Tous les articles par admin-jbr

Ukraine semaine 6 : quels enseignements de la dernière flambée de violence qui ressemble à une reprise de la guerre ?

En semaine 4 avait été publié une note le 24 janvier. Tout paraissait calme. Cette note fut modifiée le lendemain 25 janvier, indiquant un risque d’escalade sur la base des informations des 2 jours précédents, avec une montée nette de la violence

Cette escalade s’est confirmée en particulier dans la nuit du 28 au 29 janvier qui  a été le point de départ de cette dernière escalade.

Aujourd’hui 6 février, le cessez-le feu n’a pas été vraiment rétabli.  Les informations disponibles de l’OSCE indiquent pour le 3 février plus de 3000 explosions dans la région de Donetsk.

Durant l’année 2016, les  niveaux de violence ont été surveillés pour vérifier l’une des affirmations de l’essai de modélisation du déclenchement  des guerres.

L’ensemble des causes s’accumulent et peuvent devenir supérieures à un seuil de déclenchement de guerre.
La violence est différente avant et après le seuil de déclenchement de guerre. Après le franchissement de ce seuil, la guerre donne l’impression de s’auto-alimenter. La guerre contribue elle-même à son extension. Autrement dit, une fois franchi le seuil de déclenchement de guerre, le niveau de violence devient tout de suite beaucoup plus important.

C’est ce qui donne l’impression de s’être passé. Nous sommes passés d’une réalité quotidienne de quelques centaines d’explosion à une escalade subite durant laquelle les observateurs SMM ne pouvaient même plus compter le nombre d’explosions puis enfin à un niveau quotidien qui semble osciller  autour de plusieurs milliers d’explosions par jour, comme si le seuil avait été franchi, et le niveau de violence mesuré restant très élevé, s’alimentant d’elle-même, une fois franchi ce seuil.

Les mesures locales données soit par les observateurs SMM soit par l’armée ukrainienne ne paraissent pas assez fiables pour mesurer ce seuil et ce dépassement.

Du coup les enseignements tirés de cet épisode de violence sont limités et ne pourront pas être utilisés comme élément de démonstration de cette partie d’étude. Il faudrait revoir complètement le système de mesure mis en place à l’OSCE et en Ukraine pour avoir un espoir d’avoir des données fiables et utilisables.

mis à jour le 6 février 2017

Quelques liens pour mieux comprendre:

Ukrainian news ( avec les communiqués quotidiens)

OSCE Ukraine Daily report

Cessez-le-feu et contrôle

Ukraine semaine 4 : accalmie passagère ou escalade?

Ce début d’année a été  relativement calme sur la ligne de front en Ukraine avec les séparatistes pendant quelques semaines.

Est-ce le froid qui calme les ardeurs des combattants ?  Ou la nouvelle présidence de l’OSCE qui a affirmé que l’Ukraine était sa priorité ?

Certes il y a toujours de violations du cessez-le-feu qui sont de l’ordre d’une centaine par jours suivant les rapports journaliers de l’OSCE, mais c’est relativement calme.

Le relatif désintérêt de Trump pour l’Ukraine et la possible lune de miel passagère entre Trump et Poutine fait que le premier semestre devrait être relativement calme.

L’Ukraine se trouve forcée de trouver en priorité une solution diplomatique plutôt que d’espérer une pression militaire des USA et de l’OTAN pour résoudre le problème.

Les russes ont même commencé à retirer une partie de leurs troupes, d’après des sources officielles ukrainiennes.

Cela pourrait être le moment de remettre à plat des accords inappliqués et inapplicables tels qu’ils ont été définis. Les aménager pour sauver la face ? Possible. Il faudrait d’abord vouloir trouver une vraie solution.

************************

Addendum du 25 janvier: du 22 au 24 janvier la situation s’est brusquement dégradée. Les violations recensées par l’OSCE se compte en plusieurs centaines ( 4 à 5 fois plus en 24h), les attaques recensées par l’armée ukrainienne ont aussi brusquement augmenté.

Escalade ? Trop tôt pour le dire. Cela oscille depuis des mois entre une centaine de violations par jour et plus de 1000 ( suivant les relevés OSCE qui ne relèvent que ce que les observateurs voient)?

mis à jour le 25 janvier 2017

Quelques liens pour mieux comprendre:

Ukrainian news ( avec les communiqués quotidiens)

OSCE Ukraine Daily report

Cessez-le-feu et contrôle

Qui succèdera à l’OTAN ?

