelle probabilité d’occurrence en 2018  ? Un peu plus de 50%: une chance sur deux qu’il soit une réalité, même si maintenant on ne voit rien de tel qui apparaisse clairement possible prochainement.

 

24 Février 2018

Ukraine 2018 semaine 5: cessez-le-feu en yoyo

Il en va ainsi depuis plusieurs semaines: montée progressive du nombre de violations et d’explosions jusqu’à un niveau insupportable.

Brusque accalmie provoquée par les acteurs locaux, suivie d’un relâchement progressif.

… et ainsi de suite.

Aucune avancée politique, aucune avancée dans le management du cessez-le-feu.

Les acteurs qui agissent réellement en provoquant de temps à autre une accalmie ne vont pas jusqu’au bout:  il n’en reste aucun système de supervision du cessez-le-feu crédible et pérenne. Cela tourne probablement autour des acteurs officiellement en charge de cette supervision du cessez-le-feu qui n’est pas vraiment géré.  Il y a des observateurs qui observent et  ????? Ce n’est pas clair qui agit. Les communiqués de l’OSCE ne sont d’aucune utilité pour savoir qui fait quoi en ce moment.

Cela peut durer ainsi des mois et même des années

29 janvier 2018

Quelques liens pour mieux comprendre:

Ukrainian news ( avec les communiqués quotidiens)

OSCE Ukraine Daily report

Cessez-le-feu et contrôle

 

Ukraine 2018 semaine 2: Retour à la situation antérieure à la dernière trêve

Cessez-le feu de Noël et du nouvel an: c’est déjà fini

Le cessez-le-feu qui a été instauré le 23 décembre par le Groupe de contact tripartite a provoqué une accalmie réelle pendant quelques jours, mais il n’y a déjà plus de différence avec la situation antérieure au 23 décembre

Le nombre de violations et d’explosions est redevenu très important : plus de 600 explosions le 11 janvier pour le seul secteur de Donetsk. 42 explosions pour le secteur de Luhansk le même jour ( voir rapport SMM du 12 janvier sur la journée du 11 janvier)

 

Pourquoi  cette trêve a-t-elle été si courte ?

Difficile de savoir précisément, mais le départ des officiers russes du JCCC doit y être pour quelque chose. Jusqu’à leur départ, on voyait régulièrement, tout les 3 ou 4 jours, une situation un peu plus calme, comme si certains acteurs rappelaient aux composantes militaires locales qu’il y avait un cessez-le-feu. Plus rien de tout cela, cela donne l’impression que la moindre bavure provoque une escalade.

La situation est conforme à ce que disent les observateurs SMM: ils observent, et n’agissent pas. La simple observation n’a jamais suffi à ramener un cessez-le-feu entre des composantes peu disciplinées.

Et il n’y a plus personne pour tenter de calmer les esprits contre l’avis des acteurs de l’OSCE.

Jusqu’à quand ? Comme d’habitude, quand cela atteindra des proportions inquiétantes (plus de 1000 explosions par jour), tout ce beau monde reproposera une nouvelle trêve qui ne sera pas beaucoup plus respectée que les précédentes, puisque les acteurs en charge de la supervision du cessez-le-feu considèrent que ce n’est pas leur rôle de faire quoi que ce soit, mais simplement d’observer.

Regarder un incendie n’a jamais suffi à l’éteindre, mais les doctes experts de l’OSCE considèrent que leur seul rôle est d’observer: ils observent la dégradation de la trêve. Le résultat est à la hauteur de ce qu’ils font: observer.

 

13 janvier 2018

Quelques liens pour mieux comprendre:

Ukrainian news ( avec les communiqués quotidiens)

OSCE Ukraine Daily report

Cessez-le-feu et contrôle

 

Ukraine 2018 semaine 1 : Pourquoi le cessez-le-feu est-il respecté dans le secteur de Luhansk?

Cessez-le feu de Noël et du nouvel an: une nouvelle accalmie

Le cessez-le-feu qui a été instauré le 23 décembre par le Groupe de contact tripartite a provoqué une accalmie réelle.

