Archives de catégorie : Notes d’actualité

pour y décrire les réactions au fil de l’actualité

Ukraine semaine 52: ça bouge

Un nouveau cessez-le-feu  a commencé le 23 décembre

Cela fait maintenant partie des traditions. A l’occasion d’une fête ou d’un événement, le groupe de contact tripartite instaure un cessez-le-feu, jusqu’à ce qu’il s’effondre à nouveau et on recommence : une petite accalmie gagnée.

Pour les premiers jours, il est à peu près respecté. Comme d’habitude chacun accuse l’autre des violations constatées.

Les observateurs SMM  ont bien vérifié que le cessez-le-feu a été retransmis par les différentes hiérarchies, mais on ne voit pas de système de supervision permanent. Probablement un simple système d’observation passif, avec la confusion habituelle : il suffit d’observer pour croire qu’on agit.

Le plus étrange est que le retrait des officiers russes du JCCC n’a aucun impact visible sur le cessez-le-feu. On aurait pu supposer qu’ils étaient partiellement responsables du fait que les cessez-le-feu tenaient mieux dans la région de Luhansk. Pas vu de différence!

Le secrétaire d’Etat américain est en retard d’un métro: il vient d’exhorter les russes a  baissé le niveau de violence en Ukraine alors que depuis quelques jours le niveau est le plus bas depuis plusieurs mois. Est-il informé de ce qui se passe en temps réel ? Un retard à l’allumage, visiblement.

Echange de prisonniers

Le 27 décembre, il y a eu un échange de prisonniers entre les séparatistes et l’Ukraine, par le biais de la Russie, avec apparemment une implication directe de Poutine et du président ukrainien. Du jamais vu : 73 prisonniers ukrainiens libérés par les séparatistes contre 233 libérés par l’Ukraine.

Vont-ils ressusciter un processus moribond ?  A suivre

28 décembre 2017

Quelques liens pour mieux comprendre:

Ukrainian news ( avec les communiqués quotidiens)

OSCE Ukraine Daily report

Cessez-le-feu et contrôle

 

Ukraine semaine 51: en attendant un autre système de supervision du cessez-le-feu

Depuis la semaine 41, il n’y a plus de statistiques sur ce site à propos de l’Ukraine.

La raison de cet abandon est que les données de base utilisées manquent de rigueur et ces statistiques n’ont pas été prises en compte ni utilisées à notre connaissance. De plus les remarques et questions vers les responsables des rapports SMM quotidiens ne sont pas correctement traités, comme si ces responsables de la communication avec  les media et le public ont des choses plus importantes à faire que simplement prendre en compte les questions et remarques qui leur sont adressées.

Cela aurait du être et devrait être le travail normal de l’OSCE en Ukraine dans le cadre de la SMM mais il n’y a aucune statistique publiée équivalente. Même les définitions utilisées par l’OSCE pour compter les violations de cessez-le-feu sont opaques, inconnues pour ceux qui ne sont pas dans les quelques initiés locaux.

Quant à leur poser des questions sur leurs définitions: ils ne répondent pas. Ce sont les seuls à savoir, le public étant là simplement pour jouer la claque et applaudir à leur action.

Pour résumer ce qui se passe en Ukraine depuis la semaine 41

Les violations et explosions sont à un niveau à peu près 2 fois supérieur à celui de la semaine 41, qui lui même était 2 fois supérieur à celui de la semaine 37.

Le niveau des violations et explosions est similaire au niveau du premier semestre 2017. Il n’y a pas de données statistiques faites sur le long terme pour le confirmer, mais c’est ce qu’il apparaît après une analyse rapide.

Les officiers russes quittent le JCCC (Joint Centre for Control and Coordination)

Ce centre de contrôle parallèle au SMM (Special Monitoring Mission to Ukraine) de l’OSCE est une instance purement ukraino-russe. Elle avait un rôle mais son intégration dans un dispositif global ne s’est jamais faite complètement.

C’était apparemment le seul organisme capable d’agir, à certains moments, sur les acteurs militaires sur le terrain. Les observateurs SMM de l’OSCE se contentant d’être de simples observateurs, à la première escalade sérieuse  nous ne pouvons prévoir s’il y aura quelqu’un pour modérer les acteurs sur le terrain.

Le JCCC est mort, vive le JCCC.

De toute façon, un organisme non intégré n’est pas une  solution.  Il y a toujours besoin de correspondants militaires auprès de chaque camp mais il faudrait au moins une structure de supervision pour les gérer.

Le principe du JCCC était louable, la réalité a été plus discutable. Quand les officiers ukrainiens et russes recomptaient chacun dans leur coin les violations et publiaient chacun un décompte incohérent de l’autre, y avait-il une valeur ajoutée ? Non

Pour tous les secteurs à déminer, la signalisation, les contacts avec les militaires et milices, ils étaient utiles et devront être remplacés par d’autres acteurs venant du monde militaire, quel que soit leur pays d’origine.

Il faudra  créer la fonction d’officiers de liaison et les gérer sans recréer un organisme qui vit sa vie dans son coin.

Une trêve de Noël ?

Il y en aura bien un qui va en proposer une mais les acteurs auront-ils intégré leurs échecs et accepteront-ils de faire différemment ? Joker, nous n’avons pas la réponse sans que les acteurs se prononcent eux-mêmes sur ce qu’ils vont faire et pourquoi ils le font .