La question n’est pas de savoir si l’OTAN sera un jour remplacé par une défense européenne, mais quand.

Ce jour viendra que ce soit dans 2 ou 50 ans.

Les propos de Trump ont décrédibilisé de façon durable l’engagement des Etats-Unis vis à vis de leurs alliés. Le ver est dans le fruit et sil fera son œuvre même si sont travail restera souterrain encore quelques années.

Entre le moment où les européens commenceront sérieusement à y penser et le moment où cela se traduira en actes, cela peut prendre longtemps. Certains diraient même que c’est un temps suffisant pour qu’un nouveau président américain arrive et tente de restaurer ce qui va devenir une méfiance grandissante.

L’OTAN continuera, certes, mais le cœur n’y est plus, peut-être même pour toujours.

Cela va donc être le moment de poser les fondements dont nous avons besoin.

D’abord le continent européen:

Avons-vraiment besoin d’une protection nucléaire américaine ?

Cela fait partie d’une vraie question. Nous avons aujourd’hui 2 puissances nucléaires en Europe: la Grande-Bretagne et la France.

Y a-t-il d’autres pays candidats européens ? NON et s’il y en avait il est vraisemblable que leurs opinions publiques ne l’accepteront pas. Si on posait globalement la question en Europe, il y aurait probablement une tendance forte pour un refus de toute arme nucléaire et la demande de dénucléariser tout le continent européen, Russie comprise.

 

De toute façon avant moins de 20 ans la question du nucléaire va se poser en ces termes.

S’il n’y a pas eu de guerre nucléaire, le dispositif nucléaire est un système dangereux, coûteux et probablement inutile

Il faut avoir la foi pour montrer que l’existence d’une système qui ne sera jamais utilisé assure la défense des pays nucléaires. C’est quand même stupide de faire des systèmes qui ne serviront jamais.

De plus les guerres actuelles ne sont pas gagnées par l’arme nucléaire mais par des moyens conventionnels ou un très grande puissance de feu traditionnelle ( missiles de croisière et autres).

S’il y avait une guerre nucléaire, personne ne croira plus que c’est un système fait uniquement pour dissuader

Cela va être un vrai dilemme qui risque de dynamiter les certitudes actuelles sur la dissuasion nucléaire.

D’ailleurs l’OTAN n’a pas vraiment de feu nucléaire. On peut en discuter longtemps mais je ne crois pas que les USA prennent le temps de consulter leurs alliés s’ils devaient utiliser l’arme nucléaire.

Alors ? Vouloir un parapluie nucléaire américain qui sera sous la  seule responsabilité du président américain comme D. Trump ?

Quels sont les vrais besoins de défense européens ?

  • Pouvoir contrôler l’espace maritime et aérien globalement et jusque dans l’ensemble de la méditerranée pour contrôler les flux migratoires,
  • Avoir un moyen de règlement des conflits des pays de l’ex URSS. Ces moyens demanderont autre chose que de simples observateurs: à ce  jour la mission de l’OSCE en Ukraine est un échec qui n’a même pas réussi à mettre en évidence de façon incontestable les intervenants sur place: ils se sont faits rouler dans la farine,
  • Avoir une défense adaptée aux menaces sur le continent européen,
  • Avoir une capacité d’intervention internationale pour défendre ses propres intérêts

 

 

A la question de Trump: « we want our money back », les européens lui donneront-ils l’argent qu’il attend ou lui diront-ils : gardez votre argent et le reste ? Pas sûr de ce qui va en sortir: à force de vexer et humilier les dirigeants de tout bord, Trump va peut-être réussir ce que les européens n’ont pas encore réussi: provoquer, malgré lui, la construction d’une Europe Politique qui s’affirme.

Pour résumer : « Make Europe Great again« . Tout un slogan qui sent un peu le soufre. Si on ne peut plus rire, où allons-nous ?

18 janvier 2017

Pour mieux comprendre le point de vue américain, lisez ce qui suit de George Friedman.

