Ces derniers jours bruissent de rumeurs après les propos énigmatiques de Donald Trump.
Oui, il y aura probablement une ou plusieurs frappes militaires mais après les quelques guerres qui ont traumatisé les américains, il n’y aura probablement pas d’opérations au sol, sauf une éventuelle opération commando qui parait trop risquée pour le moment.
Le dictateur de Nord Corée veut simplement qu’on ne l’attaque pas quand on sera convaincu qu’il a l’arme nucléaire. Il ne l’a pas encore sous une forme opérationnelle: il a des briques qui ne s’assemblent pas encore ensemble. Cela ne dissuadera pas les USA.
Si la diplomatie fait des miracles, peut-être rien!
Forte dégradation du nombre moyen de Violations de cessez-le-feu et du nombre d’explosions par rapport à la semaine 38 : +44%
Pour rappel il y a eu en moyenne 82 violations et 84 explosions par jour. Si certains prétendent que cela ressemble à un cessez-le-feu, les chiffres sont impitoyables quant à la réalité du cessez-le-feu qui demeure essentiellement fictif.
Tendances : Escalade ou Désescalade ?
Tendance court terme
C’est à l’escalade, compte-tenu des résultats de la semaine 39.
Cette tendance se confirme en début de semaine 40 (utilisation d’orgues de Staline le 3 octobre, ce qui est la première fois depuis le 25 août)
Tendance moyen terme
Légère escalade sur une période de 3 semaines
Tendance long terme
3 vues différentes à partir de données différentes confirment la même tendance plus ou moins marquée.
Que ce soit le nombre d’attaques recensées journalièrement par l’Armée Ukrainienne, le nombre de violations et le nombre d’explosions recueillis par le SMM, la tendance de fond (sur un mois et demi) montre une tendance à la désescalade, qui est à peu près cohérente suivant les différentes sources de données. Si on compare le nombre de violations et le nombre d’explosions, on constate une décrue importante du nombre d’explosions et une décrue très lente du nombre de violations. A ce rythme, il faudrait + de 3 mois pour qu’il n’y en ait plus. C’est probablement un effet de bord du comportement des acteurs de supervision du cessez-le-feu. Leur objectif semble de diminuer les signes les plus visibles (ex : explosions).
Attention: les variations restent très importantes. La tendance long terme est un peu artificielle, puisque repose sur une analyse statistique des données sur 1 mois et demi. Le nombre de violations a augmenté de façon importante et est à un niveau élevé ailleurs que dans le secteur de Luhansk. La tendance long terme contredit les autres tendances, mais une confirmation des tendances court et moyen terme pourrait effacer complètement les gains constatés sur la période d’un mois et demi.
Analyse de la typologie des secteurs
Le SMM présente dans ses rapports 2 secteurs : Donetsk et Luhansk.
Dans ce qui suit, 3 secteurs sont pris en compte :
Donetsk
Mariupol
Luhansk
Les données par secteur sont issues des tables annexées des rapports SMM. Le recueil des données a été fait rapidement et il peut y avoir quelques erreurs mais marginales et sans mettre en cause le résultat global. Une ligne = une violation de cessez-le-feu
Toute explosion est prise en compte, quel que soit son type.
Ces 2 graphiques donnent une typologie très différentes des 3 secteurs :
Luhansk : très peu de violations mais il peut y avoir des pics d’explosion équivalents à ceux de Donetsk :
* cela ressemble à des troupes de métier ou très entrainées avec du gros matériel
* le cessez-le-feu peut mobiliser peu de ressources mais avec un très bon contact hiérarchique avec les LPR et l’armée régulière russe ( qui est probablement la colonne vertébrale de ces troupes) cela doit être possible… sauf les groupes francs-tireurs, genre unités spéciales ou mercenaires en groupe qui utilisent des laissez-passer russes.
Mariupol: Beaucoup de violations mais très peu d’explosions
* cela ressemble à des militants dispersés dans la nature mais avec très peu de matériel lourd
* la plupart des violations est due à des balles traçantes, qui proviennent certainement des mêmes groupes. Cela demande un travail d’investigation terrain
Donetsk : beaucoup de violations et beaucoup d’explosions
* un mélange explosif de miliciens et de gros matériel
* un bon découpage en sous-secteurs devrait permettre de s’adapter localement. Illusoire de tout traiter de la même façon.
Les données utilisées
Dans la culture de la mesure on vérifie les données disponibles afin de s’assurer de leur pertinence.
Données communiquées par l’Armée ukrainienne ( disponibles en anglais sur plusieurs media ukrainiens accessibles sur internet. Ex: UNIAN News, Kyivpost …)
Tous les jours, un communiqué de l’Armée Ukrainienne indique pour la veille:
le nombre d’attaques contre l’armée ukrainienne
le nombre de blessés (WIA)
le nombre de tués (KIA)
Le nombre d’attaques est simple à utiliser. C’est pour cela qu’en 2016 il a été utilisé pour suivre le niveau de violences. Il paraissait globalement cohérent avec le niveau de violence indiqué par l’OSCE. De plus il a l’avantage d’être communiqué tous les jours dans la matinée, permettant d’espérer en faire un instrument de pilotage. Malheureusement il a fallu constater que ce nombre d’attaques n’est pas cohérent avec les données SMM qui sont considérées comme plus fiables, même si elles arrivent tardivement.
Pour le nombre de blessés et tués il n’est pas possible de les utiliser journalièrement (trop peu de blessés ou tués pour en faire le moindre graphique significatif). Cependant, cette indication donne un niveau qualitatif intéressant du niveau de violence. Il est intéressant d’en avoir connaissance sans pouvoir l’intégrer dans des mesures journalières significatives.
