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Ukraine semaine 30 : le cessez-le-feu de la moisson n’a pas eu lieu – Que faire pour arriver à un cessez-le-feu qui tienne ?

Le cessez-le-feu de la moisson est officiellement entré en vigueur le 24 Juin à minuit.

Un calme relatif s’est instauré: probablement la période la plus calme depuis septembre 2014.

Mais il n’y a pas eu de cessez-le-feu ni de journée sans aucune violation.

… et ce n’est pas demain la veille que cela aura lieu.

Pourquoi ?

Des cessez-le-feu qui ne tiennent pas, à répétition, sont classiques dans les guerres qui se déroulent à l’intérieur d’un Pays.

 

Causes classiques de ces cessez-le feu qui ne tiennent pas 

  • A – Pas d’accord de base véritablement accepté entre les acteurs,
  • B – Cessez-le-feu annoncé avant même d’être communiqué aux composantes militaires,
  • C – Non retransmission de l’ordre de cessez-le-feu aux composantes armées,
  • D – Mauvaise formalisation de l’accord de cessez-le feu,
  • E – Groupes armés non disciplinés décidant eux-mêmes ce qu’ils font,
  • F – Système de contrôle et supervision du cessez-le-feu inadapté

Dans le cas de l’Ukraine il y a un peu de toutes ces causes que nous allons reprendre une à une.

Mais tout d’abord rappelons quelques vérités que nous retrouvons dans toutes les guerres :

C’est toujours l’autre qui est responsable de la guerre et des bavures et toujours moi qui suis responsable de l’accalmie et de la Paix

Je ne vous connais pas personnellement, je ne connais pas votre conflit, mais il y a 99 chances sur 100 pour que vous disiez que “ l’autre est le seul responsable de toute cette guerre” et il y a aussi 99 chances sur 100 que s’il y a un dénouement heureux et qu’il y ait paix vous affirmiez “ je suis le seul responsable du rétablissement de la paix”.

Regardez autour de vous, pensez à tous les conflits que vous connaissez autres que celui auquel vous être confronté et vérifiez cette simple affirmation : “Quand la guerre commence, c’est l’autre qui en est responsable, quand la paix revient c’est moi seul qui en suis l’origine”. Tous les hommes et femmes en conflit commencent ainsi : rejeter sur les autres la cause du conflit et s’attribuer les mérites de la paix retrouvée. Il en a toujours été ainsi, et il en sera toujours ainsi.         Nous sommes donc d’accord : ce n’est pas vous le responsable de l’origine du conflit, c’est forcément l’autre et si le conflit s’arrête, vous seul avez pu permettre d’aboutir à cette fin de conflit.

 

Il s’agit donc de comprendre comment on pourrait ramener les autres à la raison, alors qu’ils ont quelque peu perdu la tête et n’appliquent pas le cessez-le-feu qui a été négocié, puisque, bien sûr, c’est l’autre qui est responsable du fait que le cessez-le-feu n’est pas appliqué.

 

Ensuite vint la paix …ou la victoire ????

Le plus belliqueux des hommes a toujours une solution de paix à proposer : “vous cédez à toutes mes exigences, et c’est la paix”. La victoire a toujours pour résultat la paix retrouvée. Donc il suffit de gagner le conflit et la guerre pour que la paix soit instaurée de nouveau.

Et c’est vrai que l’Histoire alimente et justifie ce premier moyen de faire la paix. Regardons autour de nous : la présence syrienne a ramené la paix au Liban, les accords de Dayton et la composante militaire de l’OTAN ont ramené la paix en Bosnie, la victoire militaire des alliés a ramené la paix après la seconde guerre mondiale, la victoire militaire des occidentaux a ramené la paix dans le conflit Irak-Koweit, la victoire de l’OTAN au Kosovo a ramené le calme, faute de résoudre le problème de fond

Pourquoi donc faire de longues recherches quand la solution universellement admise est là à portée de main : gagnons la guerre et nous rétablirons la paix !

L’œuvre de paix est-elle donc finie? C’est simple : l’autre est responsable de la guerre et il suffit de lui faire entendre raison au besoin par la force pour qu’il n’y ait plus de problème.

Ainsi, en Ukraine, pour les forces gouvernementales une victoire militaire suffira à ramener la paix et il ne saurait y avoir de paix sans que toute l’armée ukrainienne se promène victorieuse dans tout le Donbass. Et pour les forces séparatistes la reconnaissance du pouvoir militaire soutenu par la Russie suffira à rétablir la paix. L’un et l’autre continuent à croire qu’une victoire militaire suffira à rétablir la paix. Cette victoire n’est pas réaliste parce que les pays occidentaux n’accepteront pas une défaite militaire de l’Ukraine et la Russie n’acceptera pas non plus une défaite militaire des séparatistes, s’arrangeant pour que toute solution soit impossible grâce à son soutien militaire sans limite et tant qu’elle n’obtiendra pas ce qu’elle veut : contrôler à nouveau l’Ukraine indirectement par des changements institutionnels qui fasse des séparatistes un acteur indispensable du partage du pouvoir.