Le « Cycle des Guerres » a-t-il une influence ?

L’aggravation des violations de cessez-le-feu coïncide avec une période assez agitée au niveau international: Relance des tensions israélo-palestiniennes suite aux déclarations de Trump, tensions Corée du Nord-USA. Malheureusement les données présentes ne sont pas fiables pour conclure à un lien de cause à effet. Contrairement à 2014 où plusieurs guerres ont commencé dans une période de quelques semaines, il n’y a pas de guerre qui commence mais différents foyers de tension qui se réveillent. Nous ne pouvons pas conclure que le « Cycle des Guerres » a une influence dans cette période. Cela relève plutôt de la coïncidence.

Quelle perspective ?

Les responsables officiels du processus de Minsk ont un profil bas: personne ne s’exprime, personne ne fait le point.

Les ukrainiens et les russes suivent chacun leur chemin différent en proposant des casques bleus de  l’ONU avec des missions différentes. Ces casques bleus ne règleront rien ( que ce soit à la mode russe ou ukrainienne) mais cela pourrait être mieux que le vide qui s’installera après la disparition programmée du JCCC.

Il serait bon de tout remettre à plat et de remplacer tous les dispositifs actuels par un seul. Une mission civile aurait pu réussir si elle ne croyait pas naïvement qu’il suffit d’observer pour régler le problème. L’échec qui en résultera mettra probablement fin à des missions civiles de ce type qui n’ont pas su s’adapter à la réalité terrain et obligera les observateurs à descendre de leur tour d’ivoire: ils ont mis en œuvre des principes qui avaient un sens lorsqu’ils étaient appliqués dans un contexte où d’autres acteurs gèrent la sécurité au jour le jour (Ex: Hébron où les observateurs n’avaient aucun rôle sur la sécurité quotidienne qui était prise en charge par d’autres acteurs locaux). Dans le cas présent, il faut considérer que cela relève d’un échec  qu’il faut espérer ne jamais reproduire: à quoi sert l’OSCE s’il ne sait pas empêcher une guerre et mettre fin à cette guerre. Le SMM a commencé sa mission avant que n’éclate la guerre du Donbass. Le SMM a continué imperturbablement sa mission comme si de rien n’était.

Des casques bleus ou des composantes sécuritaires internationales auront un avantage: ils feront naturellement ce que les observateurs SMM ont toujours refusé de faire et qu’ils n’auraient pu faire qu’avec le JCCC, c’est à dire gérer les composantes armées localement en prenant contact avec elles (avec ou sans officiers de liaison).

Cela pourrait provoquer un répit permettant de geler complètement ce conflit, sans rien règler.

De toute façon, ce serait le bon moment pour mettre un coup de pied dans la fourmilière sans trop de soucier des conséquences en haut lieu.

 

19 décembre 2017

Quelques liens pour mieux comprendre:

Ukrainian news ( avec les communiqués quotidiens)

OSCE Ukraine Daily report

Cessez-le-feu et contrôle

 

Israël : Le retour attendu de la guerre des 6 jours et la fin du cycle d’amplification

Dans le conflit israélo-arabe nous sommes dans une période particulière où s’appliquent à la fois « Le Cycle des Guerres » et la « Théorie du Retour »

Cycle des Guerres appliqué au conflit israélo-arabe

Dans la mise à jour qui remonte au début 2017 ( consultable ici ) il y a un « ? » sur la fin de la période d’amplification qui se termine dans les premières semaines de janvier 2018.

  • Il a été constaté plusieurs guerres sur la période d’amplification précédente et le risque d’une seconde guerre sur cette période n’est pas à écarter
  • Il a été constaté dans les années 2001 à 2003 que les début et fin de période d’amplification peuvent donner lieu à une brusque poussée de violences. Ce n’est pas systématique et pas assez fréquent pour avoir été systématisé. Il reste un risque d’amplification des violences voire du déclenchement d’une guerre avec une probabilité difficilement quantifiable

L’annonce  aujourd’hui de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël arrive donc dans une période d’amplification où les répercussions sont imprévisibles mais peuvent déclencher un nouveau cycle de violences, voire guerre. Une unification conjoncturelle et temporaire des ennemis en Irak et en Syrie n’est pas totalement exclue, bien qu’improbable par rapport à la guerre qui continue de les animer. Tout va dépendre de l’enchainement des protestations et violences engendrées par cette déclaration.

Il serait plus logique de dire que chaque État peut déclarer comme capitale une partie de son territoire reconnu internationalement. Un règlement sur la base d’une solution à deux États aboutirait nécessairement à une partie  de Jérusalem (hors la vieille ville) qui sera israélienne et une autre partie qui sera palestinienne. Dès lors que cette séparation est admise internationalement, chaque État peut mettre sa capitale où  il veut et il n’est pas impossible, après un règlement final, que la Capitale d’Israël soit Jérusalem et la Capitale de l’État de Palestine Jérusalem.

Mais affirmer que la capitale d’Israël est Jérusalem en laissant sous-entendre que la vieille ville de Jérusalem et sa  partie Est font partie d’Israël est le plus sûr moyen de mettre le feu aux foudres et de cimenter l’unité des ennemis d’hier contre Israël.