Données OSCE SMM
Ces données sont disponibles le soir en semaine du lundi au samedi ( uniquement pour les jours non fériés), à une heure variable entre 18h et 21h.
Un rapport est fait sur les données disponibles la veille au soir vers 19h 30.
Les données sont donc disponibles avec 24 à 48 h de retard.
Les données disponibles sont détaillées mais limitées à ce que voient les observateurs eux-mêmes. Comme nous ne savons pas le nombre de points d’observation ou de patrouilles pour chaque jour, nous ne savons pas s’il y a des variations dues au management des observateurs.
Les données ne couvrent pas une journée complète, mais cela donne une bonne idée.
Au rapport est joint une table annexe qui indique toutes les violations recensées et leur type.
Pour les statistiques qui sont présentées ici:
1 ligne différente dans la table annexe est considérée comme 1 violation de cessez-le-feu.
toutes les explosions sont ajoutées, quelle que soit leur type.
03 Octobre 2017 mis à jour le 4 octobre en intégrant les informations du 3 octobre
« Montres-moi ce que tu comptes, je te dirai ce que tu es et ce que tu veux »
C’est ainsi que pourraient parler des personnes avec une bonne culture de la mesure. Ce n’est pas le cas de la plupart des acteurs du management du conflit ukrainien. Ils sont dans le « paraître » plus que dans la réalité objective et mesurable. Les nombres disponibles ne sont synthétisés par aucun des acteurs officiels, ou du moins aucune statistique crédible n’est disponible au niveau des media. Ceci est révélateur de l’absence à tout niveau d’un pilotage réel. Les acteurs sont dans la « réaction » et l’agitation médiatique, pas dans un pilotage qui aboutirait à en maitriser les composantes.
Pour la réflexion statistique 2 graphiques sont présentés ici:
Le premier est celui du nombre d’attaques journalier communiqué par l’armée Ukrainienne par rapport au nombre d’explosions global fourni par l’OSCE .
Le second est celui du nombre de violations du cessez-le-feu journalières par rapport au nombre d’explosions journalières.
statistiques conflit ukrainien jusqu’au 22 septembre 2017
Dans les graphiques, l’échelle de la première série est à gauche et l’échelle de la seconde série est à droite. L’échelle de gauche n’est applicable qu’au Nombre d’explosions. Pour l’autre courbe il faut aller chercher l’échelle à droite du graphique.
Analyse du graphique « Attaques (UA) et Nbre d’Explosions
Ce qui a conduit à ce graphique est le constat que les données de l’Armée Ukrainienne et l’OSCE ne paraissent pas cohérentes pour avoir une idée du niveau de violence.
Ce graphique confirme effectivement l’incohérence: un nombre relativement élevé d’attaques ne signifie pas que la veille a été très agitée. Par contre, les nombres relativement bas sont souvent ( mais pas toujours) confirmés par un niveau bas OSCE.
La principale conclusion est que le nombre d’attaques donné par l’Armée Ukrainienne ne donne pas d’information pertinente sur le niveau de violence de la veille. Et comme l’OSCE donne ses données avec retard et sans traitement préalable, il faut attendre 24 à 48 heures pour avoir une petite idée du niveau de violence.
Analyse du graphiques « OSCE Nombre de violations et Nombre d’explosions »
Le but de ce graphique est de voir ce qui est le plus significatif: nombre de violations ou nombres d’explosions.
La définition qui a été prise ici est qu’une ligne de l’annexe du rapport SMM est une violation de cessez-le-feu.
Le nombre d’explosions se limite à de l’artillerie ou des tirs de véhicules blindés ou chars et ne rend pas compte des violations à l’arme légère ou autre.
Le nombre de violations prend en compte tous les types d’armements.
C’est le nombre de violations du cessez-le-feu qui paraît le plus pertinent et le plus intéressant à exploiter, mais les deux mesures sont globalement cohérentes
Les actions de l’OSCE se sont focalisées sur l’interdiction des armements les plus destructeurs ( Artillerie, chars, etc). Il semble que leur influence sur le terrain tend à accorder de l’importance aux explosions ( armements les plus destructeurs) mais pas le reste. Il peut y avoir des jours avec très peu d’explosions (depuis le 25 août 3 jours ont eu moins de 10 explosions) mais il est très rare qu’il y ait moins de 30 violations.
Depuis le 25 août les variations journalières du nombre de violations du cessez-le-feu restent importantes (elles peuvent être multipliées ou divisées par 4 ou 5 en 1 ou 2 jours ; c’est à dire une augmentation de 400 ou 500%, ou une diminution de 75 ou 80% en moins de 48 heures)
Ce graphique donne l’impression que les acteurs ne cherchent pas à aboutir à un cessez-le-feu mais simplement à une réduction du nombre d’explosions, ce qui explique probablement qu’un cessez-le-feu réel paraisse inatteignable, puisqu’il ne semble même pas être un véritable but. L’objectif apparent semble se limiter à une réduction apparente des explosions.