 

Analyse détaillée des causes du cessez-le-feu qui ne tient pas

 

A – Pas d’accord de base véritablement accepté entre les acteurs

Il n’y a pas à ce jour de perspective future  partagée par les principaux acteurs : autorité ukrainienne, séparatistes, Russie.

Ce qui est théoriquement admis est qu’au sein de l’Ukraine une relative autonomie est institutionnalisée pour le Donbass.

Les accords de Minsk 1 et 2 sont trop imprécis, mal formalisés, laissant à chacun le soin d’interpréter les accords comme il le veut.

Le premier travail serait de lever ces ambiguïtés, les identifier clairement et prendre le temps de construire une perspective qui prenne en compte les points durs soulevés en commençant à formaliser les conséquences.

Les principaux points à soulever et confirmer sont :

  • Il n’y a qu’une seule armée en Ukraine.
  • Dans un pays en paix, l’armée gère les frontières et menaces externes : elle ne mène pas les opérations de police habituelles.
  • L’autonomie n’est pas une fédération d’Etats qui auraient leur armée et des lois complètement autonomes.
  • Il peut y avoir une autonomie des forces de sécurité, à condition qu’elles soient compatibles suivant des règles communes à définir et applicables à tout l’État et ses services autonomes. Cela demande des formations communes et agréées.
    –>Derrière ce point vous avez une faiblesse de l’État ukrainien qui n’a pas clairement défini en quoi la police est différente de ses milices et armée, et du mélange fait entre certaines unités militaires gérées par le ministère de l’intérieur et inversement (exemple: les bataillons de volontaires étaient rattachés au ministère de l’intérieur et non à l’armée, expliquant d’ailleurs un manque de coordination entre ces bataillons et le commandement militaire). Cela demande une réforme de fond de l’ensemble des services de sécurité ukrainien qui a été occultée pour le moment.
  • Il est possible que les interventions de l’armée ukrainienne soient restreintes dans le Donbass, sauf l’espace aérien dont elle gardera l’exclusivité.
  • Il peut y avoir une autonomie législative partielle. Le périmètre de cette autonomie devrait être défini clairement
  • L’exécutif local doit aussi avoir un périmètre clairement défini,
  • La frontière de l’Ukraine sera contrôlée uniquement par l’État central, ce qui signifie qu’il y aura au minimum une zone de 10 km le long de la frontière qui sera sous contrôle exclusif de l’armée ukrainienne.

Des élections n’auront de sens que lorsque ces points auront été réglés et que des services de sécurité fonctionneront normalement, assurant la sécurité quel que soit le résultat des élections.

La levée de ces ambigüités devrait se faire par une négociation interne à l’Ukraine. La transparence devrait permettre de s’assurer que les accords atteints ont un sens et sont acceptables par les différentes parties.

B – Cessez-le-feu annoncé avant même d’être communiqué aux composantes militaires

Dans la précipitation, il arrive que le cessez-le-feu soit annoncé pour une application immédiate. Le résultat est qu’il est immédiatement violé puisque les composantes militaires ne sont pas au courant et vont tout de suite accuser l’autre de la violation du cessez-le-feu.

Ce point n’arrive plus en Ukraine

C – Mauvaise retransmission de l’ordre de cessez-le-feu

et

D – Mauvaise formalisation des accords de cessez-le feu

 

On manque de données précises mais les cessez-le-feu en Ukraine donnent l’impression de n’être retransmis qu’à une partie des composantes armées. Je suis persuadé que la plupart des combattants ne sont pas informés en détail du cessez-le-feu et n’ont même pas à disposition une trace écrite et des instructions claires. Cela demanderait d’interroger par échantillonnage de nombreux combattants pour le confirmer mais comment expliquer autant de bavures de violations et de tirs d’artillerie si les combattants avaient tous reçu l’ordre de cessez-le-feu ?

Dans la formalisation, il y a aussi le fait que, vraisemblablement, il n’est pas indiqué aux combattants ce qu’ils doivent faire en cas de bavure. Ils devraient avoir la possibilité d’appeler par radio ou autrement un système de supervision et de contrôle du cessez-le-feu qui couvre leur secteur. Je crois qu’il n’y en pas de défini et mis en œuvre. C’est ce système qui devrait aller faire taire les sources de tir.

Au lieu de cela, dès qu’il y a une bavure, chacun répond et provoque à nouveau une escalade. La formalisation des accords de cessez-le-feu n’est pas faite pour que les combattants participent à la désescalade. Il me semble que les instructions reçues par la plupart des combattants est de répondre aux attaques et bavures, ce qui contribue à la fin du cessez-le-feu.

E – Groupes armés non disciplinés décidant eux-mêmes ce qu’ils font

En Ukraine, ce phénomène existe des deux côtés. Il est plus accentué du côté séparatiste que du côté des forces armées ukrainiennes.