Théorie du Retour appliquée à la guerre des 6 jours

La guerre des 6 jours peut produire un « Retour du passé » (celui des 50 ans et quelques) qui peut:

  • provoquer un événement de même type ( confirmant l’annexion de fait de 1967)
  • ou/et un événement contraire ( mettant en cause le résultat militaire de la guerre des 6 jours)

Ce « Retour du passé » est attendu depuis quelque temps. Il devrait avoir lieu et sa probabilité d’occurrence est entre maintenant et la fin 2018.

L’annonce de Donald Trump quant à la capitale d’Israël et Jérusalem va provoquer un événement  de même type (confirmation du résultat de la guerre des 6 jours) probablement contrebalancé très rapidement par un événement contraire ( Intifada 3 ou première guerre/violence simultanée Palestiniens-Hezbollah)

Les conséquences sont à court terme imprévisibles.

Croire que les réactions qui vont suivre vont contraindre les USA à engager un processus de règlement global israélo-arabe paraît peu probable à l’instant.

Il faudra attendre quelques semaines, voire quelques mois pour avoir une tendance confirmée de ce qui  va se passer. Cela pourrait osciller d’abord entre les extrêmes pendant quelques semaines ou mois et déclencher ensuite un bouleversement régional dont le contour n’est pas encore bien clair.

Dans tous les cas, l’année 2018 sera une année charnière pour Israël et ses voisins, celle qui déterminera le début d’un processus déterminant l’avenir des relations entre les acteurs concernés pendant les dizaines d’années qui suivront.

Ce qui va se passer en fin 2017 n’est qu’un avant goût qui ne permettra pas encore de confirmer l’événement majeur de 2018 qui sera structurant pour les années à venir.

A suivre!

6 décembre 2017

Pourquoi l’Ukraine et la Russie ont une grande importance pour l’Horloge de l’inconscient ?

Dans l’Horloge de l’inconscient il y a 2 concepts fondamentaux, liés entre eux:

Un « Retour du passé » peut arriver à tout moment, en fonction des événements passés et de leur probabilité de Retour tel qu’exprimé dans la Théorie du Retour.

Le « Cycle des guerres » indique des périodes privilégiées durant lesquelles les guerres peuvent être amplifiées ou apparaitre en plus grand nombre. Ce phénomène s’applique à la majorité des guerres les plus importantes et permet de prévoir par anticipation des périodes attendues de guerres.

La période d’amplification des tensions et guerres que nous traversons a commencé à l’automne 2013 et se finira au printemps 2018. Il est difficile de donner des dates précises de l’occurrence de ces guerres, mais nous savions en 2012 qu’il y aurait:

  • au moins une guerre israélo-arabe ( une guerre Israel-Gaza en 2014)
  • une guerre européenne ( la guerre ukrainienne en 2014)
  • l’internationalisation et extension de la guerre civile syrienne (Etats isalmique, implication russe et occidentale en 2014)

D’autres guerres ont eu lieu, en particulier:

  • guerre du Yemen (Juillet 2014)
  • réveil du conflit turco-kurde
  • Seconde guerre civile libyenne ( 2014)

Tous ces éléments contribuent à la confirmation du « Cycle des guerres ».

Dans ce contexte, et compte-tenu de ma réalité européenne, il paraissait important de suivre de près la réalité ukrainienne.

De plus le comportement de la Russie est un événement remarquable de confirmation de la Théorie du Retour. Le conflit ukrainien se comprend avec une combinaison des phénomènes du « Retour du Passé » et du « Cycle des guerres ».

Il était espéré que le suivi du conflit ukrainien apporterait quelques éléments statistiques démontrant le « Cycle des guerres ». Il n’en a rien été, le conflit ukrainien reste d’intensité trop faible pour fournir des statistiques significatives comme c’est le cas dans le conflit irakien.

Du coup, beaucoup de temps a été passé sur la guerre en Ukraine à tenter  d’exploiter les informations disponibles. Bien que ceci ne fasse pas initialement partie de l’Horloge de l’inconscient, je me suis intéressé au possible règlement du conflit ukrainien: sans le moindre succès, étant trop petit et trop peu connu pour avoir une chance de faire appliquer ce qui est nécessaire.

L’Ukraine et la Russie restent des maillons importants de la démonstration de l’Horloge de l’Inconscient, même si  il n’y a pas de solution. C’est un paradoxe de la situation où on identifie de nouvelles causes des guerres qui ne peuvent être utilisées pour leur règlement.

 

30 octobre 2017

Ukraine statistiques semaine 41 – la semaine de tous les dangers

 

Statistiques spécifiques  semaine 41

Forte augmentation du nombre moyen de Violations de cessez-le-feu et du nombre d’explosions par rapport à la semaine 40: +74%

Durant la semaine se terminant le dimanche 15 Octobre,  il y a eu en moyenne 84 violations et 186 explosions par jour.

Le cessez-le-feu de la « rentrée scolaire », commencé le 25 août, a volé en éclat. Le nombre de violations et d’explosions a atteint des records non atteints depuis le 25 août.

La semaine s’est terminée sur un retour à une accalmie, marquée à Luhansk par un retour à un quasi cessez-le-feu. Le secteur de Donetsk reste agité de soubresauts, les données de Mariupol  ne sont pas cohérentes avec les données des semaines précédentes, comme si le SMM avait changé ses points de mesure et ses observateurs ou comme si des progrès étaient en cours que nous n’avons pas vu ou comme si il y avait un problème technique dans le recueil des données.

