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Ukraine semaine 33: vers un nouvel épisode militaire ?

niveau de violence 2016-08-19

Les semaines 32 et 33 ont donné lieu  à des escalades  verbales et militaires.

  • la semaine 32 a été marquée par des déclarations tonitruantes de la Russie sur des actes de terrorisme en Crimée commandités par les autorités ukrainiennes. Il est difficile de faire la part des choses: de part et d’autre il y a des éléments incontrôlés. Moins du coté ukrainien que du côté séparatiste. Comme ces accusations suivent une période de renforcement militaire du dispositif russe en Crimée ainsi que sur la frontière ukrainienne, ainsi que la livraison presque massive d’armes aux séparatistes, cela donne l’impression de la recherche volontaire d’un prétexte pour  en découdre.
  • Le seuil de violence mesuré est au plus haut  le 18 Août depuis la mi-juin
  • Sans action à court terme, cela devrait aboutir à un franchissement du seuil de guerre et un nouvel épisode militaire
  • de nombreuses missions de reconnaissance, signalant probablement une préparation militaire active

Si la notion de seuil a un sens, c’est probablement dans les jours à venir qu’il va être franchi.

 

                   19 août 2016

Données utilisées pour le niveau de violence : presque chaque jour la présidence ukrainienne indique le nombre d’attaques de la veille. C’est ce chiffre là qui est utilisé. D’un point de vue objectif, ce chiffre est partial. Mais il n’y a pas grand chose d’autre. Les communiqués journaliers de l’OSCE n’indiquent aucun niveau de violence. Ils le comparent au jour précédent, ce qui ne nous donne pas d’indication de niveau. Certes, les communiqués de l’OSCE ont en annexe le détail des violations constatés mais personne ne s’amuse à l’OSCE à le transformer en un nombre journalier indiquant le niveau de violence. De plus l’OSCE publie toujours les données avec 24h de retard. Elles sont inutilisables pour en faire un signal d’alerte à très court terme, même si elles apportent quelques informations sur la manière dont le dispositif fonctionne.

La mesure utilisée est certainement imparfaite, mais c’est le seul moyen de se donner une petite idée de l’évolution sur plusieurs semaines ou mois.

Quelques liens pour mieux comprendre:

Article du 18 Août 2016

Ukrainian news ( avec les communiqués quotidiens)

OSCE Ukraine Daily report

Cessez-le-feu et contrôle

Le conflit Indo-Pakistanais se réveille, simultanément à un pic de violence en Ukraine

Le « cycle du Retour » est ce phénomène périodique qui amplifie les violences au point de pouvoir les faire dégénérer en guerre.

Hasard ou non,  2 conflits en cours subissent une poussée de violence quasi-simultanée:

  • le conflit Indo-Pakistanais se réveille au  cachemire indien: plusieurs dizaines de morts ces dernières semaines: le gouvernement indien commence à accuser ouvertement le Pakistan
  • le conflit ukrainien

Pouvons-nous l’utiliser pour mettre en évidence le même phénomène à plusieurs endroits différents de la terre ?

Une coïncidence ne fait pas une certitude. Plusieurs coïncidences sont troublantes sans être une démonstration.

Une étude complémentaire serait nécessaire.

 

18 août 2016

 

Ukraine semaine 31 : le niveau de violence oscille entre des extrêmes

niveau de violence 2016-08-05

Cette semaine oscille entre des extrêmes atteignant presque à la fois le plus haut et le plus bas depuis Juin.

Il y a des signaux contradictoires:

  • de nombreux drones de reconnaissance, signalant probablement une préparation à de nouvelles aventures, pas forcément une action généralisée
  • il y a des jours avec des baisses significatives sans que la cause ne soit clairement identifiée
  • des observateurs SMM ont été mis en joue et menacés. Pas de conséquence, un des observateurs ayant fait preuve d’un remarquable sang-froid pour sortir  tout le monde de là intact.
  • S’il y a une stratégie de négociation, elle n’est pas visible

Le plus vraisemblable : un statu quo sur une ligne de contact toujours agitée et qui devient jour après jour la nouvelle frontière de l’Ukraine.