Pour certains américains, l’OTAN ne sert plus à rien, simplement parce que les européens ont refusé de faire les guerres des U.S.

 

 

Jan. 18, 2017

 

By George Friedman

 

NATO and the United States

 

The president-elect has pointed out a reality many choose to ignore.

 

President-elect Donald Trump deeply upset the Europeans by raising the possibility that NATO is obsolete and that the European Union is failing. This is not the first time these issues have been raised. Many in the United States have raised questions about Europe’s commitment to NATO and to its relationship with the U.S. Many Europeans also have made the observation that the EU is failing. What Trump has done is simply bring into the open the question of Europe’s relationship with the U.S.

This question has been on the table for 25 years, since the Soviet Union collapsed. NATO was an alliance with a single purpose: to protect Western Europe from a Soviet invasion. That was a clear and understandable goal in the interest of all concerned. The military structure that was created was directed toward that end. And it reflected the relative economic and military strength of each party at the time of NATO’s founding. The Europeans bore the geographical risk. Any war would be fought on their territory, and their forces would face the first wave of an attack. In the long term, American reinforcements, air power and, in an extreme case, nuclear weapons would protect Europe. The foundation of the relationship was that Europe, with the best will, could not afford to build a sufficient defensive force. The U.S. was the indispensable force that could deter and defeat a Soviet attack.

The basic structure of NATO did not change in 1991. What happened was an expansion to include the former Soviet satellite states and the Baltic states. Little military consideration was given to that expansion. Europe no longer faced a military threat. The motive behind the expansion was to bring these countries into the framework of the Western defense system to give them confidence in their independence and help support the development of democracies on the Continent.

The motivation was roughly the same as for expanding the EU. The bloc was primarily an economic entity. It expanded its membership without serious thought to its economic mission. Simply being an EU member was believed to enhance prosperity, so that even the economically weakest countries would become robust after attaining membership. The real motive was to expand the EU as far as possible, to integrate as much of Europe as possible into the political and social culture that the union guaranteed. As with NATO, EU expansion had less to do with the EU’s primary mission than with political and ideological factors.

The EU question is ultimately a European problem. The U.S. can’t save it, and it won’t collapse because of American opinion. Here, the Europeans must take responsibility for what happens. But NATO is the North Atlantic Treaty Organization. It includes Canada and the United States. It is an alliance, and the U.S. has important and legitimate interests.

For 25 years, the fundamental question regarding NATO was not raised in polite company – that is, in the company of NATO countries’ leadership. That question, from the American point of view, divides into three parts. First, with the Soviet Union gone, what is NATO’s purpose? Second, how does NATO serve the American national interest? Third, given the fact that the EU has almost as large a GDP and almost 200 million more people than the U.S., why isn’t Europe’s collective contribution to NATO’s military capability larger than the U.S.’? By contribution, I don’t simply mean money, but a suitably large, trained and equipped force able to support the wars that are being fought now.

 

 

The automatic answer to the first question is that NATO’s purpose is to guarantee its members’ security. On the second question, it can’t be argued that NATO has served American interests since 1991. For the last 15 years, the U.S. has been engaged in wars in Afghanistan, Iraq and other Muslim countries. Whether wise or not, these wars have been waged to different degrees under both Republican and Democratic administrations. NATO is a military alliance and one of its members, the United States, has been involved in wars for 15 years. NATO as an institution has not devoted anywhere near the military force it could afford to any of these wars.

It is true that NATO’s area of responsibility is focused on Europe, and the U.S.’ current wars are outside of this area. But from the American point of view, maintaining an alliance with a region where large-scale warfare is unlikely makes little sense. The place where the U.S. needs a large commitment from allies is outside of Europe. NATO must evolve with the needs of its members, and if it can’t, it can be seen (as Trump put it) as obsolete, an alliance created to fight a war that will not happen, and unable to fight a war that has happened.

It is certainly true that NATO committed itself to fighting in Afghanistan. Many countries sent contingents. Some, like the Germans, were not permitted to engage in offensive operations, others were too small to be anything more than symbolic. Everything taken together was insufficient to affect the strategic balance on the battlefield. They were there in spirit, but wars are fought with large numbers of troops and equipment. This brings us to the third question – the size of the European force. A military alliance requires a military, and many European countries, in times of prosperity as well as constraint, have chosen not to create a force large enough to support American interests. Their unwillingness to do so has created a reality, which is that even when NATO commits to fighting alongside the Americans, European capabilities limit their contribution to the margins.