La situation globale reste fragile, et ceci n’a pas été loin d’une reprise généralisée de la guerre qui reste possible.

On voit des  diminutions importantes du nombre d’explosions les 12 et 14 octobre mais les données sont insuffisantes pour savoir si ces baisses sont le résultat d’un coup de gueule d’un des acteurs impliqués ou le résultat de la mise en place d’un dispositif cohérent. Un semblant de maitrise est perceptible dans les baisses brutales de tension, même si elles ne durent pas.

Tendances : Escalade ou Désescalade ?

Tendance court terme

Tendance à l’escalade si on compare la semaine 41 aux précédentes. Il n’y a pas eu  autant de violations et d’explosions depuis le 20 août 2017.

Tendance à la désescalade, en fin de semaine, au vu des pics atteints au cours de la semaine.

Note du 17/10/2017: La désescalade constatée les 14 et 15 Octobre semble confirmée par le rapport SMM de la  journée du 16 Octobre publié le 17 au soir. Un communiqué de l’armée ukrainienne publié le 17 au matin fait état d’une  escalade pour la journée du 16. Les deux informations sont contradictoires mais généralement les données SMM sont plus exactes. La désescalade est toute relative: il y a entre 75 et 100 explosions par jour, ce qui est supérieur au taux moyen constaté il y a quelques semaines. Ce n’est toujours pas un cessez-le-feu mais une vague accalmie.

Que faudrait-il faire  pour avoir une chance d’aboutir à un cessez-le-feu qui tienne?
Se reporter à l’article de fin Juillet accessible ici

 

Tendance moyen terme

Forte escalade ( doublement des explosions en une semaine )

Tendance long  terme

2 vues différentes à partir de données différentes confirment l’absence de tendance à l’escalade ou la désescalade sur une période de 2mois . Autrement dit, tous les bénéfices visibles des précédents cessez-le-feu ont disparu. Il faut reprendre à zéro.

Si on compare le nombre de violations et le nombre d’explosions sur une période de presque 2 mois, il n’y a ni escalade ni désescalade: aucune avancée objectivement mesurable.


 

Analyse de la typologie des secteurs

Le SMM présente dans ses rapports 2 secteurs : Donetsk et Luhansk.

Dans ce qui suit, 3 secteurs sont pris en compte :

  • Donetsk
  • Mariupol
  • Luhansk

Les données par secteur sont issues des tables annexées des rapports SMM. Le recueil des données a été fait rapidement et il peut y avoir quelques erreurs mais marginales et sans mettre en cause le résultat global. Une ligne = une violation de cessez-le-feu

Toute explosion est prise en compte, quel que soit son type.

Ces 2 graphiques donnent une typologie très différentes des 3 secteurs :

  • Luhansk : très peu de violations mais il peut y avoir des pics d’explosion équivalents à ceux de Donetsk :
    * cela ressemble à des troupes de métier ou très entrainées avec du gros matériel
    en semaine 41, il y a eu jusqu’à 300 explosions dans la journée, avec les 3/4 en moins d’une heure, ce qui ne semble possible qu’en utilisant les possibilités d’automatisation des tirs d’artillerie qui existent dans les systèmes d’artillerie (« Plan de feu » permettant de programmer les tirs d’artillerie à partir de toute une série de pièces d’artillerie qui sont reliées entre elles par un réseau, le plus souvent par radio: 240 explosions en 45 mn – peu probable que ce soient des tirs manuels)
    *  le cessez-le-feu peut mobiliser peu de ressources mais avec un très bon contact hiérarchique avec les LPR et l’armée régulière russe ( qui est probablement la colonne vertébrale de ces troupes) cela doit être possible. La semaine 41 donne l’impression d’une montée en puissance volontaire et programmée de l’artillerie qui se trouve dans le secteur de Luhansk: du travail de professionnel et vraisemblablement celui d’une armée régulière (ou de deux armées régulières qui utilisent des moyens similaires qui se trouvent maintenant dans toutes les artilleries un peu évoluées)
  • Mariupol: Beaucoup de violations mais très peu d’explosions
    * cela ressemble à des militants dispersés dans la nature mais avec très peu de matériel lourd
    * la plupart des violations est due à des balles traçantes, qui proviennent certainement des mêmes groupes. Cela demande un travail d’investigation terrain
    en semaine 41, les données ne sont pas significatives, sans comprendre pourquoi. Cela pourrait être le résultat d’un progrès qui aurait pour effet de ne plus voir les balles traçantes, ou d’un problème technique sur les caméras installées près de Mariupol.
  • Donetsk : beaucoup de violations et beaucoup d’explosions
    * un mélange explosif de miliciens et de gros matériel
    * un bon découpage en sous-secteurs devrait permettre de s’adapter localement. Illusoire de tout traiter de la même façon.

Les données utilisées

Dans la culture de la mesure on vérifie les données disponibles afin de s’assurer de leur pertinence.

 

Données OSCE SMM

Ces données sont disponibles le soir en semaine du lundi  au samedi ( uniquement pour les jours non fériés), à une heure variable entre 18h et 21h.

Un rapport est fait sur les données disponibles la veille au soir vers 19h 30.

Les données sont donc disponibles avec 24 à 48 h  de retard.

