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Syrie : quel lien avec l’Horloge de l’inconscient ?

Pour rappel, l’Horloge de l’inconscient a une théorie centrale : la Théorie du Retour, et quelques applications dont la principale est le « Cycle du Retour » qui a une influence majeure d’amplification sur les conflits et les guerres.

La guerre en Syrie n’est pas un Retour

La Théorie du Retour dit qu’un événement ayant marqué l’inconscient collectif  peut être revécue à un multiple de 3085 jours ( un peu plus de 8 ans et demi)  à + ou – quelques mois, en provoquant un événement similaire ou contraire à l’événement initial.

Par exemple, la guerre en Libye de 2011 peut être considérée comme un retour de la guerre en Irak de 2003 ( 8 ans plus tard). L’intervention aérienne d’une série de pays occidentaux est similaire à l’intervention militaire menée par les USA contre l’Irak en 2003. Le résultat final (la destitution du dictateur local) est similaire.

Par contre, en Syrie il n’y a pas en 2011 et 2012 d’opération militaire menée par des pays occidentaux. Cette guerre en Syrie, n’est pas considérée comme un événement similaire ou contraire à ce qui s’est passé en 2003 en Irak. Il n’y a pas de « Retour identifié » ayant facilité la guerre en Syrie.

La révolte initiale en Syrie est liée au contexte du Printemps Arabe.  Certains pays arabes ayant eu une révolte et changement de pouvoir sans guerre ( Tunisie et Egypte), d’autres ayant dégénéré en guerre, suite à une répression interne sanglante ( Libye et Syrie). Si la guerre en Libye est caractérisée comme un « Retour » de la guerre en Irak de 2003, la guerre en Syrie et le printemps arabe en général ne sont pas considérés comme un Retour de la guerre en Irak de 2003.

Le « Cycle du Retour » a amplifié la guerre en Syrie, la transformant en guerre régionale

Le « Cycle du Retour » est un phénomène cyclique qui amplifie les violences et guerres. La période 2014-2017 est  une période d’amplification centrée sur décembre 2015.

  • Lorsqu’il n’y a pas de guerre, la période d’amplification peut être l’occasion du déclenchement d’une nouvelle guerre.
  • Lorsque la guerre s’est déjà déclenchée, la période d’amplification peut être l’occasion d’une escalade ou extension de la guerre

En  2012 il avait été écrit, en tenant compte du « Cycle du Retour »   : « En 2012 et jusqu’en 2014,  une attention particulière devrait être accordée au conflit syrien. S’il n’est pas résolu à court terme, il sera certainement l’occasion d’une guerre régionale lors du prochain pic d’amplification de guerre…. »

C’est ce qui s’est effectivement passé, la guerre initiale ayant donné lieu à une brutale escalade et extension en s’interconnectant à la guerre irakienne.

La forme violente sous la forme de l’Etat islamique n’a pas été précisément prévue.

Conclusion

Le lien est mince entre les événements de Syrie et l’Horloge de l’inconscient. Seule l’escalade ultérieure peut être considérée comme liée au « Cycle du Retour ». Cela ne donne pas d’indication claire sur son avenir. Une désescalade militaire ou/et accalmie ou/et victoire militaire peut être facilitée dans la période jusque début 2020 qui est le prochain pic d’atténuation.

Par contre, l ‘ensemble des guerres dans le monde arabe (Guerre de l’État islamique en  Irak et Syrie, Guerre au Yémen) est significatif de ce pic d’amplification du « Cycle du Retour ».

A suivre

 

8 Décembre 2016

 

Syrie: Avons-nous un autre choix que de choisir entre la Peste et le Choléra ?

2011 – 2016 : Une révolte du printemps arabe s’est transformée en répression féroce et en une guerre qui a fait plus de 300.000 morts.

Nous demander de choisir entre le pouvoir d’Assad et les mouvements islamistes c’est nous demander de choisir entre la  Peste et le Choléra. Il y en a , dont je suis, qui ne veulent ni l’un ni l’autre et qui ne veulent pas de ce choix biaisé qui nous est présenté, comme si le refus de l’un devait nécessairement nous amener à accepter l’autre.

Choisir la peste ?

Ce serait consacrer un pouvoir répressif qui est une cause de cette guerre.  Une répression sanglante et criminelle d’un pouvoir qui préfère asseoir son autorité sur un tas de ruines que d’admettre la perte d’un pouvoir.

La peste respecte les chrétiens ? Partiellement oui, mais ce respect ne suffit pas à justifier ce qui a été fait.