Du côté ukrainien :

  • Les bataillons de volontaires sont réputés les plus indisciplinés. Ceci est renforcé par le fait que ces bataillons de volontaires étaient initialement rattachés au ministère de l’intérieur et sans rattachement net au commandement militaire. Il me semble que les choses ont un peu changé, mais c’est souvent des unités bien précises qui multiplient bavures et escalades.
  • Les observations des observateurs SMM montrent clairement que les coups de feu partent dans toutes les directions et de toutes les directions, relativisant les déclarations officielles suivant lesquelles seul le camp d’en face est responsable des « attaques ». Mais les observateurs OSCE sont humainement myopes. Ils identifient bien les coups de canon et les explosions mais ne font jamais de lien avec les forces combattantes sur le terrain et s’interdisent d’agir sur les forces combattantes ne serait-ce qu’en leur rappelant d’arrêter de tirer ou d’évacuer les armements interdits. Cette myopie humaine des observateurs SMM est structurelle, volontaire, à tel point que c’est la raison pour laquelle il va falloir en changer ou accepter de ne pas avoir de cessez-le-feu qui tienne.

Du côté des séparatistes :

  • Les unités combattantes apparaissent comme un regroupement de milices, miliciens, troupes formées dont le commandement unifié paraît théorique,
  • Ils font ce qu’ils veulent quand ils veulent et pour entretenir leur foi dans un rêve (Aucun pays européen ne reconnaitra jamais leur république et leurs dirigeants éviteront de leur dire cette vérité en face), envoyer un petit coup dans le camp en face fait du bien au moral

 

Il y a des moyens d’amener les groupes armés non disciplinés à respecter un cessez-le-feu. Cela demande une sectorisation, des PCs opérationnels, des officiers de liaison avec ces unités combattantes, des observateurs/inspecteurs qui connaissent le secteur et les forces en présence : tout ce que le SMM refuse officiellement de faire depuis le début.

En Ukraine nous sommes dans une situation où de nombreux groupes armés sont non disciplinés.

En face de cette réalité, nous avons des responsables du maintien du cessez-le-feu que je qualifie de Bisounours (ce qui revient à dire tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil). Pour eux il suffit qu’un accord de cessez-le-feu soit communiqué au plus haut de la hiérarchie pour qu’il soit appliqué. Pas réaliste ! Les ruptures de commandement, l’absence de coordination, l’indiscipline ne sont pris en compte nulle part, par personne.

En conséquence la seule chose qui marche de temps en temps est de relancer un cessez-le-feu au plus haut niveau. C’est ce que fait le Groupe de Contact, que je qualifie de cache-misère de l’absence d’un système cohérent de supervision et de contrôle du cessez-le-feu.

Il n’y a que le cessez-le-feu de la moisson depuis le 24 Juin 2017 à minuit qui donne l’impression d’un début de contrôle plus cohérent. Malheureusement ce n’est pas un cessez-le-feu: une simple accalmie, peut-être le calme avant une nouvelle tempête.

F – Système de contrôle et supervision du cessez-le-feu inadapté

Qu’existe-t-il  en Ukraine ?

Il existe principalement deux acteurs du cessez-le-feu:

  • Le SMM : mission d’observation de l’OSCE
  • Le JCCC : Joint Centre for Control and Coordination

Les deux semblent  avoir été créé à la demande de l’Ukraine.

Ceci n’empêche pas l’Ukraine d’envisager des forces de paix.

On empile les intervenants sans que leur multiplication ne soit intégrée et ne paraisse efficace.

 SMM – Special Monitoring Mission

Traduction française : Mission spéciale d’observation

La traduction de Monitoring par Observation tronque le sens anglais qui est beaucoup plus large. C’est une surveillance au sens large, qui signifie observation mais aussi monitorage, qui inclut des actions issues des observations.

Cette traduction restrictive du sens anglais de monitoring réduit la mission actuelle à une simple observation.

Créée le 21 mars 2014 par la décision 1117 du Conseil Permanent de l’OSCE, la mission prévoit aussi de « Faciliter le dialogue sur le terrain afin de réduire les tensions et de promouvoir une normalisation de la situation »

En pratique les observateurs étaient 651 au 28 Juin 2017

Leur principale mission est d’observer ce qui se passe et faire des rapports de cette situation.

Il y a des rapports journaliers qui sont publiés sur le site de l’OSCE, sauf le Dimanche.

Le rapport publié chaque jour en fin de journée vers 19h ( sauf le dimanche) s’appuie sur les données qui étaient disponibles la veille à 19h30. Nous prenons donc  connaissance de l’état de la situation  telle qu’elle se présentait entre 24 h et 48 h plus tôt ( pour le rapport officiel par l’intermédiaire de la presse).

Y a-t-il un rapport publié avant pour des initiés ? Je ne suis pas en mesure d’y répondre, mais si c’est le seul rapport disponible pour tous les acteurs locaux, il vaut mieux utiliser d’autres sources d’information disponibles, par exemple les communiqués journaliers de l’armée ukrainienne qui sont publiés le matin.

 

Toute la problématique du SMM telle que je la vois est celle-là : une simple observation de la réalité de la sécurité qui n’est pas faite pour agir mais simplement pour raconter ce qui se passe.

Il faut reconnaître qu’il y a peu de conflits sur terre pour lesquels il y a autant d’informations objectives mais ce n’est pas facile à exploiter. Chaque jour il y a un rapport mais faire une courbe dans le temps qui utilise ces données pour le transformer en un niveau de violence relatif permettant d’identifier si la journée a été relativement violente est impossible sans refaire un traitement complet. Les informations brutes ont un certain intérêt mais ceci n’a jamais été fait pour se faire une idée de l’état  réel de la situation par des graphiques

Que font ces observateurs ?