Quant à Minsk 1 et 2, il faut être optimiste pour y  trouver une clause complètement appliquée. Vont-ils oser négocier un Minsk 3 qui va ressembler étrangement  aux précédents ?

La spécialité de Poroshenko? Ajouter  à chaque fois une nouvelle instance en plus des précédentes pour prétendre régler le conflit. En cela, il faut reconnaitre que ce sont de bons européens: de la même  manière que l’Europe a multiplié des instances différentes qui se parlent à peine et s’ignorent le plus souvent, et sont pratiquement incapables d’agir de façon cohérente ensemble, de la même manière les instances en charge du réglement de la crise Ukraine se multiplient, le plus souvent à l’initiative du président ukrainien Poroshenko.

Il y avait l’OSCE, puis le JCCC puis le quartet, puis ….on a parlé d’une force internationale, puis d’une nouvelle instance qui remplacerait le quartet. Attendons : ils vont bien nous pondre un monstre à 5 têtes un jour ou l’autre.

Si la prolifération des  institutions en Ukraine est à l’image de la gestion de la crise ukrainienne, il y a de quoi faire en Ukraine.

                   5 août 2016

Données utilisées pour le niveau de violence : presque chaque jour la présidence ukrainienne indique le nombre d’attaques de la veille. C’est ce chiffre là qui est utilisé. D’un point de vue objectif, ce chiffre est partial. Mais il n’y a pas grand chose d’autre. Les communiqués journaliers de l’OSCE n’indiquent aucun niveau de violence. Ils le comparent au jour précédent, ce qui ne nous donne pas d’indication de niveau. Certes, les communiqués de l’OSCE ont en annexe le détail des violations constatés mais personne ne s’amuse à l’OSCE à le transformer en un nombre journalier indiquant le niveau de violence.

La mesure utilisée est certainement imparfaite, mais c’est le seul moyen de se donner une petite idée de l’évolution sur plusieurs semaines ou mois.

Quelques liens pour mieux comprendre:

Ukrainian news ( avec les communiqués quotidiens)

OSCE Ukraine Daily report

Cessez-le-feu et contrôle

Y a-t-il un lien entre l’attentat de Nice, le terrorisme et le Cycle du Retour ?

Le « Cycle du Retour » est ce phénomène périodique, décrit dans l’Horloge de l’Inconscient,  qui amplifie à certaines périodes les tensions au point de les faire dégénérer en guerre.

Le « Cycle du Retour » est utilisé comme un moyen de prévision complémentaire à des analyses classiques pour prévoir des guerres qui seraient imprévisibles autrement.

Jusqu’à ce jour les études se sont focalisées sur ce qui pourrait convaincre et aider à démontrer ce phénomène périodique. Le déclenchement des guerres en fait partie, la probabilité d’occurrence des actes terroristes n’en fait pas partie à ce jour, les actes terroristes individuels n’étant pas prévisibles par ce biais. Tout au plus, nous savons prédire des périodes où il devrait y avoir un niveau de violence plus élevé.

Mais cela ne démontre rien et il n’y a pas, à ce jour, de lien formel et démontré entre l’attentat de Nice, les différents actes de terrorisme constatés en 2016 et le « Cycle du Retour ».

Une étude statistique spécifique sur les actes de violence individuels et les actes de terrorisme pourrait être lancée pour voir s’il y a  un lien statistique entre le « Cycle du Retour » et ces actes.

Cette étude n’a pas été menée et il n’y a donc pas de lien démontré.

Il y a beaucoup d’études complémentaires à mener autour de l’Horloge de l’Inconscient. C’en est une possible.

D’un point de vue stratégique et tactique, le fait de connaître par avance les périodes d’amplification des violences devrait  inciter à la prudence dans les actions et  réactions aux événements. De ce point de vue, la France n’a fait preuve d’aucune prudence préventive, au contraire. En voulant démontrer son action contre le terrorisme tout azimut, elle n’a fait que l’exacerber et devenir un bouc émissaire désigné à la vindicte du terrorisme islamique.