Choisir le choléra ?

Ce ne sont pas nos valeurs, qu’ils soient simples islamistes ou Daech. Nous n’avons rien à y faire.

Qu’avons-nous appris des guerres en Irak, en Afghanistan et en Libye ?

  • Nous avons appris que l’Occident sait détruire n’importe quel pays, quand il le veut,
  • Nous avons appris que l’Occident ne sait pas reconstruire politiquement un État qu’il a détruit, quels que soient les moyens qu’il y consacre,
  • Nous avons appris que la destruction du pouvoir Libyen a permis la dissémination sauvage des armes dans toute la région, favorisant des poussées islamistes locales et régionales,
  • Nous avons appris que si nous ne sommes pas décidés à prendre en charge totalement un État détruit, il vaut probablement mieux le laisser en place, cela fait moins de dégâts, d’où notre hésitation et notre refus de nous y engager.

Alors quelle voie autre ?

  • Changer le pouvoir en gardant la structure d’État refondue. Remplacer la tête sans faire disparaitre la structure?
  • Rebâtir un système politique respectant les différentes communautés ? C’est probablement demander de réussir ce que le Liban n’a pas réussi en 70 ans:  transformer un système confessionnel en un État non communautaire. Est-ce possible ? … ou un simple rêve

Comment se terminera cette guerre ?

  • la guerre libanaise a duré 15 ans. Il reste donc 10 ans.
  • Une victoire militaire du camp Assad ne permettra jamais de reconstruire une Syrie dans les frontières d’avant 2011.
  • Une victoire militaire des opposants sera le prélude à une longue anarchie : 10 à 20 ans avant que ne réapparaisse un pouvoir digne de ce nom.
  • Ce n’est pas parce que nous ne voulons ni des islamistes ni de Daech qu’il faudrait nous faire croire que la Peste est une solution.
  • Cela prendra le temps qu’il faut mais il faudra bien trouver autre chose que la Peste ou le Choléra

7 Décembre 2016

Ukraine semaine 46: quel sera l’effet Trump ?

Le niveau de violence actuel est similaire à celui qui existait il y a 4 semaines. Il y a des hauts et des bas autour des mêmes niveaux.

Une roadmap devrait être définie d’ici la fin Novembre, d’après la réunion au ‘format Normandie » du 19 octobre.

Je n’ai rien vu de nouveau sur cette roadmap.

L’élection de Trump en tant que président des États-Unis d ‘Amérique devrait amener les autorités ukrainiennes à trouver autre chose, mais quoi ?

A suivre!

20 Novembre  2016

Quelques liens pour mieux comprendre:

Ukrainian news ( avec les communiqués quotidiens)

OSCE Ukraine Daily report

Cessez-le-feu et contrôle

Ukraine semaine 42 : Roadmap ? Quelle Roadmap

Le niveau de violence actuel est similaire à celui qui existait il y a 3 semaines.

Pour illustrer cet état réel sur le terrain, les rapports OSCE de la SMM parlent de 300 à 600 explosions  journalières. Quelquefois un  peu moins, quelquefois un peu plus.

Plusieurs centaines d’explosions par jour: appelez-vous cela un cessez-le-feu ? La  réponse tombe toute seule.

Un tel niveau de violence est incompatible d’une élection locale, suivant les standards de l’OSCE.

Malgré cela, les présidents Putin, Poroshenko, Hollande et la chancelière Angela Merkel se sont réunis le 19 octobre. Il en serait sorti une nouvelle roadmap  qui n’a rien changé sur le terrain. Les ministres des affaires étrangères devraient préciser le détail de cette roadmap d’ici fin Novembre.

Y croyez-vous ? Moi non. Il n’y a rien de nouveau: les mêmes impasses, les mêmes blocages, les mêmes impossibilités. On a parlé d’une force de police armée de l’OSCE. Le problème n’est pas d’ajouter une nouvelle force armée mais de retirer celles qui sont présentes et d’avoir un système de maintien du cessez-le-feu qui fonctionne, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui .

Les systèmes locaux ( en particulier SMM de l’OSCE) sont statiques: ils marcheraient bien si les troupes de chaque camp étaient disciplinées. Ces systèmes statiques sont inadaptés dans le cas de ce qui se passe en Ukraine. Il ne semble pas que ceux qui s’en occupent officiellement aient compris l’inadaptation des dispositifs actuels.