  • Observation à points fixes,
  • Patrouilles
  • Facilitation de réparations diverses
  • Analyse d’impacts de jours précédents

 

Est-ce utile ?

  • Pour les chercheurs cela peut donner une idée du niveau de violence
  • Sur place ? apparemment les informations arrivent trop tard pour pouvoir prendre des décisions
  • Je ne vois aucun circuit officiel et centre de coordination qui exploite ces données au point de reboucler ces informations localement. Pour des dirigeants locaux, c’est quasi inexploitable pour savoir à quelle unité de commandement tel ou tel incident correspond
  • Suis-je mal informé ? Au vu des informations dont je dispose : il faut changer ce système par un système qui soit capable de demander aux composantes locales de faire des actions correctives nécessaires Le système est trop passif pour avoir une efficacité réelle
  • Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : ce système est mieux que rien mais il ne maintiendra jamais un cessez-le feu dans un conflit intérieur à un pays. La mission de l’OSCE en 1998 qui a précédé la guerre du Kosovo le confirme : les principes étaient similaires et le résultat similaire.

 

Derrière le principe des observateurs SMM, je m’interroge sur la véritable compréhension par ces acteurs des phénomènes de « Non qualité ». Ayant travaillé dans les systèmes qualité industriels, une bavure d’un cessez-le-feu me parait équivalent à une « non qualité » sur un produit.

Si nous appliquions dans l’industrie le principe des observateurs SMM, chaque fois que nous verrions une « non qualité », nous la noterions très soigneusement et  tous les 3 jours nous enverrions la liste de ces « non qualité » au Directeur général international :  il serait incapable d’en faire quoi que ce soit.

Dans l’industrie, on opère différemment : quand il y a une non qualité, on isole le produit et on demande tout de suite une intervention pour mettre fin à cette « non qualité ». Pour que cela ne se reproduise pas, on lance aussi des « actions préventives ».

Ces observateurs et leurs responsables ont-ils un sens concret de la réalité industrielle et de ses méthodes ?

Dans l’industrie, quand on voit une erreur, on la signale à l’intéressé et l’intéressé a une action qu’il doit mener. L’action est suivie.

Dans le monde SMM, quand un observateur SMM voit une arme interdite à 10 mètres de lui, il note l’arme interdite, l’écrit et ce sera 48 heures plus tard dans un rapport SMM. Ce que j’attends c’est que celui qui voit l’arme interdite le dise au serveur de l’arme, demande son évacuation et suive l’évacuation de cet armement interdit.

J’ai compris que ce n’est pas dans les attributions des observateurs SMM et c’est même interdit. Alors je vais parler  d’inspecteur et je vais demander qu’on forme des inspecteurs qui remplacent progressivement les observateurs. 200 inspecteurs me suffiront.

De plus pour que ces inspecteurs soient efficaces, il faut qu’ils soient accompagnés de personnes qui parlent la langue, c’est-à-dire d’officiers de liaison issus des forces en présence sur le terrain. Là encore cela ressemble à une interdiction de principe au sein du SMM.

Nous allons leur trouver un autre nom que SMM mais cette évolution me paraît nécessaire pour aboutir à un cessez-le-feu qui tienne et tracer l’ensemble des composantes militaires du Donbas

 

Le JCCC : Joint Centre for Control and Coordination

Le JCCC existe depuis septembre 2014.  Il y a environ 60 officiers russes et autant d’ukrainiens.

Le JCCC est apparu au départ comme concurrent du SMM : il avait ses propres points d’observation, faisait ses propres décomptes et  en plus russes et ukrainiens faisaient des décomptes séparés pour bien justifier ce que faisait l’autre.

La coopération avec le SMM existe mais de type guichet : les observateurs SMM transmettent de temps à autre une demande au JCCC, qui est supposé le faire  mais ils ne travaillent pratiquement jamais ensemble sauf pour des analyses d’impact

 

Le SMM n’informe pratiquement plus de ce que fait le JCCC. C’est dommage parce que c’est le seul maillon capable de relayer des messages aux combattants locaux sur le terrain.

C’est un maillon essentiel dans le maintien d’un cessez-le-feu. Il peut relancer au niveau hiérarchique approprié l’application d’un cessez-le feu local.

 

Pour un cessez-le-feu qui tienne, il faudrait refondre l’ensemble du dispositif SMM et JCCC en un seul,  et les amener à travailler autrement.

Chaque secteur(Mariupol, Donetsk, Luhansk) devrait avoir un PC opérationnel fonctionnant 24h/24h. Ce PC devrait être en liaison avec des patrouilles d’inspecteurs accompagnés d’officiers de liaison pour leur sécurité et pouvoir faciliter le contact. Ces patrouilles iraient là où il y a des violations pour essayer de comprendre ce qui se passe et y mettre fin. Elles auraient un travail d’investigation et de compréhension des forces en présence. Quand elles rencontreraient des armes interdites dans la zone de la ligne de contact, elles ne se contenteraient pas de le signaler mais feraient en sorte que ces armes interdites soient évacuées et tracées géographiquement ( mises de côté dans un endroit spécial).