NATO chose not to support the American invasion of Iraq in 2003. This may well have been wise on its part. But the reality was the following. The U.S. was attacked on 9/11. The initial response was in Afghanistan. The U.S. chose to carry out a follow-on action, in the same conflict, in Iraq. The NATO alliance refused to commit itself to this. Some members fought alongside the U.S., particularly Britain, along with some smaller countries. But France and Germany refused.

This was their right as sovereign states. But in exercising that right, they radically reshaped their relationship with the U.S. They would participate in a U.S.-led war if it was in their self-interests. The U.S. could not assume it would receive their automatic support. In that case, the question is what does an alliance with France, Germany and others mean? The issue is not what NATO’s charter says. That charter is obsolete and must evolve to account for new conditions. The issue also is not whether the U.S. was starting a new war in Iraq or continuing the one that began in Afghanistan. The diplomats can argue that as they wish. The issue is that the U.S. was engaged in wars for 15 years, and there was no automatic support from NATO or major European countries in those wars. The countries that wanted to participate fought, with as much or as little as they chose to send. Those that wanted to fight in one war and not the other did. And those that didn’t want to get involved in any wars or arranged to be unable to engage, fought in neither.

Nations have the right and obligation to carry out their foreign and military policies as they wish. But an alliance constrains nations to behave in a certain way given certain events. An alliance is a pooling of sovereignty. It is absolutely true that NATO wasn’t conceived to fight wars outside of Europe. Nor was it conceived as an organization where the primary military burden falls on the Europeans. But Europeans must face two facts. First, this is 2017, and the wars that matter to the U.S. are being fought in the Islamic world. Second, this is not 1955, and Europe is not struggling to recover from World War II. It is a wealthy region, and its military capabilities should be equal to those of the U.S.

There is a long argument to be had about the wisdom of U.S. policy in the Middle East. It may well be that those countries that limited their involvement in those wars made a wise choice. But that also means that there is no alliance in any practical sense. The U.S. was at war in two countries with multidivisional forces. Each NATO country sent what it chose to Afghanistan. Many chose not to go to Iraq.

This was not an alliance action, but individual European countries making the decisions that best suited them. That cannot be criticized, but this does not constitute an alliance. NATO is obsolete if it defines its responsibility primarily to repel a Russian invasion, especially since it refused to create a military force capable of doing that. It is obsolete in that its original mission is gone. It is obsolete in that it regards the U.S. as the guarantor of Europe’s security, when Europe is quite capable of incurring the cost of self-defense. If European nations are free to follow their own interests, then so is the United States.

When we step back from the argument between the U.S. and Europe on NATO, we see a broader reality. First, the European Union is fragmenting and that fragmentation necessarily affects NATO. Europe is in no position to undertake unanimously supported NATO operations. Nor is it in a position to incur the political costs of a massive military buildup. For the Europeans, NATO is important because it guarantees that, in the extraordinary circumstance of a European war, the U.S. is, under treaty, required to be there.

The United States has other interests. It is interested in preventing Russian hegemony over the European Peninsula, but the U.S. can effectively address that by placing limited forces in the Baltics, Poland and Romania. Just as the Europeans have devolved NATO into bilateral relations between the U.S. and each NATO member, the United States can do the same. Similarly, the U.S. can accept the status quo in Ukraine, written or unwritten. Kiev has a pro-Western government, the east is a de facto autonomous region, and the rights of ethnic Russians in Sevastopol are guaranteed by the Russians. The U.S. is not going to war in Ukraine, and Russia is not going to war there, either.

Trump’s approach to NATO has been forced on the U.S. by the Europeans and would be on the table with a different president. NATO doesn’t function as an alliance. It is a group of sovereign nations that will respond to American requests as they see fit. The U.S. understands this, and inevitably, the veil of good manners was going to be torn away. Someone was going to point out that NATO is obsolete. Trump happened to enjoy saying it.