Les quelques jours où il y a peu d’explosions donnent l’impression que de temps à autre il y aurait un rappel vers les belligérants et dès que le niveau a baissé il n’y a plus d’action. C’est un système qui reste essentiellement passif et qui n’est toujours pas organisé pour traiter au jour le jour les incidents dans des espaces géographiques réduits et maitrisés (c’est assez facile de venir à bout de tous les incidents dans un espace réduit de 100km² quand il y a des équipes dédiées qui se montrent présentes jour et nuit. C’est quasi impossible si on le fait sur toute la ligne de contact, pour la bonne raison que le responsable ne sait pas sur un tel territoire faire le lien avec les commandos locaux alors que dans un espace réduit, en quelques jours, il sait à qui s’adresser: c’est comme cela depuis le début de la mission SMM)
Le jour où il y aura moins de 10 violations par jour pendant plus d’une semaine, ce jour-là signifiera qu’il y a un petit espoir qu’un véritable cessez-le-feu s’instaure enfin.
Les données utilisées
Dans la culture de la mesure on vérifie les données disponibles afin de s’assurer de leur pertinence.
Données communiquées par l’Armée ukrainienne ( disponibles en anglais sur plusieurs media ukrainiens accessibles sur internet. Ex: UNIAN News, Kyivpost …)
Tous les jours, un communiqué de l’Armée Ukrainienne indique pour la veille:
le nombre d’attaques contre l’armée ukrainienne
le nombre de blessés (WIA)
le nombre de tués (KIA)
Le nombre d’attaques est simple à utiliser. C’est pour cela qu’en 2016 il a été utilisé pour suivre le niveau de violences. Il paraissait globalement cohérent avec le niveau de violence indiqué par l’OSCE. De plus il a l’avantage d’être communiqué tous les jours dans la matinée, permettant d’espérer en faire un instrument de pilotage. Le premier graphique essaie de confirmer ou infirmer si le nombre d’attaques est significatif du niveau de violence en faisant la relation avec les données fournies par l’OSCE.
Pour le nombre de blessés et tués il n’est pas possible de les utiliser journalièrement (trop peu de blessés ou tués pour en faire le moindre graphique significatif). Cependant, cette indication donne un niveau qualitatif intéressant du niveau de violence. Il est intéressant d’en avoir connaissance sans pouvoir l’intégrer dans des mesures journalières significatives.
Données OSCE SMM
Ces données sont disponibles le soir en semaine du lundi au samedi ( uniquement pour les jours non fériés), à une heure variable entre 18h et 21h.
Un rapport est fait sur les données disponibles la veille au soir vers 19h 30.
Les données sont donc disponibles avec 24 à 48 h ( pour les données du samedi) de retard.
Les données disponibles sont détaillées mais limitées à ce que voient les observateurs eux-mêmes. Comme nous ne savons pas le nombre de points d’observation ou de patrouilles pour chaque jour, nous ne savons pas s’il y a des variations dues au management des observateurs. On suppose qu’elles sont minimes.
Les données ne couvrent pas une journée complète, mais cela donne une bonne idée.
Au rapport est joint une table annexe qui indique toutes les violations recensées et leur type.
Nulle part dans les documents de l’OSCE disponibles ne sont détaillés ce qu’est une violation du cessez-le-feu. La définition qui a été prise pour ces graphiques est une ligne de la table annexe = une violation. Il est certain que ce n’est pas la définition OSCE qui doit être implicite dans leur tête mais n’est jamais explicite. Comme ils ne donnent jamais le nombre de violations par jour mais disent simplement qu’il y en a plus ou moins que la veille, il n’y a pas de moyen de vérifier ou comprendre ce qu’ils nomment « violation de cessez-le-feu ». La définition de ce qu’est une violation de cessez-le-feu semble être faite pour les minimiser. On n’avance pas dans une direction en se voilant la face sur la situation réelle. Cela conforte cette impression d’opacité des intervenants OSCE et difficulté à utiliser leurs données qui sont brutes et incomplètes, comme s’ils se prétendaient les seuls à juger de ces sujets. Il va falloir qu’ils s’y fassent: il n’y a pas que des acteurs OSCE qui s’y intéressent et ont des connaissances dignes d’intérêt sur ces sujets.
Pour ces statistiques, une ligne différente dans la table annexe est considérée comme une violation de cessez-le-feu. Pour les types d’incident, seul le nombre d’explosions est pris en compte, quelle que soit l’explosion.
On aurait pu imaginer que ceux qui font le rapport utilisent Excel et sortent ainsi automatiquement des nombres réutilisables. Ce n’est pas le cas à ce jour.
25 septembre 2017
PS: la semaine dernière un responsable OSCE a indiqué que le nombre de violations du cessez-le-feu avait diminué de 10% en une semaine. Si vous avez vu les graphiques, le nombre de violations peut être multiplié par 4 ou 5 en un ou deux jours et aussi être divisé par 4 ou 5 en moins d’une semaine, ce qui représente une diminution possible de 75 à 80% ou une multiplication de 400 à 500%. Dans ce contexte, 10% est-il significatif ? Vous trouverez la réponse à la question si vous avez un peu de bon sens.
Les « Retours du passés » sont des événements ( ou série d’événements) à travers lequel un ( ou des) événement(s) passés ressurgissent.
Cet article est autosuffisant afin d’en faire une explication compréhensible pour ceux qui auraient un peu de difficulté à comprendre ce concept de « Retour ».
Un Retour peut se faire sous 2 formes:
positive: c’est un événement similaire à l’événement initial ( un événement quasi identique est rarissime)
négative: c’est un événement contraire à l’événement initial. Le plus souvent il met en cause l’événement initial ou essaie d’effacer l’événement initial
Très peu d’événements provoquent de « Retour » et ce ne sont pas les mêmes suivant les zones géographiques auxquelles on s’adresse. Il faut qu’ils aient eu un large retentissement avec la conséquence que ce sont des événements auxquels on a fait souvent référence pendant des années et des années.