Le terrorisme est compliqué à combattre et son éradication est difficile avec des moyens traditionnels. Si,  pour des raisons de politique intérieure, cela fait bien d’être ferme et un peu va-t-en guerre, cela ne règle rien et peut même risquer d’amplifier le phénomène.

Nul doute qu’il y a beaucoup de Y-A-QU’A, FAUTQU’ON actuellement, mais l’Horloge de l’Inconscient ne s’est pas encore aventuré sur ce terrain glissant. Démontrer un tel lien serait long et coûteux. Vu l’enthousiasme rencontré jusqu’à ce jour (humour de l’auteur), cette possible démonstration n’a pas été jugée prioritaire.

5 août 2016

Ukraine semaine 30: baisse d’intensité des violations de cessez-le-feu pendant quelques jours

 

niveau de violence 2016-07-29B

L’événement de la semaine est la perte d’un drone par le SMM qui coïncide avec une baisse d’intensité des violations de cessez-le-feu. Les violations ont baissé d’une petite moitié. C’est une baisse toute relative par rapport au niveau des violations. Tous les jours il y a encore des centaines de coups de feu échangés. La ligne de contact théorique entre les forces gouvernementales ukrainiennes et les séparatistes ressemble de jour en jour à la nouvelle frontière de l’Ukraine, sans qu’il n’y ait de véritable cessez-le-feu respecté.

Baisse temporaire ? Cela ressemble à un coup de gueule de quelqu’un suite à la perte du drone SMM.  3 jours plus tard, le  niveau est presque revenu au niveau d’origine.

Nous pouvions espérer un renvoi de la perspective  de la reprise généralisée  des combats à plus tard. Des attaques ciblées ont lieu, visiblement pour essayer de grignoter du terrain près de Mariupol.

Quelques liens pour mieux comprendre:

Ukrainian news ( avec les communiqués quotidiens)

OSCE Ukraine Daily report

Cessez-le-feu et contrôle

Ukraine : Escalade progressive

Depuis le 16 Juin : Escalade. Atteindra-t-elle le seuil de guerre ?

niveau de violence 2016-07-12

Depuis le 16 Juin la violence augmente progressivement. Après une semaine de stabilisation à haut niveau, cela repart à la hausse atteignant des nouveaux records. Cette violence est accompagnée de morts et blessés de combattants

Le seuil de déclenchement de guerre est estimé à un peu plus de 100. Il pourrait être atteint rapidement. Dès que ce sera le cas, l’escalade va encore s’amplifier donnant l’impression de s’entretenir toute seule, toute initiative de cessez-le-feu ayant de  plus en plus de mal à avoir le moindre effet, jusqu’à un point de basculement possible dans une nouvelle guerre à grande échelle entre les parties prenantes à ce conflit.

Pour comprendre cette notion de seuil, se reporter à la modélisation du déclenchement des guerres.

Nous manquons d’exemples concrets de franchissement de seuil avec des valeurs crescendo progressive comme c’est le cas: cela pourrait devenir un excellent exemple pour conforter ce principe de seuil.

Que se passera-t-il si le seuil est atteint ? L’ensemble du Front devrait rebasculer dans la guerre.

Pourrions-nous l’éviter ? Probablement mais pas avec l’organisation actuelle des SMM et JCCC. Leur principal rôle actuel est simplement d’observer, de remonter leurs observations, d’analyser des incidents passés. A qui sont retransmises ces observations et sont-elles exploitées par des interlocuteurs  qui transforment leurs observations en action ? Ce n’est pas visible dans leur organisation. Pas sûr que ces informations soient réellement utilisées. Les acteurs locaux sur le terrain, directement  concernés, ne semblent  pas en disposer et en tenir compte. Il n’y a rien de visible dans ce qui existe qui, dans un rayon de quelques kilomètres, recueille les informations, les exploite auprès des commandants locaux pour qu’ils respectent le cessez-le-feu. Simplement l’impression que toutes ces observations remontent à un  (ou des) pouvoir(s) central qui ne sait(savent)  pas les exploiter et savoir à quel commandant local demander de faire quelque chose pour que cela se calme.