But whether it is a tragedy or comedy, the matter can be summed up the following way. The Europeans are wondering if the U.S. will leave NATO. The U.S. is wondering if the Europeans will join NATO. Forgetting NATO, the question is this. What is the commitment of European countries to the United States, and what is the American commitment to Europe? It is not clear that there is a geopolitical basis for this commitment any longer. Interests have diverged, NATO is not suited to the realities of today, and the U.S.’ relations with European states differ from nation to nation, as do European nations’ relations to the United States.

 

The greatest compliment you can give us is a recommendation to your friends and colleagues. Please feel free to share this piece with anyone you think would enjoy reading it.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Syrie : quelle perspective de règlement russo-turque ?

Il est habile, après la victoire militaire d’Alep, d’imposer un cessez-le-feu et de lancer un règlement politique, mais aboutiront-ils ?

Le cessez-le-feu ?

Peut-il tenir et être durable s’il ignore plus des 2/3 des combattants opposés au régime syrien ? Les seules forces militairement crédibles sont exclues et ne rentreront pas dans ce jeu.

Au minimum  pour qu’il y ait un cessez-le-feu partiel qui fonctionne dans certaines zones, il faudrait :

  • un relevé cartographique des forces et des lignes de cessez-le-feu
  • un système de contrôle du cessez-le feu. Il peut être fait à partir de forces locales, mais il faut qu’il soit organisé pour pouvoir gérer les violations de cessez-le-feu

L’absence d’informations précises disponibles ne permet pas de savoir si quelque chose a été prévu allant dans ce sens. Les premières informations disponibles sont confuses. Les membres du Conseil de sécurité n’ont même pas eu la liste complète des composantes qui respectent le cessez-le-feu: fort probable que ce ne soit pas plus clair sur le terrain. A force de mettre des clauses incomplètes ou secrètes, ce qui devrait être appliqué n’est probablement même pas connu sur le terrain. Quant à un moyen de contrôle du cessez-le-feu, personne ne l’a évoqué officiellement.

voir quelques principes pour un cessez-le-feu

Le règlement politique ?

Pouvons-nous obtenir un règlement politique en ignorant la communauté sunnite et en proposant de remplacer un alaouite par un autre ? NON

Si les gesticulations diplomatiques actuelles ouvraient une vraie perspective pour les autres communautés et surtout les sunnites, alors il y aurait un espoir de règlement.

Préparer une transition crédible du pouvoir syrien et trouver un acteur qui applique cette transition serait un bon début.

Mais que sortira-t-il de ces négociations qui excluent de nombreuses composantes syriennes et les kurdes ? Même si l’accord paraissait juste il risque d’être  inaudible et donc partirait avec un handicap majeur qui rendra problématique son application.

Attendons la suite : ce qui se prépare est mieux que rien, mais pas très encourageant.

31 décembre 2016 mis à jour le 1 janvier suite à réunion du Conseil de sécurité

Quel sera l’effet Trump sur les guerres en cours en 2017 ?

Probablement l’imprévisibilité assurée dans un premier temps, mais pas forcément pour le pire.

Il y a toujours ce que disent les candidats aux plus hautes fonctions et ce qu’ils font. Nous verrons certainement quelques virages à 180°, mais nous ne savons pas sur quels sujets.

Paradoxalement cela ne devrait pas déclencher d’escalade immédiate, au contraire.

Il faudra attendre le second semestre 2017, qui est théoriquement le plus périlleux à venir, pour confirmer les tendances:

  • désengagement européen accentué: implication peu probable dans le conflit ukrainien.
  • OTAN : les alliés doutent. Les européens iront-ils jusqu’à se définir une défense européenne? L’absence et les problèmes de gouvernance européenne fera qu’il y a peu de chance que cela se transforme en réalité, quelles que soient les idées qui surgissent.
  • exacerbation du conflit israélo-arabe par un soutien partisan d’Israël et un rejet accentué de la position américaine
  • possible alliance russo-américaine contre L’État Islamique en laissant les problèmes politiques entiers en Syrie et Irak
  • tensions probables en Asie
  • Isolationnisme et désengagement de l’ONU avec probable crise des institutions internationales, accentuée par l’activisme unilatéral de la Russie. Cette crise est latente mais a été masquée ces dernières années. Il n’y a déjà pas grand chose qui fonctionne dans le règlement des conflits à l’ONU, cela ne renforcera pas l’efficacité de l’ONU sur ce sujet.
  • Perte probable du leadership reconnu des USA sur de nombreux sujets
  • Probablement la seule période à venir où nous pourrions voir surgir des accords russo-américains à contre-courant de la pensée générale. Mais une alliance conjoncturelle russo-américaine représente-t-elle un pouvoir mondial avec l’émergence de la Chine et de l’Inde ? C’est un peu passé cette époque où rivalités et alliances entre ces deux puissances faisaient la pluie et le beau temps sur terre.