Le nombre de violations et d’explosions est équivalent à ce qui a été constaté fin août 2017- début septembre 2017 au moment de la mise en place de la trêve de la rentrée scolaire.

Le nombre d’explosions journalières est généralement inférieur à 100.

Le nombre d’attaques signalées journalièrement par l’armée ukrainienne est faible (généralement inférieur à 10), montrant une volonté de les minimiser.

Mais cela reste une simple accalmie

Pourquoi le secteur de Luhansk est-il très calme, presque un cessez-le-feu ?

Il y a un contraste saisissant entre le secteur de Luhansk et le secteur de Donetsk. Le premier est très calme, le second reste chaotique.

Le premier donne l’impression d’être contrôlé, le second ne l’est pas et ne semble pas être prêt d’être contrôlé. Pourquoi ?

  • les combattants du secteur de Luhansk sont-ils plus disciplinés pour respecter  le cessez-le-feu ?
    Probablement, mais cela ne correspond pas à des informations prises en compte par les observateurs OSCE dans leurs rapports.
  • Y a-t-il une coordination institutionnelle entre les combattants séparatistes LPR et l’armée ukrainienne dans ce secteur ?
    La proximité du centre JCCC qui jouxte le secteur de Luhansk permet de considérer cette hypothèse comme légitime, mais là encore les rapports des observateurs OSCE ne disent rien sur un tel sujet: les rapports ne décrivent jamais autre chose que les seules actions des observateurs OSCE. Ces rapports sont « OSCEcentriques », incapables de décrire une autre réalité que la leur.

Le secteur de  Donetsk n’est toujours pas correctement contrôlé

Pourquoi ?

Les hypothèses sont les suivantes:

  • les combattants DPR sont peu entrainés, peu structurés et peu disciplinés
    Cela paraît une évidence mais là encore les rapports SMM ne permettent pas de le mettre en évidence.
  • Il n’y a pas de coordination institutionnalisée entre les combattants DPR et l’armée ukrainienne
    Cela paraît une évidence mais cela fâche les acteurs qui le nient et prétendent même que cela ne servirait à rien
  • Les observateurs OSCE se contentent d’un rôle d’observation sans jamais interagir avec les composantes armées du secteur de Donetsk
    Cela paraît une évidence mais institutionnellement les observateurs SMM n’utilisent jamais en temps réel leurs observations ( c’est à dire dans l’heure qui suit l’incident) et mettent leur point d’honneur à ne faire aucune investigation. Conclusion : ils ne savent pas exactement l’origine des incidents et se refusent à enquêter immédiatement dans l’heure qui suit : ils enquêtent sur des traces qui remontent à plusieurs jours, voire semaines, ce qui ne sert à rien)

Malheureusement les acteurs officiellement en charge de la supervision du cessez-le-feu ne sont pas de grande utilité pour confirmer l’une ou l’autre hypothèse.

Conclusion :

Ce qui est certain c’est que ce n’est qu’une simple accalmie, pas un cessez-le-feu, le dispositif mis en place se révélant inadapté pour superviser un cessez-le-feu. C’est une grande utopie, dans le cas de combattants indisciplinés, que de croire qu’il suffit d’observer pour maintenir un cessez-le-feu.  Cela ne pourrait marcher qu’avec 2 armées disciplinées, ce qui n’est pas le cas en Ukraine. Au minimum il faudrait passer son temps à vérifier avec les combattants sur place ce qui se passe et leur  rappeler ce qu’ils doivent faire. Les informations dont je dispose ne permettent pas de confirmer qu’un tel minimum existe. Peut-être dans le secteur de Luhansk,  mais pas dans le secteur de Donetsk.

4 janvier 2018

Quelques liens pour mieux comprendre:

Ukrainian news ( avec les communiqués quotidiens)

OSCE Ukraine Daily report

Cessez-le-feu et contrôle

 

Ukraine semaine 52: ça bouge

Un nouveau cessez-le-feu  a commencé le 23 décembre

Cela fait maintenant partie des traditions. A l’occasion d’une fête ou d’un événement, le groupe de contact tripartite instaure un cessez-le-feu, jusqu’à ce qu’il s’effondre à nouveau et on recommence : une petite accalmie gagnée.