23 Octobre 2016

 

Quelques liens pour mieux comprendre:

Ukrainian news ( avec les communiqués quotidiens)

OSCE Ukraine Daily report

Cessez-le-feu et contrôle

Ukraine semaine 39 : la fin des trêves ?

niveau-de-violence-2016-10-02

2 trêves durant le mois de septembre:

La première commencée le 1° septembre, pour la rentrée scolaire, négociée par le groupe de contact, s’est achevée 2 semaines plus tard.

La seconde commencée le 15 septembre, à l’initiative des séparatistes et de la Russie, s’achève maintenant en ce début Octobre.

Toujours pas de vrai cessez-le-feu en vue. Un jour calme là-bas c’est quelques dizaines à quelques centaines d’explosions de tous calibres.

Mais pourquoi ?

Avec les quelques informations fragmentaires dont nous disposons il semble que les forces en présence ne sont pas très structurées et disciplinées, et le système de supervision et de contrôle du cessez-le-feu ne paraît pas adapté à la situation.

Il faudrait aller voir sur place, ou avoir des informations complémentaires,  pour comprendre vraiment.

Ces trêves ont cependant permis d’éviter une nouvelle conflagration générale. Le n iveau de violence était proche du seuil de déclenchement de guerre.

La première s’est bien installée, mais de jour en jour le niveau de violence a augmenté au point de revenir à un niveau proche de l’avant trêve.

La seconde a eu beaucoup de mal à s’installer et donnait l’impression que quelques acteurs agissaient pour le faire mieux appliquer. On ne sait pas si ce sont simplement quelques acteurs séparatistes ou russes qui ont fait quelques efforts pendant quelques jours, ou d’autres acteurs, non identifiés, comme le JCCC.

Le niveau d’activités des UAVs ( 3 à 4 par jours) de la part des séparatistes et russes n’est pas bon signe. Probablement de nouvelles  aventures militaires à venir.

C’est une guerre de position et d’usure: aucune avancée significative sur le terrain, simplement de nombreuses escarmouches qui font s’installer cette région dans une séparation territoriale de fait.

Un maintien d’un niveau de violence similaire pourrait éviter la reprise des combats à grande échelle, mais interdira toute solution politique à court et moyen terme. Impossible d’organiser des élections crédibles dans un tel contexte.

3 Octobre 2016

Données utilisées pour le niveau de violence : presque chaque jour la présidence ukrainienne indique le nombre d’attaques de la veille. C’est ce chiffre là qui est utilisé. D’un point de vue objectif, ce chiffre est partial. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas autant d’attaques dans l’autre camp, mais cela donne une mesure qui parait utilisable pour suivre le niveau de violence dans le temps.

La mesure utilisée est certainement imparfaite, mais c’est un moyen de se donner une petite idée de l’évolution sur plusieurs semaines ou mois.

Quelques liens pour mieux comprendre:

Ukrainian news ( avec les communiqués quotidiens)

OSCE Ukraine Daily report

Cessez-le-feu et contrôle

Le cycle du Retour : Réveil du conflit Inde-Pakistan et éclatante confirmation du « Cycle du retour »

Le journal « Le Monde  » daté du 20 Septembre 2016 indique que 17 soldats indiens ont été tués au Cachemire le dimanche 18 septembre 2016.

Les tensions montent progressivement depuis Juillet. Ce n’est pas encore une guerre ouverte, mais cela pourrait le devenir.

Quelle importance ?

Pour illustrer le « Cycle du Retour » la version  2012 de l’Horloge de l’inconscient avait présenté 4 graphiques illustrant l’effet de ce phénomène

  • conflit Israélo-arabe
  • Europe
  • Monde
  • Inde-Pakistan

Avec le réveil du conflit Inde-Pakistan, ceci confirme 4 types de guerre qui se sont déclenchées en 2 ans et demi, sur la période initiale de 4 ans.

 

Conclusion : c’est du 100%, on ne pouvait rêver mieux comme démonstration.

Dans le cas du conflit Inde-Pakistan, les gouvernements indiens ont été informés depuis de nombreuses années et semblaient modérer les effets de ce phénomène. Pour les derniers cycles, ceci n’a pas été jusqu’à la guerre ouverte et totale. Avec le changement de gouvernement en Inde, il est possible que les informations se soient perdues et n’aient plus aucun effet modérateur.

 

Vous avez du mal à comprendre ce que cela veut dire ?

Je vais vous laisser réfléchir par les liens qui suivent:

Un cinquième graphique a été ajouté après 2012, il concerne le Liban. Il devrait être d’actualité fin 2016 ou en 2017: c’est en prime!