Pour le continent Européen ces deux événements, à savoir la chute du mur de Berlin et la désintégration de l’URSS sont les événements marquants de la période 1989 – Fin 1991.
Chute du mur de Berlin : Novembre 1989
Désintégration de l’URSS: période de Mars 1990 à Décembre 1991
L’intérêt des « Retours » est que la « Théorie du Retour » indique les périodes probables d’apparition, ce qui permet d’en faire un instrument de prévision, très utile en géo-stratégie. Dans certains cas, seule la connaissance de la « Théorie du Retour » et une bonne analyse permettent d’entrevoir un ou des événements qui paraitraient imprévisibles autrement.
Pour être simple dans l’explication, nous nous limitons ici aux retours de « 25 ans environ ». Ce sont les retours les plus probables et quelqu’un qui veut les comprendre et utiliser peut se contenter de ne considérer que cette périodicité de 25 ans ( ou un multiple de 25 ans).
Quel événement peut apparaître comme un Retour de la Chute du mur de Berlin?
La chute du mur de Berlin marque la fin du rideau de fer et la fin de la séparation des deux Europes et de la guerre froide qui en résultait. Un « Retour négatif » serait :
recréer deux blocs européens
recréer un climat de guerre froide
recréer une forme de glacis soviétique même s’il est russe
D’après la « Théorie du Retour », la probabilité la plus grande de Retour est autour de 25 ans plus tard, c’est à dire autour de 2014 ( à un ou deux ans près), ce qui correspond justement à cette période qui a commencé à recréer un climat de guerre froide. Ce Retour ne s’est pas manifesté par un événement unique, mais par une tendance de fond qui a suivi la crise et la guerre Ukrainienne.
Quel événement peut apparaître comme un Retour de la désintégration de l’URSS?
Un « Retour positif » aurait été la désintégration ou dislocation de la Russie ou dislocation de Russie ou du système d’influence régional de la Russie.
Un « Retour négatif » serait quelque chose qui ressemble à la renaissance de l’URSS:
création d’une nouvelle alliance Russie-Pays Européens,
réaffirmation de la Russie en tant que puissance régionale et mondiale
D’après la « Théorie du Retour », la probabilité la plus grande de Retour est autour de 25 ans plus tard, c’est à dire sur la période 2015-2016, ce qui correspond justement à cette période où la Russie tente de se réaffirmer tout azimut tentant de retrouver une stature mondiale qu’elle avait perdu
Ce n’est pas un événement qui confirme ce Retour mais toute une série d’événements et des tendances de fond
Avec la crise ukrainienne nous avons à la fois une tentative de « Retour positif » (tentative d’alliance Ukraine-Russie et formation d’une nouvelle zone d’influence russe) et un « Retour négatif » (tentative d’étendre sa zone d’influence par la force: Crimée, guerre ukrainienne). Nous avons aussi une tentative de résurgence de républiques soviétiques à travers les républiques fantoches de Donetsk et de Luhansk, comme si ils avaient besoin de se souvenir de républiques anciennes. Ce dernier élément est plutôt comique, même si les dirigeants (à l’origine russes) de ces nouvelles républiques fictives risquent de ne pas apprécier de savoir qu’ils n’ont été que le jouet de leur inconscient.
Avec la guerre syrienne nous avons un « Retour négatif » d’affirmation de puissance de la Russie qui tente de se substituer à l’URSS sans recréer un bloc.
Poutine est donc un acteur discipliné de son propre inconscient. Il démontre, sans le savoir et probablement sans vraiment apprécier, la Théorie du Retour avec éclat. Tout ce qu’il a fait et fait le montre: grâce à son aide inconsciente et grâce à tout ce qui a été dit et fait par Poutine et la Russie nous allons pouvoir commencer un débat pour aboutir à une démonstration dont l’URSS marxiste n’aurait pas rougi: une loi de l’Histoire démontrée grâce à la complicité inconsciente des dirigeants russes.
A suivre, cela ne fait que commencer. Il faut que les avis s’expriment.
Cet article est auto-suffisant. Sans consulter aucun autre document du site vous devriez comprendre le concept à partir de cet exemple qui est structurant depuis 2014 pour comprendre l’actualité et le futur à moyen terme. Les concepts ont été simplifiés au maximum.
Si vous voulez aller plus loin, vous pouvez aller consulter la page sur les « Retours du passé »Vous y trouverez la Théorie du Retour et quelques exemples. Les concepts y sont plus précis, plus détaillés, plus techniques, ce qui pourrait introduire une incompréhension pour ceux qui pensent avoir compris cet article. La principale différence est que cet article se limite aux retours de 25 ans alors que la Théorie est décrite sur des retours de 8 ans et demi environ (25 ans divisés par 3) et leurs multiples et dit très peu de choses sur la manière dont on détermine les occurrences probables ou non. la simplification aux retours de 25 ans permet de présenter les choses simplement, mais c’est un peu plus compliqué que cela. La « Théorie du Retour » fait moins d’une page mais il faut en peser chacun des termes et savoir l’appliquer correctement.
Si vous voulez encore en savoir plus, l’auteur tient à votre disposition un exemplaire de l’édition 2012 qui vous permet de mieux comprendre à travers de nombreux exemples dont le contexte d’actualité est rappelé, afin de remettre ces « Retours » dans leur environnement permettant de mieux le comprendre. Ces exemples n’ont pas été détaillés sur le site web même si la plupart sont cités.