Système en boucle ouverte qui  ne se régule pas, puisqu’il n’y a aucune boucle de régulation, simplement des observations remontées je ne sais où et que personne ne semble exploiter. Comme si il suffisait de remonter une information pour que tout le monde soit au courant et fasse quelque chose ? J’espère que je me suis trompé, faute d’informations, sur une telle vision aussi naïve des observateurs et du système de cessez-le-feu représenté par le SMM et le JCCC. Cela donne l’impression que tout le monde attend que cela se règle tout seul. Super pour des gens dont c’est supposé être le métier! Moi, je ne suis qu’un amateur, mais eux, ils sont quoi dans cette histoire ???? D’après les informations officielles, ce sont des professionnels: ils sont supposés en vivre et savoir ce qu’il faut faire. J’ai un doute de sceptique… sur ce qu’ils savent au vu des résultats quotidiens.

mis à jour le 12 Juillet  2016

 

Quelques liens pour mieux comprendre:

Ukrainian news ( avec les communiqués quotidiens)

OSCE Ukraine Daily report

Cessez-le-feu et contrôle

 

Irak : la guerre la plus intéressante pour démontrer l’Horloge de l’Inconscient

Pourquoi ?

Parce que nous y trouvons toute une série de cas d’exceptions qui permettent aux partisans et  adversaires de brandir des arguments qu’ils pensent définitifs

Le déclenchement de la guerre en Irak en 2003: un argument contre le « Cycle du retour » ?

Le « Cycle du Retour » est ce phénomène cyclique qui amplifie les tensions et violences au point de les transformer en guerre à certaines périodes. Ce phénomène a été identifié grâce au déclenchement des guerres qui, durant le 20° siècle, suivaient majoritairement le « Cycle du Retour ».

D’après ce « Cycle du Retour », en 2003, nous n’étions pas à un  moment d’amplification des tensions et la probabilité de guerre était  la plus faible. Donc le déclenchement de la guerre en Irak contredit le « Cycle du Retour » qui en est ainsi fragilisé.

OUI, si vous n’avez pas compris comment agit ce phénomène cyclique. C’est un phénomène qui amplifie des tensions existantes mais ne détermine pas les guerres.

NON, si vous avez compris  comment agit ce phénomène

Le « Cycle du Retour »  a commencé à être matérialisé en Irak grâce aux données de l’armée US

voir la partie Matérialisation du « Cycle du Retour » par des milliers de mesures

D’accord, il reste un travail de recherche complémentaire, mais c’est un travail presque abouti et paradoxalement, c’est grâce aux guerres successives irakiennes que nous y trouvons le plus solide argument en faveur de ce phénomène cyclique.

30 juin 2016

 

Ukraine : la question n’est pas de savoir si mais quand

La question n’est pas de savoir si la guerre va reprendre mais quand.

L’actualité n’en parle pratiquement plus, mais tous les jours il y a plusieurs dizaines de violations du cessez-le-feu avec des centaines de coups de tous calibres échangés. Le cessez-le-feu est de plus en plus fictif.

Depuis la mi-mai 2016, c’est une escalade progressive.

Le système de maintien du cessez-le feu ne fonctionne pas : ni le SMM (Special Monitoring Mission for Ukraine) représentant les observateurs OSCE, ni le JCCC (Joint Center for Control and Coordination: instance Ukraino-russe composée de représentants militaires des deux camps) ne contrôlent la situation.

Des accords de Minsk, peu de choses ont été réellement appliquées:

  • une partie des échanges de prisonniers a eu lieu,
  • des armements lourds ont été retirés mais se retrouvent de plus en plus souvent dans la zone de sécurité
  • les élections locales paraissent lointaines: comment peut-on espérer des élections justes au milieu d’une véritable armée locale et une restriction complète des libertés d’expression

Devant l’impuissance à faire respecter le cessez-le-feu, l’OSCE parle maintenant de police armée. Est-ce réaliste ? Chaque fois qu’on ajoute aux forces armées sur le terrain une force de police, parachutée, sans légitimité, avec des policiers ne parlant pas ou peu la langue locale, sous-armée par rapport aux milices locales, elle n’atteint jamais ses buts. Pourquoi voulez-vous que ce soit différent en Ukraine qu’ailleurs ?