J’ai compris que cette demande n’est pas conforme au mode de fonctionnement du SMM et de l’OSCE. Il faudrait créer  quelque chose qui s’appelle SJMC (ou ce que vous voulez) avec des volontaires JCCC et SMM.

Si l’OSCE ne sait pas se transformer en conséquence, il faudrait inventer  autre chose que l’OSCE. L’une des grandes conclusions est que l’OSCE n’empêchera jamais une guerre et ne mettra jamais fin à une guerre. Mieux que rien ? Cela se discute.

 

Écrit le 11 Juillet, publié avec quelques modifications de forme le 28 Juillet 2017. Toute relation entre  ce texte et la réalité serait de la pure coïncidence, formule consacrée dans de telles circonstances.

Post Scriptum : autre référence de cette note –  ND201707003 de Naej DRANER.

Naej DRANER est un pseudonyme réservé à des expérimentations impliquant d’autres acteurs.  L’utilisation de ce pseudo signifie qu’il peut y avoir d’autres personnes impliquées, dont l’auteur ne connaît même pas les noms. L’auteur du texte joue le rôle d’architecte de l’action engagée: une forme d’ingénierie politico-diplomatico-sécuritaire qui ne peut aboutir que si d’autres acteurs se mobilisent pour aboutir à sa mise en œuvre.

Ce pseudonyme n’est utilisé que s’il y a une petite chance d’enclencher une action avec l’aide de participants autres que l’auteur.

 

Quelques liens pour mieux comprendre:

Ukrainian news ( avec les communiqués quotidiens)

OSCE Ukraine Daily report

Cessez-le-feu et contrôle

Ukraine semaine 27 : Un calme relatif – est-ce enfin le début d’un cessez-le-feu, en Juillet 2017?

Le cessez-le-feu de la moisson est officiellement entré en vigueur le 24 Juin à minuit.

Un calme relatif s’est instauré? Probablement la période la plus calme depuis septembre 2014.

Il y a encore entre 100 et 200 explosions par jour recensées par le SMM de l’OSCE, ce qui n’est rien par rapport au quotidien depuis le début de la guerre.

La zone la plus importante de frictions et d’explosions reste l’aéroport de Donetsk et toute la zone  environnante.

Comment expliquer ce cessez-le-feu ?

Il y a bien eu une impulsion lancée au lancement du cessez-le-feu par le groupe de contact mais au-delà de ces cessez-le-feu à répétitions ( il a fallu instaurer plusieurs fois le cessez-le-feu depuis le 24 Juin), il a du se passer quelque chose dont les media ne rendent pas compte et qui ne s’explique pas par le rôle de l’OSCE.

L’OSCE a toujours été un peu psycho-rigide dans ses principes et son comportement, comme s’il suffisait d’observer et de rendre compte des observations pour instaurer un cessez-le-feu, en oubliant qu’il y a des acteurs qu’il faut amener à agir pour faire bouger les choses.

Peut-être que quelqu’un s’est décidé à utiliser les informations au niveau local pour amener les acteurs à respecter un peu mieux le cessez-le-feu ?
Mais quelle suite ?

Figés dans une posture sur des accords (Minsk 2 en attendant Minsk 3?)qui n’ont pas reçu une application complète d’une seule partie, à commencer par les échanges de prisonniers, les acteurs vont-ils se renouveler un peu et confronter la réalité à leur rêve décalé ?

Trop tôt pour le dire! A suivre.

Peut-être un début de cessez-le-feu!  Il restera à botter les fesses des acteurs concernés pour qu’ils arrêtent de radoter et osent mettre en œuvre quelque chose de réaliste qui  ait du sens pour tous… histoire de faire bouger les choses.

Yes, we can!

 

7Juillet 2017

 

Quelques liens pour mieux comprendre:

Ukrainian news ( avec les communiqués quotidiens)

OSCE Ukraine Daily report

Cessez-le-feu et contrôle

Ukraine semaine 26 : Le cessez-le-feu de la moisson est-il mort-né ?

Le cessez-le-feu de la moisson est officiellement entré en vigueur le 24 Juin à minuit. Il est supposé durer jusque fin août mais on peut raisonnablement se demander s’il appartient déjà aux oubliettes de l’histoire.

Pour ceux qui suivent l’actualité internationale depuis les media de l’un ou l’autre pays, l’absence d’information peut donner l’impression que tout va bien en Ukraine et qu’il y a un cessez-le-feu qui tient.

Ceux qui savent ce qui s’y passe savent qu’il n’y a toujours pas de cessez-le-feu respecté, que les accords de Minsk 1 et 2 restent virtuels, et pire: même s’ils étaient strictement appliqués ils ne règleraient rien. Cet événement n’arrivera pas puisqu’ils sont inapplicables en  l’état. Il suffirait de quelques amendements, apparemment mineurs, pour qu’ils deviennent applicables et aient une chance d’être appliqués, mais ce n’est pas le cas.