Si vous voulez encore en savoir plus, il est possible de faire une présentation ou une formation personnalisées. Certaines de ces présentations sont gratuites, d’autres sont facturées au temps passé. Cela dépend des demandes qui sont faites et des connaissances préalables de ceux qui veulent comprendre et l’utiliser professionnellement. L’auteur étant ouvert à échanger sur ces sujets, la possible facturation s’adresse essentiellement à des milieux professionnels et reste exceptionnelle.
C’est simple et puissant pour ceux qui ont compris et savent l’utiliser correctement. Très peu d’événements sont prévisibles par ce moyen, mais ce sont généralement des crises imprévisibles autrement. Ce sont des concepts qui apportent quelques informations complémentaires pertinentes à ceux qui savent déjà mener des analyses stratégiques classiques. Ces quelques informations complémentaires permettent de déterminer une probabilité d’événement. Nous sommes dans une logique équivalente à la gestion des risques pour ceux qui sont familiarisés avec le gestion des risques ou de la safety.
Ce qui suit est un draft en cours d’élaboration. Il est structurant pour les années à venir, ses effets étant fondamentaux pour comprendre une sorte de stratégie implicite et inconsciente qui va lier certains événements en particulier dans les pays du Moyen-Orient apparus sur les décombres de l’Empire Ottoman
Pour comprendre ce qui suit, le prérequis est de comprendre la « Théorie du Retour »
Ensuite il faut comprendre quelques exemples et les concepts essentiels du Retour. Le Retour d’un événement historique peut être un ou des événements ou même une tendance qui est une forme d’expression inconsciente du revécu de cet événement.
Le retour peut être similaire à l’événement d’origine, ou contraire ( remettons en cause l’événement passé) ou un mélange des deux.
Pour le moment ce « Retour » de la fin de l’Empire Ottoman n’est pas considéré comme un exemple de la « Théorie du Retour« , c’est une étude parallèle qui pose quelques problèmes non résolus. Cela relève plus de l’intuition que de la démonstration à ce stade.
Le printemps arabe de 2011 peut être considéré comme l’expression de ce Retour qui secoue et met en cause ce qui a été bâti après la fin de l’Empire Ottoman.
La volonté de créer un Califat par l’Etat Islamique peut être aussi l’expression de ce retour qui tend à vouloir recréer un tel empire. ( ce qui ne veut pas dire que cet empire sera recréé: il peut s’exprimer par des tendances fugaces et non durables)
L’affirmation progressive de la Turquie comme un régime autoritaire et comme une puissance régionale en est une autre forme.
L’une des conséquences de ce Retour va être l’instabilité de quelques pays créés après la chute de l’empire ottoman dans leurs frontières . Ceci favorisera des évolutions de frontières ou de territoires pour une série de pays dont l’Irak, la Syrie et quelques autres.
Cela va s’exprimer comme une tendance inconsciente à redéfinir un partage régional. Mais rien ne dit que ce partage confirmera les partages précédents ou se concrétisera par un nouveau partage qui durera quelques dizaines d’années.
C’est le fil d’Ariane inconscient d’événements en cours et à venir.
Les réflexions sur les moyens de ramener la paix envisagent souvent des forces de paix internationales, croyant qu’une force internationale va s’imposer sur place et ramener la paix.
Toutes les forces internationales de paix ne sont pas capables de s’imposer militairement. Les forces de paix onusiennes ne sont jamais de vraies forces combattantes, mais sont équipées pour pouvoir se faire ponctuellement respecter si les forces en présence sont disparates et pas trop organisées. L’idée que ces forces internationales de paix vont s’imposer militairement et ramener la paix est souvent une illusion.
S’il est vrai qu’une victoire militaire ramène souvent le calme qui est appelé retour à la paix, il ne suffit pas de gagner militairement la guerre sur le terrain pour en faire une solution généralisée à tous les conflits.
Cependant il y a des cas où des forces de paix sont utiles et peuvent aider à ramener un calme quasi complet.
Parmi ces cas:
des forces internationale , style onusienne, sur une frontière internationale reconnue, à condition de contrôler toute la frontière incriminée et tous les points de passage. Ces forces agissent souvent de concert avec la négociation d’un armistice et la définition précise des droits de chacun. Cela peut prendre un peu de temps pour aboutir à un calme complet mais cela finit généralement par arriver. Exemple : Forces de l’ONU sur le Golan entre Israël et la Syrie
Lorsqu’il n’y a plus aucune structure locale capable d’assurer la sécurité et qu’il n’y a plus de force locale prétendant contrôler militairement l’ensemble du territoire, il est indispensable d’avoir une force internationale pour assurer un minimum de sécurité. Exemple: Le Cambodge après le départ des Khmers Rouges
Il y a cependant de nombreux cas où une force internationale ne réussit jamais à s’imposer et n’a pratiquement aucun effet. Cela n’empêche pas de reconduire la force internationale d’année en année, même si elle n’évite aucune guerre, ne s’impose à aucune milice et ne désarme personne.
Exemple : La FINUL au Sud-Liban: elle n’a jamais empêché les guerres successives au Liban et n’a jamais empêché la moindre milice de prospérer. Le Hezbollah s’est organisé sous l’ombre de la FINUL qui n’a jamais exercé le moindre contrôle sérieux sur cette milice.