Pour les premiers jours, il est à peu près respecté. Comme d’habitude chacun accuse l’autre des violations constatées.

Les observateurs SMM  ont bien vérifié que le cessez-le-feu a été retransmis par les différentes hiérarchies, mais on ne voit pas de système de supervision permanent. Probablement un simple système d’observation passif, avec la confusion habituelle : il suffit d’observer pour croire qu’on agit.

Le plus étrange est que le retrait des officiers russes du JCCC n’a aucun impact visible sur le cessez-le-feu. On aurait pu supposer qu’ils étaient partiellement responsables du fait que les cessez-le-feu tenaient mieux dans la région de Luhansk. Pas vu de différence!

Le secrétaire d’Etat américain est en retard d’un métro: il vient d’exhorter les russes a  baissé le niveau de violence en Ukraine alors que depuis quelques jours le niveau est le plus bas depuis plusieurs mois. Est-il informé de ce qui se passe en temps réel ? Un retard à l’allumage, visiblement.

Echange de prisonniers

Le 27 décembre, il y a eu un échange de prisonniers entre les séparatistes et l’Ukraine, par le biais de la Russie, avec apparemment une implication directe de Poutine et du président ukrainien. Du jamais vu : 73 prisonniers ukrainiens libérés par les séparatistes contre 233 libérés par l’Ukraine.

Vont-ils ressusciter un processus moribond ?  A suivre

28 décembre 2017

Quelques liens pour mieux comprendre:

Ukrainian news ( avec les communiqués quotidiens)

OSCE Ukraine Daily report

Cessez-le-feu et contrôle

 

Ukraine semaine 51: en attendant un autre système de supervision du cessez-le-feu

Depuis la semaine 41, il n’y a plus de statistiques sur ce site à propos de l’Ukraine.

La raison de cet abandon est que les données de base utilisées manquent de rigueur et ces statistiques n’ont pas été prises en compte ni utilisées à notre connaissance. De plus les remarques et questions vers les responsables des rapports SMM quotidiens ne sont pas correctement traités, comme si ces responsables de la communication avec  les media et le public ont des choses plus importantes à faire que simplement prendre en compte les questions et remarques qui leur sont adressées.

Cela aurait du être et devrait être le travail normal de l’OSCE en Ukraine dans le cadre de la SMM mais il n’y a aucune statistique publiée équivalente. Même les définitions utilisées par l’OSCE pour compter les violations de cessez-le-feu sont opaques, inconnues pour ceux qui ne sont pas dans les quelques initiés locaux.

Quant à leur poser des questions sur leurs définitions: ils ne répondent pas. Ce sont les seuls à savoir, le public étant là simplement pour jouer la claque et applaudir à leur action.

Pour résumer ce qui se passe en Ukraine depuis la semaine 41

Les violations et explosions sont à un niveau à peu près 2 fois supérieur à celui de la semaine 41, qui lui même était 2 fois supérieur à celui de la semaine 37.

Le niveau des violations et explosions est similaire au niveau du premier semestre 2017. Il n’y a pas de données statistiques faites sur le long terme pour le confirmer, mais c’est ce qu’il apparaît après une analyse rapide.

Les officiers russes quittent le JCCC (Joint Centre for Control and Coordination)

Ce centre de contrôle parallèle au SMM (Special Monitoring Mission to Ukraine) de l’OSCE est une instance purement ukraino-russe. Elle avait un rôle mais son intégration dans un dispositif global ne s’est jamais faite complètement.

C’était apparemment le seul organisme capable d’agir, à certains moments, sur les acteurs militaires sur le terrain. Les observateurs SMM de l’OSCE se contentant d’être de simples observateurs, à la première escalade sérieuse  nous ne pouvons prévoir s’il y aura quelqu’un pour modérer les acteurs sur le terrain.

Le JCCC est mort, vive le JCCC.