31 décembre 2016 mis à jour le 1 janvier 2017

Ukraine semaine 52 : la trêve de Noël partielle

En semaine 51 , un cessez-le- feu avait été annoncé pour le 24 par le groupe de contact tripartite.

Dans un premier temps, la partie ukrainienne a annoncé un arrêt des hostilités le 24 décembre à 0h et les séparatistes ont confirmé le cessez-le-feu pour le 24 à minuit.

Le niveau de violence semble être resté équivalent dans un premier temps avant et après le cessez-le-feu faute d’information fiable puisque depuis le 22 décembre il n’y avait aucune information disponible de la part des observateurs SMM qui sont probablement en vacances, au moins pour le reporting.

A la reprise des rapports journaliers du SMM, une décrue a pu être constatée.

Il doit y avoir de l’ordre de 100 à 200 violations journalières et encore plus d’explosions.

Cessez-le-feu à l’ukrainienne: c’est à dire pas de vrai cessez-le-feu, simple pause passagère.

Les informations  données tous les jours par les autorités ukrainiennes ne servent plus à mesurer le niveau de violence: elles varient peu ( entre 25 et 45 par jour) alors que le nombre d’explosions recensées par le SMM peut varier d’un facteur 10. C’est général dans ce conflit: les données ne sont pas fiables. Elles ne sont pas synthétisées sous la forme d’un niveau de violence par le SMM et n’intègrent pas ce qui n’est pas vu par le SMM et elles sont tellement synthétiques du côté ukrainien qu’elles ne signifient plus grand chose. Elles étaient supposées indiquer le nombre d’attaques journalières, mais si ce nombre d’attaques varie peu alors que les explosions varient beaucoup, on ne peut pas en tirer grand chose, si ce n’est qu’il n’y a toujours pas de vrai cessez-le-feu respecté.

mis à jour le 30 décembre 2016

Quelques liens pour mieux comprendre:

Ukrainian news ( avec les communiqués quotidiens)

OSCE Ukraine Daily report

Cessez-le-feu et contrôle

Conflit Israélo-arabe : une solution à 2 Etats a-t-elle encore un sens ?

Le psychodrame engendré par la résolution 2334 du Vendredi 23 décembre 2016 permet de s’interroger légitimement s’il y a encore un espoir d’une solution à 2 États.

Cette résolution 2334 n’a fait que redire une fois de plus ce que l’ONU, les USA et d’autres pays comme les pays européens ont toujours dit: « La colonisation par Israël n’a aucun fondement légal et n’en aura jamais aucun ».

Est-ce réaliste de croire à une solution à 2 États si un État se réserve le droit de faire ce qu’il veut, quand il le veut, dans l’autre État ?

Non, mais la fin de la colonisation par Israël ne suffira pas à relancer sérieusement une négociation.

Il y a un autre point de blocage qui ne concerne pas la colonisation par Israël: les deux territoires restitués par Israël ces dernières années, à savoir le Sud-Liban et Gaza, n’ont pas permis , dans l’un et l’autre cas, d’en faire un modèle de coexistence au cas où Israël déciderait de quitter la Cisjordanie ou/et le Golan.

Ce point est sous-estimé par les adversaires d’Israël et mal géré par Israël. Il ne suffit pas de tenter d’asphyxier économiquement Gaza comme le fait Israël pour croire qu’il va en découler magiquement une solution. Israël ne sait pas se comporter autrement que par un rapport de force sans partage, et ne sait donc pas favoriser une possible coexistence.

Les palestiniens aussi ne savent pas construire leur avenir: cette situation de pourrissement dans et autour de Gaza bloquera toute avancée vers une solution à 2 États aussi sûrement que la colonisation sans limite d’Israël dans des territoires qui ne lui appartiennent pas.