Une simple péripétie de cette guerre, sans guerre généralisée ? On peut l’espérer, mais la situation est devenue volatile et très instable, de plus en plus imprévisible.

Quant à un règlement final ? 8 ans plus tard le conflit géorgien n’a pas vraiment évolué. Sauf miracle, que nous ne voyons pas venir, il en sera de même dans 8 ans pour le conflit ukrainien.

Le  pire ? le gouvernement ukrainien a érigé  une véritable frontière avec les régions des séparatistes. Pour survivre ils sont obligés de se couper de l’Ukraine et de s’organiser avec LE pays voisin : la Russie.

Séparatisme renforcé par le comportement du gouvernement ukrainien. Plus le temps passera, plus ces territoires seront organisés différemment du reste de l’Ukraine.

On aurait pu imaginer de le gérer administrativement par un tiers comme une sorte de tutelle passagère pour calmer les esprits, l’Ukraine faisant peur quand elle parle de gérer ces territoires et la main mise russe hypothéquant l’avenir. Mais cela aurait demandé une volonté des pays européens qui leur fait défaut. Ils attendront le pire pour prendre des décisions qui arriveront trop tard et n’auront  plus l’effet escompté.

En attendant, il y a risque de reprise des combats à une échelle plus importante, sans espoir de victoire militaire dans un sens ou dans l’autre.

Voyez le site de l’OSCE. Bien qu’incomplet il donne une bonne idée de l’escalade en cours.

OSCE Ukraine Daily report

Paris, le 7 Juin 2016

Le réveil de la guerre du Haut-Karabagh

En ce début d’Avril 2016 la guerre du Haut-Karabagh se réveille. C’est un conflit « gelé » qui se réveille de temps à autre, des escarmouches pouvant dégénérer en une opération militaire plus vaste. C’est un conflit intéressant pour comprendre l’effet du  « Cycle du Retour », ce phénomène périodique qui amplifie à certaines périodes connues les tensions au point de faciliter leur transformation en début de guerre.

Le conflit d’origine entre le Haut-Karabagh et l’Azerbaïdjan  est une des nombreuses bombes à retardement issues de l ’empire soviétique. Le découpage des républiques soviétiques ne respectait pas toujours la réalité ethnique locale. On trouve de tels découpages artificiels en Ukraine, en Azerbaïdjan et en d’autres lieux de l’ex empire soviétique. Depuis une quinzaine d’années la plupart des conflits intra-européens sont issus de ces bombes à retardement qui continueront à produire leurs effets pendant de très nombreuses années, aucun de ces conflits ne trouvant une issue diplomatique vécue comme une vraie solution durable.

Cette partie de territoire peuplée essentiellement d’arméniens devait-elle vraiment être rattachée à l’Azerbaïdjan ? C’est un choix historique discutable et discuté depuis de nombreuses années entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, les armes à la main.

Ce conflit est très ancien, puisque déjà existant dans les années qui suivirent la révolution d’Octobre de 1917. La désintégration de la Russie et plus tard de l’URSS ont été l’occasion du réveil de cette plaie historique entre les arméniens et leurs voisins.

La guerre la plus sérieuse a eu lieu entre 1988 et 1994 avec la conclusion du cessez-le-feu du 16 mai 1994. Cette période d’un peu moins de 6 ans correspond globalement à la période d’amplification des guerres identifiée par le « Cycle du Retour » ( période  d’amplification centrée sur août 1990) .

En 2008, une violation plus sérieuse eut lieu le 5 mars 2008, avec la mort de 8 à 16 soldats. 2008 correspond aussi à une période d’amplification du cycle du retour ( centrée sur Juin 2007)

La période actuelle correspond aussi à une période d’amplification ( centrée sur Décembre 2015).

Le phénomène périodique du « cycle de retour » est donc visible dans ce conflit du Haut-Karabagh à travers ces réveils guerriers aussi nommés retours de l’histoire. Le cycle du Retour y est visible, comme dans la plupart des conflits récurrents sans solution immédiate.