Les données disponibles sont détaillées mais limitées à ce que voient les observateurs eux-mêmes. Comme nous ne savons pas le nombre de points d’observation ou de patrouilles pour chaque jour, nous ne savons pas s’il y a des variations dues au management des observateurs.

Les données ne couvrent pas une journée complète, mais cela donne une bonne idée.

Au rapport est joint une table annexe qui indique toutes les violations recensées et leur type.

Pour les statistiques qui sont présentées ici:

  • 1 ligne différente dans la table annexe est considérée comme 1 violation de cessez-le-feu.
  • toutes les explosions sont ajoutées, quelle que soit leur type.

 

16 Octobre 2017 mis à jour le 17 octobre

 

Ukraine: la trêve de la rentrée scolaire a explosé en plein vol – vers une reprise de la guerre ?

La trêve de la rentrée scolaire est finie. Sur la journée du 10 octobre, il y a eu environ 370 explosions.  Il faut remonter au 20 août, soit 5 jours avant le cessez-le-feu de la rentrée scolaire pour avoir  un niveau équivalent.

L’OSCE ne fournissant pas de statistiques à long terme et le travail fait depuis fin août ne rencontrant aucun support, les statistiques remontant au début 2017 ou au-delà n’ont pas été faites. On ne sait pas dire le niveau moyen équivalent, mais vraisemblablement il va falloir remonter avant le cessez-le-feu de la moisson (Juillet) pour avoir un niveau équivalent.

Il suffirait de doubler la mise pour rentrer à nouveau dans le risque de la reprise de la guerre généralisée.

L’escalade est continue depuis le 2 octobre. Il n’y a pas d’information indiquant ce qui s’est passé, mais ceux qui semblaient avoir un rôle modérateur et régulateur ont disparu du champ de vision statistique.

Pour les détails se reporter au rapport du 10 Octobre publié ce soir.

https://www.osce.org/special-monitoring-mission-to-ukraine/349206

11 octobre 2017 ( corrections de coquilles le 12 octobre 2017)

Ukraine: statistiques semaine 40

 

Statistiques spécifiques  semaine 40

Un peu moins de violations et peu plus d’explosions

 Il y a eu en moyenne 67 violations de cessez-le-feu par jour et 92 explosions par jour.

Rien de très marquant : conflit actif à un niveau relativement bas.

Chaque camp consolide ses positions. Pas d’avancée diplomatique ni de guerre avancée. Les statistiques des semaines à venir devraient être équivalentes. Elles ne seront pas publiées dans les semaines à venir sauf s’il y avait une escalade ou désescalade importante. D’ailleurs c’est l’OSCE qui devrait se donner la peine de faire de telles statistiques et de les publier.

 

Les données utilisées

Dans la culture de la mesure on vérifie les données disponibles afin de s’assurer de leur pertinence.

Données communiquées par l’Armée ukrainienne ( disponibles en anglais sur plusieurs media ukrainiens accessibles sur internet. Ex: UNIAN News, Kyivpost …)

Tous les jours, un communiqué de l’Armée Ukrainienne indique pour la veille:

  • le nombre d’attaques  contre l’armée ukrainienne
  • le nombre de blessés (WIA)
  • le nombre de tués (KIA)

Le nombre d’attaques est simple à utiliser. C’est pour cela qu’en 2016 il a été utilisé pour suivre le niveau de violences. Il paraissait globalement cohérent avec le niveau de violence indiqué par l’OSCE. De plus il a l’avantage d’être communiqué tous les jours dans la matinée, permettant d’espérer en faire un instrument de pilotage. Malheureusement il a fallu constater que ce nombre d’attaques n’est pas  cohérent avec les données SMM qui sont considérées comme plus fiables, même si elles arrivent tardivement.Ces données ne sont donc plus utilisées pour suivre l’évolution du conflit ukrainien

Pour le nombre de blessés et tués il n’est pas possible de les utiliser journalièrement (trop peu de blessés ou tués pour en faire le moindre graphique significatif). Cependant, cette indication donne un niveau qualitatif intéressant du niveau de violence. Il est intéressant d’en avoir connaissance sans pouvoir l’intégrer dans des mesures journalières significatives.

Données OSCE SMM

Ces données sont disponibles le soir en semaine du lundi  au samedi ( uniquement pour les jours non fériés), à une heure variable entre 18h et 21h.

Un rapport est fait sur les données disponibles la veille au soir vers 19h 30.

Les données sont donc disponibles avec 24 à 48 h  de retard.

Les données disponibles sont détaillées mais limitées à ce que voient les observateurs eux-mêmes. Comme nous ne savons pas le nombre de points d’observation ou de patrouilles pour chaque jour, nous ne savons pas s’il y a des variations dues au management des observateurs.

Les données ne couvrent pas une journée complète, mais cela donne une bonne idée.

Au rapport est joint une table annexe qui indique toutes les violations recensées et leur type.

Pour les statistiques qui sont présentées ici:

  • 1 ligne différente dans la table annexe est considérée comme 1 violation de cessez-le-feu.
  • toutes les explosions sont ajoutées, quelle que soit leur type.

 

9 octobre 2017

 

Quelques liens pour mieux comprendre:

Ukrainian news ( avec les communiqués quotidiens)

OSCE Ukraine Daily report

Cessez-le-feu et contrôle

La guerre de Corée aura-t-elle lieu ?

Ces derniers jours bruissent de rumeurs après les propos énigmatiques de Donald Trump.