C’est même un crime de lèse-majesté dans le duo franco-allemand d’oser affirmer que le tandem n’a rien donné de sérieux et ne donnera rien sans donner un peu de sens à ce qui est fait.

Que se passe-t-il donc pour que rien n’avance et que tous les acteurs se congratulent sans cesse d’un cessez-le-feu qui n’en est pas un ?

Essayons d’y voir clair et posons les questions les unes après les autres:

  • D’abord il y a un problème de savoir : ceux qui sont à la manœuvre ne donnent pas l’impression de savoir ce qu’il faut faire. Ils croient qu’ils savent mais la mise en œuvre de ce qu’ils croient savoir ne donne rien.
  • L’OSCE reconduit d’année en année les mêmes principes qui auraient du aboutir à un cessez-le-feu mais n’ont jamais été confirmés par les faits. Souvenez-vous de la guerre du Kosovo. Elle a été précédée pendant de long mois par une mission de l’OSCE très similaire aux observateurs actuels de l’OSCE en Ukraine. Dans l’un et l’autre cas, ces principes n’ont abouti à rien de concret. Cela a peut-être retardé une explosion, sans plus. Il ne faut pas confondre observation et action. Les observations des observateurs de l’OSCE ( SMM) sont utiles mais insuffisantes. C’est une illusion que de croire que la connaissance de ces observations suffit à mettre en œuvre un cessez-le-feu
  • Enfin tous les différents acteurs vivent leur vie sans vraiment se coordonner efficacement. Qui sait en dehors des initiés qu’il y a une instance de coordination militaire ukraino-russe, le JCCC, qui pourrait contribuer à l’instauration d ‘un cessez-le feu autrement qu’actuellement. Pourquoi toujours cette propension européenne à prétendre qu’un acteur, l’OSCE, est le seul garant tout en se dépêchant de créer une autre instance, hors institutions européennes, qui entend être le seul à définir ce que doit faire l’OSCE et les autres acteurs: je veux parler du tandem Franco-Allemand  qui est supposé avoir abouti aux accords de Minsk2 mais a verrouillé toute perspective. C’est typique des européens: se réclamer d’une institution tout en se précipitant pour créer une instance hors institutions européennes qui prétend être la seule à définir ce qui va être fait.

 

Le problème est posé en termes polémiques ? OUI, c’est ce qu’il faudrait faire pour espérer faire bouger les lignes. Mais y a-t-il un ou des acteurs européens intéressés par cette mise à plat globale de ce qui se passe là-bas ? Pas sûr!

1° Juillet 2017

 

 

Quelques liens pour mieux comprendre:

Ukrainian news ( avec les communiqués quotidiens)

OSCE Ukraine Daily report

Cessez-le-feu et contrôle

Pourquoi mai 2017 à Avril 2018 est une période à surveiller avec attention?

Le « cycle des guerres » a mis en évidence un phénomène qui amplifie les risques de guerre à certaines périodes. Nous sommes dans une telle période. Même si le pic était en décembre 2015, nous sommes dans une période d’amplification.

L’amplification est d’autant plus grande que les dirigeants sont imprévisibles ou volontairement va-t-en-guerre.

L’arrivée de l’imprévisible  Donald Trump, les gesticulations du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un sont autant d’éléments de « sur-amplification » potentielle des risques de guerre.

De plus un retour majeur ( multiple de 25 ans) de la guerre des 6 jours israélo-arabe de 1967 aura lieu durant cette période. Il pourra provoquer l’un ou l’autre extrême, c’est à dire une nouvelle escalade, ou au contraire un début de règlement, sans qu’il ne soit possible de dire exactement dans quel sens il se produira.

Risque ne veut pas dire que l’événement redouté se produira, mais l’environnement international se dégrade et plusieurs dirigeants accentuent les possibles risques.

 

Le 12 mai 2017

 

 

 

Ukraine semaine 19 : qui osera jeter un coup de pied dans la fourmilière ?

Quand il y a une impasse comme en ce moment, pour faire bouger les choses il faut reprendre sous un nouvel angle.

Qui va oser  sortir des affirmations psycho-rigides : Minsk, Minss et encore Minsk ?

Il y avait de bonnes choses mais au minimum il faudrait le compléter pour espérer que cela aboutisse.

 

12 mai 2017

Pour ceux qui veulent en savoir plus:

Ukrainian news ( avec les communiqués quotidiens)

OSCE Ukraine Daily report

Cessez-le-feu et contrôle

Ukraine semaine 12: introduire de nouveaux acteurs pour surmonter l’impasse et l’absence de perspective

2017 se révèle une impasse à tous points de vue sur le conflit ukrainien

  • Le niveau de tension est globalement plus élevé qu’en 2016 depuis de nombreuses semaines: toujours au bord de la reprise de l a guerre,
  • Les accords de Minsk 1 et Minsk 2 sont restés quasi lettre morte, aucune de leurs clauses n’a été complètement appliquée,
  • Les acteurs officiels de ces accords font le mort : autant l’Ukraine que la Russie que la France et l’Allemagne,
  • Crispés de façon psycho-rigide sur les accords de Minsk 2, les acteurs ne sont pas ouverts à leur redéfinition: c’est l’impasse,
  • Rejetés par l’Ukraine et aspirés par leur propre soif de pouvoir, les séparatistes ont constitué un territoire sous leur contrôle. Territoire qui devient progressivement un désert économique sous dépendance quasi exclusive militaire et économique de la Russie,
  • l’OSCE a montré ses limites: les observateurs présents avant même la guerre du Donbass n’ont pu ni l’empêcher ni la contrôler : un cessez-le-feu fictif, une incapacité à identifier objectivement les forces en présence et proposer une évolution. Ce serait pire sans l’OSCE ? Pas sûr

Alors ?