En 2014, au début de la première guerre concernée, il y eut une tentative d’explication. 100% paraissait impossible. C’est confirmé. Ci-après le lien vers la présentation préparée à l’époque.

To be or not to be a random war – 2014-04-15

Comprenez-vous ?

NON ? Vous devez probablement être européen. Je n’ai jamais compris pourquoi mais ils ne comprennent jamais ce qu’on leur explique et, par contre, passent beaucoup de temps à vous expliquer leur importance et celle de leurs aïeux.

Mais si vous connaissez des Indiens, Pakistanais ou libanais, vous devriez leur donner l’information, cela pourrait leur être utile, même si personne n’a rien compris en Europe.

Commentaire lourd ? Possible, mais on ne fait pas dans la dentelle sur notre continent.

Il faut appeler un chat un « chat », et quelqu’un qui n’a pas compris comme « quelqu’un qui n’a pas compris », quelle qu’en soit la raison.  Ils ne sont jamais individuellement responsables, c’est toujours la faute au voisin sur notre continent, mais jamais soi.

 

19 septembre 2016

 

Ukraine semaine 37 : Trêves à répétition

niveau-de-violence-2016-09-17

Une trêve de la rentrée scolaire a été instaurée le 31 août par le biais du Groupe de Contact. Ce fut la même chose il y a un an. Elle a bien duré 1 semaine et est revenue au niveau moyen de violence de Juillet et Août en 10 jours.

Une autre initiée par les séparatistes et la Russie a commencé le 15 septembre.

Elle n’a eu qu’un effet limité et a été dès le départ à un niveau 3 fois supérieur au niveau de la trêve de la rentrée scolaire.

Y a-t-il un pilote dans l’avion qui  sache mettre en place un cessez-le-feu ? Il n’est pas visible et  s’il existe il n’est pas très écouté.

17 Septembre 2016

Données utilisées pour le niveau de violence : presque chaque jour la présidence ukrainienne indique le nombre d’attaques de la veille. C’est ce chiffre là qui est utilisé. D’un point de vue objectif, ce chiffre est partial. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas autant d’attaques dans l’autre camp, mais cela donne une mesure qui parait utilisable pour suivre le niveau de violence dans le temps.

La mesure utilisée est certainement imparfaite, mais c’est un moyen de se donner une petite idée de l’évolution sur plusieurs semaines ou mois.

Quelques liens pour mieux comprendre:

Ukrainian news ( avec les communiqués quotidiens)

OSCE Ukraine Daily report

Cessez-le-feu et contrôle

Syrie : Un cessez-le-feu aura-t-il vraiment lieu ?

La guerre de  Syrie commencée en 2011 est certainement la plus importante actuellement. Celle qui peut bouleverser la région en rebattant toutes les cartes lorsque l’intégrité de la Syrie d’autrefois appartiendra définitivement aux oubliettes de l’Histoire .

Imaginez que la Syrie ne redevienne jamais ce qu’elle a été: combien de pays s’y substitueront ? Combien de pays voisins verront leurs frontières modifiées comme une simple conséquence de cette évolution ?

Désolé, mais c’est le scénario le plus probable à ce jour, même s’il parait impensable, parce qu’on ne veut pas l’imaginer.

En attendant, un cessez-le feu ferait du bien, mais le cessez-le-feu négocié entre les USA et la Russie contient tellement de clauses secrètes qui ne me sont pas parvenues que je ne peux évaluer sérieusement les chances de succès de ce cessez-le-feu. Je ne suis pas devin au point de deviner avec certitude des informations qui ne me sont pas accessibles.

17 septembre 2016

Ukraine semaine 36 : la trêve de la « rentrée scolaire » n’est qu’une accalmie

La trêve instaurée le 31 août par le Groupe de contact doit être considérée comme une accalmie et non comme  un cessez-le feu complet.

Le rapport journalier du SMM pour la journée du 7 Septembre  parle de plusieurs centaines d’explosions ou coups de feu. Est-ce un cessez-le feu ?

Le niveau résiduel de violence est trop haut pour permettre d’assainir la situation et penser à une suite politique comme des élections.

Le problème est toujours le même: les hiérarchies militaires n’ont pas un strict contrôle de leurs troupes, d’un côté comme de l’autre et particulièrement accentué chez les militants séparatistes de Donetsk. Un ordre donné globalement de chaque côté est insuffisant.  Il peut avoir de l’effet durant quelque temps, mais même avec relance il n’aboutira pas à un cessez-le-feu complètement respecté.