Oui, il y aura probablement une ou plusieurs frappes militaires mais après les quelques guerres qui ont traumatisé les américains, il n’y aura probablement pas d’opérations au sol, sauf une éventuelle opération commando qui parait trop risquée pour le moment.

Le dictateur de Nord Corée veut simplement qu’on ne l’attaque pas quand on sera convaincu qu’il a l’arme nucléaire. Il ne l’a pas encore sous une forme opérationnelle: il a des briques qui ne s’assemblent pas encore ensemble. Cela ne dissuadera pas les USA.

Si la diplomatie fait des miracles, peut-être rien!

9 octobre 2017

Ukraine : statistiques semaine 39

 

Statistiques spécifiques  semaine 39

Forte dégradation du nombre moyen de Violations de cessez-le-feu et du nombre d’explosions par rapport à la semaine 38 : +44%

Pour rappel il y a eu en moyenne 82 violations et 84 explosions par jour. Si certains prétendent que cela ressemble à un cessez-le-feu, les chiffres sont impitoyables quant à la réalité du cessez-le-feu qui demeure essentiellement fictif.

Tendances : Escalade ou Désescalade ?

Tendance court terme

C’est à l’escalade, compte-tenu des résultats de la semaine 39.

Cette tendance se confirme en début de semaine 40 (utilisation d’orgues de Staline le 3 octobre, ce qui est la première fois depuis le 25 août)

Tendance moyen terme

Légère escalade sur une période de 3 semaines

Tendance long  terme

3 vues différentes à partir de données différentes confirment la même tendance plus ou moins marquée.

Que ce soit le nombre d’attaques recensées journalièrement par l’Armée Ukrainienne, le nombre de violations et le nombre d’explosions recueillis par le SMM, la tendance de fond (sur un mois et demi) montre une tendance à la désescalade, qui est à peu près cohérente suivant les différentes sources de données. Si on compare le nombre de violations et le nombre d’explosions, on constate une décrue importante du nombre d’explosions et une décrue très lente du nombre de violations. A ce rythme, il faudrait + de 3 mois pour qu’il n’y en ait plus. C’est probablement un effet de bord du comportement des acteurs de supervision du cessez-le-feu. Leur objectif semble de diminuer les signes les plus visibles (ex : explosions).

Attention: les variations restent très importantes. La tendance long terme est un peu artificielle, puisque repose sur une analyse statistique des données sur 1 mois et demi. Le nombre de violations a augmenté de façon importante et est à un niveau élevé ailleurs que dans le secteur de Luhansk. La tendance long terme contredit les autres tendances, mais une confirmation des tendances court et moyen terme pourrait effacer complètement les gains constatés sur la période d’un mois et demi.

Analyse de la typologie des secteurs

Le SMM présente dans ses rapports 2 secteurs : Donetsk et Luhansk.

Dans ce qui suit, 3 secteurs sont pris en compte :

  • Donetsk
  • Mariupol
  • Luhansk

Les données par secteur sont issues des tables annexées des rapports SMM. Le recueil des données a été fait rapidement et il peut y avoir quelques erreurs mais marginales et sans mettre en cause le résultat global. Une ligne = une violation de cessez-le-feu

Toute explosion est prise en compte, quel que soit son type.

Ces 2 graphiques donnent une typologie très différentes des 3 secteurs :

  • Luhansk : très peu de violations mais il peut y avoir des pics d’explosion équivalents à ceux de Donetsk :
    * cela ressemble à des troupes de métier ou très entrainées avec du gros matériel
    *  le cessez-le-feu peut mobiliser peu de ressources mais avec un très bon contact hiérarchique avec les LPR et l’armée régulière russe ( qui est probablement la colonne vertébrale de ces troupes) cela doit être possible… sauf les groupes francs-tireurs, genre unités spéciales ou mercenaires en groupe qui utilisent des laissez-passer russes.
  • Mariupol: Beaucoup de violations mais très peu d’explosions
    * cela ressemble à des militants dispersés dans la nature mais avec très peu de matériel lourd
    * la plupart des violations est due à des balles traçantes, qui proviennent certainement des mêmes groupes. Cela demande un travail d’investigation terrain
  • Donetsk : beaucoup de violations et beaucoup d’explosions
    * un mélange explosif de miliciens et de gros matériel
    * un bon découpage en sous-secteurs devrait permettre de s’adapter localement. Illusoire de tout traiter de la même façon.

Les données utilisées

Dans la culture de la mesure on vérifie les données disponibles afin de s’assurer de leur pertinence.

Données communiquées par l’Armée ukrainienne ( disponibles en anglais sur plusieurs media ukrainiens accessibles sur internet. Ex: UNIAN News, Kyivpost …)

Tous les jours, un communiqué de l’Armée Ukrainienne indique pour la veille:

  • le nombre d’attaques  contre l’armée ukrainienne
  • le nombre de blessés (WIA)
  • le nombre de tués (KIA)

Le nombre d’attaques est simple à utiliser. C’est pour cela qu’en 2016 il a été utilisé pour suivre le niveau de violences. Il paraissait globalement cohérent avec le niveau de violence indiqué par l’OSCE. De plus il a l’avantage d’être communiqué tous les jours dans la matinée, permettant d’espérer en faire un instrument de pilotage. Malheureusement il a fallu constater que ce nombre d’attaques n’est pas  cohérent avec les données SMM qui sont considérées comme plus fiables, même si elles arrivent tardivement.