Et s’il n’y a pas de solution 2 Etats, de quoi peut être fait l’avenir ?

C’est une bonne question mais il n’y a pas de réponse magique autre qu’une liste d’impasses qui permettent de gagner un peu de temps et qui ne sont que le moyen de reculer un peu avant de sauter dans le vide ou une nouvelle grande explosion.

Il y a quelques années avait été écrit un manuscrit « Jérusalem  connaitra-t-elle une paix durable ? ». Le manuscrit a bien évidemment été refusé par les éditeurs : il est disponible sur la page « documents disponibles » à laquelle vous pouvez aller en cliquant  ici. Le climat conjoncturel révélé par le psychodrame de la résolution 2334 n’encourage pas la recherche de la moindre solution: il n’est donc pas jugé utile d’actualiser cette proposition. ce manuscrit avait été écrit principalement en 2010 en se demandant s’il y aurait un moyen d’éviter une explosion 2014-2017 attendue d’après le « Cycle des Guerres« . Ceci n’a pas empêché la guerre Gaza-Israël de 2014 et n’empêchera pas la prochaine explosion à venir.

Il n’y a plus qu’attendre le coup de grâce que ne manquera pas de donner Trump à une possible solution à 2 États. En acceptant officiellement que Jérusalem soit israélienne et indivisible  du côté israélien), comme il l’a affirmé publiquement durant sa campagne, Trump enterrera le projet à 2 États et allumera la mèche d’un tonneau de poudre dont il n’a pas encore conscience.

Jérusalem a été historiquement Juif, Chrétien, musulman. Vouloir prétendre qu’elle ne serait que juive amènera un jour à prétendre qu’elle est uniquement musulmane ou chrétienne. C’est une vue à court terme que de croire qu’il suffit d’ignorer 2 millénaires d’histoire et les autres composantes pour y trouver une solution éternelle qui sera définitivement provisoire, même si elle devait durer quelques dizaine d’années, voire un siècle au  maximum.

Le 26 décembre 2016

Ukraine semaine 51 : Escalade pouvant conduire à la reprise de la guerre

Escalade

Dimanche dernier,  à Svitlodarsk-Debaltseve (environ 50 km au Nord-Est de la ville de Donetsk) ont commencé des incidents majeurs qui ne se sont pas arrêtés depuis. Les raisons ne sont pas très claires : pour l’Ukraine, ce sont des commandos qui ont commencé à vouloir infiltrer les lignes et qui ont été violemment repoussés par l’armée ukrainienne, mais c’est une zone qui aurait du être évacuée par les séparatistes d’après les accords de Minsk et que les ukrainiens ont peut-être décidé de reprendre puisque les négociations n’ont pas abouti.

Le rapport SMM du 22 décembre au soir fait état de 1600 explosions recensées pour la seule région de Donetsk + 169 dans la région de Luhansk dans la journée du 21 décembre.

Le rapport SMM du 23 décembre au soir fait état de 2300 explosions recensées pour la seule région de Donetsk + 330 dans la région de Luhansk dans la journée du 22 décembre.

Le « cessez-le-feu » est redevenu une simple fiction.

 

Cessez-le-feu du 24 décembre ? Est-ce bien sérieux ?

Dans le même temps le Groupe de contact tripartite a annoncé  un cessez-le-feu qui devrait entrer en vigueur le 24 décembre.

Faut-il interpréter cette escalade comme une poussée de fièvre qui précède un énième cessez-le-feu ?

… ou comme le fait qu’il est trop tard et que la guerre ukrainienne vient d’être relancée ?

Difficile de savoir, mais ce qui est sûr c’est que l’embryon de coopération entre le SMM (OSCE) et le JCCC (coordination militaire ukraino-russe) n’a plus aucun effet. A peu près une vingtaine de tentatives de réinstaurer un cessez-le-feu sur la seule journée du 21 décembre. Autant dire qu’ils n ‘ont plus de prise sur les événements en cours.

mis à jour le 23 décembre 2016

Quelques liens pour mieux comprendre:

Ukrainian news ( avec les communiqués quotidiens)

OSCE Ukraine Daily report

Cessez-le-feu et contrôle

Poussée de violence en Ukraine, Assassinat de l’ambassadeur russe, Attentats de Berlin : Quel lien ?