Il faut introduire de nouveaux acteurs pour faire le point et reconstruire une perspective autre qu’un conflit gelé toujours actif

 

29 mars 2017

Quelques liens pour mieux comprendre:

Ukrainian news ( avec les communiqués quotidiens)

OSCE Ukraine Daily report

Cessez-le-feu et contrôle

Important – Matérialisation du « Cycle des Guerres » à partir des données en Irak

Ce qui suit est probablement le plus important permettant de démontrer objectivement le « Cycle des Guerres » à partir de dizaines de milliers de données. Dans le cas présent, c’est le nombre de morts civils en Irak qui est utilisé comme une mesure de la violence, année par année. ( cela existe aussi par mois, mais ce premier niveau annuel devrait suffire dans un premier temps).

Tout tient dans ce graphique. Celui qui comprend ce graphique détient un élément clé de la démonstration objective du « Cycle des Guerres »

matérialisation du "Cycle des guerres" à partir des morts en Irak sur la période 2003-2016

Rappel sur le « Cycle des Guerres »

A l’origine le « Cycle des guerres » a été identifié à partir des seules dates de déclenchement des guerres. Ces seules données se sont montrées insuffisantes pour démontrer complètement ce phénomène.

En 2010, la publication par Wikileaks des données de l’armée américaine sur les morts et blessés en Irak a permis de montrer que vraisemblablement c’est une période qui était ainsi matérialisée par ces données.

Depuis nous avons extrapolé ces données et tout indiquait que sur la période 2012 2016 ce phénomène était confirmé, visualisant plus d’une période et demie.

Il manquait des données objectives pour le confirmer objectivement.

En utilisant les données disponibles sur le site « iraqbodycount.org », le phénomène constaté à partir des données wikileaks a été confirmé, mais surtout il a permis de confirmer la période 2012- 2016.

Ce qu’il faut retenir

  • la matérialisation du « Cycle des Guerres » est confirmée à partir des données de Iraqbodycount.org
  • Nous constatons sur  2 pics d’amplification successifs un décalage ( 6 mois à un an) similaire
  • Le « gabarit constaté » est donc décalé par rapport au « gabarit théorique ». Si cela devait se confirmer dans d’autres cas il est possible qu’il faille recaler à terme les pics d’amplification
  • 2014 est une année importante: sur 3 conflits ( Irak, Ukraine, Israélo-palestinien) le « pic de violence » constaté est décalé d’à peu près un an et demi par rapport au pic théorique de décembre 2015. Il faut attendre fin 2017 pour le confirmer si la période jusque fin 2017 devait être relativement calme. En principe  il y a une certaine symétrie et d’après cette symétrie le dernier semestre 2017 pourrait être particulièrement animé sur le front des guerres.

 

13 mars 2017

Ukraine semaine 10: vers la reprise de la guerre ?

Ces derniers jours le « seuil de guerre » a été dépassé plusieurs fois, qu’est-ce  que cela signifie?

Ce « seuil de guerre » est un concept théorique issu de la modélisation du déclenchement des guerres pour expliquer le fonctionnement du « cycle des guerres ».

Il a été estimé de deux manières :

– aux alentours de 100 attaques suivant le nombre donné journalièrement par le ministère de La Défense ukrainien

– aux alentours de 1000 explosions journalières suivant les mesures fournies dans les rapports journaliers de la SMM de l’OSCE

Les 2 mesures sont dépassées au cours de plusieurs jours rapprochés. En principe cela devrait signifier de nouvelles escalades ou extensions sauf action énergique menée rapidement,  ce qui ne semble pas le cas à ce jour.

5 mars 2017

Comment agirait le « Cycle des Guerres » ?

Pour les vrais chercheurs, ces « larges bandes » qui passent du coq à l’âne, flirtant avec l’irrationel pour en tirer une cause exploitable, cette question est un casse-tête fascinant.

Il n’y a que des hypothèses:

 Trouver un phénomène cyclique d’une périodicité d’environ 3085 jours

Je n’ai rien trouvé du coté du système solaire. Il y a bien un phénomène périodique solaire connu comme la mesure de l’activité solaire par le niveau de « sunspot », mais cela ne correspond pas. N’étant pas astronome et pas aidé par les astronomes qui fuient dès que ce sujet est évoqué, je n’ai pas de piste crédible. Cela pourrait être un autre phénomène périodique du soleil, ou ???

En 1967-1968, cela donne l’impression d’un décalage retardé du pic d’amplification ( plusieurs guerres, émeutes comme mai 68 ou le coup de prague).