Pour le nombre de blessés et tués il n’est pas possible de les utiliser journalièrement (trop peu de blessés ou tués pour en faire le moindre graphique significatif). Cependant, cette indication donne un niveau qualitatif intéressant du niveau de violence. Il est intéressant d’en avoir connaissance sans pouvoir l’intégrer dans des mesures journalières significatives.

Données OSCE SMM

Ces données sont disponibles le soir en semaine du lundi  au samedi ( uniquement pour les jours non fériés), à une heure variable entre 18h et 21h.

Un rapport est fait sur les données disponibles la veille au soir vers 19h 30.

Les données sont donc disponibles avec 24 à 48 h  de retard.

Les données disponibles sont détaillées mais limitées à ce que voient les observateurs eux-mêmes. Comme nous ne savons pas le nombre de points d’observation ou de patrouilles pour chaque jour, nous ne savons pas s’il y a des variations dues au management des observateurs.

Les données ne couvrent pas une journée complète, mais cela donne une bonne idée.

Au rapport est joint une table annexe qui indique toutes les violations recensées et leur type.

Pour les statistiques qui sont présentées ici:

  • 1 ligne différente dans la table annexe est considérée comme 1 violation de cessez-le-feu.
  • toutes les explosions sont ajoutées, quelle que soit leur type.

 

03 Octobre 2017 mis à jour le 4 octobre en intégrant les informations du 3 octobre

 

Ukraine semaine 39 : statistiques jusqu’au 22-09-2017

« Montres-moi ce que tu comptes, je te dirai ce que tu es et ce que tu veux »

C’est ainsi que pourraient parler des personnes avec une bonne culture de la mesure. Ce n’est pas le cas de la plupart des acteurs du management du conflit ukrainien. Ils sont dans le « paraître » plus que dans la réalité objective et mesurable. Les nombres disponibles ne sont synthétisés par aucun des acteurs officiels, ou du moins aucune statistique crédible n’est disponible au niveau des media. Ceci est révélateur de l’absence à tout niveau d’un pilotage réel. Les acteurs sont dans la « réaction » et l’agitation médiatique, pas dans un pilotage qui aboutirait à en maitriser les composantes.

Pour la réflexion  statistique 2 graphiques sont présentés ici:

Le premier est celui du nombre d’attaques journalier communiqué par l’armée Ukrainienne par rapport au nombre d’explosions global fourni par l’OSCE .

Le second est celui du nombre de violations du cessez-le-feu  journalières par rapport au nombre d’explosions journalières.

statistiques conflit ukrainien jusqu’au 22 septembre 2017

Dans les graphiques, l’échelle de la première série est à gauche et l’échelle de la seconde série est à droite. L’échelle  de gauche n’est applicable qu’au Nombre d’explosions. Pour l’autre courbe il faut aller chercher l’échelle à droite du graphique.

Analyse du graphique « Attaques (UA) et Nbre d’Explosions

Ce qui a conduit à ce graphique est le constat que les données de l’Armée Ukrainienne et l’OSCE ne paraissent pas cohérentes pour avoir une idée du niveau de violence.

Ce graphique confirme effectivement l’incohérence: un nombre relativement élevé d’attaques ne signifie pas que la veille a été très agitée. Par contre, les nombres relativement bas sont souvent ( mais pas toujours) confirmés par un niveau bas OSCE.

La principale conclusion est que le nombre d’attaques donné par l’Armée Ukrainienne ne donne pas d’information pertinente sur le niveau de violence de la veille. Et comme l’OSCE donne ses données avec retard et sans traitement préalable, il faut attendre 24 à 48 heures pour avoir une petite idée du niveau de violence.

 

Analyse du graphiques « OSCE Nombre de violations et Nombre d’explosions »

Le but de ce graphique est de voir ce qui est le plus significatif: nombre de violations ou nombres d’explosions.

La définition qui a été prise ici  est qu’une ligne de l’annexe du rapport SMM est une violation de cessez-le-feu.

Le nombre d’explosions se limite à de l’artillerie ou des tirs de véhicules blindés ou chars et ne rend pas compte des violations à l’arme légère ou autre.

Le nombre de violations prend en compte tous les types d’armements.

C’est le nombre de violations du cessez-le-feu qui paraît le plus pertinent et le plus intéressant à exploiter, mais les deux mesures sont globalement cohérentes

Les actions de l’OSCE se sont focalisées sur l’interdiction des armements les plus destructeurs ( Artillerie, chars, etc). Il semble que leur influence sur le terrain tend à accorder de l’importance aux explosions ( armements les plus destructeurs) mais pas le reste.  Il peut y avoir des jours avec très peu d’explosions (depuis le 25 août 3 jours ont eu moins de 10 explosions) mais il est très rare qu’il y ait moins de 30 violations.

Depuis le 25 août les variations journalières du nombre de violations du cessez-le-feu restent importantes (elles peuvent être multipliées  ou divisées par  4 ou 5 en 1 ou 2 jours ; c’est à dire une augmentation de 400 ou 500%, ou une diminution de 75 ou 80% en moins de 48 heures)

Ce graphique donne l’impression que les acteurs ne cherchent pas à aboutir à un cessez-le-feu mais simplement à une réduction du nombre d’explosions, ce qui explique probablement qu’un cessez-le-feu réel paraisse inatteignable, puisqu’il ne semble même pas être un véritable but. L’objectif  apparent semble se limiter à une réduction apparente des explosions.