Le plus souvent, on crée une force internationale qu’on ajoute aux dispositifs et forces existantes, sans les désarmer, les retirer. Le problème précédant reste entier. Le seul avantage de ces forces de paix est qu’elles n’hésitent pas à discuter avec les forces en présence, ce qui peut suffire à ramener le calme. Ce n’est pas leur force militaire qui ramène le calme mais la gestion intelligente et organisée des relations entre les différentes forces en présence qui peut aider à ramener le calme. C’est ce qui manque aujourd’hui à l’OSCE dont les observateurs SMM, passifs, ne gèrent pas correctement les différentes forces en présence, ni directement ni indirectement au travers du JCCC.
Il y a cependant des exceptions où des forces internationales combattent victorieusement toutes les autres forces et ramènent ainsi le calme par élimination progressive des autres forces. Ces cas demandent des moyens militaires considérables. C’est généralement une armée préexistante ( ou alliance) qui réussit à avoir une couverture internationale pour agir localement. Ces cas posent généralement des difficultés pour faire émerger des forces de sécurité autonomes et efficaces.
Exemples: forces internationales syriennes au Liban, OTAN au Kosovo
Pourquoi cette réflexion ?
Principalement parce que le président ukrainien Poroshenko et le président russe Poutine parlent beaucoup de propositions de forces de paix en Ukraine. Mais aucune des propositions faites par l’un ou l’autre ne seront vraiment utiles:
Au cas où une force de paix de l’ONU se déployait dans tout le Donbass en Ukraine, elle se déploiera en plus des forces existantes. Au mieux les milices actuelles rentreront dans la clandestinité et ne seront plus apparentes, au pire elles resteront comme aujourd’hui, étant militairement plus fortes que la nouvelle force de paix. De plus des soldats étrangers, sans connaissance de la langue, se montrent assez peu compétents dans la gestion de la sécurité au jour le jour.
Ce nouveau dispositif s’ajoutera probablement à ceux qui existent déjà : SMM de l’OSCE, JCCC entre l’Ukraine et la Russie, sans les remplacer ni les intégrer, chacun essayant de montrer son utilité dans le nouveau contexte.
L’Ukraine est spécialiste de la demande de dispositifs qui s’ajoutent les uns aux autres ( le SMM a été créé à la demande de l’Ukraine, et il me semble que le JCCC aussi, l’implication de l’Allemagne et la France aussi, puis un jour ce sera le tour des USA, etc. et un jour quelqu’un essaiera d’intégrer tous les dispositifs dans un seul: le poids des appareils en place fait que cela risque d’être une mission impossible)
Le président russe Poutine lui ne parle de forces de paix que là où il voit la future frontière avec l’Ukraine. Toute la stratégie militaire et diplomatique russe tend à faire interdire tout contrôle de la frontière russo-ukraine ( les 2 points de contrôle de l’OSCE sur la frontière ne contrôlent rien) et multiplier les accords, les contrôles sur la ligne de contact qui est le point théorique de « frontière interne » entre les séparatistes et l’Ukraine. La Russie le fait autant à travers le groupe de contact qui s’est transformé en machine à créer des accords un peu partout dans lesquels le contrôle par les ukrainiens est toujours exclu que par des propositions ou le refus des propositions des autres. Par chance pour la Russie, l’Ukraine joue le jeu en transformant la ligne de contact en véritable frontière. Le passage officiel vers les territoires séparatistes ( et en provenance de) est devenu pire qu’une frontière et organisé par les autorités ukrainiennes. Les deux acteurs clés de ce conflit semblent implicitement d’accord pour faire de la ligne de contact une véritable frontière. On ne comprend pas toujours la logique des autorités ukrainiennes en renforçant elles-mêmes une séparation avec ce qu’elles revendiquent comme appartenant à l’Ukraine.
Ce qui suit est un peu l’aboutissement de toutes les recherches de l’Horloge de l’Inconscient: est-il possible de prévoir des crises diplomatiques majeures et de les anticiper ?
Plutôt que de faire un long discours et des arguments pour et contre une telle possibilité, je commence par 2 extraits de lettres transmises à l’ambassadeur de Chine et l’ambassadeur d’Inde. Elles ont été transmises les 18 et 20 Avril en prévision de cette démonstration.
C’est le mieux qu’il soit possible de faire avec ces recherches: annoncer 5 à 6 mois avant une possible crise diplomatique majeure et les formes qu’elle pourrait avoir.
Il a semblé que l’Asie était candidate et qu’en Asie il y avait plusieurs sources potentielles dont celle de la Corée du Nord.
Vous trouverez ici un extrait de ces deux lettres:
Extrait lettre à l’ambassadeur de Chine datée du 18/04/2017
Extrait lettre à l’ambassadeur d’Inde datée du 20/04/2017
D’après ce Cycle des Guerres ( aller au lien) nous sommes dans une période d’amplification
Ensuite il faut tenir compte de l’arrivée de dirigeants internationaux « imprévisibles » comme Donald Trump, capables de sur-amplifier toute crise.
Il faut aussi savoir que la fin de la période d’amplification du Cycle des Guerres (Mai 2017 à Mars 2018 comme indiqué dans l’édition 2003 de l’Horloge de l’Inconscient) peut donner lieu à des guerres Majeures
Ce concept n’a pas été redéveloppé dans l’édition 2012, faute de données jugées suffisantes pour confirmer ce point mais cela reste utilisé pour accorder une attention particulière à ces périodes
La période 2014-2017 ayant donné lieu à des amplifications et guerres importantes, il est probable que nous y connaissions la crise diplomatique la plus grave depuis la seconde guerre mondiale
Enfin une analyse classique a été utilisée pour identifier les candidats possibles à une telle crise:
Europe: La crise ukrainienne restant contenue elle ne parait pas candidate.