En 48 heures nous avons eu:

  • Dimanche 18 décembre : grave incident entre l’armée ukrainienne et les milices séparatistes à Svitlodarska Duha, le plus sérieux épisode militaire depuis de nombreux mois
  • Lundi 19 décembre: assassinat de l’ambassadeur Russe en Turquie
  • Lundi 19 décembre: attentat terroriste sur un marché de Noël à Berlin

Y a-t-il un lien ou des éléments pour démontrer un pic de violence  et un facteur externe qui le provoquerait?

A priori non. On constate implicitement un pic de violence, mais il n’est pas « mesurable » et démontrable.

Il est habituel, après une issue militaire violente comme l’épisode de la chute de la ville d’Alep en Syrie, de voir apparaitre sur des conflits sans rapport des poussées de violence, mais on ne sait pas dire si c’est la communication de la violence dans les media qui aurait un effet indirect ou si c’est significatif d’un facteur externe inconnu qui favoriserait en même temps des violences.

Par exemple, on pourrait imaginer une activité solaire significative qui favoriserait ces violences. Après vérification, il n’y a eu aucune activité solaire significative ces derniers jours, et si ce n’est pas le soleil, on ne voit pas quel facteur externe pourrait avoir un effet.

Seul l’assassinat de l’ambassadeur Russe est directement lié au contexte régional et aux violences de la guerre à Alep. L’assassin s’est réclamé de ce qui s’est passé à Alep pour justifier son acte.

Conclusion : Ces violences presque simultanées sont un simple hasard, qui ne démontre rien du phénomène d’amplification des violences du « Cycle du Retour ». Il n’y a rien d’immédiatement mesurable pour une telle démonstration. Cela relève de la simple « impression » qui n’est donc que subjective.

20 décembre 2016

Ukraine semaine 49 : désescalade et impasse totale

Désescalade

Le niveau de violence d’aujourd’hui est le plus bas depuis la trêve de début septembre.

Les autorités ukrainiennes ont annoncé  ce matin 15 attaques, ce qui doit correspondre à quelques centaines d’explosions autour de la ligne de front d’après les rapports SMM de l’OSCE.

Si le fait que les media n’en parlent plus quotidiennement peut laisser croire qu’il y aurait un véritable cessez-le-feu en vigueur, sans aucun incident, ceci n’a pas été le cas depuis l’instauration du premier cessez-le-feu en septembre 2014.

Il y a une désescalade relative sur la ligne de front depuis ces derniers jours.  Il est vraisemblable qu’elle sera passagère, aucun changement visible n ‘étant perceptible, et les fondamentaux permettant d’aboutir à un vrai cessez-le-feu ne paraissent pas en place.

Impasse totale

Russes et ukrainiens n’ont pas réussi à proposer et accepter une « Roadmap » pour laquelle ils s’étaient engagés à en fournir une avant fin Novembre.

L’impasse est totale. Aucun des sujets agréés à Minsk 1 et Minsk 2 n’a complètement abouti:

  • pas de vrai cessez-le-feu en vigueur. Juste un ersatz de cessez-le-feu, avec une violence variable entre quelques centaines et plus d’un millier d’explosions journalières recensées
  • pas d’aboutissement complet des échanges de prisonniers
  • incapacité de l’OSCE d’identifier précisément les forces étrangères et mercenaires combattantes en Ukraine
  • pas de contrôle efficace de la frontière ukraino-russe
  • transformation progressive de la ligne de contact interne à l’Ukraine en nouvelle frontière de l’Ukraine

Et tous les intervenants officiels passent leur temps à se congratuler sur l’efficacité de leurs actions, sur la justesse des accords de Minsk . Seul hic : plus de deux ans après le premier accord de Minsk, pratiquement rien n’a changé sur le terrain, et cela personne ne le rappelle.

Qu’en penser ? Pour être politiquement et diplomatiquement correct il est préférable de ne rien en dire: quelles que soient les propositions qui seront faites, il ne se passera rien. La négociation affiche un électroencéphalogramme  plat.

9 décembre 2016

Quelques liens pour mieux comprendre:

Ukrainian news ( avec les communiqués quotidiens)

OSCE Ukraine Daily report

Cessez-le-feu et contrôle