Les quelques jours où il y a peu d’explosions donnent l’impression que de temps à autre il y aurait un rappel vers les belligérants et dès que le niveau a baissé il n’y a plus d’action. C’est un système qui reste essentiellement passif et qui n’est toujours pas organisé pour traiter au jour le jour les incidents dans des espaces géographiques réduits et maitrisés (c’est assez facile de venir à bout de tous les incidents dans un espace réduit de 100km² quand il y a des équipes dédiées qui se montrent présentes jour et nuit. C’est quasi impossible si on le fait  sur toute la ligne de contact, pour la bonne raison que le responsable ne sait pas sur un tel territoire faire le lien avec les commandos locaux alors que dans un espace réduit, en quelques jours, il sait à qui s’adresser: c’est comme cela depuis le début de la mission SMM)

Le jour où il y aura moins de 10 violations par jour pendant plus d’une semaine, ce jour-là signifiera qu’il y a un petit espoir qu’un véritable cessez-le-feu s’instaure enfin.

Les données utilisées

Dans la culture de la mesure on vérifie les données disponibles afin de s’assurer de leur pertinence.

Données communiquées par l’Armée ukrainienne ( disponibles en anglais sur plusieurs media ukrainiens accessibles sur internet. Ex: UNIAN News, Kyivpost …)

Tous les jours, un communiqué de l’Armée Ukrainienne indique pour la veille:

  • le nombre d’attaques  contre l’armée ukrainienne
  • le nombre de blessés (WIA)
  • le nombre de tués (KIA)

Le nombre d’attaques est simple à utiliser. C’est pour cela qu’en 2016 il a été utilisé pour suivre le niveau de violences. Il paraissait globalement cohérent avec le niveau de violence indiqué par l’OSCE. De plus il a l’avantage d’être communiqué tous les jours dans la matinée, permettant d’espérer en faire un instrument de pilotage. Le premier graphique essaie de confirmer ou infirmer si le nombre d’attaques est significatif du niveau de violence en faisant la relation avec les données fournies par l’OSCE.

Pour le nombre de blessés et tués il n’est pas possible de les utiliser journalièrement (trop peu de blessés ou tués pour en faire le moindre graphique significatif). Cependant, cette indication donne un niveau qualitatif intéressant du niveau de violence. Il est intéressant d’en avoir connaissance sans pouvoir l’intégrer dans des mesures journalières significatives.

Données OSCE SMM

Ces données sont disponibles le soir en semaine du lundi  au samedi ( uniquement pour les jours non fériés), à une heure variable entre 18h et 21h.

Un rapport est fait sur les données disponibles la veille au soir vers 19h 30.

Les données sont donc disponibles avec 24 à 48 h ( pour les données du samedi) de retard.

Les données disponibles sont détaillées mais limitées à ce que voient les observateurs eux-mêmes. Comme nous ne savons pas le nombre de points d’observation ou de patrouilles pour chaque jour, nous ne savons pas s’il y a des variations dues au management des observateurs. On suppose qu’elles sont minimes.

Les données ne couvrent pas une journée complète, mais cela donne une bonne idée.

Au rapport est joint une table annexe qui indique toutes les violations recensées et leur type.

Nulle part dans les documents de l’OSCE disponibles ne sont détaillés ce qu’est une violation du cessez-le-feu. La définition qui a été prise pour ces graphiques est une ligne de la table annexe = une violation. Il est certain que ce n’est pas la définition OSCE qui doit être implicite dans leur tête mais n’est jamais explicite. Comme ils ne donnent jamais le nombre de violations par jour mais  disent simplement qu’il y en a plus ou moins que la veille, il n’y a pas de moyen de vérifier ou comprendre ce qu’ils nomment « violation de cessez-le-feu ». La définition de ce qu’est une violation de cessez-le-feu semble être faite pour les minimiser. On n’avance pas dans une direction en se voilant la face sur la situation réelle. Cela conforte cette impression d’opacité des intervenants OSCE et difficulté à utiliser leurs données qui sont brutes et incomplètes, comme s’ils se prétendaient les seuls à juger de ces sujets. Il va falloir qu’ils s’y fassent:  il n’y a pas que des acteurs OSCE qui s’y  intéressent et ont des connaissances dignes d’intérêt sur ces sujets.

Pour ces statistiques, une ligne différente dans la table annexe est considérée comme une violation de cessez-le-feu. Pour les types d’incident, seul le nombre d’explosions est pris en compte, quelle que soit l’explosion.

On aurait pu imaginer que ceux qui font le rapport utilisent Excel et sortent ainsi automatiquement des nombres réutilisables. Ce n’est pas le cas à ce jour.

25 septembre 2017

PS: la semaine dernière un responsable OSCE a indiqué que le nombre de violations du cessez-le-feu avait diminué de 10% en une semaine. Si vous avez vu les graphiques, le nombre de violations peut être multiplié par 4 ou 5 en un ou deux jours et aussi être divisé par 4 ou 5 en moins d’une semaine, ce qui représente une diminution possible de 75 à 80% ou une multiplication de 400 à 500%. Dans ce contexte, 10% est-il significatif ? Vous trouverez la réponse à la question si vous avez un peu de bon sens.