Ce problème est généralement rencontré lorsque les forces en présence intègrent de nombreux groupes plus ou moins disciplinés. Du côté ukrainien, les bataillons de volontaires sont connus pour faire à peu près ce qu’ils veulent, avec une coordination très faible avec l’appareil militaire. Pour les séparatistes, le phénomène est accentué par une multitude de groupes et l’aide de combattants étrangers (Russes ou autres) qui sont là pour en découdre et donc régulièrement lâcher des tirs en direction de l’ennemi, de leur propre initiative.

Seuls des dispositifs locaux appropriés permettraient d’améliorer durablement la situation actuelle pour aboutir, difficilement, à un cessez-le-feu réel et durable.

Voir la page cessez-le-feu

            9 Août 2016

Quelques liens pour mieux comprendre:

Ukrainian news ( avec les communiqués quotidiens)

OSCE Ukraine Daily report

Cessez-le-feu et contrôle

Ukraine semaine 35: la trêve de la rentrée scolaire durera-t-elle ?

niveau de violence 2016-09-02

Une trêve de la rentrée scolaire a été instaurée le 31 août par le biais du Groupe de Contact. Ce fut la même chose il y a un an.

Sera-t-elle utilisée pour une vraie stabilisation ? Il est trop tôt pour le dire. L’OSCE joue sa crédibilité à faire la paix. Ceux qui ont un peu de mémoire peuvent se souvenir qu’avant l’intervention de l’OTAN au Kosovo, l’OSCE avait monté une opération très similaire à celle actuelle en Ukraine. Ses observateurs et négociateurs n’avaient pas pu stabiliser la situation et trouver une solution, ne faisant que précéder et confirmer par leur échec une opération militaire d’ampleur.

Les mêmes méthodes qu’en 1998-1999 sont utilisées en 2016. L’OSCE semble figé dans une méthodologie qui conduit à une impasse quand il y a une vraie guerre.

Les deux dernières semaines ont été intéressantes sur plusieurs points :

  • Quand il commence à y avoir des oscillations rapides d’une extrême à l’autre, comme ce fut le cas en semaine 34 et début de semaine 35, cela veut généralement dire qu’on va en sortir rapidement par le haut ou le bas. Dans le cas présent, cela a donné l’impression de sortir par le haut ( surescalade militaire le 29 et 30) suivie par une chute brutale de la violence qui s’est mise en place par une trêve qui n’est pas apparue bien ficelée dans les media. Le résultat est un vrai répit et un retour à un niveau de violence équivalent à la mi-juin
  • Le cessez-le-feu ne semble pas plus organisé que les précédents. Le responsable des observateurs de l’OSCE joue une fois de plus dans le chapitre incantation pour faire tenir le cesse-le-feu. Ils n’ont visiblement pas plus compris qu’avant
  • l’OSCE semble avoir été suffisamment secouée pour avoir provoqué diverses réunions plus ou moins formelles. Il ne suffit pas de s’agiter pour aboutir à un cessez-le-feu qui tienne mais cela peut aider s’il se trouve que quelqu’un réussisse à faire admettre ce qu’il faut faire
  • Le pire a été évité à court terme, mais pas plus de perspective à moyen terme sur des accords de Minsk qui nécessitent quelques adaptations pour être applicables et appliqués

2 Septembre 2016

Données utilisées pour le niveau de violence : presque chaque jour la présidence ukrainienne indique le nombre d’attaques de la veille. C’est ce chiffre là qui est utilisé. D’un point de vue objectif, ce chiffre est partial. Mais il n’y a pas grand chose d’autre. Les communiqués journaliers de l’OSCE n’indiquent aucun niveau de violence. Ils le comparent au jour précédent, ce qui ne nous donne pas d’indication de niveau. Certes, les communiqués de l’OSCE ont en annexe le détail des violations constatés mais personne ne s’amuse à l’OSCE à le transformer en un nombre journalier indiquant le niveau de violence. De plus l’OSCE publie toujours les données avec 24h de retard. Elles sont inutilisables pour en faire un signal d’alerte à très court terme, même si elles apportent quelques informations sur la manière dont le dispositif fonctionne.

La mesure utilisée est certainement imparfaite, mais c’est le seul moyen de se donner une petite idée de l’évolution sur plusieurs semaines ou mois.

Quelques liens pour mieux comprendre:

Ukrainian news ( avec les communiqués quotidiens)

OSCE Ukraine Daily report

Cessez-le-feu et contrôle