En 2014, cela donne l’impression d’un décalage avancé du pic d’amplification ( plusieurs guerres éclatent en quelques semaines).

La périodicité varie probablement mais il n’y a pas de phénomène identifié à ce jour cohérent avec ce qui est observé dans le « Cycle des Guerres ».

Comment ceci agirait-il réellement sur les humains ?

Pas d’hypothèse sérieuse pour le moment.

Ces derniers jours, un contrôleur d’État israélien  a sévèrement critiqué la gestion de l’opération « Bordure protectrice », qui a couté la vie à près de 2200 palestiniens dans la bande de Gaza ainsi qu’à 73 israéliens durant l’été 2014. Cette guerre Gaza-Israël de 2014 est reconnue comme un influencée par le « Cycle des Guerres ».

Cette guerre était évitable, conduite sous le signe de l’improvisation et dépourvue d’objectif stratégique clair. C’est la conclusion du rapport publié le 28 février.

Le contrôleur d’État  a étudié les débats du cabinet de sécurité israélien  ainsi que les comptes rendus militaires. Il a l’impression que les acteurs israéliens se sont laissés aller dans une guerre qu’ils n’ont ni préparée ni décidée autrement que par réaction à des tirs de missile.

Le « Cycle des guerres » agit-il donc indirectement sur des sphères autres que la conscience ?  C’est l’impression qu’on peut en retirer et qui est similaire à ce qui a été écrit sur d’autres guerres israéliennes.

Cela donne-t-il une piste ? Non. Pas pour le moment. Mis à part que cela fait dérailler la raison, il n’y a rien qui permette de construire un lien de cause à effet crédible susceptible d’expliquer une possible influence sur nos  cerveaux?

Ce possible passage  d’un phénomène matériel périodique non identifié à une influence sur le mental des dirigeants et militaires reste à inventer.

1° mars 2017

Ukraine semaine 9 : les signaux virent de nouveau au rouge

La seule chose qui a été faite ces derniers mois sur le conflit ukrainien est de voir si on pourrait matérialiser le « seuil de guerre » tel que décrit dans la « modélisation du déclenchement des guerres »

Ce « seuil de guerre » est aujourd’hui théorique. Quand il est franchi on passe à un niveau de quasi guerre, qui s’entretient tout seul. C’est à dire que les incidents se trouvent brutalement multipliés par un facteur variable de 4 à 10 fois par rapport aux incidents précédents.

Il y a des conflits où ce seuil est franchi sans incidents préalables. Dans le cas de l’Ukraine, il y a toujours des incidents et on devrait pouvoir montrer une mesure  continue jusqu’à franchissement du seuil ( du moins je le suppose)

Nous disposons officiellement de 2 mesures:

Mesure du  ministère de la défense ukrainien:

Tous les jours le ministère de la défense ukrainien indique le nombre d’attaques menées par les séparatistes: c’est un nombre qui varie entre 20 et 100 suivant les circonstances: on peut considérer qu’entre 80 et 100 il y a franchissement de ce « seuil de guerre », corrélé avec  d’autres informations de l’OSCE.

Mesure du rapport journalier de la SMM (OSCE):

Tous les jours il y a un rapport journalier qui donne des indications sur l’état de la violence.  Il y a toujours plusieurs centaines d’explosions par jour mais il peut arriver brutalement que cela dépasse le millier d’explosions, voire plusieurs milliers quand le « seuil de guerre » est franchi. Ce « seuil de guerre » est estimé aux environs de 1000 explosions dans la journée.

Ces deux mesures ne sont pas très fiables: on a un peu de mal à comprendre ce que le ministère ukrainien met sous le terme attaque et l’OSCE ne se donne pas la peine de synthétiser toutes ses informations en un seul nombre. Du coup ces informations sont difficiles à exploiter. Pendant quelque temps, en 2016, un graphique a été fait sur la base de la mesure du ministère de la défense ukrainien, mais les deux mesures ne sont pas toujours corrélées et c’est un peu le bazar dans les informations de l’OSCE: on ne sait pas les exploiter directement et les transformer sous la forme d’un seuil de violence.

En 2017, je considère que nous avons déjà franchi 2 fois le seuil de guerre, en fin janvier et  dans la seconde quinzaine de février.

Le dernier épisode remonte à quelques jours: plus de 90 attaques pour la mesure du ministère de la défense ukrainien, à un moment où l’OSCE parlait de plus de 1000 explosions dans la journée.

Globalement, tous les signaux virent au rouge. Le niveau de violence moyen quotidien est beaucoup plus important qu’en 2016. Les 2 franchissements du seuil de guerre ont été suivis d’un retour relatif au calme mais rien ne permet d’espérer pour le moment un véritable cessez-le-feu. C’est tout le système de contrôle du cessez-le-feu qui est en cause et qu’il faudrait mettre à plat. Rien ne laisse envisager une telle mise à plat qui mettrait en cause tous les acteurs actuels.

1° Mars 2017

Quelques liens pour mieux comprendre:

Ukrainian news ( avec les communiqués quotidiens)

OSCE Ukraine Daily report

Cessez-le-feu et contrôle