Après quatre jours d’intenses combats qui ont fait au moins 73 morts un accord de cessez-le-feu a été annoncé par l’Azerbaïdjan et les autorités séparatistes de la région disputée du Nagorny-Karabagh.

Sur le continent européen, un suivi systématique de tous ces conflits gelés et un relevé statistique objectif des incidents qui s’y passent devraient aider à démontrer le « cycle du Retour » qui est visible sur plusieurs conflits (Haut-Karabagh, Géorgie, Ukraine-Crimée … et probablement d’autres). Cela demanderait de la part d’un organisme européen un peu de rigueur et d’objectivité. Si l’OSCE est théoriquement le bon candidat, je n’y ai trouvé aucune statistique exploitable, même sur les conflits les plus récents comme celui de l’Ukraine.

Qu’il y ait 1 ou 100 incidents n’est pas tracé dans le moindre graphique accessible au public et à des chercheurs. Lire les rapports quotidiens ne donne qu’une  tendance pas d’élément chiffré permettant de traduire un nombre d’incidents, de morts ou blessés en un niveau de violence.

Cela pourrait être une source d’analyse et de prévisions exploitables pour ceux qui connaissent le cycle du Retour. Je n’ai rien vu de tel à l’OSCE. Suis-je mal informé ?

mis à jour le 6 Avril 2016 après l’annonce d’un cessez-le-feu

 

 

 

 

 

Syrie : Analyse de l’Horloge de l’inconscient sur cette guerre ?

La guerre en Syrie débute en 2011 dans la foulée du printemps arabe. Au départ, ce sont des manifestations pacifistes, non armées.

Elles sont réprimées brutalement même en tirant dans des foules non armées. Elles sont présentées par le régime syrien comme un complot armé, fomenté de l’étranger. Cette répression sanglante et même féroce a conduit les opposants pacifistes à se transformer en lutte armée, se radicalisant au fur et à mesure des massacres et défaites.

5 ans plus tard, l’opposition armée au régime syrien est devenue  semblable à l’image des accusations du régime syrien : une opposition armée, utilisant le terrorisme au quotidien.

Au terrorisme d’État s’oppose maintenant un terrorisme d’organisations islamiques.

La guerre en Syrie débute donc au moment le plus  improbable d’après le « Cycle du Retour ». Compte tenu du fait que cette guerre a commencé avant le prochain pic d’amplification des guerres de décembre 2015, il était supposé, conformément à la « Modélisation des guerres dans le cadre du Cycle du retour » que la guerre en Syrie se transformerait en guerre régionale à partir de 2014. C’est le cas d’une guerre déclenchée avant un pic d’amplification de guerres qui se transforme en guerre plus importante à l’approche du pic d’amplification de guerre.

Cette transformation en guerre régionale était prévue et a eu lieu, conséquence de ce qui est connu dans l’Horloge de l’inconscient à travers le « Cycle du retour » et l’explication de ses effets quand la guerre a commencé avant le pic d’amplification des guerres.

Il a été indiqué plus tard que cette guerre pourrait se transformer en guerre internationale et que les premières interconnexions des guerres Syrienne et Irakienne pourraient conduire à d’autres interconnexions de guerre. Ces interconnexions n’ont pas encore eu lieu à la mi-février 2016 mais pourraient avoir lieu d’ici fin 2017. Avec la guerre Irakienne, la guerre Syrienne est devenue internationale et pourrait encore s’amplifier.

Le printemps arabe est-il le Retour de la fin de l’empire ottoman ?

A propos de la « Théorie du Retour » c’est une hypothèse qui a été soulevée. Sa réponse peut être structurante pour les années à venir et la résolution des conflits Irak et Syrie.

Le retour de la fin de l’Empire Ottoman signifie d’abord une formidable secousse de l’Histoire qui commence par secouer les différents États arabes construits après la chute de l’empire Ottoman et aussi que ces États vont chercher à se redéfinir comme après la chute de l’empire Ottoman. C’est à dire que les États locaux vont chercher à redéfinir un équivalent du partage historique  Sykes-Picot, sous de nouvelles formes.