Moyen-Orient: un « retour de la guerre des 6 jours » est possible d’ici fin 2018, mais il est difficile d’imaginer une crise mondiale majeure à partir de cet événement. De plus, les guerres en cours ( Irak et Syrie) paraissent plus à la désescalade et au règlement militaire qu’à une escalade internationale mondiale.
Asie: très probable, mais la source exacte reste à confirmer
Est-ce utile ?
Vraisemblablement personne n’a rien fait de ces 2 textes, mais si l’auteur était crédible on aurait pu anticiper et tenter d’amortir la crise avant qu’elle n’arrive. Ceci n’a pas été le cas et nul ne se souciera de l’auteur que je suis pour tenter de comprendre et désamorcer une crise peut-être favorisée par le « Cycle des Guerres ». Pratiquement personne n’est simplement au courant de l’existence du « Cycle des Guerres » et, à ma connaissance, aucun travail officiel de recherche ne cherche à confirmer ou infirmer son existence.
La guerre de Corée aura-t-elle lieu ?
Difficile de le dire.
Si une opération préventive militaire paraissait crédible et sans risque, elle aurait déjà eu lieu. Vraisemblablement les sites de Corée du Nord sont prévus pour résister à toute attaque préventive. La déclencher serait prendre des risques inconsidérés
La Corée du Nord cherche à empêcher toute intervention militaire future à partir du moment où la possession de l’armement nucléaire lui permet de « dissuader » les Etats-Unis d’intervenir. Il est peu probable que la Corée du Nord lance la première frappe, même si elle multipliera les démonstrations pour montrer qu’elle pourrait le faire.
Alors ?
Nous sommes devant un problème qui continuera à se poser éternellement: un pays qui maitrise l’arme nucléaire et joue de la menace. Nous n’avons pas de parade absolue et même la prise de conscience du « Cycle des guerres » ne suffirait pas à convaincre chacun de calmer le jeu.
C’est donc un vrai problème sans solution évidente au premier abord. Tant que quelques pays se garderont le privilège de posséder l’arme nucléaire et interdiront aux autres de la posséder, leur discours ne sera pas convaincant pour tous.
Pourquoi autoriser quelques pays à posséder l’arme nucléaire et pas les autres ? Ne vaudrait-il pas mieux éradiquer toutes les armes nucléaires pour se donner plus de poids pour interdire l’acquisition de cette arme ?
Nous faisons face à un dilemme stupide
Est-ce que cela a vraiment un sens d’accumuler des armements qui, au nom de la dissuasion, ne serviront jamais ? On pourrait faire autre chose avec ce qui est dépensé avec cet armement qui ne servira jamais.
Si l’armement devait servir: ce serait criminel
Ferons-nous mieux que continuer à développer ces armes pour ne jamais les utiliser ? .. ou deviendrons-nous tous des criminels qui ont permis qu’un affrontement nucléaire ait lieu ? C’est notre dilemme collectif!
Il est aujourd’hui difficile d’avoir des données objectives qui reflètent l’intensité de la violence quotidienne en Ukraine dans l’Est du Pays, dans cette région appelée Donbass.
Rappelons que depuis 3 ans le Donbass est supposé être en « cessez-le-feu ». Et depuis 3 ans il n’y a jamais eu une seule semaine qui puisse être considérée comme un cessez-le-feu complet.
Même si les media n’en parlent que très peu, ailleurs qu’en Ukraine, c’est une guerre qui reste active, même si le niveau de violence est relativement bas.
La difficulté est qu’aucun des acteurs ne donne de mesures objectives de l’intensité du conflit journalier et surtout ne donne aucune image dans le temps permettant de se faire une idée si c’est plus ou moins fort qu’il y a quelques semaines.
L’armée ukrainienne publie tous les jours un communiqué indiquant le nombre d’attaques recensées la veille et les faits marquants de la journée de la veille. Ce sont les « Attaques UA ». Le communiqué du matin correspond à l’état de la veille.
L’OSCE, à travers le SMM ( observateurs OSCE) publie tous les soirs de la semaine du lundi au samedi un rapport sur la base des données de la veille au soir. Leur rapport a 24h de retard alors que le communiqué de l’Armée Ukrainienne n’a que quelques heures de retard. Ce rapport indique s’il y a plus ou moins de violations et d’explosions que la veille mais ne donne aucune indication dans le temps. Les données ne semblent pas exploitées ou du moins ne sont pas publiées comme si personne ne se souciait de donner une vue dans le temps.
Un comparatif a été fait ces derniers jours sur les données publiées par l’Armée Ukrainienne et par l’OSCE sur la période du 17 août au 17 septembre, afin d’évaluer la cohérence et la pertinence des données, autant que possible ( l’OSCE donne des données de 19h à 19h & l’armée ukrainienne donne des données sur une journée complète, mais cette incohérence temporelle n’a pratiquement aucun effet).
Comparaison des données fournies par l’Armée Ukrainienne et l’OSCE pour mesurer l’intensité du conflit ukrainien
Que pouvons-nous conclure de cette étude comparative?
Les informations ne sont pas cohérentes: le nombre d’attaques publié par l’Armée Ukrainienne n’a pas beaucoup de rapport avec le nombre d’explosions constatées. Exemple: le 31 août et le 1° septembre il y a eu très peu de violations de cessez-le-feu et d’explosions. Le nombre d’attaques de 20, tel que publié par l’armée ukrainienne ces jours-là, ne reflète pas ce niveau particulièrement bas de violence ( C’était presque un cessez-le-feu même si les jours qui ont suivi n’ont pas confirmé ce bon résultat).