De toute façon, un organisme non intégré n’est pas une  solution.  Il y a toujours besoin de correspondants militaires auprès de chaque camp mais il faudrait au moins une structure de supervision pour les gérer.

Le principe du JCCC était louable, la réalité a été plus discutable. Quand les officiers ukrainiens et russes recomptaient chacun dans leur coin les violations et publiaient chacun un décompte incohérent de l’autre, y avait-il une valeur ajoutée ? Non

Pour tous les secteurs à déminer, la signalisation, les contacts avec les militaires et milices, ils étaient utiles et devront être remplacés par d’autres acteurs venant du monde militaire, quel que soit leur pays d’origine.

Il faudra  créer la fonction d’officiers de liaison et les gérer sans recréer un organisme qui vit sa vie dans son coin.

Une trêve de Noël ?

Il y en aura bien un qui va en proposer une mais les acteurs auront-ils intégré leurs échecs et accepteront-ils de faire différemment ? Joker, nous n’avons pas la réponse sans que les acteurs se prononcent eux-mêmes sur ce qu’ils vont faire et pourquoi ils le font .

Le « Cycle des Guerres » a-t-il une influence ?

L’aggravation des violations de cessez-le-feu coïncide avec une période assez agitée au niveau international: Relance des tensions israélo-palestiniennes suite aux déclarations de Trump, tensions Corée du Nord-USA. Malheureusement les données présentes ne sont pas fiables pour conclure à un lien de cause à effet. Contrairement à 2014 où plusieurs guerres ont commencé dans une période de quelques semaines, il n’y a pas de guerre qui commence mais différents foyers de tension qui se réveillent. Nous ne pouvons pas conclure que le « Cycle des Guerres » a une influence dans cette période. Cela relève plutôt de la coïncidence.

Quelle perspective ?

Les responsables officiels du processus de Minsk ont un profil bas: personne ne s’exprime, personne ne fait le point.

Les ukrainiens et les russes suivent chacun leur chemin différent en proposant des casques bleus de  l’ONU avec des missions différentes. Ces casques bleus ne règleront rien ( que ce soit à la mode russe ou ukrainienne) mais cela pourrait être mieux que le vide qui s’installera après la disparition programmée du JCCC.

Il serait bon de tout remettre à plat et de remplacer tous les dispositifs actuels par un seul. Une mission civile aurait pu réussir si elle ne croyait pas naïvement qu’il suffit d’observer pour régler le problème. L’échec qui en résultera mettra probablement fin à des missions civiles de ce type qui n’ont pas su s’adapter à la réalité terrain et obligera les observateurs à descendre de leur tour d’ivoire: ils ont mis en œuvre des principes qui avaient un sens lorsqu’ils étaient appliqués dans un contexte où d’autres acteurs gèrent la sécurité au jour le jour (Ex: Hébron où les observateurs n’avaient aucun rôle sur la sécurité quotidienne qui était prise en charge par d’autres acteurs locaux). Dans le cas présent, il faut considérer que cela relève d’un échec  qu’il faut espérer ne jamais reproduire: à quoi sert l’OSCE s’il ne sait pas empêcher une guerre et mettre fin à cette guerre. Le SMM a commencé sa mission avant que n’éclate la guerre du Donbass. Le SMM a continué imperturbablement sa mission comme si de rien n’était.

Des casques bleus ou des composantes sécuritaires internationales auront un avantage: ils feront naturellement ce que les observateurs SMM ont toujours refusé de faire et qu’ils n’auraient pu faire qu’avec le JCCC, c’est à dire gérer les composantes armées localement en prenant contact avec elles (avec ou sans officiers de liaison).

Cela pourrait provoquer un répit permettant de geler complètement ce conflit, sans rien règler.

De toute façon, ce serait le bon moment pour mettre un coup de pied dans la fourmilière sans trop de soucier des conséquences en haut lieu.

 

19 décembre 2017

Quelques liens pour mieux comprendre:

Ukrainian news ( avec les communiqués quotidiens)

OSCE Ukraine Daily report

Cessez-le-feu et contrôle