La volonté de résurgence d’un califat se voulant presque un substitut de l’empire ottoman est typique du phénomène du Retour: le Retour d’un événement peut provoquer la résurgence ce qui précédait, comme s’il s’agissait de mettre en cause l’événement passé qui provoque ce retour . La mise en cause de la chute de l’Empire Ottoman, c’est faire ressurgir un artefact d’empire Ottoman qui se considérait comme un califat . La volonté de rétablir un califat est un élément supplémentaire qui confirme le Retour de la fin de l’Empire Ottoman initié en 2011.

Quelle est la conséquence de ce Retour ?

La tendance de fond qui en résulte est que cela favorise une remise en cause des frontières et des États locaux, sur l’essentiel du périmètre passé de l’empire Ottoman

Tendance ne veut pas dire réalité future, mais quand on regarde ce que devient la Syrie, il est très peu probable que la Syrie retrouve son intégrité.

En janvier 2016 ont commencé des négociations sur la Syrie impliquant 2 composantes sur les 4 ( il manque l’État islamique et les kurdes). Quelle est la probabilité qu’un accord entre 2 composantes soit appliqué par les 4 ? Pratiquement aucune surtout s’il n’y a pas d’accord entre les 2 composantes.

Peut-il y avoir une trêve ? Il faut l’espérer.

L’État islamique se nourrit de l’exclusion des sunnites du pouvoir en Syrie et en Irak. Deux guerres qui se sont interconnectées sur la même base: l ‘exclusion des sunnites. Aucune action diplomatique n’est menée pour revenir sur cette exclusion des sunnites. C’est une erreur de croire que cette guerre pourrait se terminer sans revenir sur ce point.

La victoire militaire du régime d’Assad contre l’opposition syrienne modérée ne permettra jamais aux régimes sunnites de soutenir ce régime, mais renforcera probablement la composante de l’État islamique.

Quelle solution ?

  • La défaite militaire du régime Assad conduirait à une solution à la Libyenne
  • La défaite militaire de l’opposition militaire modérée conduira au fractionnement de facto de la Syrie en 3 sous-ensembles distincts
  • La défaite militaire de l ‘État Islamique conduirait aussi à une solution à la Libyenne
  • Détruire un État ?  L’Occident sait le faire.
  • Faire réémerger  des ruines d’un État complètement détruit un État considéré comme légitime et qui tienne dans le temps? L’Occident n’a  su le faire ni en Irak, ni en Afghanistan ni en Libye. Pourquoi voulez-vous que l’Occident sache faire demain ce qu’il n’a jamais réussi à faire ailleurs dans les 30 ans qui ont précédé ?
  • La Russie ? Elle joue un jeu opportuniste qui lui permettra peut-être de légitimer temporairement et militairement le régime Assad mais aboutira au mieux à redéfinir une mini-syrie sans légitimité sur l’ensemble de la Syrie passée. Cela pourrait être le signal pour reconfigurer l’ensemble des États régionaux. Il n’est pas exclu que L’État islamique d’aujourd’hui se transforme un jour en un nouvel État sunnite plus modéré, aboutissant à un partage de fait de la Syrie en plusieurs États, échappatoire à un problème récurrent que le régime du clan Assad  et ses alliés n’ont pas su résoudre. Ce nouvel État sera-t-il viable? Pas sûr que nous  n’ayons de réponse avant longtemps.
  • Alors ? Garder l’appareil militaire et sécuritaire Syrien sans le clan qui le dirige est une possible solution qui conduirait à un État admis de 2 des 4 composantes et qui saura peut-être retrouver  une légitimité auprès de autres. S’il y avait une composante sunnite forte légitimant un tel résultat, ceci affaiblirait l’État islamique.
    Mais pour que cela marche il faudrait un moyen de rééduquer l’ensemble de l’appareil militaire et sécuritaire Syrien, ce qui sera très difficile à réaliser sans que n’émerge en Syrie une force politique  multi-communautaire capable de légitimer une telle solution.