Le niveau moyen de violence depuis le cessez-le-feu du 25 août est plus bas que celui de la semaine qui a précédé ce cessez-le-feu de la rentrée.
Les fluctuations de violence depuis le 25 août restent fortes: il est arrivé plusieurs fois qu’il y ait plus de 200 explosions par jour , et on ne prend même pas en compte les armes légères, les balles traçantes, etc. Le cessez-le-feu reste « fictif ».
Il y a probablement un groupe qui agit pour que les variations soient aussi fortes d’une journée à l’autre. Cela ne semble pas correspondre au SMM qui est très passif. Le groupe qui agit n’est pas identifié à travers les informations disponibles fournies par l’OSCE. Ce n’est même pas sûr que ce soit un acteur de l’OSCE. Le système de supervision et de contrôle du cessez-le-feu reste faible. Les informations dont je dispose à travers les media ne me permettent pas de l’identifier précisément.
Conclusion :
Le cessez-le-feu paraît un peu meilleur que les précédents, mais ce n’est toujours pas un cessez-le-feu tel qu’on pourrait l’attendre. D’une journée sur l’autre et sans prévenir, des duels d’artillerie peuvent entrainer un nouveau pic de violence de plusieurs centaines d’explosions. Est-ce vraiment ce qu’on appelle un cessez-le-feu ?
Initialement publié le 15 septembre, l’article a été complètement réécrit le 19 septembre 2017 suite aux résultats de l’étude comparative entre les données fournies par l’Armée Ukrainienne et celles fournies par l’OSCE.
Pourquoi ? Si vous accédez au lien indiqué et si vous allez tout en bas du rapport et si vous ouvrez la table annexe qui y est attachée, jamais jusqu’à ce jour il y a eu aussi peu de violations de cessez-le-feu et aussi peu d’explosions. Pour la première fois depuis que je lis ces rapports, j’ai impression que c’est enfin un début de cessez-le-feu. Les communiqués de l’armée ukrainienne sont un peu plus pessimistes, puisqu’ils font encore état de plus de 20 attaques, mais uniquement des armes légères, ce qui est un peu différent de 20 attaques à l’arme lourde avec des dizaines, voire des centaines d’explosions, comme c’était encore le cas dernièrement quelques jours après la date officielle du cessez-le-feu du 25 août.
Comment expliquer ce début de cessez-le-feu ?
On ne peut expliquer qu’avec les informations disponibles. D’après les seules informations disponibles dans les media, le Groupe de Contact a provoqué le nouveau cessez-le-feu du 25 septembre, dit « cessez-le-feu de la rentrée ».
Il a été tellement peu respecté que quelques jours plus tard Merkel et Macron ont demandé à l’Ukraine et à la Russie de respecter le cessez-le-feu. On pourrait imaginer que c’est ce rappel qui a permis de faire respecter ce cessez-le-feu. Est-ce la vérité ?
3 Septembre 2017
Note du 4 septembre : le communiqué journalier de l’armée ukrainienne fait état de 44 attaques le 3 septembre, indiquant une dégradation généralisée. Encore un cessez-le-feu qui va voler en éclat ? Tournant non confirmé!
2 mois après le cessez-le-feu de la moisson commencé le 24 Juin, un nouveau cessez-le-feu de la rentrée scolaire a commencé le 25 août.
Le cessez-le-feu de la rentrée scolaire est presque une tradition. Chaque année, pour la rentrée scolaire, il en est annoncé un nouveau cessez-le-feu.
En 4 jours depuis ce nouveau cessez-le-feu, la moyenne des attaques journalières suivant l’armée ukrainienne a été de 19 attaques par jour alors que la moyenne des attaques dans les 7 jours qui ont précédé le cessez-le-feu août, la moyenne des attaques était de 29 attaques par jour.
Un petit mieux dans l’accalmie : une diminution d’un tiers des violations de cessez-le-feu, mais ce n’est toujours pas un cessez-le-feu
A noter que les premiers jours de ce nouveau cessez-le-feu a donné lieu à un événement remarquable: un cessez-le-feu presque parfait dans le secteur de Luhansk pendant quelques jours, alors qu’ailleurs le cessez-le-feu s’est limité à quelques heures. Le seul indice disponible pour le moment est dans le rapport quotidien de l’OSCE publié le 28 août au soir: on y indique qu’un militant LPR a confirmé avoir reçu des instructions de cessez-le-feu alors qu’un militant DPR refuse de répondre.
D’après le même rapport du 28 août le représentant russe du JCCC a affirmé le 25 août que les commandants des forces non gouvernementales ont bien retransmis l’ordre de cessez-le-feu. C’est cohérent pour les informations constatées dans le secteur de Luhansk, mais pas du tout cohérent avec ce qui est constaté dans les secteurs de Donetsk et Mariupol.
A noter : quelques jours après l’entrée en vigueur du nouveau cessez-le-feu les dirigeants allemands et français ( Merkel et Macron) ont appelé l’Ukraine et la Russie à respecter le cessez-le-feu ne voyant pas de différence significative avant et après.
C’est bien de le constater deux ans et demi après les accords de Minsk qu’ils ont porté et qui prévoyaient un cessez-le-feu qui est resté fictif.
Iront-ils jusqu’à prendre le taureau par les cornes et se poser les bonnes questions et pointer du doigt l’ensemble du dispositif de maintien du cessez-le-feu inadapté ?
Joker: un regard neuf peut être utile pour pousser les choses mais ce n’est pas suffisant pour être compétent et efficace.